Samsung rend les camions « transparents » pour faciliter les dépassements

Doubler un véhicule est une manoeuvre dangereuse qui occasionne de nombreux accidents de la route. Doubler un camion est encore plus dangereux car la visibilité est plus réduite et le véhicule plus long et plus large. Pour contrer cette difficulté, Samsung et l’agence Leo Burnett ont eu une idée originale : installer à l’arrière du camion un écran qui diffuse ce que filme une caméra située à l’avant afin d’indiquer aux véhicules qui suivent si la voie est libre ou pas pour doubler.

J’avoue que je reste dubitatif sur l’impact réel d’un tel dispositif. Tel qu’il est présenté dans la vidéo ci-dessous, il me semble tout autant susceptible de créer des accidents par la distraction et le mauvais jugement que d’en éviter !

 

Mais il faut y voir avant tout un coup de pub de la part de Samsung, qui se fait d’ailleurs aider pour l’occasion par une agence de publicité plutôt que par une agence de design. Sur ce plan, l’opération est parfaitement réussie : elle met en avant la capacité d’innovation de la marque au service de la sécurité. Peu importe l’efficacité opérationnelle, ici, c’est l’effet d’image qui compte. Une image d’ailleurs d’autant meilleure que la sécurité en question n’est pas tant celle des poids lourds eux-mêmes que celle des automobilistes qui les côtoient. C’est donc un dispositif au service des autres : porté par certains utilisateurs au bénéfice d’autres utilisateurs. Le magazine Core77 parle à ce sujet de “design désintéressé”. On pourrait dire aussi “altruiste”. Core77 fait remarquer que c’est assez rare dans le design automobile, où la majorité des dispositifs de sécurité sont d’abord pensés pour la sécurité des occupants du véhicule. Outre que cela me paraît quand même assez normal, je pense que les dispositifs altruistes de ce type ne sont en réalité pas aussi rares que ça. Mais bon, je suis d’accord pour dire que c’est là un axe de travail tout à fait intéressant, qui pourrait donner lieu à de belles innovations.

“Une idée qui, plutôt que de changer la vie des gens, la sauve !” (Samsung)

Dans sa communication sur le dispositif, la marque laisse d’ailleurs entendre qu’elle ne considère pas ce dernier comme une simple opération de communication, mais bien comme un dispositif opérationnel utile, qui a vocation à être déployé : “Actuellement, le prototype n’est plus en circulation, mais la technologie fonctionne et c’est une idée qui pourrait sauver de nombreuses vies. La prochaine étape consiste à effectuer les tests requis pour se conformer aux protocoles nationaux existants afin d’obtenir les permis et les approbations nécessaires. Pour cela, Samsung travaille en collaboration avec les ONG de sécurité routière et les gouvernements.”

Le dispositif du Samsung Safety Truck

Le dispositif du Samsung Safety Truck

Le même type d’image que la réalité augmentée, pour une sécurité augmentée

Au-delà d’une analyse de l’effet de communication et de l’effet opérationnel, ce qui m’a intéressé dans cette campagne, c’est le type d’usage des écrans sur lequel elle repose. Le mécanisme utilisé ici est celui que j’ai déjà décrit dans plusieurs articles sur la transparence des images, dont notamment celui-ci et celui-ci. Dans le premier article, on pourrait évoquer le cas de figure n°7 (“Superposition d’une image d’écran à la réalité dans une image”) à la différence prêt qu’on n’est pas « dans une image » mais « dans la vraie vie ». Dans le deuxième article, on pourrait évoquer le cas de la réalité augmentée, où l’image à l’écran est captée par une caméra située de l’autre côté de l’appareil et restitue donc sur l’écran ce qui se trouve réellement derrière l’écran. Dans le cas présent, le camion remplace le smartphone occultant.

Ce contexte d’application de ce type d’image aux véhicules me fait penser à la campagne de Mercedes qui avait rendu un véhicule transparent en utilisant exactement le même principe : la voiture est recouverte d’un écran qui diffuse sur chaque face du véhicule ce qu’une caméra filme sur la face opposée.

 

J’avais décrit le mécanisme de ce dispositif à travers le schéma ci-dessous :

Schéma des plans de transparence du dispositif imaginé par Mercedes dans sa campagne Invisible !

Schéma des plans de transparence du dispositif imaginé par Mercedes dans sa campagne Invisible !

Ce mécanisme était utilisé par Mercedes pour promouvoir le côté écologique d’un de ses véhicules en jouant sur l’image selon laquelle il n’avait pas d’impact sur l’environnement et donc paraissait transparent. Avec Samsung, il ne s’agit pas d’écologie mais de sécurité. Il ne s’agit pas non plus d’un effet de communication (une simple campagne de pub) mais d’un effet opérationnel (un dispositif utile). Enfin, il ne s’agit pas tant pour le camion de complètement disparaître que de ménager une fenêtre de visibilité sur ce qu’il est censé cacher autrement, à savoir ce qu’il y a devant lui. Avec ce dispositif, il n’obstrue plus la vue : il montre.

Une illustration supplémentaire de la multiplication des écrans et des caméras dans et autour des véhicules

De la même manière, alors que j’avais analysé dans une récente série d’articles la présence toujours plus grande des écrans à l’intérieur des véhicules, il se pourrait bien que l’on ait affaire également au développement de la présence d’écrans à l’extérieur des véhicules. C’est déjà ce que j’avais évoqué dans cet article à propos du concept Willie bus (voir ci-dessous). Ce cas n’étant en réalité qu’un cas particulier de la multiplication des écrans sur tout type de surface.

 

Il se pourrait bien aussi que l’on assiste à une multiplication de la présence des caméras dans et hors des véhicules. J’y reviendrai dans un prochain article. Ce cas n’étant finalement qu’un cas particulier de la multiplication des capteurs à l’extérieur et à l’intérieur des véhicules. Là aussi, je consacrerai sans doute un article à chacun de ces deux cas de figure.

Une opportunité pour les assureurs ?

Enfin, j’aimerai finir en attirant l’attention sur l’intérêt de ce genre de dispositif pour les assureurs, soit à titre d’effet de communication, soit à titre d’effet opérationnel (à creuser certes, mais il y a un potentiel certain). L’une des principales raisons de la multiplication de tous ces capteurs, caméras et écrans dans et à l’extérieur des véhicules étant bien évidemment la sécurité et la volonté de diminuer les risques (de collision, de dommage aux véhicules, etc.). Là aussi, je reviendrai sans doute sur ce point dans un prochain article.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

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Plus d’écrans dans les véhicules peut-il signifier plus de sécurité dans la conduite ? (3/3)

(Suite du précédent article)

4. Comment sécuriser l’usage des écrans dans le véhicule ? Comment concilier toujours plus d’écrans avec plus de sécurité ?

Au-delà de l’usage des SMS avec les smartphones, il est important de rendre le plus sûr possible l’usage de tous les écrans dans les véhicules. Comment faire ? L’équation paraît impossible tant la multiplication des écrans dans les véhicules paraît aller dans le sens opposé à la concentration de l’attention du conducteur sur sa conduite. Plusieurs pistes sont cependant explorées par les constructeurs ou d’autres acteurs.

L’une d’entre elles consiste à considérer que l’écran n’est qu’une partie du dispositif, et que les interactions doivent aussi utiliser d’autres canaux. Le plus souvent l’écran est utilisé pour l’affichage d’informations, et parfois aussi pour l’interaction quand il est tactile (saisie, navigation, validation…). Cette piste consiste donc à s’intéresser aux autres interfaces d’interactions (saisie vocale, diffusion sonore, détection de mouvement, etc.)

Concernant les commandes vocales, on pense bien évidemment à l’intégration de Siri dans les véhicules via CarPlay, le système embarqué connecté d’Apple. Mais il faut rappeler, comme nous l’avons vu au début de cet article, que les interactions vocales dans les véhicules ne sont guères plus sûres que les interactions tactiles. Quand Apple vante les mérites de CarPlay, il dit que c’est la manière « la plus intelligente, la plus sûre et la plus ludique d’utiliser l’iPhone en voiture », il ne dit pas que c’est la manière « la plus intelligente, la plus sûre” de conduire.  Pour voir CarPlay en action dans une Volvo, voir cette vidéo.

Concernant les commandes par détection de mouvement, on peut en voir un exemple au milieu de cette vidéo (à 1’30” environ) du concept de cockpit futuriste James 2025, imaginé par Audi et Volkswagen.

Une autre piste consiste à déporter les interactions de l’écran le moins sûr (par exemple celui du smartphone), vers le plus sûr (souvent le tableau de bord). Il faut pour cela que le tableau de bord soit numérique, évidemment, mais on trouve des exemples de ce mode de fonctionnement chez Mini, qui peut ainsi intégrer des applications telle que Glympse, ou sur le tableau de bord de la prochaine version de l’Audi TT, qui peut afficher les données habituelles de conduite ou la carte pour la navigation ou encore les données de loisir (radio, musique).

Le tableau de bord numérique de la Mini permet d'afficher les informations d'une application issue de votre smartphone, telle que Glympse.

Le tableau de bord numérique de la Mini permet d’afficher les informations d’une application issue de votre smartphone, telle que Glympse.

Sur ce point, il est intéressant de noter que les spécialistes identifient 3 niveaux de tâches dans la conduite, correspondant à différents éléments du véhicule :

  • Les tâches primaires :
    • Se diriger, accélérer / freiner, changer de vitesse concernent le pare-brise, le volant, les pédales et le levier de vitesse.
    • Parmi ces éléments, le pare-brise est normalement le seul qui focalise l’attention visuelle.
  • Les tâches secondaires :
    • Sur le tableau de bord : vitesse, jauge de carburant, niveau huile, etc.
    • Autour du volant : phares, clignotants, essuie-glace, etc.
  • Les tâches tertiaires :
    • La console centrale avec les fonctions de divertissement, de climatisation, etc…
Les 3 niveaux de tâches d'un conducteur.

Les 3 niveaux de tâches d’un conducteur (source)

Or, c’est souvent cette console centrale qui est aujourd’hui surchargée par les écrans et les fonctionnalités, focalisant ainsi de plus en plus l’attention du conducteur alors que ça n’est que la zone des tâches tertiaires.

Le gigantesque écran digital de la Tesla model S n'accapare-t-il pas trop l'attention ?

Le gigantesque écran digital de la Tesla model S n’accapare-t-il pas trop l’attention ?

Pour améliorer cette situation, il y a plusieurs scénarios possibles :

  • déporter les interactions de la console vers le tableau de bord (scénario a) ou vers le pare-brise (scénario b)
  • alléger au maximum la charge cognitive et l’effort d’attention lié à l’usage des écrans de la console centrale (scénario c)

Nous avons vu le scénario (a) avec les exemples de Glympse sur la Mini et de l’Audi TT.

Voyons le scénario (c) avant de passer au scénario (b).

L’une des pistes consiste ici à développer des interfaces tactiles les plus ergonomiques et intuitives possibles, pour limiter la perturbation de l’attention de l’utilisateur.

Récemment, le designer Matthaus Krenn a proposé un concept d’interface particulièrement séduisant de ce point de vue. Son challenge consistait à réduire le plus possible l’attention requise par la manipulation d’un écran de contrôle sur la console centrale. Son prototype est expliqué sur son site web et dans cet article. Et vous pouvez le découvrir en vidéo ci-dessous :

D’autres imaginent des fonctionnalités qui disparaissent ou apparaissent suivant qu’elles sont utiles ou pas, à tel ou tel moment. C’est le cas du concept James 2025, d’Audi et Volkswagen, déjà évoqué il y a quelques instants (Voir la vidéo).

Voyons maintenant le scénario (b) :

L’affichage tête-haute, c’est-à-dire sur le pare-brise, est on ne peut plus à la mode depuis quelques années. Son côté futuriste déjà bien exploré par de nombreux films y est sans doute pour beaucoup. Tout le monde y va donc de sa proposition en la matière, des plus simples et malines, voire gadget et pas toujours sérieuses, aux plus technologiques et intégrées :

  • Commençons par l’application Hudway, qui fonctionne en mettant simplement votre smartphone au bas de votre pare-brise sur le tableau de bord. Est-ce réellement efficace ?
  • De manière assez similaire, Garmin propose un appareil portable qui projette les informations de direction sur le pare-brise (lire ici).
  • Pioneer propose un écran de projection transparent qui s’intercale entre le pare-brise et le conducteur (voir la vidéo).
  • Navdy est un système mixte entre les 3 précédents puisqu’il se compose d’un socle où l’on pose un smartphone et d’un écran transparent qui reflète l’image du smartphone et donne l’impression qu’elle flotte en avant du pare-brise.
  • Peugeot propose un système fixe similaire sur les modèles 3008 et 5008 (voir la vidéo).
  • BMW propose aussi son propre système (voir sur son site web).
  • Audi avait présenté un prototype au CES 2012, qui mélangeait HUD et commande par reconnaissance des mouvements (voir la vidéo)
  • Etc.

Outre la faisabilité technique, l’affiche tête-haute pose la grande question de l’ergonomie des écrans transparents, et tout particulièrement dans le cadre de leur usage pour la conduite. Sur sujet, je vous invite à lire les textes suivants :

Je me permets de rappeler au passage que j’ai déjà consacré de nombreux articles à l’imaginaire des écrans transparents, dans ce blog, il y a plus d’un an, mais je ne me suis pas étendu sur l’aspect ergonomique de leur conception. J’espère pouvoir y revenir bientôt.

Ce long article touche maintenant à sa fin. Pour terminer, j’aimerai m’attarder sur un véhicule sorti récemment et qui me paraît symptomatique de tout ce qui vient d’être dit dans cet article.  Il s’agit du SUV XC90 de Volvo.

Avant de commencer, il faut noter tout d’abord que Volvo s’est engagé dans un vaste programme mettant la sécurité au coeur de ses préoccupations puisqu’il annonce “plus aucun mort dans un véhicule Volvo d’ici 2020” !!!

Le SUV XC90, par son position haut de gamme rassemble les dernières avancées de la marque en la matière, conjuguée avec une foi farouche dans les nouvelles technologies et l’envie de les mettre au service d’une nouvelle expérience de conduite.

L'expérience de conduite du XC90

L’expérience de conduite du XC90

Le défi posé par l’habitacle de la XC90 est résumé dans cette citation de Thomas M. Müller, vice-président Electricité / Electronique & E-propulsion de Volvo : « Au fur et à mesure que les voitures deviennent de plus en plus connectées à Internet et sont en mesure d’offrir un plus large éventail de fonctions et de services de divertissement, la manière dont le conducteur interagit avec ces systèmes devient de plus en plus importante. Il est essentiel que ces services soient conçus de façon à ne pas réduire les niveaux de sécurité et d’une manière qui est facile à comprendre et optimisée pour la tâche de conduite ».

Quelles solutions Volvo a-t-il utilisé pour relever ce défi ? Et bien, il a misé sur une grande partie des axes évoqués dans cet article, et que résume assez bien l’extrait suivant issu du site web de la marque :

“Sur la console centrale, l’écran tactile remplace les traditionnels boutons de commandes par un panneau de commande élégant [scénario (c) cité ci-dessus]. Ce panneau central interagit avec un tableau de bord numérique adaptatif situé face au conducteur [scénario (a) cité ci-dessus], tandis que l’information essentielle est projetée sur l’affichage tête haute dans la partie inférieure du pare-brise [scénario (b) cité ci-dessus]. L’interface utilisateur comprend également des commandes pouce sur le volant et ce qui se fait de mieux en termes de commande vocale actuellement [scénario évoqué au début du §4]. ”

Le tableau de bord digital du XC90 affiche les informations pratiques ou de navigation issue de la console centrale.

Le tableau de bord digital du XC90 affiche les informations pratiques ou de navigation issue de la console centrale.

Pour faciliter l’utilisation de l’écran tactile, celui-ci a été doté d’une cellule infrarouge qui permet d’activer les contacts sans qu’il soit nécessaire d’exercer une forte pression sur la dalle et qui lui permet de fonctionner même avec des gants (ce qui peut être utile en Suède !!) !

Voilà pour ce survol de la question de l’ergonomie des écrans pour préserver la sécurité de la conduite. Évidemment, d’ici quelques années, la voiture autonome changera inévitablement la donne dans ce domaine. Mais nous n’en sommes pas encore là et le problème des écrans reste posé.

Vers une multiplication des écrans numériques dans l’automobile

Je lisais récemment un article très intéressant (comme toujours) de Frédéric Cavazza intitulé De l’évolution des tableaux de bord des voitures. En lisant cet article, je me suis dit qu’au-delà du tableau de bord, qui est effectivement l’interface classique d’affichage des informations dans une voiture, on constate aujourd’hui une multiplication des écrans dans les véhicules, à l’instar de ce que l’on constate dans tous les autres “lieux” de notre vie quotidienne. Voici ceux auxquels je pense…

1. Le tableau de bord

Comme je viens de le dire, le tableau de bord est le dispositif d’affichage “classique” des informations nécessaires à la conduite. C’est ce que montre bien cette vieille publicité pour les instruments de bord Jaeger, l’une des marques de référence en la matière :

Publicité pour les instruments de bord Jaeger

Publicité pour les instruments de bord Jaeger

Historiquement, et c’est le cas dans la publicité ci-dessus, le tableau de bord est analogique. Mais l’article de Frédéric montre qu’on est en train de passer en ce moment des tableaux de bord analogiques aux tableaux de bord numériques.

Un tableau de bord actuel, majoritairement analogique, mais avec un écran digital pour quelques informations au milieu.

Un tableau de bord récent, majoritairement analogique, mais avec un écran digital pour quelques informations au milieu.

Le “Virtual cockpit” de la future Audi TT est totalement digital, mais curieusement, il singe l’apparence des instruments analogiques avec ses deux jauges latérales ! (source :

Le “Virtual cockpit” de la future Audi TT est totalement digital, mais curieusement, il singe l’apparence des instruments analogiques avec ses deux jauges latérales ! (source)

Cette numérisation progressive du tableau de bord a évidemment beaucoup d’implications, notamment en termes d’ergonomie. J’essaierai d’aborder ces questions dans de prochains articles.

Je voudrais me contenter ici de préciser quelques caractéristiques clés du tableau de bord en tant que dispositif d’affichage d’informations :

  • C’est un dispositif interne au véhicule
  • Il comporte les fonctions de base de l’information nécessaire au conducteur.
  • Il est indispensable, nécessaire (on ne peut pas s’en passer).
  • Il est fixe dans le véhicule.
  • Il a été analogique pendant longtemps avant de devenir digital.
  • Sous sa forme analogique, il est plutôt perçu comme composite, c’est-à-dire composé de plusieurs écrans et voyants, tandis que sous sa forme digitale, il peut sembler composer d’un écran unique.
  • Jusqu’à très récemment et encore souvent aujourd’hui, il n’est pas connecté.
  • Il est le plus souvent face au conducteur ou légèrement décalé jusqu’à être parfois au milieu du véhicule.

2. La console centrale

Autre partie de l’habitacle qui se transforme progressivement en écran digital : la console centrale. Historiquement, c’est l’autoradio qui a montré les premiers écrans digitaux à cet endroit.

Un autoradio avec écran digital

Un autoradio avec écran digital

Puis sont apparus les systèmes multimédia embarqués, qui ont souvent été dotés nativement d’un écran digital.

Système multimédia embarqué Blackberry QNX

Système multimédia embarqué Blackberry QNX

Demain, nous verrons apparaître les consoles centrales 100% digitales, comme c’est déjà le cas sur la Tesla Model S, également évoquée par Fred Cavazza dans son article :

La console centrale 100% digitale de la Tesla Model S

La console centrale 100% digitale de la Tesla Model S

Comme pour le tableau de bord, essayons de lister les caractéristiques clés des écrans de la console centrale :

  • Ils sont internes au véhicule
  • Ils concernent des services complémentaires ou de confort (on peut s’en passer pour conduire).
  • Ils sont généralement fixes dans le véhicule (parfois mobile – détachable).
  • Comme son nom l’indique, la position de la console est centrale dans le véhicule.
  • 1ère apparition d’un écran digital : celui de l’autoradio
    • Mono-fonction (globalement)
    • Initialement non connecté
    • A été analogique avant de devenir digital.
    • Écran unique
  • Aujouord’hui : l’écran du dispositif multimédia
    • Multi-fonctions : radio, navigation, applications diverses…
    • Nativement connecté
    • Dès le début digital
    • Écran unique

3. Système de navigation externe

Avant que les systèmes multimédia embarqués ne se développent, étaient apparus dans les véhicules les systèmes de navigation externes (navigateurs GPS), souvent fixés au tableau de bord ou au pare-brise via un support dédié.

Un navigateur GPS

Un navigateur GPS

Si on se prête pour cet écran au même exercice descriptif que pour les précédents dispositifs, cela donne :

  • Externe au véhicule (au sens où il est apporté par le conducteur)
  • Services complémentaires ou de confort
  • Mono-fonction : navigation
  • Par définition connecté au signal GPS. Mais initialement non connecté à internet. Différents types de connection ont cependant vu le jour : par les ondes FM pour le protocole RDS/TMC (Traffic Message Channel), par internet via carte sim pour certains, connection par Bluetooth à un téléphone mobile pour d’autres…
  • Nativement digital
  • Écran unique
  • Mobile, mais le plus souvent fixé par un support sur le tableau de bord ou le pare-brise, souvent en position centrale.

4. Smartphone ou tablette

Arrivés après les navigateurs GPS dédiés (voir § 3 ci-dessus), les smartphones se sont cependant vite imposés dans les véhicules en raison de leur connection native et des multiples fonctionnalités qu’ils peuvent abriter dans leurs applications : téléphone, navigation, musique, radio, points d’intérêts, etc.

Un smartphone fixé sur la console centrale via un support.

Un smartphone fixé sur la console centrale via un support.

Si les smartphones on trouvé facilement leur place dans les voitures, on voit moins souvent des tablettes. Certains fabricants imaginent cependant des accessoires dédiés pour faciliter leur usage par le conducteur ou le passager :

Ce support pour tablette se fixe sur le porte gobelet !

Ce support pour tablette se fixe sur le porte gobelet !

Analysons ce type d’écran :

  • Externe au véhicule (apporté par le conducteur)
  • Services complémentaires ou de confort
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Écran unique
  • Mobile, parfois fixé par un support sur le tableau de bord ou le pare-brise, souvent en position centrale.

Les quatre premiers types d’écrans que nous venons de voir sont des dispositifs assez répandus, que vous avez tous certainement rencontrés un jour au l’autre. A partir du prochain, nous entrons dans la catégorie des dispositifs plus novateurs, mais que vous rencontrerez sans doute très prochainement.

5. Affichage tête-haute

L’affichage tête-haute est une vieille lubie des designers et des fabricants automobile, sans parler des conducteurs… S’il est déjà utilisé dans l’aviation, il n’en est cependant qu’à ses débuts dans l’automobile, sans doute pour des raisons d’ergonomie difficiles à régler pour maintenir un niveau de sécurité maximum dans l’usage. Mais il y a fort à parier qu’il va se développer tant il existe aujourd’hui de projets et de technologies variées qui tentent de proposer le meilleur dispositif pour cela. C’est d’ailleurs également le dispositif le plus versatile dans son contenu, ses fonctionnalités et ses usages.

Dispositif tête-haute de BMW

Dispositif tête-haute de BMW

Voici comment on peut analyser ce type d’affichage d’information :

  • Interne ou externe au véhicule
  • Services de base ou de confort
  • Mono ou multi-fonctions
  • Connecté ou non
  • Nativement digital
  • Écran intégré à l’environnement : “flottant” en transparence devant la vue de la route, d’où les questions d’ergonomie difficiles.
  • Fixe ou déplaçable sur l’écran
  • Dispositif encore peu commercialisé

6. Lunettes connectées

Certains ont évidemment imaginé que les lunettes connectées, et notamment les Google Glass, les plus connues, pouvaient être utilisées dans un véhicule pour apporter de l’information au conducteur. Nul besoin de préciser que là aussi la question de l’ergonomie est cruciale pour la préservation de la sécurité. C’est le type même de dispositif qui fait débat sur ce point.

Les Google Glass en voiture

Les Google Glass en voiture

Analyse du dispositif :

  • Externe au véhicule
  • Services de confort ou de base
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Écran intégré à l’environnement  : “flottant” en transparence devant la vue de la route, d’où les questions d’ergonomie difficiles.
  • Fixe sur l’utilisateur, mais mobile dans le véhicule
  • Dispositif encore peu commercialisé

7. Montre connectée

L’avènement des appareils mettables (wearables devices) aura certainement un impact sur la conduite. Si on se contente d’aborder la question des écrans, comme je le fais dans cet article, on peut évoquer les montres connectées. L’exemple de la montre de Nissan, la Nismo Watch, est très intéressant : voilà un appareil destiné à être porté en permanence sur soi, mais conçu cependant par un constructeur automobile pour afficher non seulement les informations classiques d’une montre, mais aussi tout un ensemble d’informations en provenance du véhicule ainsi que de capteurs biométriques (ex : le rythme cardiaque ou la température du conducteur). L’idée très innovante de Nissan est de réunir ces deux types d’informations pour rendre la conduite plus sûre. Résultat : un écran de plus dans le véhicule !

La montre connectée de Nissan.

La montre connectée de Nissan.

Analyse du dispositif :

  • Externe au véhicule
  • Services de confort (et éventuellement de base)
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Fixe sur l’utilisateur, mais mobile dans le véhicule

8. Pare-brise écran

Avec ce type d’écran, on entre encore plus dans le prospectif et on s’écarte par ailleurs de la conduite. Mais je le signale quand même car il me paraît symptomatique de la multiplication des écrans dans le véhicule. Il ne s’agit pas d’un dispositif tête-haute mais de rendre le pare-brise momentanément opaque pour le transformer en écran d’ordinateur pour travailler ou se distraire dans sa voiture le temps d’une pause ! Cette innovation est proposée par PSA dans le cadre de son concept Chrysalide. Voici une vidéo explicite :

Cette vidéo est également intéressante en ce qu’elle montre la complémentarité des écrans et devices : le smartphone ou l’ordinateur posés sur le siège passager envoient une info push sur l’écran du système multimédia que peut voir le conducteur; celui-ci s’arrête, décroche l’écran du système multimédia qui devient une tablette; il déclenche l’affichage du fichier sur le pare-brise qui devient un device d’affichage grand format; pendant ce temps la tablette est utilisée comme device de commande tactile. Bel exemple de la complémentarité des écrans !

Analyse du dispositif :

  • Interne au véhicule
  • Services de confort
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Fixe
  • Au stade de concept aujourd’hui

9. Des écrans pour les passagers

Je ne l’ai pas précisé au début de l’article mais mon idée était de me focaliser sur les écrans utilisés par le conducteur. Il existe cependant bien-sûr beaucoup d’autres écrans possibles dans les véhicules si l’on veut bien compter ceux destinés aux passagers. On peut re-citer les smartphones et tablettes. On peut aussi ajouter les écrans vidéos qui s’installent derrière les appuis-têtes pour les passagers arrière. Et on pourrait aussi citer ces prototypes innovants de vitres interactives dont j’ai déjà parlé dans cet article.

Mais encore une fois ils ne me paraissent pas à considérer de la même manière dans la mesure où ils ne s’adressent pas au conducteur.

Dans de prochains articles, j’évoquerai un certain nombre de questions posées par ces écrans, notamment  :

  • l’ergonomie de ces écrans pour garantir la sécurité de la conduite
  • les interfaces de commande vocales ou gestuelles
  • les interactions automatiques via des capteurs

Quand les vitres des véhicules font écran…

En devenant interactives, les vitres modifient notre rapport à l’environnement : elles nous permettant d’ajouter une couche d’informations entre le monde réel et nous. C’est le principe de la réalité augmentée. Mais elle sort désormais des appareils où elle était habituellement cantonnée, à savoir les mobiles et les ordinateurs, pour gagner désormais de nouveaux “appareils” : les véhicules qui nous transportent, dont les vitres deviennent des écrans. Mais une telle mutation va-t-elle réellement enrichir notre expérience quotidienne ? N’allons-nous pas plutôt vivre dans une bulle immersive qui nous empêche de voir le monde ? Je ne pense pas. Heureusement !

J’ai déjà évoqué dans un précédent article plusieurs projets qui visent à doter les véhicules de vitres interactives : Windows Of Opportunity, de General Motors, ou Window to the World, de Toyota. Dans les deux cas, il s’agit des vitres de voitures. Et dans ce même article en effet, je ne parle pas beaucoup des vitres de transports en commun. Uniquement à travers l’installation artistique Touch the train window du collectif japonais CSP-Salad. Pourtant, j’y évoque bien l’intérêt que de telles innovations pourraient avoir pour les trains par exemple. Et bien justement, pour rattraper mon retard, c’est aux projets qui visent à rendre interactives les vitres des trains et des bus que je vais m’intéresser dans le présent article !

Commençons avec le concept Urban Mobility, “an interactive bus window to solve some problems related to urban mobility”, tel que le décrit Tiago Piriquito, son designer. En réalité, le principal problème résolu ici semble bien être celui de l’ennui pendant le trajet puisque les vitres, si elles étaient réalisées telles quelles, proposeraient des fonctionnalités de jeu, de news et de visite guidée des lieux traversés (infos contextuelles relatives aux monuments visibles). Donc, peu d’infos réellement « pratiques ».

Les écrans du concept Urban Mobility.

Les écrans du concept Urban Mobility.

De son côté, le très beau projet History travels with you entend donner de la profondeur historique à nos déplacements urbains en bus. Imaginé par Ilse Heesterbeek, une étudiante de la Eindhoven Design Academy, il consiste à afficher sur une vitre rendue tactile des photos, des textes ou des vidéos qui évoquent le passé des lieux traversés.

Ces concepts qui utilisent une vitre interactive me rappellent dans l’esprit le projet malicieux et 100% non-digital de Daniel Disselkoen intitulé Man eater :

Comme quoi, il n’y a pas que le digital dans la vie : un simple sticker suffit à nous rendre notre âme d’enfant, à nous distraire et à rendre la ville et ses transports en commun ludiques !

Je trouve également intéressant de rapprocher ces projets de la campagne #NoFilterJustRayBan imaginée par la marque de lunettes à l’occasion de laquelle elle a recouvert de filtres de couleur les vitres de certains bus de la capitale belge pour rappeler la vue que l’on a à travers ses lunettes.

Finalement, les vitres des véhicules sont comme les verres des lunettes : ils s’interposent entre le monde et nous. Et de la même manière, ils deviennent aujourd’hui, les uns et les autres, interactifs !

Une autre campagne avait joué en son temps de la similarité entre les écrans numériques et les vitres des bus. Le site hongrois de partage de vidéo Inda Video avait “transformé” les vitres de bus en écrans vidéos via un simple sticker posé sur leur pourtour :

Le sticker Inda Video posé sur une vitre de bus la transforme en écran de visualisation de vidéo.

Le sticker Inda Video posé sur une vitre de bus la transforme en écran de visualisation de vidéo.

Mais si les vitres sont évidemment le support possible d’un affichage visuel, il existe également des projets qui les investissent en tant que support de diffusion audio. C’est le cas du concept Talking windows, imaginé par Audiva, une société allemande spécialisée dans l’audition.

Audiva a tout d’abord constaté que les voyageurs reposaient souvent leur tête contre la vitre des trains. Elle a alors imaginé que cette position pouvait être l’opportunité de diffuser des messages publicitaires à ces passagers via un système de conduction osseuse ! On sait que les Google Glasses utilisent également la conduction osseuse pour la diffusion audio.

Le boîtier de diffusion  audio d'Audiva.

Le boîtier de diffusion audio d’Audiva.

Le dispositif fonctionne avec un boîtier qui diffuse le son via la vitre, puis par conduction osseuse il est « entendu » par la personne qui appuie sa tête sur la vitre.

Le point désespérant du système est qu’il ne semble avoir été pensé pour l’instant que pour diffuser des publicités plutôt que du contenu. En revanche, le point intéressant par rapport à l’usage des vitres comme support d’images me paraît être le respect d’une sphère d’audience individuelle plutôt que collective comme pour les vitres-écrans (cf. mes remarques en fin d’article).

Enfin, dans un autre registre, plus total, plus fou et plus futuriste encore, le concept Willie bus, imaginé par Tad Orlowski transforme l’intégralité des parois (très transparentes) d’un autobus en écrans interactifs qui peuvent afficher des publicités pour les passants ou des informations pour les passagers !

Un projet qui aurait eu sa place dans ma série d’articles sur la manière de transformer n’importe quelle surface en interface.

Le concept Willie Bus

Le concept Willie Bus

Vous pourrez en savoir plus sur ce concept et découvrir d’autres photos dans cet article.

Finalement, tous ces projets m’intéressent à plus d’un titre :

  • Tout d’abord, ils illustrent la tendance des vitres à se transformer en écrans interactifs.

  • D’une certaine manière, c’est un cas particulier de la tendance qui veut que toute surface devienne interactive, un sujet que j’ai déjà abordé dans une série d’articles comme je l’ai indiqué au début de cet article.

  • Lorsque les vitres se transforment en écrans, il s’agit alors d’écrans “transparents”, un sujet sur lequel j’écris beaucoup dans ce blog car il représente selon moi une tendance forte de notre écosystème informationnel numérique. Ce qui pose toute une cohorte de questions en termes d’usages et de conception (ergonomie notamment).

  • En tant qu’écrans transparents, ils reposent en grande partie sur le principe de la superposition d’images (voir également mes articles sur la reconduction photographique)

  • Enfin, ils posent le problème de leur usage dans le contexte de l’audience collective des bus ou des trains. Ce point me paraît être l’une des principales difficultés de mise en oeuvre de ces dispositifs. En effet, à l’inverse des écrans habituels, les vitres des trains et des bus ne sont pas adaptées à un usage individuel : leur taille et leur disposition ainsi que la disposition des individus dans le véhicule créent nécessairement une audience collective à leur fonctionnement en tant qu’écrans. Or, comment gérer cet aspect collectif de l’audience ? Qui décide quoi afficher ? Qui décide même s’il faut afficher quelque chose ? Comme réserver une zone de non-réception (une zone de calme) aux voyageurs qui ne souhaitent pas voir ce qui s’affiche à l’écran ou entendre l’audio (qui souhaitent rester dans le calme) ? Il y a là une vraie difficulté, surtout pour l’aspect visuel. Car d’une certaine manière on peut imaginer un dispositif pour rendre l’aspect audio privatif (Cf. le concept d’Audiva ci-dessus), mais c’est beaucoup plus difficile à imaginer pour l’aspect visuel.

Pourquoi des écrans et des interfaces transparents ? Pour le spectacle et la contextualisation de l’information !

Pourquoi utiliser des écrans transparents ? Pourquoi créer des interfaces transparentes ? J’ai consacré de nombreux articles récents à expliquer que nous ressentions une fascination pour ce type d’écrans qui nous plongeaient dans certaines capacités fascinantes de maîtrise de notre environnement. J’aimerai compléter cette explication en identifiant aujourd’hui ce qui apparaît selon moi comme les deux grands bénéfices de ces écrans et interfaces en termes d’usage : l’aspect spectaculaire d’un côté et la contextualisation de l’information de l’autre.

Le premier point qui me paraît intéressant, c’est que les écrans transparents sont de formidables vecteurs de spectacle. Quelqu’un qui utilise un écran transparent, surtout quand il est tactile, c’est tout de suite un spectacle !

La parfaite illustration de cette caractéristique, c’est l’usage qu’en font les fabricants de tables de mixage de DJ.

Prenez la description de la console transparente QNQ sur son site internet :

QNQ est une console multitouch de 47 pouces qui modifie profondément la relation entre le DJ et son public. L’apparence visuelle époustouflante de QNQ attire le regard du public et permet au DJ de partager avec son audience l’expérience d ‘”être un DJ” . Elle crée un spectacle intime et interactif, où le public arrive à regarder et sentir tout ce que touche le DJ.

L’appareil peut également être un moyen amusant et interactif pour les marques de faire connaître leurs produits et de toucher directement un public engagé.

Le site QNQ possède d’ailleurs des photos qui restituent bien cette capacité de la console à créer une expérience spectaculaire. Sur l’une d’elle on peut d’ailleurs lire “Looks matter”.

La console tactile transparente QNQ

La console tactile transparente QNQ

La console en action :

Même argumentaire exalté sur le site de Smithson Martin à propos de leur console transparente Emulator Dual View Screen :

C’est l’expérience la plus révolutionnaire de ces 30 dernières années pour les artistes de scène ! DVS Emulator est le premier système de contrôle MIDI réellement multitouch qui permet à la foule, grâce à un écran tactile transparent géant, de voir exactement ce que fait l’artiste.

L’art du DJ intègre désormais les jeux de lumières des clubs, c’est un nouveau niveau de performance !

Emulator peut également être utilisé comme un pupitre multitouch ou un outil de présentation pour des réunions ou des conférences. Il rend les événements d’entreprise plus interactifs car le pupitre est transparent ce qui permet au public de voir à travers tout en regardant le présentateur. L’attention du public est accrue et les présentateurs se sentent soutenus par cette nouvelle technologie !

Je crois que ça se passe de commentaires !!! Par contre, si vous voulez des images, on en trouve sur le site de l’agence d’événementiel A-BLOK, qui organise des soirées avec ce type de matériel :

Vous trouverez une multitudes d’autres vidéos sur YouTube si vous le souhaitez.

Avec ces pupitres interactifs transarents, A-BLOK organise aussi des performances de digital live painting :

Là aussi, si ça vous intéresse, d’autres vidéos de digital live painting sont visionnables sur YouTube.

Enfin, elle propose également ce matériel pour des séminaires et conférences :

A-BLOK_Pupitre_Interactif_Ormes2-809x539

Le pupitre transparent utilisé lors d’une conférence

Une autre illustration flagrante du côté spectaculaire des écrans transparents, c’est la fameuse démo d’un dispositif multitouch par Jeff Han lors d’un TED talks en 2006. Le pupitre était transparent, ce qui accentuait l’aspect spectaculaire de la démo :

Passons maintenant des écrans aux interfaces transparentes. Même sans écran, ces dernières ont elles aussi des capacités surprenantes à créer du spectacle. L’une des meilleurs illustrations de cette caractéristique me paraît être la fameuse vidéo de Hans Rosling où il explique en 4mn le progrès des différents pays du monde au cours des 200 dernières années :

Dans cette vidéo, le dispositif de transparence (appelez ça réalité augmentée, motion design ou ce que vous voulez, peu importe…) n’apporte rien à l’information en soi. Hans Rosling aurait tout aussi bien pu faire la même démonstration avec un dispositif plus classique, comme il l’a fait par exemple lors d’un TED Talks. Par contre, cela donne une dimension éminemment spectaculaire à la vidéo et à la démonstration. Et je ne veux pas seulement parler de l’effet Whaouh que peut déclencher, la première fois qu’on le voit, ce qui peut apparaître ici comme une innovation et qu’on ne ressent plus quelque temps après. Je veux parler de la fascination que crée la superposition du speaker et des données, l’aspect lumineux des signes graphiques que l’on retrouve souvent dans les interfaces transparentes et finalement la danse que composent ensemble l’animation des données et les mouvements du speaker !

Pour être précis, je n’oublie pas que le succès de cette vidéo tient autant au fond qu’à la forme, c’est-à-dire à la performance de l’analyse des données et à leur explication aussi synthétique et pédagogique en 4 mn !

Quoi qu’il en soit, cette dimension spectaculaire des interfaces et des écrans transparents me semble être également une explication au succès de l’utilisation des (pseudo-)hologrammes dans les spectacles et les défilés de mode, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler dans un précédent article.

Enfin, puisque j’en suis à évoquer des sujets que j’ai déjà abordés, cette capacité à créer du spectacle est également, selon moi, ce qui fait que les publicités et les films de science fiction raffolent autant des écrans et des interfaces transparentes. Certes, il y a la fascination pour la transparence en soi et ce qu’elle signifie, comme je l’ai déjà expliqué dans ces précédents articles, mais s’ajoute aussi à cela selon moi le côté spectaculaire des images ainsi créées, comme je l’ai d’ailleurs déjà souligné à la fin de ce même article. C’est particulièrement vrai selon moi dans le film Iron Man, notamment dans la scène où il manipule un plan de ville sur une interface hologrammique :

Dans cet extrait, comme pour la vidéo de Hans Rosling, on est fasciné par la danse que composent à l’écran les mouvements de l’interface et ceux de l’acteur, accentués par les mouvements de caméras. C’est une vraie chorégraphie des corps et des signes rendue possible par la transparence !

Voilà pour la capacité des écrans et interfaces transparentes à créer du spectacle.

L’autre point que je voulais aborder est leur capacité à contextualiser l’information.

Le premier exemple auquel je pense est la réalité augmentée. Son principe même repose sur la superposition des signes à une image de la réalité. Qu’on soit donc dans une transparence réelle ou simulée, la réalité augmentée n’est possible que par la transparence. Or, à quoi sert ici la transparence ? A superposer l’information à ce que l’on voit en un lieu donné et dans une direction donnée. Et dans cette situation, “ce que l’on voit en un lieu donné et dans une direction donnée” nous est donné par le contexte, nous le subissons, nous l’explorons, tandis que l’information nous est fournie par un appareil et un système d’information, qui disposent de caractéristiques qui mettent en relation cette information avec l’environnement réel, qui relient donc le virtuel au réel, le sémiotique au réel.

réalité_augmentée

La transparence est une caractéristique clé de la réalité augmentée

Dans le cas des réfrigérateurs à porte transparente dont j’ai déjà parlé, l’intérêt de la transparence est notamment de pouvoir mettre l’information en contexte avec ce qui se trouve à l’intérieur du réfrigérateur, comme on peut le voir sur cette vidéo :

Mais la transparence n’agit pas seulement dans la mise en relation de l’information issue d’un appareil avec l’environnement de cet appareil et de son utilisateur : elle peut aussi être utilisée pour contextualiser l’information au sein d’une interface, sur un même écran, comme l’explique cet article de Mashable, à propos de l’interface graphique d’iOS 7, le nouvel OS de l’iPhone :

Le nouveau design plat, qui abandonne la vieille esthétique skeuomorphique d’iOS, est une véritable merveille. Jony Ive s’est surpassé en créant des couches de conception translucides de telle sorte que lorsque votre clavier s’affiche à l’écran, vous pouvez toujours avoir une idée de ce qu’il y a en dessous

D’ailleurs, on peut lire le même argument sur le site d’Apple :

Des couches fonctionnelles distinctes contribuent à donner de la profondeur et à instaurer de l’ordre et de la hiérarchie. L’effet de transparence permet d’avoir une meilleure perception du contexte.

A défaut d’avoir encore le nouvel iOS sur votre iPhone, vous pouvez avoir un aperçu de ce que ça donne sur cette page d’Apple qui propose des animations de certaines fonctionnalités de l’OS.

Un aperçu d'iOS7

Un aperçu d’iOS7 où les couches inférieures apparaissent de manière floue à travers la couche supérieure

Plutôt que de transparence, il s’agit en fait d’un aspect translucide des différents calques : la transparence est très floutée. On voit cet aspect à l’oeuvre sur les menus du bas lors du défilement des contenus ou lors de l’affichage du clavier, par exemple pour l’app Messages.

Il existe également sur certaines apps des effets de transparence légèrement différents, voire inattendus, mais diablement intéressants. C’est le cas notamment de l’app Météo, qu’Apple a délibérément mise en avant dans sa communication autour du nouveau design de l’OS. Dans cette app, des animations se jouent en image de fond, sous les textes d’information, qui sont donc sur une couche totalement transparente en dehors de la présence graphique des signes.

Une animation est présente sur cette page du site d’Apple qui permet de visionner cet effet.

Les différents effets graphiques de l'app Météo d'iOS7

Les différents effets graphiques de l’app Météo d’iOS7

Ici, l’information n’est pas vraiment mise en contexte, elle est illustrée. Une image (un signe visuel cherchant à ressembler à une réalité tangible) s’ajoute à des signes linguistiques (textes) et iconiques (symboles graphiques liés par une ressemblance à ce qu’ils représentent). Cette illustration n’apporte aucune information supplémentaire, si ce n’est montrer ce qu’est de la pluie à quelqu’un qui n’en aurait jamais vu !! En fait, elle est totalement redondante par rapport au texte et aux symboles. Elle se contente juste d’ajouter de l’immersion à l’information.

Apple va cependant plus loin dans son interprétation de cette animation. Sur la même page que celle citée tout à l’heure on peut lire :

Les interactions sont dynamiques, les animations cinématographiques, et l’ensemble prend vie de façon inattendue, quoique parfaitement naturelle. Ouvrez, par exemple, l’app Météo et vous comprendrez tout de suite. La grêle s’abat sur le texte, tandis que la brume le recouvre partiellement. Les orages s’annoncent par des nuages et des éclairs. Maintenant, consulter la météo en ligne, c’est un peu comme regarder par la fenêtre. (c’est moi qui souligne) (source)

Cette dernière phrase mérite le détour : pour Apple, en proposant des animations en fond d’écran, l’app Météo permet de voir sur son écran ce que l’on peut voir au même moment autour de soi. C’est donc une sorte de transparence par métaphore ! “C’est un peu comme regarder par la fenêtre !”

Il est quand même étonnant, alors qu’Apple revendique l’abandon du skeuomorphisme dans iOS7, qu’il mette ainsi en avant dans une app du même OS des signes qui fonctionnent eux aussi par ressemblance avec la réalité matérielle. Chassez le naturel, il revient au galop !

Voilà en tous cas qui clôt cet article. Je terminerai juste en rappelant que dans un article récent, j’avais proposé une méthode d’analyse des plans des interfaces. Je trouve que le propos de la seconde partie de cet article sur la contextualisation de l’information par la transparence se prête particulièrement bien à une analyse par couches des interfaces concernées. J’aurai donc l’occasion d’y revenir dans de prochains articles. Alors à bientôt !

Quand n’importe quelle surface devient une interface. Episode 5 : Les surfaces d’affichage et de commande (2/2).

Dans le précédent article, j’ai décrit l’usage de la projection et de la pico-projection dans des dispositifs destinés à transformer n’importe quelle surface en interface d’affichage et de commande. Or, il existe d’autres techniques utilisées pour atteindre le même objectif. C’est ce que nous allons voir dans cet article qui va clore cette série sur les différentes manières de transformer n’importe quelle surface en interface.

1) Ecrans ou films tactiles transparents

La première série de technologies que je veux aborder ici est celle qui consiste à utiliser :

  • soit des écrans tactiles transparents tels que ceux que j’ai déjà décrits dans de précédents articles et notamment celui-ci.

  • soit des films tactiles transparents

L’avantage des écrans et films transparents dans notre contexte tient au fait qu’ils sont invisibles devant une surface opaque. On peut donc les placer sur une telle surface pour rendre celle-ci interactive. D’une certaine manière, cela consiste à poser des écrans sur des surfaces ou à transformer des surfaces en écrans, étant entendu que la technologie ici utilisée est très proche de celle de nos appareils multitouch actuels tels que smartphones et autres tablettes.

Pour prendre conscience des différents types d’usages que l’on peut imaginer à ces technologies, je vous invite à retourner voir les films d’anticipation dont j’ai déjà parlé dans de précédents articles pour y découvrir l’incroyable diversité des surfaces que les fabricants imaginent digitaliser. Vous remarquerez qu’il n’est pas étonnant, puisqu’on parle d’écran transparent, que la société Corning, spécialiste du verre, se glisse parmi les sociétés technologiques qui réfléchissent à ce sujet. Je vous invite donc à regarder leur série A day made of glass.

Passons maintenant en revue un certain nombres d’objets du quotidien que l’on a pu voir dans ces films.

Les miroirs sont l’un des objets que l’on retrouve le plus souvent digitalisés. Il faut dire qu’il s’agit d’un des objets les plus proches de ce qu’est par ailleurs un écran. C’est une surface plane, rigide, posée verticalement au mur, destinée à être regardée en face et qui “produit” une image.

C’est tellement proche d’un écran que certains fabricants proposent dès aujourd’hui des TV mirrors, c’est-à-dire des télévisions cachées dans un miroir ! Voir ici ou .

C’est aussi la raison pour laquelle des fabricants ont assez rapidement proposé d’utiliser un miroir comme écran d’affichage d’informations. C’est le cas du Cybertecture mirror, un miroir interactif mais pas tactile. Il est commandé à distance via une télécommande ou une application mobile et peut ainsi afficher sur sa surface toutes sortes d’informations que l’on affiche habituellement sur un ordinateur ou un device mobile. Il est ou a été ou aurait été commercialisé, je ne sais pas trop. L’un des grands intérêts de ce miroir est selon moi d’avoir été pensé dès le début comme pouvant devenir le coeur du nouvel écosystème digital de la salle de bain. Je veux dire par là qu’il est pensé pour être relié à tous les objets connectés qui envahissent petit à petit notre salle de bain pour nous permettre de mieux piloter notre santé : pèse-personne connecté, brosse à dents connectée, appareils de fitness connectés, etc. Il peut alors afficher toutes les données issues de ces appareils.

Vous trouverez plus d’infos et de photos sur le Cybertecture mirror dans les articles ci-dessous :

Dans la même veine (!), le designer britannique Jon Walmsley a imaginé le concept encore plus avancé du Health Monitoring Mirror, un écran multitouch doté d’un système de reconnaissance faciale, qui permet de suivre l’état de santé des habitants de la maison.

Health monitoring mirror

Le Health monitoring mirror

En 2011 déjà, des étudiants du MIT Media Lab avaient présenté le prototype du Cardiocam mirror, un miroir doté d’une webcam capable de détecter votre rythme cardiaque et d’un écran capable d’afficher l’information.

Ming Zer Poh devant son invention, le Cardiocam Mirror

Ming Zer Poh, du MIT, devant son invention, le Cardiocam Mirror

Et plus récemment, Panasonic a présenté un Smart Mirror pensé initialement pour aider à la rééducation physique des personnes malades ou accidentées.

Le Panasonic Smart Mirror (source)

Le Panasonic Smart Mirror (source)

Mais l’usage médical est loin d’être le seul qu’on prête aux miroirs interactifs. Prenez par exemple l’un des plus anciens concepts de miroirs multitouch dont je me souvienne : celui développé en 2008 par Alpay Kasal de Lit Studios et Sam Ewen d’Interference Inc.. Ses visées sont beaucoup plus ludiques, poétiques et communicantes… Mais c’était les débuts…

Depuis, plusieurs sociétés ont développé des prototypes ou commercialisé des produits :

La société Stocco a commercialisé le Maitre mirror, un miroir qui se connecte à un lecteur mp3.

Le Maitre mirror de Stocco

Le Maitre mirror de Stocco (source)

Interactive interiors commercialise un Multitouch screen mirror qui permet d’afficher des informations, de surfer sur le web ou de jouer des fichiers multimédia.

Enfin, Ox-Home propose aussi bien des mirrors TV que des touchscreen mirrors.

Mais comme les miroirs ne sont pas seulement dans la salle de bain, certains ont imaginé des usages propres aux autres lieux où ils se trouvent, tels que le salon ou le hall d’entrée.

C’est le cas de la société française Joshfire avec son produit sobrement intitulé Le Miroir, dont la particularité est d’être destiné au marché professionnel. Le Miroir peut effectivement héberger et afficher différentes applications à la demande de la société cliente.

C’est aussi le cas du New York Times, qu’on ne s’attend pas à trouver là, mais dont le très actif laboratoire de R&D a imaginé un miroir intelligent appelé Reveal et destiné à prendre soin de vos matins (Eh oui, c’est bien le matin qu’on lit le journal, non ?). Bourré de technologies (lecteur de puces RFID, commande vocale, commande gestuelle par Kinect, reconnaissance faciale…) le Reveal peut afficher de multiples informations personnalisées (vidéos, suivi de santé, agenda, news, traffic routier…).

Par les autres usages des miroirs interactifs qui se développement le plus, on trouve le digital retail. Le sujet est tellement vaste que j’y consacrerai un article prochainement. Patience !

D’ici là, pour faire un tour des usages possibles des miroirs digitaux, je vous invite à lire cet article.

Autre objet que les concepteurs et fabricants se plaisent à digitaliser : le réfrigérateur.

Plusieurs campagnes marketing récentes utilisant des magnets connectés ont d’ailleurs montré à quel point le réfrigérateur était un objet dont le potentiel de digitalisation était fort. Pour mémoire, rappelez-vous le VIP Fridge Magnet imaginé par une filiale de TBWA, pour Red Tomato Pizza, une chaîne de restaurants de Dubai, ou Evian smart drop, de BETC & Joshfire.

Donc, du côté des réfrigérateurs eux-mêmes, In my fridge est un concept imaginé en 2011 par les designers Fabian Kreuzer & Markus Lorenz Schilling. Sa porte est dotée d’un écran tactile interactif qui renseigne sur la quantité d’aliments à l’intérieur et leur date de péremption.

Haier a présenté un prototype de réfrigérateur intelligent à porte transparente.

Samsung de son côté a dévoilé un écran LCD transparent qui peut être utilisé comme porte de réfrigérateur, comme il l’a montré en partenariat avec la marque Absolut Vodka :

L'écran LCD transparent de Samsung utilisé sur un réfrigérateur en partenariat avec Absolut Vodka.

L’écran LCD transparent de Samsung utilisé sur un réfrigérateur en partenariat avec Absolut Vodka.

Autres objets souvent digitalisés : les comptoirs de bar et les tables (tables basses, de restaurant, de salon, etc.).

En tout premier lieu, on pense évidemment à la table Microsoft Surface :

Elle a donné lieu à de multiples utilisations, notamment dans la restauration. Les tables tactiles sont d’ailleurs le coeur du concept du restaurant Touch’in à Paris (lire cet article).

Les tables tactiles du restaurant Touch'in, à Paris.

Les tables tactiles du restaurant Touch’in, à Paris.

Après les tables du restaurant, le comptoir du bar : dès 2006, la société Mindstorm avait proposé iBar, un comptoir tactile assez spectaculaire :

D’autres ont suivi depuis, comme celui de SpinTouch, comme le Valobar de Valo Technology ou encore celui que la société Vi-Tech a développé pour Nespresso :

Bref, comme on peut le voir, tout meuble disposant d’une surface plane et autour duquel se joue une interaction sociale est aujourd’hui susceptible d’être digitalisé pour augmenter l’interaction en question, le spectacle ou tout simplement l’expérience utilisateur.

Dans les exemples que nous venons de voir, la technologie est essentiellement représentée par des écrans tactiles transparents, mais il existe également des films tactiles transparents. Des sociétés telles que Displax, Visual Planet, King Touch ou Prodisplay commercialisent ce genre de films.

La technologie des films tactiles transparents (source)

La technologie des films tactiles transparents (source)

Les films possèdent plusieurs avantages par rapport aux écrans :

  • ils peuvent être utilisés sur des surfaces incurvées

  • ils peuvent être utilisés momentanément

  • ils peuvent être installés sur une partie seulement d’une surface déjà existante

  • etc.

On peut les utiliser sur des vitrines, des façades, des surfaces murales intérieures, des meubles, etc.

Film tactile transparent utilisé sur une partie d'une vitrine

Film tactile transparent utilisé sur une partie d’une vitrine

2) Autres technologies

Si la (pico-)projection ainsi que les écrans et films tactiles transparents sont les deux technologies les plus fréquemment employées, il en existe également d’autres qui permettent de transformer n’importe quelle surface en interface.

Commençons avec un concept de stylo interactif intitulé Activator PC. Assez futuriste par rapport aux possibilités technologiques actuelles, le fonctionnement du stylo consiste à “générer une surface interactive à partir d’une surface plane ou d’un objet sans composant électronique. Puis, en dessinant un appareil ou un dispositif sur ces surfaces anodines, l’utilisateur du stylo délimite des aires de contrôle virtuelles” (source). Le stylo utiliserait même “des particules invisibles dans l’air” ! (idem) Whouah ! ;-))

Le stylo Activator PC

Le stylo Activator PC

Plus d’infos et photos :

Autres technologie : En 2008, une société française, Sensitive object, avait mis au point Reversys, une technologie d’analyse de la propagation des ondes acoustiques dans les matériaux. Elle entendait (!) utiliser cette technologie pour rendre interactive n’importe quelle surface, comme on peut le voir dans cette vidéo :

Depuis, la société a été rachetée par Tyco Electronics et je ne sais pas ce qu’est devenu cette innovation.

Enfin, je terminerai cet article (et toute cette série !) avec Skinput, un prototype de Chris Harrison, un chercheur dont j’ai déjà parlé dans le précédent article. Le principe de Skinput est similaire à celui de Sensitive object, mais il fonctionne en détectant le son et les mouvements produits par votre corps quand vous le touchez (lire cet article) :

Voilà, faire du corps humain une interface, c’est une belle perspective pour clore cette série consacrée aux manières de transformer n’importe quelle surface en interface !!!

En tous cas, n’hésitez pas à me faire part de vos remarques, réflexions, questions ou découvertes si vous en avez ! ça m’intéresse beaucoup !

Quand Mercedes révèle le lien entre écologie et transparence au détour d’une campagne de pub

Que ce soit pour faire face à la disparition progressive du pétrole ou par pur souci écologique, la plupart des constructeurs automobiles innovent aujourd’hui afin de proposer demain des voitures utilisant des sources d’énergie alternatives. Dans cette perspective, Mercedes travaille depuis plusieurs années sur des modèles fonctionnant avec une pile à combustible, c’est-à-dire à hydrogène.

Il y a tout juste un an, pour promouvoir le dernier d’entre eux, la Classe B F-Cell (pour fuel cell, piste à combustible), la marque allemande avait créé la campagne ci-dessous, que je trouve diablement intéressante :

Cette campagne m’intéresse à plus d’un titre.

Tout d’abord, le dispositif mis en place fonctionne exactement comme fonctionnent les smartphones lorsqu’ils sont utilisés comme appareils de visée, que ce soit pour photographier ou pour utiliser des applications de réalité augmentée. J’ai déjà évoqué ce principe à plusieurs reprises, notamment dans cet article. C’est aussi le mécanisme des appareils photos numériques avec visée à l’écran.

En un mot : la façade de leds posée sur la voiture joue le rôle de l’écran du smartphone. Elle affiche la scène qui se trouve derrière la voiture via une caméra posée de l’autre côté de la voiture et qui filme ce qui se trouve derrière, avec le même angle de vue que celui des spectateurs de la façade de leds. C’est donc le même dispositif que celui de la caméra du smartphone.

Si l’on reprend le modèle des plans de transparence que j’ai présenté hier, cela donne le schéma suivant (à comparer avec celui de la réalité augmentée, présenté également hier) :

Schéma des plans de transparence du dispositif imaginé par Mercedes dans sa campagne Invisible !

Schéma des plans de transparence du dispositif imaginé par Mercedes dans sa campagne Invisible !

Appliqué à une voiture, qui se déplace, dont la taille est importante, et que l’on voit passer devant soi lorsque l’on est piéton en bord de route, le procédé produit un effet vraiment saisissant que restitue bien la vidéo.

Voilà qui est déjà très intéressant, mais ce qui l’est encore plus c’est la raison pour laquelle un tel procédé a été imaginé. Tout tient dans un seul mot qui est aussi le titre de la campagne : “Invisible”. Pour Mercedes, sa voiture non-polluante est donc “invisible” pour l’environnement. Pour le montrer, la marque a donc décidé de rendre la voiture physiquement invisible, via le dispositif ingénieux qui est montré dans la vidéo. Ce qui est passionnant ici, c’est le lien explicite fait entre la transparence, c’est-à-dire l’invisibilité, et l’écologie.

Effectivement, en termes d’imaginaire, la transparence crée une proximité avec l’environnement, donc une écologie. On ne peut pas concevoir une transparence polluante, qui voilerait le monde et le noircirait ! La transparence permet de voir à travers, laisse passer la lumière et les couleurs du monde, donc de la nature. Elle est associée à une certaine pureté. C’est certainement d’ailleurs un des éléments qui contribue à son rôle dans notre imaginaire du futur : elle nous présente l’image d’un futur très pur, débarrassé de toute pollution, donc très souhaitable…

Et ça n’est donc pas étonnant que l’on retrouve le même lien évoqué ou deviné dans plusieurs des exemples que j’ai évoqués récemment.

Prenons par exemple Samsung, et l’écran LCD transparent de sa Smart Window. Et bien, le constructeur coréen ne se gêne pas pour communiquer sur ses vertus écologiques : apparemment, il ne consommerait que 10% de l’énergie consommée par un écran LCD traditionnel de même taille. Comment ? En utilisant justement sa transparence pour bénéficier de la lumière de la pièce ou du soleil comme source de luminosité alors que les écrans LCD traditionnels utilisent des sources lumineuses électriques internes (Black Light Units, BLU) (source). Transparent, c’est mieux que black or blue… 😉

Dans un registre plus symbolique cette fois-ci, la conception des architectes de la salle d’escalade de Brixen, dans les Dolomites, est également emprunte de cette même vision de communion avec la nature restituée par les effets tantôt de reflets tantôt de transparence des cloisons de la salle (voir mon article sur ce sujet).

J’interprète également de la même manière les projets de vitres interactives de General Motors ou de Toyota, tout comme le concept de CSP-Salad dont j’ai parlé dans le même article. Ce sont de parfaits exemples de ce principe d’ouverture sur le monde, d’interface ludique avec le monde que permet la transparence.

Et vous, vous avez d’autres exemples en tête d’usage de la transparence dans des interfaces (digitales ou pas) qui soit une marque forte de ses liens avec l’écologie ?