Des jumelles panoramiques pour voir dans le passé ou le futur des villes

J’ai déjà consacré de nombreux articles aux dispositifs médiatiques ou numériques qui permettent de plonger un utilisateur dans le passé ou le futur d’un lieu (iciici, ou , entre autres). J’aimerais y revenir aujourd’hui avec un dispositif que je n’avais encore jamais abordé : les jumelles panoramiques.

Les jumelles panoramiques, ce sont ces bornes, souvent payantes, que l’on trouve dans les lieux touristiques et qui nous permettent d’observer de plus près un panorama ou une scène lointaine.

Des jumelles panoramiques (source)

Des jumelles panoramiques (source)

Comme il le fait avec tant d’autres dispositifs, le numérique permet de réinventer ces bornes, notamment pour nous permettre de voir, non pas dans le lointain, mais dans le passé ou le futur. Une réinvention qui passe souvent par l’utilisation de la réalité virtuelle ou de la réalité augmentée.

Commençons avec l’exemple le plus récent, celui qui m’a inspiré cet article.

Timescope

Depuis le 14 mars 2016, une borne interactive nommée Timescope a été installée place de la Bastille, à Paris. Pour un coût de 2 €, les passants peuvent visualiser en réalité virtuelle la place telle qu’elle était en 1416 et en 1789.

La borne Timescope, installée place de la Bastille, à Paris.

La borne Timescope, installée place de la Bastille, à Paris.

Cette borne a été conçue par une start-up française nommée elle aussi Timescope, et créée en 2015 par Adrien Sadaka et Basile Segalen.

D’aspect extérieur, la borne fait autant penser à un périscope qu’à des jumelles panoramiques classiques. Comme ces dernières, elle dispose d’un axe de rotation horizontal à 360°, pour embrasser tout le champ visuel autour de soi, et d’un axe vertical, pour regarder vers le haut et vers le bas. Mais le boîtier des jumelles peut également coulisser verticalement le long d’une colonne pour s’adapter à la taille de l’utilisateur. C’est son côté périscope. (Voir la vidéo d’explication).

L'utilisation de Timescope.

L’utilisation de Timescope.

Avec sa forme de colonne très pure, c’est un bel objet, dont le design est dû à Pierre Charrié. Le prototype et la borne actuelle ont été développés à Usine.IO, le fablab du 13ème arrondissement de Paris. Signalons enfin qu’elle a été pensée pour éviter au maximum le vandalisme et les dégradations que peut subir une borne technologique située dans un lieu public et en extérieur. Tel n’est pas là le moindre des défis d’une borne de ce type, placée en extérieur.

Car la vraie différence entre Timescope et des jumelles panoramiques classiques ne se trouve pas tant dans son aspect extérieur que dans ce qu’elle contient. En y plongeant les yeux, on découvre une vue sphérique animée, en images 3D, de l’endroit tel qu’il était en 1416 ou en 1789 (suivant le choix que l’on a fait). C’est donc un dispositif de réalité virtuelle fixe, via une borne, et in-situ. Les vues sont réalisées en images de synthèse, avec un très grand réalisme graphique, pour rendre l’expérience la plus convaincante possible. Elles sont également sonorisées avec des sons d’ambiance, et demain peut-être avec une voix off. Autre point crucial pour les créateurs de Timescope, le réalisme historique de la scène. Ils ont donc collaboré avec une historienne, Héloise Bocher, qui a validé leur travail de reconstitutionUne démo de l’une des animations est visible en ligne.

Timescope met en avant la qualité graphique et la fidélité historique de sa reconstitution des lieux.

Timescope met en avant la qualité graphique et la fidélité historique de sa reconstitution des lieux.

Le point faible du dispositif me parait être l’expérience d’achat telle qu’elle est actuellement proposée. Aujourd’hui, il faut effectivement acheter son billet en ligne sur le site de Timescope pour pouvoir l’utiliser ! Or, une telle borne ne peut évidemment fonctionner que dans le cadre d’un achat impulsif sur place. Mais cela devrait venir dans le cadre d’évolutions futures de la borne.

Si l’expérience s’avère concluante, l’ambition des deux jeunes créateurs est évidemment d’installer d’autres bornes dans Paris, et dans d’autres villes en France ou à l’étranger. C’est également de proposer plus de dates à visionner sur une même borne. Voire même d’utiliser le dispositif pour visionner non plus le passé d’un lieu, mais son aménagement futur dans le cadre d’un projet d’urbanisme ou d’immobilier par exemple. Bien des usages peuvent être imaginés.

On pourrait mettre beaucoup de choses derrière les jumelles de Timescope !

On pourrait mettre beaucoup de choses derrière les jumelles de Timescope !

D’autres Timescopes ?

Si par certains aspects cette borne est unique, elle a cependant eu des prédécesseurs. Je les ai découverts en grande partie grâce à un article de Chris O’Shea intitulé Augmented Periscopes & Telescopes. En passant en revue les exemples de cet article, on constate qu’il existe une multitudes de variantes dans ce type de bornes, notamment sur les points suivants :

  • Certaines bornes permettent de voir dans le passé, d’autres dans le futur, d’autres enfin d’enrichir le présent.
  • Certaines utilisent un dispositif proche de la réalité virtuelle, d’autres misent plutôt sur la réalité augmentée, d’autres, enfin, sur une forme de reconduction photographique.
  • Certaines sont en extérieur, d’autres en intérieur.

Passons en revue quelques exemples. Je vous propose de commencer par plusieurs réalisations de l’exceptionnelle agence allemande de design interactif Art+com Studios.

Timescope, “première du nom” : l’expérience la plus ancienne et la plus aboutie à ce jour

(En bref : borne d’extérieur / reconduction photographique (et réalité augmentée ?) / voir dans le passé ou le futur)

L’un des exemples les plus anciens de ce type de borne semble remonter à 1996. Oui, vous ne rêvez pas : 1996 !  A l’échelle du numérique, ça paraît une éternité !

L'une des premières versions de la borne Timescope d'Art+com Studios.

L’une des premières versions de la borne Timescope d’Art+com Studios.

Cette année là, l’agence Art+com installe à Berlin le premier exemplaire d’une borne appelée déjà Timescope ! Elle permet de se plonger dans le passé de la ville en affichant des photos ou des vidéos d’un même lieu prises à différentes époques. L’utilisateur oriente la borne dans la direction de la vue qui l’intéresse, la Bernauer Strasse par exemple. Il sélectionne une date et peut ensuite visionner une vue du passé qui s’affiche en superposition de la vue réelle du présent (Voir la démo en vidéo). Ce dispositif de reconduction photographique permet notamment de voir les évolutions dues à la guerre et à la construction/déconstruction du mur de Berlin.

La version actuelle des jumelles Timescope et la vue de la Bernauer Strasse à différentes époques.

La version actuelle des jumelles Timescope et la vue de la Bernauer Strasse à différentes époques.

Je dispose de peu d’informations sur ce projet, mais si je comprends bien, il s’est maintenu au fil du temps et serait toujours actif aujourd’hui — 20 ans après très exactement — avec plusieurs bornes installées dans Berlin ! On souhaite la même pérennité et le même succès au Timescope français !

Les jumelles Timescope, photographiées à Berlin en 2011.

Les jumelles Timescope, photographiées à Berlin en 2011. (source)

Le design et les fonctionnalités des jumelles ont également évolué. Elles permettent aujourd’hui d’afficher des vues prospectives de projets d’aménagements urbains et immobiliers. Si j’en crois le site web d’Art+com, elles produiraient même leurs propres images : “Un appareil photo intégré dans la borne prend des photos à intervalles réguliers et les rend ensuite disponibles pour le visionnage. De cette façon, une fois installé, le Timescope s’auto-alimente en contenu de manière autonome” !

Par sa longévité et sa maturité fonctionnelle, ce projet me paraît être un modèle du genre pour tous les autres projets de jumelles panoramiques numériques.

Avant de clore le sujet, notons qu’Art+com Studios a travaillé sur ce sujet avec l’agence allemande de design Büero-Staubach, qui a développé la version 2001 de la borne, puis la version 2006, qui est celle utilisée aujourd’hui dans les rues de Berlin. Cette version de 2006 a été intégrée au catalogue du fabricant/distributeur de mobilier urbain Wall G pour être vendue à d’autres villes ou sites.

On trouve également des informations sur cette borne sur le site personnel de Joachim Sauter, l’un des designers d’Art+com Studios.

Jurascope

(En bref : borne d’intérieur / réalité augmentée & diorama digital / voir dans le passé)

En 2007, Art+com a décliné le dispositif Timescope pour un usage en intérieur dans une galerie de paléontologie du Museum d’Histoire Naturelle de Berlin. D’aspect extérieur, les 7 bornes installées, appelées Jurascope, sont quasi identiques à celles de Timescope. Les visiteurs approchent leurs yeux des jumelles, visent un squelette de dinosaure dans la salle et peuvent alors voir ce dernier prendre chair progressivement. Puis un paysage jurassique se substitue à la vue du musée et on peut alors observer le dinosaure évoluer dans son habitat naturel. Art+com appelle ce dispositif un diorama digital.

Les jumelles digitales du dispositif Jurascope et ce qu'elles permettent de voir.

Les jumelles digitales du dispositif Jurascope et ce qu’elles permettent de voir : la vue d’origine, la vue augmentée et le diorama digital.

Evolutionary Stairs

(En bref : borne d’intérieur / diorama digital / voir dans le passé)

En 2014, Art+com a repris ce principe du diorama digital pour le musée Moesgaard de Hojbjerg, au Danemark. Le dispositif s’appelle cette fois-ci Evolutionary stairs. Il se compose de 7 bornes-jumelles qui permettent de fixer des sculptures d’hommes préhistoriques situées sur un escalier du musée (d’où le nom du dispositif). Cela déclenche alors une animation dans laquelle ont voit le personnage dans son environnement naturel.

Les 7 bornes du dispositif Evolutionary stairs

Les 7 bornes du dispositif Evolutionary stairs.

Airportscopes

(En bref : borne d’extérieur / réalité augmentée / enrichir le présent)

Le dernier projet d’Art+com dont je voudrais parler a été réalisé en 2011 pour l’aéroport de Zurich. Le studio allemand a installé des jumelles panoramiques appelées “Airportscopes” sur la terrasse panoramique B de l’aéroport, un point d’observation prisé des touristes. Grâce à un dispositif de réalité augmentée, les jumelles fournissent des informations sur des éléments fixes ou mobiles de l’aéroport, visibles depuis ce point d’observation. Par “éléments mobiles”, il faut entendre les avions situés sur le tarmak, sur lesquels les jumelles vous donnent des informations (compagnie, numéro et destination du vol, etc.) !! Art+com explique le fonctionnement du dispositif : “Pour détecter la position exacte des avions, les Airportscopes utilisent des données en provenance de la Tour de contrôle. Ils affichent ensuite les informations en superposition sur l’image et en temps réel. Ils peuvent fournir des données sur le type, la destination ou le point d’origine d’un avion.”

Les jumelles panoramiques digitales de l'aéroport de Zurich et les informations sur les avions qui s'affichent en réalité augmentée

Les jumelles panoramiques de l’aéroport de Zurich affichent en réalité augmentée et en temps réel des informations sur les avions présents sur le tarmak.

Quittons maintenant l’agence Art+com pour évoquer des projets issus d’autres agences.

Parascopes

(En bref : borne d’extérieur / un peu réalité augmentée, un peu réalité virtuelle / voir dans le futur)

Entre le 15 et le 31 janvier 2007, l’agence interactive suédoise Unsworn Industries a installé dans les rues de Malmö trois bornes de jumelles panoramiques interactives, appelées Parascopes ou encore “Future Binoculars”. Chacune d’elle proposait aux passants de s’immerger dans des vues panoramiques sphériques (une sorte de réalité virtuelle avant l’heure !) d’aménagements de l’environnement urbain proposés par des habitants de la ville pour réduire le trafic automobile.

Une illustration du fonctionnement des jumelles Parascope

Une illustration du fonctionnement des jumelles Parascope

Trois de ces vues sont accessibles en ligne :

Tower Optical Digital Viewer

(En bref : borne d’extérieur / reconduction photographique & réalité augmentée / voir le passé)

S’il est une marque iconique en termes de jumelles panoramiques, c’est bien Tower Optical. Si son nom est peu connu, ses jumelles au format si particulier le sont beaucoup plus. Elles font partie de l’imagerie américaine. En 2013, l’agence de design Pensa a détourné une borne d’un quartier de Brooklyn, à New-York, pour permettre aux passants de visionner non pas une vue panoramique du lieu mais des photographies et des vidéos de son passé.

Le hack a consisté tout simplement à installer une tablette à l’intérieur de la borne, comme on peut le voir dans la photo ci-dessous, et à doter la borne de capacités de commande de la tablette. Ainsi, la borne peut afficher tous types de médias (photos ou vidéos) et même des applications (des jeux vidéos notamment) ainsi que de la réalité augmentée.

La tablette installée par Pensa à l'intérieur des jumelles Tower Optical.

La tablette installée par Pensa à l’intérieur des jumelles Tower Optical.

Une explication des différents filtres d'information et d'images visibles dans les jumelles (source).

Une explication des différents filtres d’information et d’images visibles dans les jumelles (source).

Lost Landmarks

(En bref : borne d’extérieur / reconduction photographique / voir le passé)

Un an après l’expérience de Pensa, Matt Felsen, un étudiant en design et technologie de l’école Parsons a installé à New-York un dispositif similaire nommé Lost Landmarks. Comme Pensa, il a utilisé des jumelles Tower Optical dans lesquelles il a installé une tablette.

Argui

(En bref : borne d’extérieur / réalité augmentée / enrichir le présent)

Cette borne a été créée par Valérie-Françoise Vogt pour l’Université d’Art et de design de Halle, en Allemagne. Je cite Chris O’Shea : « Placé devant le plus grand des bâtiments de l’Université, Argui permet non seulement de voir sa façade, mais aussi ce qui se passe à l’intérieur. Des caméras sont placées à l’intérieur de chacune des pièces et donnent un aperçu en réalité augmentée des projets qui y sont exposés pour que vous puissiez choisir plus facilement ce que vous voulez visiter ».

Focus on Joy

(En bref : borne d’intérieur / réalité augmentée / enrichir le présent)

Je terminerai ce panorama en évoquant les jumelles numériques Focus on joy, développées par l’agence Meso pour BMW à l’occasion d’un salon automobile en 2009. Elles donnent des informations en réalité augmentée sur les voitures exposées au salon.

 

Voilà. J’espère que ce panorama vous a intéressé. Nous verrons bien si ce type de dispositif se développe avec l’explosion que nous connaissons aujourd’hui des contenus et technologies de réalité virtuelle. Mais il est clair que les possibilités d’usages ne manquent pas.

 

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Déambulations numériques

Bon, ce n’est pas parce que les vacances sont désormais un lointain souvenir et que l’automne a déjà largement pointé le bout de son nez (en tous cas en termes de climat), qu’il faut se morfondre et oublier toute velléité de balades touristiques ! Sans même se limiter aux Journées du patrimoine qui ont lieu ce week-end, il y a parfois beaucoup à découvrir à côté de chez soi sans qu’on le sache. Justement, je me suis dit que c’était le moment idéal pour consacrer une série d’articles à un sujet qui m’est cher : la manière dont le numérique nous aide à arpenter le réel, ses rues, ses routes, ses chemins, que ce soit en ville ou à la campagne…

Dans cette série, je ne m’intéresserai pas trop à l’optimisation des trajets, que ce soit en termes de coût, de durée, d’économie d’énergie (non pas que ce ne soit pas important, mais j’y reviendrai ultérieurement). Je vais plutôt m’intéresser à la valeur ajoutée que le digital donne à la visite d’un lieu, à la manière dont il nous met en route, dont il renouvelle et enrichit l’expérience touristique d’un lieu, même quand il n’y a rien à voir a priori. Je prendrai donc assez souvent le contre-pied des visites virtuelles, ces visites à distance dont je parle souvent dans ce blog, car il s’agira la plupart du temps d’aller sur place, de sortir de chez soi, d’être à la merci d’une zone grise où notre téléphone ne capte plus le réseau !!! La plupart du temps… mais pas systématiquement !!! Il faut que ça reste déroutant !!!

Petite précision avant de vous donner le programme : plutôt que de faire des articles, j’ai choisi pour cette série de faire des pages et de les mettre dans la section dédiée de ce blog. Comme le veut le principe de cette section, ces pages sont donc des « work in progress ». Elles sont même parfois publiées alors qu’elles sont encore un peu foutraques, mais j’ai l’intention de les mettre à jour régulièrement pour qu’elles deviennent de plus en plus riches progressivement. N’hésitez pas à allez les voir régulièrement !

En attendant, voici le programme (vous pourrez le retrouver également ici – Bonne lecture !) :

  1. Déambulation sur les traces de Michel Gondry, qui a plus d’un tour dans son sac…
  2. Déambulation sur les lieux de films
  3. Déambulation au son des chansons ou sur les traces des romans et autres oeuvres d’art
  4. Balades sonores : laissez les guides vous murmurer à l’oreille
  5. Déambulations sur les traces de l’histoire
  6. Partez dans l’inconnu : laissez faire l’appli…
  7. Jeux de pistes et chasses au trésor
  8. Les guides participatifs ou liés aux données d’usage
  9. Déambulez au gré de messages géolocalisés

L’essor des vidéos 360° – 4) Les catalogues de films s’étoffent et les expériences de tournage se multiplient – Usage n°4 : Le tourisme

Déjà publiés :

Usage n°4 : Faire de la promotion touristique.

Les destinations touristiques sont évidemment très intéressées par la vidéo 360°, qui apparaît comme un moyen unique de promouvoir leurs sites, par ses qualités d’immersion et d’ubiquité. De nombreux articles ont soulevé cette opportunité :

Voici maintenant quelques exemples d’utilisations.

Sur son site web, l’Ile de la Réunion propose aux internautes de découvrir ses paysages à travers plusieurs vidéos 360°. Elles sont également consultables via l’application Android Reunion Island VR, qui permet un visionnage via Google Cardboard.

L'application Reunion Island VR permet un visionnage sur Google Cardboard.

L’application Reunion Island VR permet un visionnage sur Google Cardboard.

L’office de tourisme de Malaisie propose une expérience similaire sur son site web.

Même chose sur le site MySwitzerland.com pour la visite en vidéo immersive du Jardin Anglais de Genève.

France montagnes, l’association de promotion touristique de la montagne en France propose elle aussi plusieurs vidéos 360° sur sont site web.

Le Conseil Général du Val d’Oise a également réalisé des vidéos 360° visionnables sur casques Oculus Rift.

 

L’office de tourisme d’Afrique du Sud a également mené une campagne récemment à Londres où il proposait aux passants, dans plusieurs lieux de la capitale, une expérience auditive et visuelle avec des casques Oculus Rift. Le projet a été conduit par la société spécialisée Visualise :

 

Sur le site Visit Norway, l’Office de tourisme de Norvège propose une vidéo 360° d’un saut en Wingsuit. On pourrait aussi classer cette vidéo parmi les usages n°1 : « film d’expérience sportive » vue précédemment.

Enfin, la région canadienne de Colombie Britannique a également réalisé un film en vidéo immersive interactive pour la promotion de son territoire :

 

Autre acteur particulièrement intéressé par ce média : les compagnies aériennes. Il y a de nombreuses raisons à cela. Tout d’abord, comme les destinations elles-mêmes, elles ont intérêt à donner envie de se rendre sur place. Mais elles ont aussi une particularité très intéressante dans la mesure où elles tiennent les passagers « captifs » pendant un long moment, celui du vol. Ce moment est particulièrement propice pour leur proposer des expériences distrayantes. C’est ce qu’on appelle l’IFE (In-Flight Entertainment), dont on connaît essentiellement les films, la musique, etc. Or, la réalité virtuelle apparaît comme un média particulièrement adapté à ces circonstances. Aussi les expériences commencent-elles à se multiplier dans ce secteur.

Dernière en date : en janvier 2015, la compagnie australienne Qantas a proposé à ses passagers de première classe des vols Los Angeles-Sydney et Melbourne-Los Angeles de visionner différents films 360° sur un casque Samsung Gear VR via une application Android dédiée. Les films ont été réalisés par Jaunt VR. Depuis, les vols concernés auraient été élargis suite aux retours positifs des passagers.

Qantas expérimente le visionnage de films immersifs sur Sansung Gear VR pendant certains vols.

Qantas expérimente le visionnage de films immersifs sur Sansung Gear VR pendant certains vols.

Le prochain chapitre de cette série sera consacré à la découverte des produits.

Où nous emmènent ces marques qui font campagne à dos de robot ?

Dans mon article récent sur les robots de téléprésence, j’ai surtout décrit leur usage dans un contexte professionnel, notamment pour la collaboration en entreprise puisqu’ils représentent une évolution très intéressante de la vidéoconférence. Mais depuis, j’ai découvert que plusieurs marques les avaient également utilisés pour des campagnes marketing originales fondées sur la téléprésence.

Commençons avec la marque italienne d’eau gazeuse San Pellegrino. Pendant l’été 2013, le 16 août exactement, la division San Pellegrino Fruit Beverages a organisé une campagne intitulée Three minutes in Italy. Via sa page Facebook,  la marque proposait aux internautes de prendre le contrôle d’un robot situé sur la place de Taormina, un village typique de Sicile. Les internautes avaient le choix entre deux types d’expériences. La première leur permettait de prendre le contrôle d’un robot terrestre qui pouvait déambuler sur la place et dans les rues proches. La seconde consistait à prendre le contrôle d’un robot juché sur une perche au-dessus du village pour en voir des vues aériennes. Les deux expériences duraient 3 minutes, d’où le nom de la campagne.

Le robot aérien était peut-être plus spectaculaire puisqu’il permettait des vues aériennes. Mais le robot terrestre était certainement plus immersif et plus interactif ou social car il permettait à l’internaute-pilote de parler avec les personnes présentes sur la place. Un système de traduction instantanée était même utilisé pour faciliter la communication entre l’internaute et les personnes sur place.

On est donc très proche des robots de vidéoconférence dont j’ai déjà parlé, à cette petite différence prêt (d’après ce que j’ai pu lire, malgré les vidéos de promotion ci-contre, mais peu importe…) qu’ici le robot n’affichait pas la vidéo de l’internaute via sa webcam mais la photo de son profil Facebook, donc une image statique.

Pour autant, l’expérience semble avoir été appréciée si l’on en croit ce témoignage d’un participant sur la page Facebook de l’opération : « Great way to promote your company but also great way for us to see Sicily ».

Or, je pense que ce témoignage résume à lui seul l’intérêt d’une telle campagne pour une marque qui organise toute sa communication autour de sa terre d’origine. Il suffit pour cela de consulter le site web de la marque, où l’on découvre que cette dernière s’y présente comme « une ambassadrice italienne » et que « Live in Italian » est « le concept autour duquel se développe la communication de la marque ». Dans ce contexte, permettre à ses fans Facebook de se retrouver en Italie, par robot interposé, est donc une belle traduction de la promesse de la marque de nous donner à goûter un peu d’Italie lorsqu’on boit la boisson…

Mais la citation du participant révèle également le rôle inédit que peuvent jouer les robots de téléprésence : nous transporter virtuellement de manière très immersive, quasi nous téléporter ! Ce que souligne aussi avec humour le rédacteur d’un article qu’Adweek a consacré à cette campagne : « It’s a novel approach, and it seems only fitting that as robots take more of our jobs, they get to replace us on vacation, too » !

 

Il me paraît intéressant de noter que dans ce type d’usage, les robots de téléprésence vont plus loin que la simple consultation d’une vue 360° des antipodes dans Google Maps, Google Street View ou Google Earth : nous sommes ici aux manettes, c’est du temps réel, immersif et interactif socialement !

Three minutes in Italy

Three minutes in Italy

Cette campagne a été conçue par Ogilvy & Mather New York et l’agence en innovation Deeplocal. Vous pouvez voir plus d’images sur cette page.

Quelques jours plus tard, c’était au tour de Coca-Cola (tiens, une autre marque de boisson !) de réaliser une campagne similaire intitulée Coca-Cola Social Robot. Elle a profité pour cela du festival Summer Love organisé par la marque en Israël durant l’été 2013. A cette occasion, Coca-Cola a proposé aux internautes qui ne pouvaient pas se rendre à l’événement d’y participer à distance en prenant les commandes d’un robot, le QB d’Anybots (dont j’ai déjà parlé dans mon précédent article sur les robots). Ils pouvaient ainsi échanger avec festivaliers, participer aux jeux, animations et concerts, presque bronzer au soleil sans quitter leur écran…

Avez-vous déjà essayé de bronzer à distance avec un robot de téléprésence ?

Avez-vous déjà essayé de bronzer à distance avec un robot de téléprésence ?

 

Evidemment, ici, il n’est pas question de tourisme : ce que Coca-Cola souhaitait faire partager c’était un moment de bonheur et de fête, dans l’esprit de ce que la marque veut incarner. Et l’usage d’un robot se prêtait vraiment bien à cet objectif.

 

La campagne a été conçue par l’agence israélienne GefenTeam.

Ce qui me paraît intéressant dans ces deux campagnes, c’est qu’elles réalisent concrètement ce qu’est (en partie) une marque : à savoir la couche symbolique d’un produit ou d’une entreprise, et ce qu’elle réalise : à savoir faire sortir les clients et utilisateurs de la simple consommation ou utilisation du produit pour « les transporter ailleurs » (c’est -à-dire leur faire ressentir…) le temps de l’usage du produit : vers l’Italie ou vers la fête et le bonheur.

C’est aussi un peu, selon moi, l’un des bénéfices du digital que de permettre ces « transports », c’est-à-dire ces liens entre un lieu et un autre, une expérience et une autre, un contenu et un autre, un individu et un autre, par tous les moyens en sa présence : lien hypertexte, QRCode, vidéoconférence, videostreaming, chat, etc. Ce sont d’ailleurs des robots de téléprésence qui réalisent ici concrètement ce « transport »…

Mais on pourrait aussi imaginer un autre dispositif. En effet, ces deux campagnes me font énormément penser à la campagne Remote Control Tourist organisée pendant 5 jours, en Octobre 2013, par l’Office de Tourisme de Melbourne, en Australie. Dans ce cas précis, ça n’était pas un robot que les internautes pouvaient contrôler à distance, mais un « touriste virtuel » (il y en avait deux en réalité, un homme et une femme), équipé d’un micro et d’une caméra, qui se déplaçait ainsi à leur place, dans les lieux où on le lui demandait et faisait ce qu’on lui demandait.

 

Outre le remplacement du robot par des individus réels, l’une des différences clés de cette opération est qu’elle constitue une opération beaucoup plus sociale et collective que celles utilisant les robots. En effet, les touristes étaient ici commandés par plusieurs individus, via des messages que ces derniers laissaient sur Twitter ou Facebook, et leurs déambulations pouvaient être vues collectivement sur le site web de l’opération. Mais le parallèle est quand même très intéressant avec les campagnes utilisant les robots de téléprésence. Les vidéos issues de la campagne sont visibles sur la page YouTube de la campagne, les photos sur la page Instagram #visitmelbourne et le tout sur la page Facebook Play Melbourne.

Qu’en pensez-vous ?

Des vidéos innovantes pour la promotion touristique (2/2)

Après avoir parlé dans le précédent billet de vidéos qui innovent en utilisant des technologies nouvelles, je vais évoquer dans cet article des vidéos qui innovent dans leur style ou leur contenu en vertu d’effets créatifs utilisés par leurs auteurs. Ces vidéos peuvent donner aux villes, sites, monuments ou entreprises qui les utiliseraient une vision d’eux esthétique, pédagogique ou ludique selon les cas.

1. Des vidéos en timelapse : sortez les mouchoirs…

La technique de réalisation de vidéos par timelapse photography ou photographie d’accéléré est utilisée depuis de nombreuses années. Mais elle bénéficie d’un véritable effet de mode depuis quelque temps. Les réalisateurs ne cessent en effet de produire des films tous plus originaux, forts ou esthétiques les uns que les autres. Je pense que ce style est donc loin d’être épuisé s’il est réalisé avec talent. Dans le cas contraire, évidemment, ça peut vite relever d’un systématisme très ennuyeux ! En voici quelques exemples ci-dessous, où l’on voit que l’objectif est quand même assez souvent de jouer sur la corde sensible pour entendre la foule s’écrier “c’est beau !”.

New-york

Nouvelle-Zélande

Disneyland

One day in Brazil

Et si vous en voulez encore d’autres :

2. Quand d’autres effets s’ajoutent au timelapse : ça devient plus ludique…

Pour rendre la chose plus ludique, on peut mixer la technique du timelapse avec d’autres effets tel que la vue en tilt shift, qui permet de créer des effets de miniaturisation de ce qui est filmé. C’est ce que l’on peut voir dans l’exemple ci-dessous, The Lion City (2012) où l’on voit Singapour filmé en Timelapse + Tilt Shift.

Autre effet intéressant : dans l’exemple ci-dessous, Mirror City, l’auteur a utilisé un effet de miroir ou de kaléidoscope, en plus du timelapse :

Dans tous les exemples précédents, le timelapse est utilisé pour montrer des paysages, urbains ou non, mais des paysages, dans lesquels les individus ne sont que des éléments du décor. Dans l’exemple ci-dessous au contraire, la vidéo repose non seulement sur un effet de timelapse mais aussi et surtout sur une composition en stop-motion qui donne le rôle central à un personnage dont on suit les pérégrinations dans divers sites du Pérou et de Bolivie :

La vidéo a été réalisée par Piotr Wancerz, de la société Timelapse Media, qui a également réalisé la vidéo ci-dessous, qui repose cette fois-ci sur un effet de zoom-dézoom infini avec des effets de transition à la Michel Gondry :

La première vidéo de Piotr Wancerz citée ci-dessus, Peru & Bolivia, me fait penser à cette vidéo plus ancienne, intitulée Move, qui n’utilise pas d’effet de timelapse mais repose sur la succession de plans très courts avec un personnage central dont le mouvement est continu entre les plans.

Cette vidéo a été commandée par la filiale australienne de la société STA Travel, une agence de voyage spécialisée pour étudiants. Ce film est donc fait explicitement pour promouvoir les lieux et le voyage.

Sans doute certains verront-ils aussi dans cette tendance une lointaine filiation avec la série Where the Hell is Matt?

Bref, on pourrait comme ça marier les effets à l’infini…

En tous cas, si vous êtes fans de timelapse, vous pouvez en regarder jusqu’à plus soif dans la chaîne Slow-Motion & Timelapse de Vimeo.

3. Des vidéos avec des infographies animées : la pédagogie décontractée…

Si les infographies en images fixes connaissent une grande popularité sur le web, leurs cousines vidéo ne manquent pas d’atouts non plus. De la même manière que les infographies fixes sont utilisées pour expliquer et/ou donner des informations, souvent chiffrées, de manière graphique, agréable et pédagogique à la fois, les infographies animées peuvent être utilisées dans la même perspective et notamment au service de la présentation d’une ville, d’un territoire ou d’un bâtiment, comme on peut le voir dans l’exemple ci-dessous qui a été réalisé pour faire la promotion de la Corée du Sud :

4. Quand la vidéo est un tour de force : là, ça devient sportif… mais on applaudit !

Certaines vidéos sont marquantes non seulement parce qu’elles représentent un vrai tour de force dans leur réalisation (comme Move ou Peru & Bolivia) mais aussi parce qu’elles filment un tour de force qui se déroule sous leurs yeux (et aussi parce que ça peut devenir un vrai tour de force en termes de réalisation que de filmer les tours de force dont je vais parler ci-après ! …vous suivez ?) ! Je pense notamment à ces vidéos de machines de Rube Goldberg, comme par exemple l’incroyable vidéo de Red Bull, The Athlete Machine ou encore The Tuna Melt, un must de la vidéo de dominos :

Vous vous demandez où je veux en venir ? Et bien, cette vidéo de dominos me paraît tout à fait inspirante pour des visites de locaux. Vous ne trouvez pas ?

Voyons réfléchissez : Pourquoi ne feriez-vous pas visiter votre musée, votre entreprise ou votre château avec un tel dispositif ? ça vous paraît incongru ? C’est pourtant bien ce qu’a fait la Bibliothèque de Seattle, qui a réalisé un joli coup de pub en organisant et en filmant la plus longue chute de dominos-livres du monde :

Cette vidéo a été vue près de 480 000 fois sur YouTube et a eu de très belles retombées médias.

On a d’ailleurs déjà vu des performances artistiques de chute de dominos associés à la mise en valeur d’un site, comme dans cette installation pour le festival Nord Magnetic.

Bref, pour pouvoir valoriser de manière innovante un site, un territoire, un monument ou des locaux d’entreprise, la vidéo ne manque pas d’atouts et nous étonnera certainement encore pendant longtemps. Qu’en pensez-vous ? En tous cas, si vous connaissez d’autres exemples similaires, n’hésitez pas à les indiquer en commentaire.

Des vidéos innovantes pour la promotion touristique

La vidéo est l’un des médias qui se prête le mieux à la promotion d’un territoire, d’une ville ou d’un site. Elle permet de montrer le lieu sous de multiples angles et de manière vivante. Elle permet également de mettre en scène des personnages de manière fictive ou réaliste, ce qui permet au spectateur de se projeter dans le lieu.

[Petite précision avant de commencer : Dans un précédent article, j’avais proposé une grille de lecture des contenus et fonctionnalités qui pouvaient être mis en oeuvre pour vendre un produit ou service. Cette grille classe les contenus du « moins réel » au « plus réel ». La vidéo appartient à la troisième catégorie sur 10. Je la définis comme le format qui permet de “montrer en action”. J’espère pouvoir développer cette théorie dans de prochains articles car cet ancien billet était vraiment liminaire et succinct. Mais je vous invite quand même à le consulter car il fournit un cadre de lecture au présent article.]

Quoi qu’il en soit, devenue facilement réalisable par tout un chacun et avec peu de moyens grâce aux évolutions technologiques récentes, la vidéo est donc aujourd’hui très répandue. Elle explose d’ailleurs chaque jour un peu plus sur internet, comme le montre de nombreuses études : « Vidéo sur internet : un marché de 30 milliards de dollars en 2017« .

Dans ce contexte, la question pour les territoires, les villes ou les sites est désormais de savoir comment se démarquer pour retenir l’attention, marquer les esprits, donner une image innovante, créer du buzz, etc.  C’est à cette question que j’aimerai répondre en partie (faut pas exagérer !) dans cette série d’articles en suggérant quelques pistes qui relèvent soit de la créativité des réalisateurs, soit des innovations technologiques, soit de la mise en œuvre d’une stratégie de crowdsourcing.

Commençons avec les innovations technologiques ! Celles que j’ai retenues dans cet article ne datent pas toutes forcément d’hier, mais leur usage institutionnel est encore loin d’être mainstream. Je suis même persuadé qu’on n’est qu’au tout début de leur utilisation et que tout reste encore à faire dans ce domaine.

1. Des vidéos tournées avec des caméras GoPro : plongez au cœur de l’action !

Les caméras GoPro sont faites pour être installées sur un casque, un vélo, une moto, un skateboard, un drone ou que sais-je encore, pourvu que ça bouge ! Elles sont donc faites pour réaliser des vidéos embarquées au cœur de l’action ! Sur cette base, il est facile d’imaginer tous les usages qui peuvent en être faits pour promouvoir un lieu. En voici deux exemples, tirés d’initiatives privées et non institutionnelles, mais selon moi très inspirantes. La seconde a d’ailleurs été récompensée par l’institution concernée.

Paris by bike, une visite de Paris filmée avec une GoPro depuis un vélo :

Ile de ré :

Ce film réalisé par Art’Up s’est fait remarqué par le Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes et a reçu le Prix « Coup de Coeur » du Festival du Film de Vacances !

2. Des vidéos tournées avec des drones : pour des points de vue uniques

Parmi tous les supports utilisables pour embarquer une caméra (GoPro ou autre), l’un des plus intéressants me paraît être les drones.

L’exemple ci-dessous n’a pas été commandé par la ville filmée, en l’occurrence New York, mais il illustre parfaitement la manière dont un territoire, une ville ou un site peut être filmé par un drone pour en réaliser une sorte de visite virtuelle originale. Le film a été réalisé par Nicolas Doldinger grâce à une caméra GoPro Hero 3 fixée sur un drone DJI Phantom :

Ce film a été vu plus de 100 000 fois sur Vimeo. Et il a eu de nombreuses et belles retombées média (par ex. iciici, ici, ici, ici ou ), preuve en est de l’intérêt d’une telle approche !

En France, la ville du Pouliguen a fait l’objet d’une vidéo de ce type que je trouve très intéressante :

La vidéo a été réalisée par Christian Braut. Elle a été vue plus de 8000 fois sur Vimeo.

Le château de Guédelon, qui est en cours de construction en Bourgogne selon les techniques du 13ème siècle, a également produit une vidéo dont je ne suis pas sûr qu’elle ait été réalisée avec un drone mais cela y ressemble diablement :

La vidéo a été réalisée par l’agence Goodideas Production. Elle a été vue plus de 7000 fois sur YouTube. Où quand les technologies du 21ème siècle se mettent au service des techniques du 13ème siècle !

Enfin, je terminerai mes exemples de cette catégorie avec ce film du Grand Palais qui a la particularité d’avoir été tourné à l’intérieur du bâtiment, avec un drone octocopter ! Une belle réalisation et une belle source d’inspiration, qui a d’ailleurs été vue plus de 29 000 fois sur Viméo !

Si vous voulez découvrir d’autres vidéos tournées avec des drones, je vous invite à consulter le site smartdrones.fr, créé par Eric Dupin, du Blog Presse Citron. Eric a aussi créé récemment le premier réseau social des amateurs de photos aériennes prises par drones : dronestagr.am.

Et si vous vous posez encore la question de l’intérêt de tourner ces vidéos avec des drones, je ne peux m’empêcher de citer le même Eric, qui décrit ainsi la spécificité des photos prises par drones, une description qui s’applique pareillement à la vidéo selon moi :

Les photos par drone ne ressemblent à aucune autre. Elles ont créé véritablement un nouveau langage visuel dans l’approche d’un paysage, qu’il soit naturel, urbain, industriel, sportif, ou autre : elles sont prises généralement à quelques dizaines de mètres du sol ou du sujet, (quelques centaines parfois), utilisent la plupart du temps le full HD grand angle caractéristique des caméras d’action type GoPro (…) et cette lumière particulière apportée par ce type de matériel. Peut-être ce qu’on appelle un nouveau paradigme : plus près qu’une vue satellite, avion ou hélico, plus haut qu’une street view, plus large qu’une photo traditionnelle, plus détaillée de par sa proximité, et plus agile pour shooter des lieux sous des angles inédits, la vue aérienne par drone est unique.  (source)

Alos, convaincus ?

3. Des vidéos tournées avec des Google glass : laissez vous guider

Les Google Glass sont l’un des buzz du moment. Elles sont tellement inédites que tout le monde se demande à quoi elles peuvent bien servir. Il y a bien sûr les sceptiques, mais il y a aussi les enthousiastes et surtout les expérimentateurs, qui ne se posent pas de questions et se lancent.

Google avait d’ailleurs lancé en début d’année un programme appelé #ifihadglass, qui était un appel à idées d’utilisation des lunettes. Les heureux élus, appelés “explorateurs” par Google (Explorers), nous permettent de constater à quel point les Google Glass sont adaptées pour filmer… :

Etc. Je pense que la liste est amenée à s’allonger de manière considérable dans les prochaines années.

Pour information, à ce jour, les Google Glass n’ont été distribuées qu’aux “explorateurs” sélectionnés dans le cadre du programme #ifihadglass. Si j’en crois cet article, elles ne seront pas commercialisées avant 2014.

En ce qui me concerne, je pense que le potentiel des Google Glass est énorme. Et tout particulièrement pour filmer les sites, lieux ou monuments. J’en veux pour preuve la récente annonce de la déclinaison de l’application Field Trip sur Google Glass (Lire aussi cet article). Je m’explique : Les Google Glass sont un device qui permet d’embarquer des applications, comme c’est le cas sur une tablette ou un smartphone. Field Trip, de son côté, est une application récente de Google qui pousse aux utilisateurs des informations contextuelles (notamment géolocalisées) concernant des points d’intérêts touristiques, de loisir, de service pratique, etc. Ces informations s’affichent en surbrillance sur les Google Glass en fonction de l’endroit où l’on est et de ce qu’on regarde. Or, sur cette base, je pense qu’il pourrait être très intéressant de réaliser un film tel que ceux cités ci-dessus dans lequel les informations contextuelles poussées par Field Trip s’affichent à l’écran. Avis aux Explorers qui me liraient et voudraient se lancer. Faites moi signe si c’est faisable, et encore plus si vous le faites !

Et quand on apprend qu’un développeur vient de créer un système permettant de piloter un drone à partir des Google Glass, on se dit qu’on n’est pas au bout de nos surprises et que les possibilités qui s’offrent à nous en la matière sont immenses !

4. Des vidéos Google Earth ou Google Street View : la carte ET le territoire

On peut aussi faire des films avec d’autres technos de Google telles que Google Earth et Street View.

Le site Outdoor Emotion, qui vend des cartes et guides numériques de randonnées, propose par exemple une vidéo Google Earth spécifique pour décrire chacune de ses randonnées. C’est un élément clé de la fiche produit (voir cet exemple) dans la mesure où elle permet à l’utilisateur de se projeter de manière très réaliste dans ce que peut être le parcours de cette randonnée.

Autre exemple célèbre d’usage des vidéos Google Earth : celui qu’en fait le Tour de France pour décrire les étapes de la course. On peut les visionner sur la chaîne YouTube de l’événement.

Le Tour de France et le cyclisme semblent d’ailleurs avoir inspiré beaucoup de monde en matière de vidéos Google Earth. J’en veux pour preuve les deux exemples qui suivent.

Cycling the Alps est un site web et une application Android qui permet de parcourir les routes des alpes de manière très immersive via l’usage de Google Map et Google Earth. Plusieurs vidéos sont visibles sur la chaîne YouTube de l’auteur.

Google France s’est lancé dans un projet similaire en développant avec l’agence 84.Paris le site Your Tour, qui propose lui aussi de parcourir en vidéo les étapes du 100ème Tour de France via Google Earth, Google Street View et Google Maps.

5. Des micro-vidéos : quelques secondes pour tout dire

Dernières venues dans la galaxie des langages vidéos : les micro-vidéos réalisées avec des applications comme Vine (la créatrice du genre, propriété de Twitter) ou Instagram (initialement dédiée à la photo, propriété de Facebook). Ces applications mobiles permettent de tourner des vidéos de quelques secondes (6 pour Vine, 15 pour Instagram) publiables ensuite sur les réseaux sociaux ou sur n’importe quel site web.

Vous allez me dire : mais que peut-on faire de sérieux en 6 ou 15 secondes pour donner envie d’aller quelque part ? Et bien détrompez vous : la micro-vidéo est un vrai réservoir de créativité et une machine à storytelling ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder ce qu’en fait l’acteur Adam Goldberg dans sa série #merrittxanadu44 réalisée sur Vine et publiée sur son compte Twitter @TheAdamGoldberg. Ou cette vidéo-BD réalisée par l’agence Code Computerlove et publiée sur le site http://www.vine-comic.co.uk/. Vous trouverez d’autres idées encore sur cet article : « 10 utilisations inattendues de Vine, la nouvelle appli de Twitter« , ou celui-ci : « Five ways your brand can use Twitter’s Vine app« .

Et si vous voulez savoir ce qui se fait déjà en matière de promotion touristique, voici quelques comptes Vine qui vous intéresseront peut-être :

  • Ontario Travel, >160 followers, >30 posts
  • Iceland Travel, >300 followers, >100 posts
  • L’Office de tourisme de Hyères, >20 Followers, >15 posts
  • L’office de tourisme de l’île rousse, >27 followers, >7 posts
  • Château de Versailles, >170 followers, >5 posts
  • L’Indiana State Museum, >180 followers, >40 posts
  • Moma, >20 000 followers, >12 posts

Certes, à l’exception du MOMA, qui a un nombre de followers impressionnant, les chiffres d’audience des autres comptes sont pour l’instant plus que modestes. Mais nous ne sommes qu’au début de ce nouveau mode de communication. Et ces chiffres doivent être mis en relation avec le coût de réalisation quasi nul de ces contenus.

Il faut aussi dissocier le nombre de followers d’un compte du nombre de vues, de like ou de share de chaque vidéo, qui peut être beaucoup plus élevé.

Il faut aussi considérer que les vidéos peuvent être publiées sur le site web des institutions concernées.

Et le potentiel des vidéos tient aux plateformes sur lesquelles elles peuvent être publiées et partagées.

En effet, Vine n’existe qu’en tant qu’application mobile, sur iOS et Android. Lancé en janvier 2013, le service compte près de 15 millions d’utilisateurs à ce jour. Les vidéos durent 6 s maximum et tournent en boucle. Elles peuvent être publiées sur Twitter ou Facebook. Elles peuvent aussi être “embedded” (“embarquées”, c’est-à-dire publiées via un player) sur n’importe quel site web. Depuis mai 2013, Vine a dépassé Instagram en termes de partage quotidien sur Twitter.

Instagram existe à la fois comme application et comme site web. Le service a 130 millions d’utilisateurs à ce jour. Les clips durent 15 s maximum et ne tournent pas en boucle. Les possibilités d’édition et de “montage” sont plus élaborées que celles de Vine. Les clips peuvent être publiés sur Instagram, Twitter, Facebook, Tumblr, Flickr, Foursquare et par mail. Ils ne peuvent pas être “embarqués” (embedded).

En quoi ces deux services sont-ils intéressants ? Si l’on prend le cas de Vine, je trouve personnellement que l’application est à la fois un stimulateur de créativité et une vraie machine à buzz ! Pourquoi ? En raison de la brièveté du format, de sa simplicité de réalisation et de publication, ainsi que des caractéristiques telles que le fait de tourner en boucle. De ce fait, je trouve que les clips Vine sont comme des M&M’s qu’on grignote sans s’en rendre compte jusqu’à ce qu’on ai fini le paquet ! Il y a un côté hypnotique aussi bien à visionner les vidéos les unes après les autres qu’à se repasser le même clip en boucle plusieurs fois de suite pour bien tout voir, comprendre, apprécier ! Et pour les créateurs, la contrainte de brièveté est un vrai booster de créativité !

D’ailleurs, apparemment je ne suis pas le seul à le penser si j’en crois cette citation du blog Think Digital Travel :

What does the emergence of this new social media platform mean for the tourism industry? Getting on board with the latest trends in digital and social media is a great step for DMOs to take; destinations taking advantage of the buzz that accompanies these trends enables them to take a share of the hype. Particularly given that users are themselves taking to Vine to share their travel experiences and show off their cities, it will come naturally for a tourist board to deliver similar content. It is a quick and easy storytelling tool to encourage customer engagement, recognition and content creation and provides destinations a great opportunity to gather a regular stream of user-generated content as well. (source)

Bref, nous n’en sommes qu’au début de l’usage de ce format, et je lui prédis un bel avenir ! même si ce n’est pas l’avis de tt le monde : « Borrrrring: Why Twitter’s New ‘Vine’ App Sucks for Travelers« .

Voilà pour le premier article de cette série. Dans le prochain billet, je parlerai de vidéos qui innovent par l’usage de certains effets de tournage ou montage.