Des jumelles panoramiques pour voir dans le passé ou le futur des villes

J’ai déjà consacré de nombreux articles aux dispositifs médiatiques ou numériques qui permettent de plonger un utilisateur dans le passé ou le futur d’un lieu (iciici, ou , entre autres). J’aimerais y revenir aujourd’hui avec un dispositif que je n’avais encore jamais abordé : les jumelles panoramiques.

Les jumelles panoramiques, ce sont ces bornes, souvent payantes, que l’on trouve dans les lieux touristiques et qui nous permettent d’observer de plus près un panorama ou une scène lointaine.

Des jumelles panoramiques (source)

Des jumelles panoramiques (source)

Comme il le fait avec tant d’autres dispositifs, le numérique permet de réinventer ces bornes, notamment pour nous permettre de voir, non pas dans le lointain, mais dans le passé ou le futur. Une réinvention qui passe souvent par l’utilisation de la réalité virtuelle ou de la réalité augmentée.

Commençons avec l’exemple le plus récent, celui qui m’a inspiré cet article.

Timescope

Depuis le 14 mars 2016, une borne interactive nommée Timescope a été installée place de la Bastille, à Paris. Pour un coût de 2 €, les passants peuvent visualiser en réalité virtuelle la place telle qu’elle était en 1416 et en 1789.

La borne Timescope, installée place de la Bastille, à Paris.

La borne Timescope, installée place de la Bastille, à Paris.

Cette borne a été conçue par une start-up française nommée elle aussi Timescope, et créée en 2015 par Adrien Sadaka et Basile Segalen.

D’aspect extérieur, la borne fait autant penser à un périscope qu’à des jumelles panoramiques classiques. Comme ces dernières, elle dispose d’un axe de rotation horizontal à 360°, pour embrasser tout le champ visuel autour de soi, et d’un axe vertical, pour regarder vers le haut et vers le bas. Mais le boîtier des jumelles peut également coulisser verticalement le long d’une colonne pour s’adapter à la taille de l’utilisateur. C’est son côté périscope. (Voir la vidéo d’explication).

L'utilisation de Timescope.

L’utilisation de Timescope.

Avec sa forme de colonne très pure, c’est un bel objet, dont le design est dû à Pierre Charrié. Le prototype et la borne actuelle ont été développés à Usine.IO, le fablab du 13ème arrondissement de Paris. Signalons enfin qu’elle a été pensée pour éviter au maximum le vandalisme et les dégradations que peut subir une borne technologique située dans un lieu public et en extérieur. Tel n’est pas là le moindre des défis d’une borne de ce type, placée en extérieur.

Car la vraie différence entre Timescope et des jumelles panoramiques classiques ne se trouve pas tant dans son aspect extérieur que dans ce qu’elle contient. En y plongeant les yeux, on découvre une vue sphérique animée, en images 3D, de l’endroit tel qu’il était en 1416 ou en 1789 (suivant le choix que l’on a fait). C’est donc un dispositif de réalité virtuelle fixe, via une borne, et in-situ. Les vues sont réalisées en images de synthèse, avec un très grand réalisme graphique, pour rendre l’expérience la plus convaincante possible. Elles sont également sonorisées avec des sons d’ambiance, et demain peut-être avec une voix off. Autre point crucial pour les créateurs de Timescope, le réalisme historique de la scène. Ils ont donc collaboré avec une historienne, Héloise Bocher, qui a validé leur travail de reconstitutionUne démo de l’une des animations est visible en ligne.

Timescope met en avant la qualité graphique et la fidélité historique de sa reconstitution des lieux.

Timescope met en avant la qualité graphique et la fidélité historique de sa reconstitution des lieux.

Le point faible du dispositif me parait être l’expérience d’achat telle qu’elle est actuellement proposée. Aujourd’hui, il faut effectivement acheter son billet en ligne sur le site de Timescope pour pouvoir l’utiliser ! Or, une telle borne ne peut évidemment fonctionner que dans le cadre d’un achat impulsif sur place. Mais cela devrait venir dans le cadre d’évolutions futures de la borne.

Si l’expérience s’avère concluante, l’ambition des deux jeunes créateurs est évidemment d’installer d’autres bornes dans Paris, et dans d’autres villes en France ou à l’étranger. C’est également de proposer plus de dates à visionner sur une même borne. Voire même d’utiliser le dispositif pour visionner non plus le passé d’un lieu, mais son aménagement futur dans le cadre d’un projet d’urbanisme ou d’immobilier par exemple. Bien des usages peuvent être imaginés.

On pourrait mettre beaucoup de choses derrière les jumelles de Timescope !

On pourrait mettre beaucoup de choses derrière les jumelles de Timescope !

D’autres Timescopes ?

Si par certains aspects cette borne est unique, elle a cependant eu des prédécesseurs. Je les ai découverts en grande partie grâce à un article de Chris O’Shea intitulé Augmented Periscopes & Telescopes. En passant en revue les exemples de cet article, on constate qu’il existe une multitudes de variantes dans ce type de bornes, notamment sur les points suivants :

  • Certaines bornes permettent de voir dans le passé, d’autres dans le futur, d’autres enfin d’enrichir le présent.
  • Certaines utilisent un dispositif proche de la réalité virtuelle, d’autres misent plutôt sur la réalité augmentée, d’autres, enfin, sur une forme de reconduction photographique.
  • Certaines sont en extérieur, d’autres en intérieur.

Passons en revue quelques exemples. Je vous propose de commencer par plusieurs réalisations de l’exceptionnelle agence allemande de design interactif Art+com Studios.

Timescope, “première du nom” : l’expérience la plus ancienne et la plus aboutie à ce jour

(En bref : borne d’extérieur / reconduction photographique (et réalité augmentée ?) / voir dans le passé ou le futur)

L’un des exemples les plus anciens de ce type de borne semble remonter à 1996. Oui, vous ne rêvez pas : 1996 !  A l’échelle du numérique, ça paraît une éternité !

L'une des premières versions de la borne Timescope d'Art+com Studios.

L’une des premières versions de la borne Timescope d’Art+com Studios.

Cette année là, l’agence Art+com installe à Berlin le premier exemplaire d’une borne appelée déjà Timescope ! Elle permet de se plonger dans le passé de la ville en affichant des photos ou des vidéos d’un même lieu prises à différentes époques. L’utilisateur oriente la borne dans la direction de la vue qui l’intéresse, la Bernauer Strasse par exemple. Il sélectionne une date et peut ensuite visionner une vue du passé qui s’affiche en superposition de la vue réelle du présent (Voir la démo en vidéo). Ce dispositif de reconduction photographique permet notamment de voir les évolutions dues à la guerre et à la construction/déconstruction du mur de Berlin.

La version actuelle des jumelles Timescope et la vue de la Bernauer Strasse à différentes époques.

La version actuelle des jumelles Timescope et la vue de la Bernauer Strasse à différentes époques.

Je dispose de peu d’informations sur ce projet, mais si je comprends bien, il s’est maintenu au fil du temps et serait toujours actif aujourd’hui — 20 ans après très exactement — avec plusieurs bornes installées dans Berlin ! On souhaite la même pérennité et le même succès au Timescope français !

Les jumelles Timescope, photographiées à Berlin en 2011.

Les jumelles Timescope, photographiées à Berlin en 2011. (source)

Le design et les fonctionnalités des jumelles ont également évolué. Elles permettent aujourd’hui d’afficher des vues prospectives de projets d’aménagements urbains et immobiliers. Si j’en crois le site web d’Art+com, elles produiraient même leurs propres images : “Un appareil photo intégré dans la borne prend des photos à intervalles réguliers et les rend ensuite disponibles pour le visionnage. De cette façon, une fois installé, le Timescope s’auto-alimente en contenu de manière autonome” !

Par sa longévité et sa maturité fonctionnelle, ce projet me paraît être un modèle du genre pour tous les autres projets de jumelles panoramiques numériques.

Avant de clore le sujet, notons qu’Art+com Studios a travaillé sur ce sujet avec l’agence allemande de design Büero-Staubach, qui a développé la version 2001 de la borne, puis la version 2006, qui est celle utilisée aujourd’hui dans les rues de Berlin. Cette version de 2006 a été intégrée au catalogue du fabricant/distributeur de mobilier urbain Wall G pour être vendue à d’autres villes ou sites.

On trouve également des informations sur cette borne sur le site personnel de Joachim Sauter, l’un des designers d’Art+com Studios.

Jurascope

(En bref : borne d’intérieur / réalité augmentée & diorama digital / voir dans le passé)

En 2007, Art+com a décliné le dispositif Timescope pour un usage en intérieur dans une galerie de paléontologie du Museum d’Histoire Naturelle de Berlin. D’aspect extérieur, les 7 bornes installées, appelées Jurascope, sont quasi identiques à celles de Timescope. Les visiteurs approchent leurs yeux des jumelles, visent un squelette de dinosaure dans la salle et peuvent alors voir ce dernier prendre chair progressivement. Puis un paysage jurassique se substitue à la vue du musée et on peut alors observer le dinosaure évoluer dans son habitat naturel. Art+com appelle ce dispositif un diorama digital.

Les jumelles digitales du dispositif Jurascope et ce qu'elles permettent de voir.

Les jumelles digitales du dispositif Jurascope et ce qu’elles permettent de voir : la vue d’origine, la vue augmentée et le diorama digital.

Evolutionary Stairs

(En bref : borne d’intérieur / diorama digital / voir dans le passé)

En 2014, Art+com a repris ce principe du diorama digital pour le musée Moesgaard de Hojbjerg, au Danemark. Le dispositif s’appelle cette fois-ci Evolutionary stairs. Il se compose de 7 bornes-jumelles qui permettent de fixer des sculptures d’hommes préhistoriques situées sur un escalier du musée (d’où le nom du dispositif). Cela déclenche alors une animation dans laquelle ont voit le personnage dans son environnement naturel.

Les 7 bornes du dispositif Evolutionary stairs

Les 7 bornes du dispositif Evolutionary stairs.

Airportscopes

(En bref : borne d’extérieur / réalité augmentée / enrichir le présent)

Le dernier projet d’Art+com dont je voudrais parler a été réalisé en 2011 pour l’aéroport de Zurich. Le studio allemand a installé des jumelles panoramiques appelées “Airportscopes” sur la terrasse panoramique B de l’aéroport, un point d’observation prisé des touristes. Grâce à un dispositif de réalité augmentée, les jumelles fournissent des informations sur des éléments fixes ou mobiles de l’aéroport, visibles depuis ce point d’observation. Par “éléments mobiles”, il faut entendre les avions situés sur le tarmak, sur lesquels les jumelles vous donnent des informations (compagnie, numéro et destination du vol, etc.) !! Art+com explique le fonctionnement du dispositif : “Pour détecter la position exacte des avions, les Airportscopes utilisent des données en provenance de la Tour de contrôle. Ils affichent ensuite les informations en superposition sur l’image et en temps réel. Ils peuvent fournir des données sur le type, la destination ou le point d’origine d’un avion.”

Les jumelles panoramiques digitales de l'aéroport de Zurich et les informations sur les avions qui s'affichent en réalité augmentée

Les jumelles panoramiques de l’aéroport de Zurich affichent en réalité augmentée et en temps réel des informations sur les avions présents sur le tarmak.

Quittons maintenant l’agence Art+com pour évoquer des projets issus d’autres agences.

Parascopes

(En bref : borne d’extérieur / un peu réalité augmentée, un peu réalité virtuelle / voir dans le futur)

Entre le 15 et le 31 janvier 2007, l’agence interactive suédoise Unsworn Industries a installé dans les rues de Malmö trois bornes de jumelles panoramiques interactives, appelées Parascopes ou encore “Future Binoculars”. Chacune d’elle proposait aux passants de s’immerger dans des vues panoramiques sphériques (une sorte de réalité virtuelle avant l’heure !) d’aménagements de l’environnement urbain proposés par des habitants de la ville pour réduire le trafic automobile.

Une illustration du fonctionnement des jumelles Parascope

Une illustration du fonctionnement des jumelles Parascope

Trois de ces vues sont accessibles en ligne :

Tower Optical Digital Viewer

(En bref : borne d’extérieur / reconduction photographique & réalité augmentée / voir le passé)

S’il est une marque iconique en termes de jumelles panoramiques, c’est bien Tower Optical. Si son nom est peu connu, ses jumelles au format si particulier le sont beaucoup plus. Elles font partie de l’imagerie américaine. En 2013, l’agence de design Pensa a détourné une borne d’un quartier de Brooklyn, à New-York, pour permettre aux passants de visionner non pas une vue panoramique du lieu mais des photographies et des vidéos de son passé.

Le hack a consisté tout simplement à installer une tablette à l’intérieur de la borne, comme on peut le voir dans la photo ci-dessous, et à doter la borne de capacités de commande de la tablette. Ainsi, la borne peut afficher tous types de médias (photos ou vidéos) et même des applications (des jeux vidéos notamment) ainsi que de la réalité augmentée.

La tablette installée par Pensa à l'intérieur des jumelles Tower Optical.

La tablette installée par Pensa à l’intérieur des jumelles Tower Optical.

Une explication des différents filtres d'information et d'images visibles dans les jumelles (source).

Une explication des différents filtres d’information et d’images visibles dans les jumelles (source).

Lost Landmarks

(En bref : borne d’extérieur / reconduction photographique / voir le passé)

Un an après l’expérience de Pensa, Matt Felsen, un étudiant en design et technologie de l’école Parsons a installé à New-York un dispositif similaire nommé Lost Landmarks. Comme Pensa, il a utilisé des jumelles Tower Optical dans lesquelles il a installé une tablette.

Argui

(En bref : borne d’extérieur / réalité augmentée / enrichir le présent)

Cette borne a été créée par Valérie-Françoise Vogt pour l’Université d’Art et de design de Halle, en Allemagne. Je cite Chris O’Shea : « Placé devant le plus grand des bâtiments de l’Université, Argui permet non seulement de voir sa façade, mais aussi ce qui se passe à l’intérieur. Des caméras sont placées à l’intérieur de chacune des pièces et donnent un aperçu en réalité augmentée des projets qui y sont exposés pour que vous puissiez choisir plus facilement ce que vous voulez visiter ».

Focus on Joy

(En bref : borne d’intérieur / réalité augmentée / enrichir le présent)

Je terminerai ce panorama en évoquant les jumelles numériques Focus on joy, développées par l’agence Meso pour BMW à l’occasion d’un salon automobile en 2009. Elles donnent des informations en réalité augmentée sur les voitures exposées au salon.

 

Voilà. J’espère que ce panorama vous a intéressé. Nous verrons bien si ce type de dispositif se développe avec l’explosion que nous connaissons aujourd’hui des contenus et technologies de réalité virtuelle. Mais il est clair que les possibilités d’usages ne manquent pas.

 

Publicités

Quand les vitres des véhicules font écran…

En devenant interactives, les vitres modifient notre rapport à l’environnement : elles nous permettant d’ajouter une couche d’informations entre le monde réel et nous. C’est le principe de la réalité augmentée. Mais elle sort désormais des appareils où elle était habituellement cantonnée, à savoir les mobiles et les ordinateurs, pour gagner désormais de nouveaux “appareils” : les véhicules qui nous transportent, dont les vitres deviennent des écrans. Mais une telle mutation va-t-elle réellement enrichir notre expérience quotidienne ? N’allons-nous pas plutôt vivre dans une bulle immersive qui nous empêche de voir le monde ? Je ne pense pas. Heureusement !

J’ai déjà évoqué dans un précédent article plusieurs projets qui visent à doter les véhicules de vitres interactives : Windows Of Opportunity, de General Motors, ou Window to the World, de Toyota. Dans les deux cas, il s’agit des vitres de voitures. Et dans ce même article en effet, je ne parle pas beaucoup des vitres de transports en commun. Uniquement à travers l’installation artistique Touch the train window du collectif japonais CSP-Salad. Pourtant, j’y évoque bien l’intérêt que de telles innovations pourraient avoir pour les trains par exemple. Et bien justement, pour rattraper mon retard, c’est aux projets qui visent à rendre interactives les vitres des trains et des bus que je vais m’intéresser dans le présent article !

Commençons avec le concept Urban Mobility, “an interactive bus window to solve some problems related to urban mobility”, tel que le décrit Tiago Piriquito, son designer. En réalité, le principal problème résolu ici semble bien être celui de l’ennui pendant le trajet puisque les vitres, si elles étaient réalisées telles quelles, proposeraient des fonctionnalités de jeu, de news et de visite guidée des lieux traversés (infos contextuelles relatives aux monuments visibles). Donc, peu d’infos réellement « pratiques ».

Les écrans du concept Urban Mobility.

Les écrans du concept Urban Mobility.

De son côté, le très beau projet History travels with you entend donner de la profondeur historique à nos déplacements urbains en bus. Imaginé par Ilse Heesterbeek, une étudiante de la Eindhoven Design Academy, il consiste à afficher sur une vitre rendue tactile des photos, des textes ou des vidéos qui évoquent le passé des lieux traversés.

Ces concepts qui utilisent une vitre interactive me rappellent dans l’esprit le projet malicieux et 100% non-digital de Daniel Disselkoen intitulé Man eater :

Comme quoi, il n’y a pas que le digital dans la vie : un simple sticker suffit à nous rendre notre âme d’enfant, à nous distraire et à rendre la ville et ses transports en commun ludiques !

Je trouve également intéressant de rapprocher ces projets de la campagne #NoFilterJustRayBan imaginée par la marque de lunettes à l’occasion de laquelle elle a recouvert de filtres de couleur les vitres de certains bus de la capitale belge pour rappeler la vue que l’on a à travers ses lunettes.

Finalement, les vitres des véhicules sont comme les verres des lunettes : ils s’interposent entre le monde et nous. Et de la même manière, ils deviennent aujourd’hui, les uns et les autres, interactifs !

Une autre campagne avait joué en son temps de la similarité entre les écrans numériques et les vitres des bus. Le site hongrois de partage de vidéo Inda Video avait “transformé” les vitres de bus en écrans vidéos via un simple sticker posé sur leur pourtour :

Le sticker Inda Video posé sur une vitre de bus la transforme en écran de visualisation de vidéo.

Le sticker Inda Video posé sur une vitre de bus la transforme en écran de visualisation de vidéo.

Mais si les vitres sont évidemment le support possible d’un affichage visuel, il existe également des projets qui les investissent en tant que support de diffusion audio. C’est le cas du concept Talking windows, imaginé par Audiva, une société allemande spécialisée dans l’audition.

Audiva a tout d’abord constaté que les voyageurs reposaient souvent leur tête contre la vitre des trains. Elle a alors imaginé que cette position pouvait être l’opportunité de diffuser des messages publicitaires à ces passagers via un système de conduction osseuse ! On sait que les Google Glasses utilisent également la conduction osseuse pour la diffusion audio.

Le boîtier de diffusion  audio d'Audiva.

Le boîtier de diffusion audio d’Audiva.

Le dispositif fonctionne avec un boîtier qui diffuse le son via la vitre, puis par conduction osseuse il est « entendu » par la personne qui appuie sa tête sur la vitre.

Le point désespérant du système est qu’il ne semble avoir été pensé pour l’instant que pour diffuser des publicités plutôt que du contenu. En revanche, le point intéressant par rapport à l’usage des vitres comme support d’images me paraît être le respect d’une sphère d’audience individuelle plutôt que collective comme pour les vitres-écrans (cf. mes remarques en fin d’article).

Enfin, dans un autre registre, plus total, plus fou et plus futuriste encore, le concept Willie bus, imaginé par Tad Orlowski transforme l’intégralité des parois (très transparentes) d’un autobus en écrans interactifs qui peuvent afficher des publicités pour les passants ou des informations pour les passagers !

Un projet qui aurait eu sa place dans ma série d’articles sur la manière de transformer n’importe quelle surface en interface.

Le concept Willie Bus

Le concept Willie Bus

Vous pourrez en savoir plus sur ce concept et découvrir d’autres photos dans cet article.

Finalement, tous ces projets m’intéressent à plus d’un titre :

  • Tout d’abord, ils illustrent la tendance des vitres à se transformer en écrans interactifs.

  • D’une certaine manière, c’est un cas particulier de la tendance qui veut que toute surface devienne interactive, un sujet que j’ai déjà abordé dans une série d’articles comme je l’ai indiqué au début de cet article.

  • Lorsque les vitres se transforment en écrans, il s’agit alors d’écrans “transparents”, un sujet sur lequel j’écris beaucoup dans ce blog car il représente selon moi une tendance forte de notre écosystème informationnel numérique. Ce qui pose toute une cohorte de questions en termes d’usages et de conception (ergonomie notamment).

  • En tant qu’écrans transparents, ils reposent en grande partie sur le principe de la superposition d’images (voir également mes articles sur la reconduction photographique)

  • Enfin, ils posent le problème de leur usage dans le contexte de l’audience collective des bus ou des trains. Ce point me paraît être l’une des principales difficultés de mise en oeuvre de ces dispositifs. En effet, à l’inverse des écrans habituels, les vitres des trains et des bus ne sont pas adaptées à un usage individuel : leur taille et leur disposition ainsi que la disposition des individus dans le véhicule créent nécessairement une audience collective à leur fonctionnement en tant qu’écrans. Or, comment gérer cet aspect collectif de l’audience ? Qui décide quoi afficher ? Qui décide même s’il faut afficher quelque chose ? Comme réserver une zone de non-réception (une zone de calme) aux voyageurs qui ne souhaitent pas voir ce qui s’affiche à l’écran ou entendre l’audio (qui souhaitent rester dans le calme) ? Il y a là une vraie difficulté, surtout pour l’aspect visuel. Car d’une certaine manière on peut imaginer un dispositif pour rendre l’aspect audio privatif (Cf. le concept d’Audiva ci-dessus), mais c’est beaucoup plus difficile à imaginer pour l’aspect visuel.

Vraie-fausse re-photographie publicitaire

Puisque je ne parle que de re-photographie depuis quelques articles, je ne peux m’empêcher (cadeau de bonne année !!) de vous montrer les affiches de la campagne épatante que Leg avait imaginée pour Ouï FM en 2011, sur lesquelles je suis tombé récemment par hasard, et qui reprenaient ce principe de re-photographie, mais ici avec beaucoup de liberté… Enjoy ! 😉

Reconduction textuelle sur la re-photographie

Il y a peu, j’ai publié un billet sur la reconduction photographique. Il faisait partie d’une série sur l’ubiquité temporelle dans l’image (lire aussi : article 1, sur la vidéo & article 3, sur la réalité augmentée), un concept pour lequel je ne sais pas s’il existe un mot autre que l’expression que j’emploie ici (si oui, merci de me le signaler !). Or, quelques jours plus tard, j’ai découvert un billet intitulé Re-photographie et effet de présent publié 2 ou 3 jours après le mien par Patrick Peccatte sur son blog Déjà Vu, qui appartient au site collectif Culture Visuelle. Je dois dire que la lecture de ce billet m’a ravi au plus haut point. Émanant d’un universitaire, il est évidemment beaucoup plus fouillé et rigoureux que le mien et j’y ai appris beaucoup de choses.

J’ai découvert notamment que ce que j’appelais sagement reconduction photographique s’appelle également re-photographie et que ce concept et cette pratique sont finalement très répandus. Le mot a une entrée sur Wikipedia (avec de nombreux liens). Si vous faites une recherche sur Google Images vous obtenez une multitude de résultats. Il existe également des groupes Flickr Rephotography ou Then and Now.

Comme moi, Patrick Peccatte parle du travail de Sergey Larenkov, Jason Powell et Jo Hedwig Teeuwisse. Il parle également de Claude Demeester.

Au sein de ce corpus, il identifie lui aussi la même typologie de montages (il parle aussi de “mashups”) dans la reconduction. Je le cite : “trois types de montages sont ainsi utilisés à des fins différentes: juxtaposition (Rephotography, Then and Now) pour documenter, fusion (Ghosts, Looking into the Past) et insertion (Past in Present) pour créer un effet esthétique ou émotionnel.” (P. Peccatte)

Ce qui est très intéressant, c’est l’explication par Patrick Peccatte du travail de redocumentarisation qu’il mène dans le cadre du projet PhotosNormandie. C’est ce travail qui le conduit à la réalisation de reconductions photographiques. Dans le cas précis, la redocumentarisation consiste à associer de vieux clichés à un maximum d’autres documents ou éléments, pour qu’ils prennent un maximum de sens. On peut ainsi associer une photo ancienne à une autre photo, aux autres photos prises dans la même série, aux autres photos du même sujet ou du même personnage, à des documents écrits, aux différents tirages de la même photo, etc.

Relier entre eux tous ces documents conduit à “leur reconstruction en tant qu’images non plus isolées mais insérées dans un réseau d’autres documents ou partie de documents” (P. Peccatte). Je trouve cette idée très intéressante : les images sont en fait des documents qui tirent leur sens de leur relation à d’autres documents ou éléments (lieux, personnes, dates…), l’ensemble créant ainsi un réseau de contenus, documents, informations… C’est évidemment là où intervient la reconduction photographique, puisque le lieu où a été effectué le cliché historique est un élément à mettre en relation avec ce dernier : “Quand la localisation d’un cliché ancien est connue avec précision, nous essayons en effet de le mettre en correspondance avec une photo moderne du même lieu” (idem).

Et dans ce travail de recherche des lieux réels, il arrive parfois que des outils numériques se révèlent de vrais alliés. C’est le cas de Google Street View, comme l’explique Patrick Pecatte : “Si nous ne disposons pas d’une photo récente, nous utilisons une capture d’écran de Google Street View lorsque le lieu a pu être identifié à l’aide de cet outil. Au passage, l’utilisation méthodique de Google Street View a permis de retrouver plusieurs localisations auparavant inconnues.” Je trouve cet usage fascinant : Google Street View est l’un des services clés de la documentarisation du monde physique. Et il est mis ici au service de la redocumentarisation de certaines photos historiques.

A la fin de son article, Patrick Peccatte essaie d’interpréter la capacité de ces images à retenir notre attention et susciter notre intérêt (c’est ce qu’il appelle la “prosécogénie” des images) par un effet de présence ou plutôt un effet de présent. De mon côté, j’ai essayé plutôt d’analyser l’effet d’ubiquité temporelle dans l’image. Et ça n’est sans doute pas un hasard si j’ai fini par mettre en relation cet effet d’ubiquité avec la re-photographie et tout un ensemble de pratiques numériques tournant autour de la réalité augmentée. Dans la bibliographie à la fin de l’article de Patrick Peccatte, on trouve cité l’article de Miranda War On Technology, Memory and place, qui lui même cite Lev Manovich, auteur en 2002 d’un article intitulé The poetics of Augmented Space. Re-photographie et réalité augmentée sont l’un et l’autre une manière de redocumentariser, de nouer un réseau de relations sémantiques entre le monde et nos documents, d’augmenter notre perception du monde et des documents. Je crois que je ne suis pas prêt d’en avoir fini avec ce sujet…

Quand les images superposent différents moments du temps – Episode 3/3 : l’ubiquité temporelle dans la réalité augmentée.

Dans le premier billet de cette série, je vous parlais de vidéos qui représentent selon moi des variations sur l’ubiquité temporelle via leur usage de la superposition de deux moments dans une même image. Dans le second billet, j’évoquais la mise en oeuvre de mécanismes similaires dans le domaine photographique. Dans le présent billet, je vais aborder la question dans le champ du numérique et plus particulièrement de la réalité augmentée, technologie ubiquitaire par excellence.

L’un des principaux mécanismes de la réalité augmentée consiste justement à superposer des images ou des informations à une vue contemporaine de la réalité. Dans certains cas, on peut superposer des images anciennes à la vue contemporaine (réalité augmentée tournée vers le passé), dans d’autres cas, on superpose des images prospectives à la vue contemporaine (réalité augmentée tournée vers le futur). Dans les deux cas, la réalité augmentée crée des situation d’ubiquité temporelle en superposant deux moments dans une même image.

Il existe évidemment plein d’autres usages de la réalité augmentée (superposition d’informations à la vue contemporaine, superposition d’images imaginaires, ludiques, créatives, etc.). Je ne les aborderai pas ici car ce serait trop long et ce n’est pas exactement notre sujet.

Superposition tournée vers le passé

Le premier exemple que je vous propose est une série d’applications pour smartphones intitulée Ma ville avant. Créées, pour la première, en 2011, ces applications permettent de comparer des photos anciennes d’une ville à des photos contemporaines. Elles proposent plusieurs modalités d’affichage de ces reconductions photographiques : juxtaposition des images (à gauche dans l’illustration ci-dessous) ou superposition (à droite) avec un système de transition dans l’esprit de celui proposé dans l’article du blog Le voyage de Seth et Lise, cité dans le deuxième billet de cette série (sauf qu’ici c’est un effet de fondu enchainé et dans l’autre un effet de volet).

Ma ville avant

L’application Ma ville avant propose plusieurs modalités d’affichage des reconductions photographiques : juxtaposition des images (à gauche) ou superposition (à droite).

 

D’ici quelque temps, l’application devrait également proposer des « photomix » (mixage de l’image ancienne et de l’image contemporaine), à l’image de ceux présentés dans le précédent article.

Disponibles pour 7 villes à ce jour (Paris, Nantes, Metz, Barcelone, Vancouver, Montréal et Toronto), ces applications sont conçues par le biais d’un partenariat entre l’éditeur de l’application et des détenteurs de photos anciennes. Si vous le souhaitez, vous pouvez ainsi prolonger l’expérience de l’application sur des sites tels que :

Je suis tenté de citer ici aussi les dispositifs de réalité augmentée de l’abbaye de Cluny ou du chateau de Cherbourg (voir vidéos ci-dessous). Pourtant, s’ils permettent bien de superposer des images reconstituant l’abbaye telle qu’elle existait auparavant à ce qu’il en subsiste aujourd’hui, la superposition se fait non pas entre deux images, mais entre l’image de synthèse qui représente le passé et la vue réelle que vous avez de vos propres yeux (et non à travers votre smartphone ou votre tablette). A la vue des vidéos ci-dessous, vous conviendrez cependant que l’effet est très proche et tout aussi saisissant.

 


Superposition tournée vers le futur

Si elle sert parfois à superposer le passé au présent, la réalité augmentée peut aussi permettre de superposer le futur au présent. C’est que propose par exemple la société Artefacto, avec son logiciel Urbasee, qui permet de superposer la maquette 3D d’un projet immobilier à la vue en temps réel de votre environnement à travers un smartphone ou une tablette.

L'application Urbasee d'Artefacto

L’application Urbasee d’Artefacto

 

Même chose pour les meubles avec des solutions telles que celles des sociétés françaises Augment ou AchatDesign qui permettent chacune de simuler la présence d’un meuble ou d’un objet 3D dans la pièce où l’on se trouve. Ces solutions peuvent être utilisées par des sites e-commerce ou des professionnels de l’aménagement.

Augment

Avec Augment vous pouvez vérifier si la table de salon vers laquelle vous lorgnez sera effectivement du plus bel effet dans votre salon.

 

De la même manière, les dispositifs d’essayage virtuel de Zugara, les mannequins virtuels de Fits.me ou la solution d’essayage virtuel de lunettes de Fitting Box nous projettent dans le futur du moment où nous posséderions réellement le vêtement que l’on est en train d’essayer virtuellement via ces solutions.

Zugara

Grâce à Zugara, je peux vous le dire : elle vous va bien cette robe mademoiselle. Si si.

 

Voilà. Notre voyage dans les méandres du “temps mélangé sur images » se termine… J’espère que ça vous aura plu ! N’hésitez pas à poster en commentaire vos propres trouvailles dans le domaine…

Quand les images superposent différents moments du temps – Episode 2/3 : des photos ubiquitaires.

Dans le premier billet de cette série, je vous parlais de vidéos qui représentent selon moi des variations sur l’ubiquité temporelle. Dans le présent billet, je voudrais m’attarder sur la mise en oeuvre de mécanismes similaires dans le domaine photographique.

En photographie, il existe une pratique que l’on appelle la reconduction photographique. Elle consiste à réaliser une prise de vue sur le lieu et dans les mêmes conditions (angle de prise de vue, cadrage, focale, éclairage, distance au sujet…) qu’une image plus ancienne, qui sert de référence. On peut ensuite juxtaposer les deux images afin de voir l’évolution du lieu en question.

Reconduction photographique #1 : juxtaposition d’images

A titre d’exemple, les clichés ci-dessous on été pris à Fontenay-le-Comte (Vendée) (source).

Reconduction photographique - Fontenay-Le-Comte (Vendée)

Reconduction photographique – Fontenay-Le-Comte (Vendée)

Dans ce contexte, le lieu est le même et le moment différent. Mais les images ne sont que juxtaposées.

Dans leur blog, Le voyage de Seth et Lise, les deux auteurs ont consacré un article à des reconductions d’images qu’ils ont eu la bonne idée de présenter avec un dispositif interactif tout simple mais intéressant : un volet qui dévoile à la souris soit la photo du passé, soit celle du présent.

Sethetlise

Reconduction photographique #2 : superposition d’images

Une autre pratique, variante de la reconduction, consiste à utiliser une vue ancienne, à se rendre sur le lieu de sa prise de vue et à prendre un nouveau cliché qui intègre la prise de vue ancienne. Cela crée une incrustation dans l’image avec une superposition du passé sur le présent.

C’est à partir d’images de ce type que Taylor Jones, un jeune américain de 22 ans, a commencé le blog Dear Photograph en mai 2011. L’originalité de son projet réside dans son aspect collaboratif : les internautes sont invités à envoyer leur propres superpositions accompagnées d’un court texte descriptif. Les photos sont publiées dans le blog accompagnées d’une lettre commençant toujours par “Dear Photograph”. Le site est un vrai succès aux Etats-Unis et a donné lieu à l’édition d’un livre.

dearphotograph1

Une photo du site Dear Photograph.

dearphotograph2

Une autre photo du site Dear Photograph.

Autre projet similaire, la série Looking into the past, de Jason Powell, visible sur Flickr.

Looking into the past - Jason Powwel

Une photo de la série Looking into the past, de Jason Powell

Suite au succès de sa série, Jason Powell a créé un groupe Flickr qui rassemble plus de 2000 clichés similaires aujourd’hui.

Pour l’anecdote la série de Powell a été inspirée de celle de Michael Hughes, dont je parlerai peut-être un jour dans un prochain billet (suspens !).

Quoi qu’il en soit, faire ainsi ressurgir le passé au coeur du présent, il était normal qu’un tel projet photographique soit choisi pour faire la couverture de l’album d’un groupe nommé… Balbec… (y’a comme un goût de madeleine dans tout ça, non ?)

Pochette de l'album de Balbec

Pochette d’album de Balbec

 

Reconduction photographique #1 et #2 bis : retrouver le film dans la réalité

Les deux pratiques ci-dessus peuvent également être mises en oeuvre pour comparer non pas explicitement le passé et le présent, mais une oeuvre de fiction (par exemple un film) avec le lieu réel où il a été tourné.

C’est ce que certains se sont amusés à faire avec Edouard aux mains d’argent dans la série Edward Scissorhands Filming Locations en utilisant ici la juxtaposition pour présenter les photos.

Une photo de la série Edward Scissorhands Filming Locations

Une photo de la série Edward Scissorhands Filming Locations.

Toujours en mode juxtaposition, mais beaucoup plus ambitieux, et merveilleusement réalisé, le blog Movie Mimic pousse le soin jusqu’à localiser sur une carte chaque reconduction photographique.

Une reconduction photographique du film Midnight in Paris, sur le site Movie Mimic.

Une reconduction photographique du film Midnight in Paris, sur le site Movie Mimic.

Aussi ambitieux et très bien réalisé, le blog FILMography s’amuse quant à lui à superposer aux lieux réels les photos issues d’un film.

Une superposition film-photographie sur le blog FILMography

Une superposition film-photographie sur le blog FILMography

Reconduction photographique #3 : mixage et recomposition d’images

Après la juxtaposition et la superposition, je voudrai évoquer une troisième pratique qui consiste à réaliser un montage ou un mixage d’un cliché ancien et d’un cliché contemporain.

C’est ce que réalise de manière saisissante (comme on peut le voir sur l’image ci-dessous) la néerlandaise Jo Hedwig Teeuwisse dans sa série Ghosts of history (visible aussi sur Flickr et Facebook)

Un montage de la série Ghosts of history, de Jo Hedwig Teeuwisse

Un montage de la série Ghosts of history, de Jo Hedwig Teeuwisse

Même démarche chez le photographe russe Sergey Larenkov qui fait revivre les fantômes de la seconde guerre mondiale dans plusieurs villes d’Europe.

Georgy Zhukov, commandant de l'Armée Rouge, sur les marches du Reichstag à Berlin, en 1945, & aujourd'hui un musée.

Soldats de l’Armée Rouge, en 1945, sur les marches du Reichstag à Berlin, aujourd’hui un musée.

On retrouve également beaucoup d’images de ce type sur le blog Photimages… d’hier et aujourd’hui, par ailleurs dédié à la reconduction photographique en général. Le(s) auteur(s) du blog ont également un Scoop.it sur le même thème.

Pour que ces montages très saisissants soient réussis, cela impose de prendre le cliché contemporain dans les conditions absolument similaires au cliché ancien. C’est donc un tour de force. Mais si c’est le cas, l’impression que procure l’image finale est souvent particulièrement forte en raison justement de cette imbrication très étroite des deux clichés, donc des deux moments du temps, sur une même image. Ce dispositif est l’exacte traduction dans le domaine de la photographie du film de Philipp Stockton dont je vous parlais dans le premier article de cette série. Et l’impression produite par les images est ici assez similaire à celle que j’avais décrite dans le premier billet à propos de la vidéo de Stockton.

Superposition créative

Pour finir, je m’écarte un peu de mon sujet, mais le détour en vaut la peine. Dans les exemples ci-dessus, en effet, la superposition est celle de deux moments du temps. Mais il existe aussi une pratique qui consiste à superposer une image créative sur une image réaliste. C’est ce que propose, avec beaucoup d’humour et de poésie Ben Heine dans une série intitulée “Pencil vs Camera”.

Une image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

Une image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

 

Pour le plaisir, une autre image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

Pour le plaisir, une autre image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

Voilà. J’espère que ça vous a plu ! Dans le prochain billet, je vous parlerai de dispositifs interactifs similaires à travers ceux que permet la réalité augmentée !