Des écrans qui jouent à être transparents

Dans mon précédent article, j’ai essayé de catégoriser différents types de juxtapositions ou superpositions d’images dans une autre image. Le point de départ de cette réflexion était un exemple de la catégorie que j’ai appelée “Superposition d’une image d’écran à la réalité dans une image” (Voir mon board Pinterest associé). Cette catégorie pourrait elle-même être subdivisée en plusieurs sous-catégories, notamment si l’on veut bien prendre en considération 2 usages différents des écrans, et plus particulièrement des écrans d’appareils mobiles qui sont essentiellement ceux qui donnent lieu à ce genre de superposition :

  • usage des écrans comme appareils de visée (pour prise de photo ou réalité augmentée)

  • usage des écrans comme appareils de visionnage ou d’affichage (de film, de photos, de documents, de pages web…)

Et voici ce que je disais dans mon article sur la différence entre ces deux usages :

  • “dans le premier cas d’usage, la visée digitale crée une sensation de “transparence” du smartphone qui est selon moi quelque chose d’assez inédit dans l’histoire des appareils de visée dans la mesure où les précédents (lunettes, téléscopes, appareils photo, caméras…) exigeaient le plus souvent de coller l’oeil à l’oeilleton de visée, ce qui annulait l’impression de “transparence” de l’appareil. Ici, l’appareil est regardé à distance et s’efface comme une vitre devant l’image vue “à travers”. Je reviendrai dans un prochain article sur ce que m’inspire cette impression de transparence.

  • à l’inverse, lorsque le smartphone est utilisé comme appareil d’affichage, point de transparence possible ! Ici, clairement, l’image fait écran à la vue de la réalité. Et c’est justement sur cela que jouent les publicités SFR pour créer les effets de juxtaposition que j’ai soulignés au début de cet article. Or, ces effets ne sont possibles qu’au prix de la petite “tricherie” gestuelle que j’ai également évoquée. De ce fait, si on veut bien considérer qu’on a là un exemple de superposition d’image d’écran à la vue de la réalité (l’image affichée par le smartphone se superpose à la vue de la réalité qui se trouve derrière), il y a fort à parier que l’on trouvera peu d’exemples de ce type d’images en vertu du fait qu’elle est liée ici à une petite “tricherie” (mais je ne demande qu’à être démenti, hein ?).”

Ce qui m’intéresse ici, c’est la sensation de transparence. J’indiquais dans le premier paragraphe ce ce précédent article que j’en reparlerai : c’est justement ce que je suis en train de faire. Pour en dire quoi ? Ceci : la transparence, les appareils de visée l’utilisent comme condition de possibilité. Mais ils en sont prisonniers par la même occasion; ils ne peuvent s’en libérer, sans quoi ils ne fonctionnent plus. A l’inverse, dans l’usage des écrans pour le visionnage ou l’affichage, la transparence n’est pas possible, mais par contre on peut s’amuser à la singer, à créer l’illusion de transparence !

C’est exactement ce à quoi ce sont amusés les auteurs des photos ci-dessous :

Or, que remarque-t-on dans ces photos si on les compare à celles de la Box de SFR qui étaient le point de départ de mon précédent article ? Dans celles-ci, les personnes tiennent leur tablette devant leur visage, alors que dans les pubs SFR on voyait une main tendue qui tenait un smartphone tourné vers ce que voyait la personne. Un hasard ? Pas complètement, car pour que l’on s’amuse à créer l’illusion de transparence, il ne faut pas que l’on soit dans une situation où l’on pourrait croire que la transparence est “réelle”. Or, dans le cas des gestuelles des pubs SFR, on est justement dans cette situation (Cf. mon propos sur la “tricherie” de la gestuelle dans ces images). Et justement, l’effet que cherchent à créer les images SFR est celui d’une superposition décalée, qui explicitement ne se prend pas pour une transparence (on ne peut pas croire que le personnage dans le bus soit un extra-terrestre…), même si elle joue sur l’idée de transparence derrière la notion de superposition (… mais on se laisse surprendre ou on s’amuse à le penser !). Alors que les images ci-dessus, elles, jouent explicitement sur l’illusion de transparence (on se demande longtemps ce qu’on voit) au-delà même de ce qui normalement devrait faire écran à la réalité, être un écran à la réalité ! Mais si le trouble persiste, c’est justement que les tablettes sont des appareils qui peuvent remplir les deux fonctions : visée ou visionnage, transparence ou écran. Elles jouent donc sur cette ambiguïté pour qu’on se demande ici à laquelle on a affaire.

Concrètement, comment produisent-elles ce résultat ? Dans ces exemples, l’écran reproduit la vue de ce qu’il cache, ou presque… à quelques détails près, car c’est souvent une image différente (avec un léger ou moins léger changement par rapport à ce que révélerait la vue par transparence de l’appareil). Et c’est ce changement, qui se veut presque toujours assez évident, qui rend l’image si évidemment compréhensible, intéressante, drôle, émouvante ou surprenante.

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Reconduction textuelle sur la re-photographie

Il y a peu, j’ai publié un billet sur la reconduction photographique. Il faisait partie d’une série sur l’ubiquité temporelle dans l’image (lire aussi : article 1, sur la vidéo & article 3, sur la réalité augmentée), un concept pour lequel je ne sais pas s’il existe un mot autre que l’expression que j’emploie ici (si oui, merci de me le signaler !). Or, quelques jours plus tard, j’ai découvert un billet intitulé Re-photographie et effet de présent publié 2 ou 3 jours après le mien par Patrick Peccatte sur son blog Déjà Vu, qui appartient au site collectif Culture Visuelle. Je dois dire que la lecture de ce billet m’a ravi au plus haut point. Émanant d’un universitaire, il est évidemment beaucoup plus fouillé et rigoureux que le mien et j’y ai appris beaucoup de choses.

J’ai découvert notamment que ce que j’appelais sagement reconduction photographique s’appelle également re-photographie et que ce concept et cette pratique sont finalement très répandus. Le mot a une entrée sur Wikipedia (avec de nombreux liens). Si vous faites une recherche sur Google Images vous obtenez une multitude de résultats. Il existe également des groupes Flickr Rephotography ou Then and Now.

Comme moi, Patrick Peccatte parle du travail de Sergey Larenkov, Jason Powell et Jo Hedwig Teeuwisse. Il parle également de Claude Demeester.

Au sein de ce corpus, il identifie lui aussi la même typologie de montages (il parle aussi de “mashups”) dans la reconduction. Je le cite : “trois types de montages sont ainsi utilisés à des fins différentes: juxtaposition (Rephotography, Then and Now) pour documenter, fusion (Ghosts, Looking into the Past) et insertion (Past in Present) pour créer un effet esthétique ou émotionnel.” (P. Peccatte)

Ce qui est très intéressant, c’est l’explication par Patrick Peccatte du travail de redocumentarisation qu’il mène dans le cadre du projet PhotosNormandie. C’est ce travail qui le conduit à la réalisation de reconductions photographiques. Dans le cas précis, la redocumentarisation consiste à associer de vieux clichés à un maximum d’autres documents ou éléments, pour qu’ils prennent un maximum de sens. On peut ainsi associer une photo ancienne à une autre photo, aux autres photos prises dans la même série, aux autres photos du même sujet ou du même personnage, à des documents écrits, aux différents tirages de la même photo, etc.

Relier entre eux tous ces documents conduit à “leur reconstruction en tant qu’images non plus isolées mais insérées dans un réseau d’autres documents ou partie de documents” (P. Peccatte). Je trouve cette idée très intéressante : les images sont en fait des documents qui tirent leur sens de leur relation à d’autres documents ou éléments (lieux, personnes, dates…), l’ensemble créant ainsi un réseau de contenus, documents, informations… C’est évidemment là où intervient la reconduction photographique, puisque le lieu où a été effectué le cliché historique est un élément à mettre en relation avec ce dernier : “Quand la localisation d’un cliché ancien est connue avec précision, nous essayons en effet de le mettre en correspondance avec une photo moderne du même lieu” (idem).

Et dans ce travail de recherche des lieux réels, il arrive parfois que des outils numériques se révèlent de vrais alliés. C’est le cas de Google Street View, comme l’explique Patrick Pecatte : “Si nous ne disposons pas d’une photo récente, nous utilisons une capture d’écran de Google Street View lorsque le lieu a pu être identifié à l’aide de cet outil. Au passage, l’utilisation méthodique de Google Street View a permis de retrouver plusieurs localisations auparavant inconnues.” Je trouve cet usage fascinant : Google Street View est l’un des services clés de la documentarisation du monde physique. Et il est mis ici au service de la redocumentarisation de certaines photos historiques.

A la fin de son article, Patrick Peccatte essaie d’interpréter la capacité de ces images à retenir notre attention et susciter notre intérêt (c’est ce qu’il appelle la “prosécogénie” des images) par un effet de présence ou plutôt un effet de présent. De mon côté, j’ai essayé plutôt d’analyser l’effet d’ubiquité temporelle dans l’image. Et ça n’est sans doute pas un hasard si j’ai fini par mettre en relation cet effet d’ubiquité avec la re-photographie et tout un ensemble de pratiques numériques tournant autour de la réalité augmentée. Dans la bibliographie à la fin de l’article de Patrick Peccatte, on trouve cité l’article de Miranda War On Technology, Memory and place, qui lui même cite Lev Manovich, auteur en 2002 d’un article intitulé The poetics of Augmented Space. Re-photographie et réalité augmentée sont l’un et l’autre une manière de redocumentariser, de nouer un réseau de relations sémantiques entre le monde et nos documents, d’augmenter notre perception du monde et des documents. Je crois que je ne suis pas prêt d’en avoir fini avec ce sujet…

Quand les images superposent différents moments du temps – Episode 3/3 : l’ubiquité temporelle dans la réalité augmentée.

Dans le premier billet de cette série, je vous parlais de vidéos qui représentent selon moi des variations sur l’ubiquité temporelle via leur usage de la superposition de deux moments dans une même image. Dans le second billet, j’évoquais la mise en oeuvre de mécanismes similaires dans le domaine photographique. Dans le présent billet, je vais aborder la question dans le champ du numérique et plus particulièrement de la réalité augmentée, technologie ubiquitaire par excellence.

L’un des principaux mécanismes de la réalité augmentée consiste justement à superposer des images ou des informations à une vue contemporaine de la réalité. Dans certains cas, on peut superposer des images anciennes à la vue contemporaine (réalité augmentée tournée vers le passé), dans d’autres cas, on superpose des images prospectives à la vue contemporaine (réalité augmentée tournée vers le futur). Dans les deux cas, la réalité augmentée crée des situation d’ubiquité temporelle en superposant deux moments dans une même image.

Il existe évidemment plein d’autres usages de la réalité augmentée (superposition d’informations à la vue contemporaine, superposition d’images imaginaires, ludiques, créatives, etc.). Je ne les aborderai pas ici car ce serait trop long et ce n’est pas exactement notre sujet.

Superposition tournée vers le passé

Le premier exemple que je vous propose est une série d’applications pour smartphones intitulée Ma ville avant. Créées, pour la première, en 2011, ces applications permettent de comparer des photos anciennes d’une ville à des photos contemporaines. Elles proposent plusieurs modalités d’affichage de ces reconductions photographiques : juxtaposition des images (à gauche dans l’illustration ci-dessous) ou superposition (à droite) avec un système de transition dans l’esprit de celui proposé dans l’article du blog Le voyage de Seth et Lise, cité dans le deuxième billet de cette série (sauf qu’ici c’est un effet de fondu enchainé et dans l’autre un effet de volet).

Ma ville avant

L’application Ma ville avant propose plusieurs modalités d’affichage des reconductions photographiques : juxtaposition des images (à gauche) ou superposition (à droite).

 

D’ici quelque temps, l’application devrait également proposer des « photomix » (mixage de l’image ancienne et de l’image contemporaine), à l’image de ceux présentés dans le précédent article.

Disponibles pour 7 villes à ce jour (Paris, Nantes, Metz, Barcelone, Vancouver, Montréal et Toronto), ces applications sont conçues par le biais d’un partenariat entre l’éditeur de l’application et des détenteurs de photos anciennes. Si vous le souhaitez, vous pouvez ainsi prolonger l’expérience de l’application sur des sites tels que :

Je suis tenté de citer ici aussi les dispositifs de réalité augmentée de l’abbaye de Cluny ou du chateau de Cherbourg (voir vidéos ci-dessous). Pourtant, s’ils permettent bien de superposer des images reconstituant l’abbaye telle qu’elle existait auparavant à ce qu’il en subsiste aujourd’hui, la superposition se fait non pas entre deux images, mais entre l’image de synthèse qui représente le passé et la vue réelle que vous avez de vos propres yeux (et non à travers votre smartphone ou votre tablette). A la vue des vidéos ci-dessous, vous conviendrez cependant que l’effet est très proche et tout aussi saisissant.

 


Superposition tournée vers le futur

Si elle sert parfois à superposer le passé au présent, la réalité augmentée peut aussi permettre de superposer le futur au présent. C’est que propose par exemple la société Artefacto, avec son logiciel Urbasee, qui permet de superposer la maquette 3D d’un projet immobilier à la vue en temps réel de votre environnement à travers un smartphone ou une tablette.

L'application Urbasee d'Artefacto

L’application Urbasee d’Artefacto

 

Même chose pour les meubles avec des solutions telles que celles des sociétés françaises Augment ou AchatDesign qui permettent chacune de simuler la présence d’un meuble ou d’un objet 3D dans la pièce où l’on se trouve. Ces solutions peuvent être utilisées par des sites e-commerce ou des professionnels de l’aménagement.

Augment

Avec Augment vous pouvez vérifier si la table de salon vers laquelle vous lorgnez sera effectivement du plus bel effet dans votre salon.

 

De la même manière, les dispositifs d’essayage virtuel de Zugara, les mannequins virtuels de Fits.me ou la solution d’essayage virtuel de lunettes de Fitting Box nous projettent dans le futur du moment où nous posséderions réellement le vêtement que l’on est en train d’essayer virtuellement via ces solutions.

Zugara

Grâce à Zugara, je peux vous le dire : elle vous va bien cette robe mademoiselle. Si si.

 

Voilà. Notre voyage dans les méandres du “temps mélangé sur images » se termine… J’espère que ça vous aura plu ! N’hésitez pas à poster en commentaire vos propres trouvailles dans le domaine…

Quand les images superposent différents moments du temps – Episode 2/3 : des photos ubiquitaires.

Dans le premier billet de cette série, je vous parlais de vidéos qui représentent selon moi des variations sur l’ubiquité temporelle. Dans le présent billet, je voudrais m’attarder sur la mise en oeuvre de mécanismes similaires dans le domaine photographique.

En photographie, il existe une pratique que l’on appelle la reconduction photographique. Elle consiste à réaliser une prise de vue sur le lieu et dans les mêmes conditions (angle de prise de vue, cadrage, focale, éclairage, distance au sujet…) qu’une image plus ancienne, qui sert de référence. On peut ensuite juxtaposer les deux images afin de voir l’évolution du lieu en question.

Reconduction photographique #1 : juxtaposition d’images

A titre d’exemple, les clichés ci-dessous on été pris à Fontenay-le-Comte (Vendée) (source).

Reconduction photographique - Fontenay-Le-Comte (Vendée)

Reconduction photographique – Fontenay-Le-Comte (Vendée)

Dans ce contexte, le lieu est le même et le moment différent. Mais les images ne sont que juxtaposées.

Dans leur blog, Le voyage de Seth et Lise, les deux auteurs ont consacré un article à des reconductions d’images qu’ils ont eu la bonne idée de présenter avec un dispositif interactif tout simple mais intéressant : un volet qui dévoile à la souris soit la photo du passé, soit celle du présent.

Sethetlise

Reconduction photographique #2 : superposition d’images

Une autre pratique, variante de la reconduction, consiste à utiliser une vue ancienne, à se rendre sur le lieu de sa prise de vue et à prendre un nouveau cliché qui intègre la prise de vue ancienne. Cela crée une incrustation dans l’image avec une superposition du passé sur le présent.

C’est à partir d’images de ce type que Taylor Jones, un jeune américain de 22 ans, a commencé le blog Dear Photograph en mai 2011. L’originalité de son projet réside dans son aspect collaboratif : les internautes sont invités à envoyer leur propres superpositions accompagnées d’un court texte descriptif. Les photos sont publiées dans le blog accompagnées d’une lettre commençant toujours par “Dear Photograph”. Le site est un vrai succès aux Etats-Unis et a donné lieu à l’édition d’un livre.

dearphotograph1

Une photo du site Dear Photograph.

dearphotograph2

Une autre photo du site Dear Photograph.

Autre projet similaire, la série Looking into the past, de Jason Powell, visible sur Flickr.

Looking into the past - Jason Powwel

Une photo de la série Looking into the past, de Jason Powell

Suite au succès de sa série, Jason Powell a créé un groupe Flickr qui rassemble plus de 2000 clichés similaires aujourd’hui.

Pour l’anecdote la série de Powell a été inspirée de celle de Michael Hughes, dont je parlerai peut-être un jour dans un prochain billet (suspens !).

Quoi qu’il en soit, faire ainsi ressurgir le passé au coeur du présent, il était normal qu’un tel projet photographique soit choisi pour faire la couverture de l’album d’un groupe nommé… Balbec… (y’a comme un goût de madeleine dans tout ça, non ?)

Pochette de l'album de Balbec

Pochette d’album de Balbec

 

Reconduction photographique #1 et #2 bis : retrouver le film dans la réalité

Les deux pratiques ci-dessus peuvent également être mises en oeuvre pour comparer non pas explicitement le passé et le présent, mais une oeuvre de fiction (par exemple un film) avec le lieu réel où il a été tourné.

C’est ce que certains se sont amusés à faire avec Edouard aux mains d’argent dans la série Edward Scissorhands Filming Locations en utilisant ici la juxtaposition pour présenter les photos.

Une photo de la série Edward Scissorhands Filming Locations

Une photo de la série Edward Scissorhands Filming Locations.

Toujours en mode juxtaposition, mais beaucoup plus ambitieux, et merveilleusement réalisé, le blog Movie Mimic pousse le soin jusqu’à localiser sur une carte chaque reconduction photographique.

Une reconduction photographique du film Midnight in Paris, sur le site Movie Mimic.

Une reconduction photographique du film Midnight in Paris, sur le site Movie Mimic.

Aussi ambitieux et très bien réalisé, le blog FILMography s’amuse quant à lui à superposer aux lieux réels les photos issues d’un film.

Une superposition film-photographie sur le blog FILMography

Une superposition film-photographie sur le blog FILMography

Reconduction photographique #3 : mixage et recomposition d’images

Après la juxtaposition et la superposition, je voudrai évoquer une troisième pratique qui consiste à réaliser un montage ou un mixage d’un cliché ancien et d’un cliché contemporain.

C’est ce que réalise de manière saisissante (comme on peut le voir sur l’image ci-dessous) la néerlandaise Jo Hedwig Teeuwisse dans sa série Ghosts of history (visible aussi sur Flickr et Facebook)

Un montage de la série Ghosts of history, de Jo Hedwig Teeuwisse

Un montage de la série Ghosts of history, de Jo Hedwig Teeuwisse

Même démarche chez le photographe russe Sergey Larenkov qui fait revivre les fantômes de la seconde guerre mondiale dans plusieurs villes d’Europe.

Georgy Zhukov, commandant de l'Armée Rouge, sur les marches du Reichstag à Berlin, en 1945, & aujourd'hui un musée.

Soldats de l’Armée Rouge, en 1945, sur les marches du Reichstag à Berlin, aujourd’hui un musée.

On retrouve également beaucoup d’images de ce type sur le blog Photimages… d’hier et aujourd’hui, par ailleurs dédié à la reconduction photographique en général. Le(s) auteur(s) du blog ont également un Scoop.it sur le même thème.

Pour que ces montages très saisissants soient réussis, cela impose de prendre le cliché contemporain dans les conditions absolument similaires au cliché ancien. C’est donc un tour de force. Mais si c’est le cas, l’impression que procure l’image finale est souvent particulièrement forte en raison justement de cette imbrication très étroite des deux clichés, donc des deux moments du temps, sur une même image. Ce dispositif est l’exacte traduction dans le domaine de la photographie du film de Philipp Stockton dont je vous parlais dans le premier article de cette série. Et l’impression produite par les images est ici assez similaire à celle que j’avais décrite dans le premier billet à propos de la vidéo de Stockton.

Superposition créative

Pour finir, je m’écarte un peu de mon sujet, mais le détour en vaut la peine. Dans les exemples ci-dessus, en effet, la superposition est celle de deux moments du temps. Mais il existe aussi une pratique qui consiste à superposer une image créative sur une image réaliste. C’est ce que propose, avec beaucoup d’humour et de poésie Ben Heine dans une série intitulée “Pencil vs Camera”.

Une image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

Une image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

 

Pour le plaisir, une autre image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

Pour le plaisir, une autre image de la série Pencil vs Camera, de Ben Heine.

Voilà. J’espère que ça vous a plu ! Dans le prochain billet, je vous parlerai de dispositifs interactifs similaires à travers ceux que permet la réalité augmentée !