Déambulations numériques

Bon, ce n’est pas parce que les vacances sont désormais un lointain souvenir et que l’automne a déjà largement pointé le bout de son nez (en tous cas en termes de climat), qu’il faut se morfondre et oublier toute velléité de balades touristiques ! Sans même se limiter aux Journées du patrimoine qui ont lieu ce week-end, il y a parfois beaucoup à découvrir à côté de chez soi sans qu’on le sache. Justement, je me suis dit que c’était le moment idéal pour consacrer une série d’articles à un sujet qui m’est cher : la manière dont le numérique nous aide à arpenter le réel, ses rues, ses routes, ses chemins, que ce soit en ville ou à la campagne…

Dans cette série, je ne m’intéresserai pas trop à l’optimisation des trajets, que ce soit en termes de coût, de durée, d’économie d’énergie (non pas que ce ne soit pas important, mais j’y reviendrai ultérieurement). Je vais plutôt m’intéresser à la valeur ajoutée que le digital donne à la visite d’un lieu, à la manière dont il nous met en route, dont il renouvelle et enrichit l’expérience touristique d’un lieu, même quand il n’y a rien à voir a priori. Je prendrai donc assez souvent le contre-pied des visites virtuelles, ces visites à distance dont je parle souvent dans ce blog, car il s’agira la plupart du temps d’aller sur place, de sortir de chez soi, d’être à la merci d’une zone grise où notre téléphone ne capte plus le réseau !!! La plupart du temps… mais pas systématiquement !!! Il faut que ça reste déroutant !!!

Petite précision avant de vous donner le programme : plutôt que de faire des articles, j’ai choisi pour cette série de faire des pages et de les mettre dans la section dédiée de ce blog. Comme le veut le principe de cette section, ces pages sont donc des « work in progress ». Elles sont même parfois publiées alors qu’elles sont encore un peu foutraques, mais j’ai l’intention de les mettre à jour régulièrement pour qu’elles deviennent de plus en plus riches progressivement. N’hésitez pas à allez les voir régulièrement !

En attendant, voici le programme (vous pourrez le retrouver également ici – Bonne lecture !) :

  1. Déambulation sur les traces de Michel Gondry, qui a plus d’un tour dans son sac…
  2. Déambulation sur les lieux de films
  3. Déambulation au son des chansons ou sur les traces des romans et autres oeuvres d’art
  4. Balades sonores : laissez les guides vous murmurer à l’oreille
  5. Déambulations sur les traces de l’histoire
  6. Partez dans l’inconnu : laissez faire l’appli…
  7. Jeux de pistes et chasses au trésor
  8. Les guides participatifs ou liés aux données d’usage
  9. Déambulez au gré de messages géolocalisés
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“Symétrie des attentions” & “symétrie des équipements”, ou de l’intérêt d’une approche BtoE&C

J’ai lu récemment un article fort intéressant de Thierry Spencer, du blog Sensduclient.com, intitulé La symétrie des équipements : une expérimentation de la Poste. Cet article m’a immédiatement fait penser à un précédent article que j’ai publié dans ce blog intitulé Vers des applications et des interfaces « BtoE&C ». J’aimerai ici poursuivre ma réflexion en faisant se rejoindre ces deux approches.

Avant de commencer, je dois préciser que j’ai découvert, après avoir rédigé ce texte, un article de mon ami François Verron sur le même sujet. J’y reviendrai donc à la fin de cet article car il propose un beau prolongement de ma réflexion.

Dans son billet, Thierry Spencer décrit les innovations mises en place par La Poste dans 3 bureaux pilotes. Ces bureaux dits “connectés” testent “de nouvelles pratiques de conseil et de vente grâce à l’utilisation de terminaux tactiles mobiles”. Thierry décrit très bien comment deux terminaux différents sont utilisés pour répondre à des usages différents. Il décrit également l’impact de ces innovations et le rôle nouveau qu’elles jouent et qu’elles font jouer au personnel de La Poste :

  • Elles contribuent à familiariser les clients avec ces nouveaux outils (tous ne le sont pas, loin de là). Dans ce contexte, le personnel peut-être amené à jouer le rôle d’évangélisateur et de “formateur informel” en la matière. Il peut même prendre l’initiative d’éduquer ses clients, comme Thierry Spencer le rappelle en citant l’exemple d’un conseiller de La Banque Postale.

  • Elles contribuent également à donner de La Poste une image moderne et innovante, et ont pour objectif d’améliorer la satisfaction client.

Sur ce dernier point, Thierry précise que les applications utilisées sur ces terminaux sont conçues avec les clients, à leur contact sur le terrain et développées ensuite en mode agile pour répondre aux mieux à leurs attentes et besoins. C’est là un point crucial pour répondre effectivement aux attentes et contraintes des clients et augmenter significativement le taux de satisfaction.

Pour décrire ce dispositif, Thierry utilise le concept de “symétrie des équipements”, qu’il emprunte à celui de “symétrie des attentions”initié par Benoît Meyronin et l’Académie du Service. Ce dernier principe postule que l’attention aux clients, qui est si souvent mise en avant dans les pratiques marketing, est d’autant plus efficace qu’elle passe au préalable ou en parallèle par l’attention portée au personnel. Bref, “prendre soin de ses clients, c’est d’abord prendre soin de ses équipes”. Cela fait évidemment référence aux principes mis en oeuvre par Vineet Nayar, le PDG de HCL, et expliqués dans son livre au titre explicite Les employés d’abord, les clients ensuite.

De ce principe, Thierry Spencer décline donc le concept de “symétrie des équipements”, qu’il définit comme le fait, en termes d’équipement digital, de “mettre les collaborateurs au niveau des clients [les mieux équipés] et permettre aux collaborateurs de mettre les clients [les moins bien équipés] à niveau”. La distinction entre ces deux types de clients (c’est moi qui ait précisé dans la citation précédente) me paraît particulièrement intéressante. Elle a évidemment un sens bien particulier à La Poste, mais elle mérite d’être réfléchie pour de nombreuses autres entreprises ou organisations. Elle contribue en tous cas à la satisfaction des clients à double titre : d’un côté, satisfaire le client exigent qui souhaite que l’entreprise ou la marque lui propose une expérience à la hauteur des capacités offertes par les technologies actuelles; de l’autre, satisfaire le client non équipé en le sensibilisant et en le familiarisant avec ces outils qu’il connaît mal.

L’autre point intéressant de cette approche me paraît être celui que j’ai justement évoqué dans mon précédent article sur ce que j’ai appelé des services et des interfaces BtoE&C, autrement dit, des services et des interfaces destinées aussi bien au personnel qu’aux clients, car destinés à être utilisés dans la relation client physique, en magasin notamment. Or, on a trop souvent eu tendance, jusqu’à présent, à concevoir de manière isolée et distincte les services et interfaces destinés aux clients d’un côté, qui avaient tendance à focaliser l’attention et les efforts en termes d’expérience utilisateur notamment, et les services et interfaces destinés aux employés de l’autre, qui sont souvent le parent pauvre de l’expérience utilisateur. Or, les principes de “symétrie des attentions” et de “symétrie des équipements” me paraissent justement la meilleure preuve de l’intérêt à développer des services et des interfaces en mode BtoE&C pour améliorer conjointement et par un cercle vertueux aussi bien la satisfaction des clients que celle des employés.

Évidemment, tous les contextes de la relation client ne se prêtent pas à cela. Mais avec l’avènement du digital retail et de la relation client mobile, le champ d’application de cette approche a de fortes chances de croître de manière impressionnante. C’est là où, comme je l’avais signalé dans un autre article, le rôle des personnels en magasin, ou plus largement de ceux impliqués dans la relation client, va avoir un impact considérable relativement à cette question. C’est ce que soulignent d’ailleurs plusieurs articles récents sur le sujet. Je citerai notamment l’interview que Julien Leblanc, responsable e-commerce chez Chausport, a accordé à L’Atelier BNP Paribas concernant l’installation de bornes iPad dans 5 magasins tests de l’enseigne. Dans cette interview, il souligne notamment que “l’aspect humain a constitué la principale difficulté et revêt en fait le principal enjeu” de la survenue du digital dans les magasins, bien plus que les questions techniques ou de design. Il souligne notamment les points suivants :

“Il a fallu convaincre et intégrer la force de vente dans le processus. En effet, la plupart des vendeurs étaient persuadés que la borne allait « plomber leur relation client ». Il a donc fallu engager de la formation ce qui n’est pas facile lorsque l’on est une petite structure. Former les vendeurs à l’usage de la borne est la nécessité première. Il faut ensuite intégrer celle-ci au scénario de vente et expliquer qu’elle peut être incluse dans les ventes additionnelles prisées des vendeurs. Enfin, il faut les former à lever les réticences des clients face à la tablette. Un dernier point est essentiel. Il faut offrir la possibilité au vendeur d’associer son badge à la vente provenant de la borne pour que celui-ci soit associé financièrement à ce nouveau type de vente.”

Et plus loin il précise :

“Sur les cinq magasins tests, ceux qui ont joué le jeu ont effectivement vu leurs ventes sensiblement progresser et l’un d’eux a véritablement cartonné. En fait, c’est l’humain qui est au centre de la réussite des magasins connectés.”

On le voit, les attentes comme les réticences, donc les facteurs de succès comme d’échec, peuvent venir aussi bien des clients que des vendeurs.

Je trouve ce témoignage tout à fait explicite de l’intérêt de mettre en oeuvre une approche par la “symétrie des attentions et des équipements”, qui est une approche que j’ai appelée ailleurs BtoE&C.

Cette approche conduit selon moi à changer la perspective de la démarche et ainsi à lui redonner plus d’efficacité en lui redonnant plus de sens. Ce changement de paradigme est d’ailleurs particulièrement bien exprimé par thierry Spencer lorsqu’il dit : “Il ne faut pas connecter le point de vente, il faut connecter la relation avec le client”.

Et c’est là où je trouve le point de vue de François Verron tout à fait intéressant. Selon lui, en effet, cette expérimentation de La Poste prend le contrepied de l’usage habituel que l’on a des appareils digitaux, qui est aussi un usage dans lequel on enferme trop souvent les stratégies de digital retail, à savoir un usage de l’individu seul devant son écran. Un usage qui correspondrait à l’intention de « connecter le point de vente » alors qu’il faut plutôt essayer de « connecter la relation avec le client ». Je cite François :

La poste « exploite les terminaux tactiles (tablettes et phablettes) pour sortir de la logique de guichet, rompre avec l’image de file d’attente et réinventer la notion d’accueil. Une application embarquée sur la tablette ou le smartphone de l’agent d’accueil permet d’engager une relation plus humaine, plus conviviale, car support de l’échange avec l’usager. Pour guider, conseiller et mieux vendre. »

Et il precise :

« Cette approche inverse la logique d’autonomisation de l’utilisateur dans son usage du digital, par exemple une borne en point de vente ou seul devant son desktop à la maison. Ici, l’interface c’est d’abord l’humain, équipé d’un outil numérique, et porteur de cette promesse : gagner du temps tout en gardant le face à face. On va avec cette initiative au-delà de l’aide à la vente : le numérique vise la revalorisation de l’agent postal comme vecteur de confiance dans le service public de proximité. »

Je trouve cette analyse remarquable pour exprimer que dans le contexte du shopping ou du service dans la vraie vie, le digital doit être au service de la relation entre un client et un vendeur (ou un agent) et non se substituer à elle. Dans cette initiative de La Poste, l’agent postal n’est pas un facteur (sans mauvais jeu de mots) comme un autre de réussite ou d’échec de la digitalisation du point de vente, c’est le digital qui se met au service de la relation nécessaire entre un usager et son agent. Il s’agit, comme le dit encore François, d’une « logique d’animation de lieu par le numérique (…) pour engager localement, réinventer la relation avec l’opérateur local, (…) avec le commerçant de proximité ».

D’une certaine manière, on est aux antipodes de la démarche de L’Oréal Paris dans son opération Intelligent Color Experience, dont je parlais dans mon précédent article. Dans ce cas, en effet, le dispositif reposait sur la digitalisation complète du conseil par la capacité du miroir à scanner les vêtements des passants et celle du moteur de recommandation à y associer des produits de maquillage. Dans ce contexte évidemment, il n’y avait plus besoin de conseiller de vente !

 

De la transparence à l’immatériel : imaginer des signes sans écran

D’une certaine manière, vouloir créer des écrans transparents (comme nous l’avons vu dans de précédents articles : ici, , , et ), c’est sans doute vouloir aussi que les signes s’affichent sans écran… Ou tout au moins, vouloir (se) donner cette illusion, car il y a bien encore un écran, mais transparent…

Les écrans transparents permettent en effet d’afficher les signes en faisant oublier leur support pourtant nécessaire : l’écran. Avec eux, les signes se détachent de leur condition matérielle et exhaussent en cela un rêve ancestral de l’homme. En ne laissent voir que le signe et pas le support du signe, les matériaux transparents font oublier la matière et donnent l’impression à l’homme de plus de liberté.

C’est en partie, je crois, la raison pour laquelle la réalité augmentée est un symbole si fort de modernité : parce qu’elle est l’expression exacte d’un signe affiché sur une transparence.

Il suffit pour s’en convaincre de regarder les représentations que certains artistes ou que le marketing font de la réalité augmentée. Elles accentuent ce trait en donnant l’impression que la réalité augmentée n’a pas besoin d’écran, que les signes ne s’affichent pas sur un écran mais flottent librement dans l’espace, comme on peut le voir sur ces “anciennes” (!) vidéos “d’anticipation” humoristique de la réalité augmentée :

Il existe au moins deux types de réalité augmentée. Celle qui utilise la géolocalisation et le gyroscope du smartphone pour afficher des signes sur l’image de l’écran alors que celle-ci représente ce que l’on voit à l’oeil nu derrière (utilisation du smartphone comme appareil de visée (lien)). Et celle qui utilise la reconnaissance d’un signe par la caméra de l’ordinateur pour afficher sur l’écran de celui-ci une image en surimpression de l’image filmée par la caméra. Dans les deux cas, cela crée l’impression que les signes ou les images affichés flottent dans l’espace, sans écran. Dans les deux cas, c’est parce que l’image sur l’écran est filmée en temps réel et affichée dans le même contexte que la réalité qu’elle filme : on oublie donc l’image pour croire que c’est la réalité elle-même.

Réalité augmentée par reconnaissance de tag : l'image flotte dans l'air devant l'utilisateur.

Réalité augmentée par reconnaissance de tag : l’image « flotte dans l’air » devant l’utilisateur.

C’est aussi ce que montre cette courte vidéo :

Ou encore celle (prise au hasard) de l’application de réalité augmentée de General Electric.

Le magazine Esquire a quant à lui été redondant en montrant dans l’application elle-même des signes flottants autour du personnage :

Au-delà des applications de réalité augmentée, rêver à des signes sans écran est une tendance que l’on retrouve dans de nombreux contenus récents, et notamment des films, qu’ils soient publicitaires, documentaires, institutionnels, d’information ou autres. Les signes (surtout les textes, parfois les images) y apparaissent flottants dans l’air, comme s’ils n’avaient pas besoin d’écran pour s’afficher. C’est notamment le cas dans les films très esthétiques de Dimitris Ladopoulos :

 

 

Depuis le numérique, le motion design et la réalité augmentée, les signes, et notamment les textes, se rêvent de plus en plus libres par rapport à leur support matériel d’inscription normalement nécessaire.

Je rapprocherai cet usage de la volonté de certains artistes, designers ou créateurs de créer des représentations (c’est-à-dire d’afficher des signes) sur des supports les plus immatériels possibles.

C’est notamment le cas avec ce film très poétique intitulé Love is in the air, où des signes sont projetés sur la buée soufflée par deux amoureux :

 

J’interprète aussi de la même manière ce travail très minimaliste mais ô combien poétique de Brian Maffitt, qui a filmé de la lumière projetée sur des flocons de neige qui tombent :

De la buée, de la neige : même ce qui paraît le plus immatériel peut servir d’écran…

Pour finir, j’aimerai vous montrer la vidéo ci-dessous, qui d’une certaine manière prend le chemin inverse de ce que je viens de décrire puisqu’elle montre des personnes qui essaient de faire apparaître ce qui normalement est invisible, en l’occurrence des ondes Wi-Fi. Ils cherchent donc à afficher l’invisible, mais le résultat donne une impression d’affichage sur de l’immatériel puisque le tout n’est restitué qu’à travers des photos à long temps d’exposition d’un dispositif mobile qui créé une impression de surface plane d’affichage. Il vaut mieux regarder, ce sera plus simple à comprendre…  :

Voilà pour aujourd’hui ! Mais on n’en n’a pas fini avec la transparence car plus j’avance sur ce sujet plus je lui trouve des ramifications interessantes ! Rendez-vous donc bientôt pour un prochain article sur le sujet… (ou sur un autre sujet entre temps, qui sait ?)

 

Les écrans transparents dans l’imaginaire des films de science fiction

A l’instar des films de prospective d’entreprises, ou de l’imaginaire marketing des banques d’images, les films de science-fiction sont un lieu privilégié pour rêver des interfaces digitales du futur. Et on y trouve bien entendu de nombreuses interfaces transparentes…
 
Loin de moi l’idée de faire ici un inventaire exhaustif de ces films. J’aimerais juste illustrer mon propos par quelques exemples.
 
Commençons avec Avatar. On y voit des écrans de bureau transparents :

avatar uhuhuh

Avatar – 1 – Des écrans transparents dans la salle de contrôle – Source

avatar 1

Avatar – 2 – Ecrans transparents – Source

AVATAR

Avatar – 3 – Ecrans transparents – Source

Fusion x64 TIFF File

Avatar – 4 – Ecrans transparents – Source

avatar_screens_4

Avatar – 5 – Ecran transparent – Source

Mais aussi des tablettes :

avatar-tablet

Avatar – 6 – Tablette transparente – Source

La série Iron Man regorge également d’écrans transparents :

Iron Man - 1 - Ecran transparent fixe - Source

Iron Man – 1 – Ecran transparent fixe – Source

Iron Man - 2 - Smartphone transparent - Source

Iron Man – 2 – Smartphone transparent – Source

Iron Man - 3 - Smartphone transparent - Source

Iron Man – 3 – Smartphone transparent – Source

Iron Man - 4 - Affichage tête haute (HUD) - Source

Iron Man – 4 – Affichage tête haute (HUD) – Source

Iron Man - 5 - Affichage tête haute (HUD) - Source

Iron Man – 5 – Affichage tête haute (HUD) – Source

Pour découvrir les interfaces digitales d’Iron Man en action, je vous invite à regarder les vidéos sur ce lien.

Même chose dans The Avengers :

The Avengers - 1 - Ecran fixe - Source

The Avengers – 1 – Ecran fixe – Source

The Avengers - 2 - Ecrans fixes - Source

The Avengers – 2 – Ecrans fixes – Source

Et enfin dans Minority Report :

Minority report - 1 - Ecran fixe - Source

Minority report – 1 – Ecran fixe – Source

Minority Report - 2 - Ecran fixe - Source

Minority Report – 2 – Ecran fixe – Source

Minority Report - 3 - Ecran fixe - Source

Minority Report – 3 – Ecran fixe – Source

Minority Report - 4 - Tablette - Source

Minority Report – 4 – Tablette – Source

Certes, on trouve également bien d’autres interfaces intéressantes dans ces films mais j’y reviendrai plus tard. Je me limite ici aux écrans transparents.

L’imaginaire dont témoignent ces représentations d’écrans transparents est-il similaire à celui des films de prospective d’entreprises ou des banques d’images ?

Le premier point commun est sans conteste que dans les trois cas, ces images montrent les qualités photogéniques ou cinégéniques des écrans transparents, qui nous font certainement tant les rêver. L’une de ces qualités tient à la luminescence des signes qui s’affichent sur ces écrans. Elle leur donne une présence très forte à l’image. L’autre qualité tient aux jeux d’images et de plans que permet la transparence. Tout d’abord, comme dans les exemples de banques d’images cités précédemment, on retrouve ici des plans où le personnage est vu de face, à travers l’écran transparent. C’est le cas dans la vue 2 de Minority report ci-dessus et les vues 4 et 5 d’Iron man. On rencontre aussi des plans très intéressants où le personnage-utilisateur est vu de 3/4 face et l’écran de 3/4 dos (cf. vues 2, 3, 4 et 6 d’Avatar, vues 1 et 2 de The Avengers et vues 3 et 4 de Minority report). L’intérêt des écrans transparents dans ce type de plan est que l’on peut voir ce que regarde l’utilisateur tout en regardant le visage de l’utilisateur. Enfin, on trouve aussi des plans classiques d’écrans qui utilisent le point de vue de l’utilisateur sur l’écran. (cf. Avatar 4 et Iron Man 1 et 2).

Avant d’évoquer le point suivant, il faut rappeler que dans tout dispositif interactif, on peut distinguer l’interface d’affichage de l’interface de commande. Or, dans toute cette série d’articles sur la transparence, je m’attache d’abord aux interfaces d’affichage. Dans les exemples que j’ai extraits des films ci-dessus, je me suis donc focalisé sur les écrans transparents comme interfaces d’affichage. Évidemment, ces films montrent aussi d’autres types d’interfaces d’affichage, comme je l’ai déjà dit juste avant. Mais je ne m’y attarde pas pour l’instant. Nous verrons cela dans de prochains articles.
 
Ce que je voudrais souligner ici, c’est que pour un même type d’interface d’affichage (l’écran transparent), on peut distinguer plusieurs types d’interfaces de commande. Dans les images ci-dessus, on peut en identifier (ou deviner) 3 types :

  • des interfaces tactiles (cf. Avatar)

  • des interfaces clavier/souris (cf. Minority Report 3)

  • des interfaces sans contact (cf. Minority Report 1 et 2)

Dans un prochain article, je ferai un inventaire de tous ces cas de figure d’articulation entre type interface d’affichage et type d’interface de commande.
 
Il faut noter aussi que dans ces articles, pour l’instant, je ne me demande ni quelles sont les technologies qui rendent possibles ces types d’interfaces, ni s’ils sont ergonomiques, ni à quel cas d’usage ils pourraient correspondre, ni quel est leur potentiel business ou marketing. Je me contente de montrer à quel point ils marquent notre imaginaire. Je reviendrai ultérieurement sur toutes ces autres questions.
 
Pour finir, vous vous demandez peut-être comment ont été conçus ces vrais-faux écrans. L’ont-ils été sans trop de souci de vraisemblance ou de réalisme dans l’utilisabilité ? Ou au contraire, l’ont-ils été comme s’il s’agissait de vrais écrans qui seraient réellement utilisés ?
 
Pour en savoir plus, voici quelques liens vers des articles sur ce sujet, vers les sites web de leurs designers ou vers des interviews de ces derniers :

Quand les designers du digital rêvent de transparence

Dans deux articles récents (ici et ), j’ai évoqué l’impression de transparence que pouvait créer l’usage du smartphone comme appareil de visée. J’en ai profité pour indiquer que certains s’amusaient à détourner cette impression de manière ludique ou créative (voir les photos publiées dans le second article). Dans le présent article, j’aimerai partir de cet exemple du smartphone comme appareil de visée pour parler de la transparence et de ce qu’elle inspire dans l’imaginaire technologique.

Mon point de départ est la remarque suivante, issue du premier des deux articles évoqués ci-dessus : “La visée digitale crée une sensation de “transparence” du smartphone qui est selon moi quelque chose d’assez inédit dans l’histoire des appareils de visée dans la mesure où les précédents (lunettes, télescopes, appareils photo, caméras…) exigeaient le plus souvent de coller l’oeil à l’oeilleton de visée, ce qui annulait l’impression de “transparence” de l’appareil. Ici, l’appareil est regardé à distance et s’efface comme une vitre devant l’image vue “à travers”.”

Or, selon moi, cette impression de transparence est tellement inédite qu’elle me semble propice à marquer fortement notre imaginaire, tout comme celui des concepteurs de ces appareils et de leurs services associés. Je prendrai comme exemples certaines représentations graphiques de la réalité augmentée. En effet, comme je l’ai déjà dit, l’usage d’un smartphone comme appareil de visée se rencontre notamment pour prendre des photos ou pour utiliser une application de réalité augmentée. Or, cette impression de transparence est justement un levier sur lequel jouent (consciemment ou pas, peu importe) de nombreuses “vues d’artistes” sensées représenter ces services de réalité augmentée ou certains concepts de designers digitaux.

Les “vues d’artistes” (ou illustrations marketing)

Dans ces images, la transparence est souvent exagérée et notamment élargie aux bords matériels de l’appareil.

  • Transparence de l’écran (jusque là, nous sommes encore dans la réalité) :
réalité_augmentée

L’impression d’écran « transparent » de la réalité augmentée.

  • Transparence des bords de l’écran (là, ça devient plus futuriste) :
Puisque l'écran donne l'impression d'être transparent, pourquoi pas les bords de l'écran ?

Puisque l’écran donne l’impression d’être transparent, pourquoi pas les bords de l’écran ?

  • Fusion des deux dans un appareil constitué uniquement d’un écran transparent (anticipation assumée) :
Ici, l'appareil n'a plus de bords matériels opaques : il n'est constitué que d'un écran.

Ici, l’appareil n’a plus de bords matériels opaques : il n’est constitué que d’un écran.

Ces images marketing montrent à quel point, de manière consciente ou inconsciente peu importe, les illustrateurs et les promoteurs de ces services peuvent être hantés par le même rêve de transparence totale et réelle des appareils digitaux jusque dans leurs parties matérielles.

Des concepts de designers

Au-delà de ces “vues d’artistes”, jouer sur l’impression de transparence devient également une source d’inspiration, voire un exercice de style, pour certains designers digitaux qui s’en donnent à coeur joie dans de multiples concepts, tous plus futuristes les uns que les autres :

  • Le concept d’iphone 5 transparent de Dakota Adney (à découvrir en vidéo ici) :
Le concept d'iPhone 5 transparent de Dakota Adney

Le concept d’iPhone 5 transparent de Dakota Adney

  • Dakota Adney a aussi imaginé un iphone 6 transparent :


 

  • Un autre concept d’iphone transparent :


 

L'iPad transparent, par Ricardo Afonso

L’iPad transparent, par Ricardo Afonso

  • Le Window Phone Concept (et non Windows Phone !!) de Seunghan Song :
Window Phone Concept

Window Phone Concept

  • Encore plus fort, l’iPhone ProCare de Vchenjing Yuangel, qui est à la fois flexible et transparent !!! : 
iPhone ProCare

iPhone ProCare

Si vous voulez découvrir d’autres « vues d’artistes » ou concepts d’appareils transparents, vous pouvez consulter mon board Pinterest dédié.

 

Les prototypes des fabriquants

Là où ça devient intéressant, c’est qu’au-delà des multiples “vues d’artistes” et autres concepts de designers, il apparaît également que certains fabriquants tenaces s’acharnent à vouloir rendre ces appareils réellement transparents et y vont chacun de leur prototype en la matière. Fakes ou réalité, je vous laisse juge… :

Le proptotype de smartphone transparent de Polytron

Le proptotype de smartphone transparent de Polytron

  • Spacetop, le prototype d’ordinateur transparent de Jinha Lee (Microsoft & MIT), lui aussi dévoilé en début d’année (à découvrir ici ou ) :
Le Spacetop

L’interface 3D et transparente du Spacetop

  • Le prototype d’ordinateur transparent de Samsung avec écran AMOLED (voir en vidéo) :
L'ordinateur portable a écran transparent de Samsung

L’ordinateur portable à écran transparent de Samsung

Pour plus d’infos sur les technologies OLED et AMOLED, voir ici, ou .

Le prototype de télévision transparente de Haier

Le prototype de télévision transparente de Haier

  • Pour ne pas être en reste, Loewe également propose un prototype de télévision transparente :
Le prototype de télévision transparente de Loewe.

Le prototype de télévision transparente de Loewe.

  • Revenons aux smartphones avec le prototype à écran transparent de NTT Docomo et Fujitsu :
Le prototype de téléphone à écran transparent de Docomo et Fujitsu.

Le prototype de téléphone à écran transparent de NTT Docomo et Fujitsu.

  • Enfin, en version luxe et digne de James Bond, le prototype CTP002 d’Aston Martin et Mobiado :
Le prototype de smartphone transparent de luxe de Mobiado et Aston Martin.

Le prototype de smartphone transparent de luxe de Mobiado et Aston Martin.

Je vous laisse découvrir à votre guise toutes les innovations technologiques qui se cachent derrière ces projets…

 

Des appareils déjà mis en vente

Plus fort encore, au-delà des prototypes, certains appareils ont déjà été mis en vente :

  • Sony Ericsson a sorti le Xperia Pureness :
Le Sony-Ericsson Xperia Pureness.

Le Sony-Ericsson Xperia Pureness.

  • et Lenovo le S800 :
Le Lenovo S800, à écran transparent.

Le Lenovo S800, à écran transparent.

Si vous voulez découvrir plus de prototypes et produits à écran transparent, vous pouvez consulter mon board Pinterest dédié (différent de l’autre, qui était pour les concepts, vous vous rappelez ?)

 

Pourquoi un tel acharnement ?

Finalement, si de telles images et de tels projets fonctionnent si bien et si l’on s’acharne tant à vouloir les réaliser, c’est selon moi parce que la transparence apparaît comme un marqueur clé de l’ultra-modernité, une valeur du futurisme. C’est l’un des prochains grands défis à réaliser, un vieux rêve de l’humanité, l’une des frontières à abattre de la résistance de la matière à notre domination !!! Oui, oui, je sais, ça fait pompeux, mais c’est quand même bien de ça dont il est question !!

En passant en revue tous ces projets, je ne me prononce pas sur leur pertinence ergonomique ou leur faisabilité technique (j’y reviendrai sans doute dans un prochain article), je veux juste montrer que la transparence agit comme un signe fort de futurisme et d’ultra-modernité et devient donc un tropisme fort de notre imaginaire, un puissant levier de marketing et un vrai défi d’innovation technologique qui s’invite dans les représentations que l’on construit de ces objets (les « vues d’artistes » et illustrations marketing), nous incite à souhaiter et à imaginer de tels objets (les concepts de designers) et pousse les fabricants à tout faire pour les réaliser (les prototypes et produits).

Évidemment, avec un tel programme, vous imaginez bien qu’on ne va pas en rester là ! Rendez-vous donc très bientôt pour un prochain article sur le même sujet !

Moleskine & Evernote capturent le meilleur du digital et du papier

Quand un créateur de carnets de notes haut de gamme s’allie avec l’éditeur de l’une des applications de prise de notes les plus utilisées au monde, on pourrait penser qu’il s’agit là de l’alliance de la carpe et du lapin, de l’ancien et du nouveau monde, voire des pires ennemis sur terre. C’est pourtant bien ce que viennent de réaliser Moleskine & Evernote, en proposant il y a quelques semaines Evernote Smart Notebook.

De quoi s’agit-il ? D’un produit hybride, qui allie un carnet de notes, conçu spécialement pour l’occasion par Moleskine, à la nouvelle version de l’application mobile iOS d’Evernote. Le but de cette alliance est de pouvoir numériser les notes manuscrites du carnet en les photographiant avec l’application mobile d’Evernote (fonctionnalité Page Camera) pour les retrouver et les exploiter dans son application de prise de notes. Jusque là, rien de bien révolutionnaire, me direz-vous, on peut faire cela avec n’importe quel autre carnet de notes et appli de photo, voire avec des applications de scanner. A quelques détails près cependant…

Des Smart Stickers ludiques en lieu et place de QR Codes

Tout d’abord, le carnet Moleskine contient des pages à carreaux ou à lignes, dessinées spécialement pour pouvoir être traitées par le logiciel de capture d’images d’Evernote afin de faciliter leur exploitation ultérieure dans l’application.

Des pages à carreaux ou à lignes, dessinées spécialement pour l’application.

Ensuite, et c’est là où ça devient intéressant, le carnet propose des stickers de multiples formes et couleurs, à coller sur les pages avant de les photographier.

Les Smart Stickers : “Make your notebook digital”

Les Smart Stickers : “Make your notebook digital”

Ces stickers correspondent à des tags pré-déclarés dans l’application, de telle sorte que les photos sont ensuite catégorisées automatiquement, classées et retrouvables plus facilement. Un peu comme des QR Codes qui ne diraient pas leur nom. On peut même personnaliser et gérer manuellement la signification des stickers (plus d’explications ici).

Les Smart Stickers permettent de taguer automatiquement les notes digitalisées.

Les Smart Stickers permettent de taguer automatiquement les notes digitalisées.

Je ne sais pas quel avenir aura ce produit et s’il fera des émules, mais je le trouve plutôt malin a priori, assez ludique, et il me paraît même remarquable à plus d’un titre, ce que j’aimerais expliquer maintenant…

La digitalisation du réel est une réserve d’innovations

Tout d’abord, ce produit représente selon moi l’illustration parfaite de l’un des bénéfices clés des appareils mobiles, à savoir leur capacité unique à relier le digital au monde réel. Ça n’est pas nouveau, mais je veux souligner ce trait : via des technologies telles que la géolocalisation, la réalité augmentée, la NFC, les QR codes ou la reconnaissance de caractères… smartphones et tablettes nous permettent d’interagir de manière inédite avec notre environnement. Dans le contexte des activités de productivité (au travail ou à la maison), les bénéfices que l’ont peut tirer de cette “digitalisation du réel” sont immenses. Bien des acteurs ont déjà commencé, mais nous ne sommes encore certainement qu’au début de l’exploitation de ces technologies.

En tous cas, le produit d’Evernote et de Moleskine en est un jalon intéressant. Et terriblement inspirant ! D’autant plus, d’ailleurs, si ses utilisateurs se placent dans le contexte des usages collaboratifs d’Evernote tel que le permet le partage des notes et des documents. Une fois digitalisées et taguées, les notes manuscrites peuvent en effet commencer une nouvelle vie le long de la chaîne collaborative digitale qui saura les exploiter.

Quand je disais que nous ne sommes qu’au début de l’exploitation de ces technologies, Evernote et Moleskine nous en offrent d’ailleurs eux-mêmes l’illustration puisque l’une des évolutions que l’on peut attendre de ce produit est la reconnaissance des caractères manuscrits. L’enjeu qui se cache derrière est de rendre les notes catégorisables, recherchables et exploitables au même titre qu’un texte édité numériquement. Or justement, Evernote a acquis au printemps 2012 l’application iPad de prise de notes Penultimate, dont la technologie pourrait renforcer les efforts d’Evernote en matière de reconnaissance des caractères manuscrits. Evernote inscrit donc son développement dans la mise en œuvre d’innovations qui ont pour but de rendre les réserves d’informations analogiques ou digitales de notre environnement toujours plus exploitables pour notre productivité individuelle ou collaborative.

Le digital, levier de business pour les marques “analogiques”

Autre point qui m’interpelle : ce produit représente pour chacune des deux marques une stratégie de développement tout à fait intéressante, dans la mesure où elle mise justement sur les opportunités qu’offrent les technologies mobiles et ubiquitaires en termes de business. Ces technologies créent effectivement de nouveaux marchés qu’il est vraiment intéressant pour les marques d’étudier et d’attaquer, même pour des marques non digitales comme Moleskine.

Car, comme je le disais au début de ce texte, combien de marques, dans la situation de Moleskine, ne se seraient pas dit que le digital est tout sauf un allié potentiel ? La proposition de valeur de Moleskine ne repose-t-elle pas, en effet, sur une véritable expérience d’usage : celle de la manipulation du carnet avec ses feuilles de papier de qualité et celle de l’écriture manuscrite sur la page ? Une expérience qui est donc essentiellement matérielle, gestuelle, tactile, visuelle, graphique au plein sens du terme, en même temps que sociale (le produit est valorisant à posséder). Dans ce contexte, toute évolution vers le digital pourrait paraître une dénaturation de cette proposition de valeur, et donc se voir vouée à l’échec.

A ce titre, il me semble que la tentative de Moleskine de proposer par ailleurs une application iPad de prise de notes et de dessin (Moleskine Journal iPad App) ne rencontre pas le succès de ses carnets papier. Il faut dire qu’elle se heurte à des pures players qui n’ont pas derrière eux le background de la propositon de valeur initiale de Moleskine et qui proposent une expérience digitale pleinement assumée et souvent novatrice. Disons que sur ce marché, Moleskine court après les innovateurs et les leaders, et se heurte à une concurrence acharnée, que ce soit pour les applications de dessin ou de croquis sur tablettes avec par exemple SketchBook Pro, Adobe Ideas ou Omnisketch, ou pour les applications de prise de notes manuscrites, avec par exemple Paper, Notability, Note Taker HD, GoodNotes, Bamboo Paper, Noteshelf, ou encore, et ça n’est pas le moins cocasse, Penultimate justement, l’application rachetée par Evernote dont je parlais plus haut !

A l’opposé de cette stratégie difficile, celle d’un produit tel qu’Evernote Smart Notebook me paraît beaucoup plus intéressante pour Moleskine, au moins en termes d’image : elle respecte la proposition de valeur initiale de la marque, incarnée par l’objet-carnet, tout en étant pourtant plus inattendue, innovante et disruptive. Elle respecte d’ailleurs tellement bien cette proposition de valeur autour de la beauté et de la qualité de l’objet-carnet, que Moleskine en a profité pour créer à cette occasion une couverture unique à l’effigie d’Evernote !

Le carnet Evernote Smart Notebook

Le carnet Evernote Smart Notebook

Pour autant, le produit hybride reste innovant et disruptif, comme je l’ai dit, ce qui place Moleskine dans une posture avant-gardiste, en filiation avec les figures tutélaires de la création dont la marque se réclame : Van Gogh, Picasso, Hemingway…

Une expérience inédite à la jonction du digital et de l’analogique

Finalement, j’ai l’impression que cette stratégie a d’assez bonnes chances de séduire conjointement le public cible des deux marques, Evernote et Moleskine, qu’on imagine au demeurant assez semblable en termes de segmentation. Evernote a d’ailleurs communiqué lors du lancement du produit, sur le fait que 60% des propriétaires de carnets Moleskine utilisaient également des outils numériques de prise de notes. Car si j’ai parlé de Moleskine, la question de l’intérêt d’Evernote dans cette démarche se pose aussi. La réponse se trouve dans l’une des pages de son site :

“In Moleskine, we saw more than inspiration, we saw an opportunity to do something amazing together that fully embodied our Experience First thinking. Moleskine is the maker of beautifully designed notebooks and accessories that are the go-to choice for creative individuals of all types. While these notebooks are beloved for their quality and style, they suffer from an issue common to all physical notebooks…they’re physical. That’s where Evernote comes in.”

Il s’agit donc pour Evernote de créer également une expérience unique d’usage de ses produits.

Finalement, je ne sais pas comment a été conçu ce produit conjointement. Mais cette association gagnante de deux sociétés si différentes et si proches à la fois me fait penser à l’intérêt qu’ont aujourd’hui les entreprises à aller chercher chez des partenaires l’occasion d’innover et d’avancer, de se positionner sur de nouveaux marchés pour conquérir de nouveaux clients. Qu’il s’agisse de co-innovation, d’open-innovation ou encore de crowd-business, voilà bien là l’une des illustrations du mouvement de social business qui se dessine actuellement sous nos yeux.