Quand n’importe quelle surface devient une interface. Episode 1 : « L’environnement cliquable ».

Dans les films de prospective que certaines marques consacrent à l’avenir des interfaces, on est frappé de voir à quel point elles s’acharnent à vouloir rendre n’importe quelle surface interactive, c’est-à-dire à vouloir transformer n’importe quelle surface en interface, aussi bien d’affichage que de commande.

Dans le dernier article que j’ai consacré à ces films, j’insistais surtout sur les surfaces transparentes. J’ai ensuite consacré toute une série d’articles aux surfaces transparentes utilisées comme interfaces. Dans la série d’articles qu’inaugure ce billet, j’aimerai cette fois ci parler de toutes les surfaces, même opaques. Au-delà des surfaces transparentes, dont j’ai déjà montré le rôle central, il me semble en effet qu’un mouvement a été enclenché qui voudrait qu’à l’avenir n’importe quelle surface puisse être rendue interactive, et donc transformée en interface.

C’est ce que décrit très bien ce reportage, où sont interviewés Jean-Louis Fréchin et Joël de Rosnay :

Jean-Louis Fréchin y explique donc que nous assistons à “la disparition des écrans » au sens spécifique d’aujourd’hui dans la mesure où toute surface pourra être écran demain, c’est-à-dire une surface pouvant afficher de l’information. C’est ce que Joël de Rosnay appelle “l’environnement cliquable”, dont il précise qu’il n’est pas seulement une interface d’affichage, mais aussi, potentiellement, une interface de commande et un capteur de données, qu’il restitue ensuite. Pour Joël de Rosnay, “on va donc être fliqué en permanence dans cet environnement puisqu’il a des yeux et des oreilles”.

Plusieurs exemples existent de concepts ou de prototypes qui prolongent cette vision d’un environnement quasi intégralement “cliquable”.

C’est le cas de cet appartement, baptisé Openarch, qui propose à ses habitants un environnement digital immersif impressionnant :

Pour en savoir plus sur ce projet conçu par l’agence de design espagnole Think Big Factory, vous pouvez vous rendre sur le site web de l’agence ou lire cet article : Walls that really CAN talk (and tweet): The interactive ‘iPad house’ where every surface is a touchscreen.

C’est le cas également de ce concept d’hôtel, ITH Xperience Room, imaginé par l’agence (espagnole encore !) Serrano Brothers :

Celle-ci s’y est notamment appliquée à dresser l’inventaire de toutes les technologies et matériaux existants sur lesquels repose leur projet, pour bien montrer à quel point il n’est pas irréalisable mais ancré dans les technologies d’aujourd’hui.

Plus d’infos sur ce projet dans cet article d’Influencia : ITH Xperience Room : bienvenue dans l’hôtel du futur !

Évidemment, bien des questions se posent à la découverte d’un tel projet : est-ce bien pertinent ou utile ? utilisable ? psychologiquement supportable ? les choix de conception présentés sont-ils les bons ? etc.

Je ne rentrerai pas dans cette discussion aujourd’hui. Mais dans les prochains articles de cette série, à l’image de ces deux projets, je voudrai par contre essayer de lister de quelle manière n’importe quelle surface peut devenir une interface, que ce soit d’affichage ou de commande. Nous sommes donc ici au-delà des écrans au sens habituel, c’est-à-dire des supports dont la raison d’être est d’afficher des informations, nous allons étudier les surfaces qui ont une raison d’être initiale autre que l’affichage d’informations, mais que l’on transforme ainsi ensuite.

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Quand la transparence transforme les surfaces en interfaces

J’ai récemment consacré plusieurs articles à l’imaginaire de la transparence qui hante les concepteurs d’appareils digitaux. Dans ces articles, il a surtout été question de smartphones, d’ordinateurs, de télévisions ou de dispositifs immatériels tels que les hologrammes. D’une manière ou d’une autre, il était donc toujours question d’écrans ou d’interfaces, c’est-à-dire de dispositifs par lesquels nous manipulons des signes. Pourtant, le désir de transparence des matériaux existe dans la conception de bien d’autres “objets”, qui ne sont ni des écrans, ni des interfaces. Dans cet article, je voudrais en évoquer deux en particulier. Mais vous verrez que l’on va vite retrouver la question des interfaces… Chassez le naturel…

L’architecture transparente

Le premier domaine est l’architecture. J’en ai parlé dans l’article que j’ai consacré à Apple. La marque à la pomme s’est en effet spécialisée dans l’usage du verre et des matériaux transparents pour la construction aussi bien de ses façades, de ses vitrines ou de son aménagement intérieur (escaliers, balustrades, parois…).

Au-delà d’Apple, il existe une tradition ou un courant architectural qui s’évertue à créer une “architecture de la transparence”.

La pyramide du Louvre

La pyramide du Louvre, de Ieoh Ming Pei. L’Apple store se trouve juste en dessous…

Je ne suis pas spécialiste de ce sujet, mais je vous invite à lire cet article complet et passionnant sur cette question : Architectures de la transparence.

Au Japon, une maison totalement transparente a même été construite.

 

Vous y habiteriez ?

Bon, tout ça c’est très bien, mais on est là face à une transparence passive, celle d’un simple matériau : le verre.

Je trouve en réalité beaucoup plus fascinant et intéressant le bâtiment ci-dessous, construit dans les Dolomites, en Italie, par Martin Mutschlechner et Barbara Lanz de l’agence Stadtlabor, avec Wolfgang Meraner. Il s’agit d’une salle d’escalade dont les parois extérieures sont construites en aluminium percé de minuscules perforations. Ainsi, le bâtiment est opaque le jour, mais il réfléchit l’environnement. Et il est transparent la nuit quand l’éclairage intérieur est mis en place. L’intention des architectes derrière ce mécanisme est fascinante : le bâtiment rapproche les grimpeurs de la nature le jour en leur montrant une image réfléchie des montagnes environnantes, et la nuit venue, il rapproche les passants qui sont dehors avec les grimpeurs qui sont dedans (Plus d’infos dans cet article de Mashable).

 

On a donc ici beaucoup plus qu’une simple transparence de principe : c’est une transparence dynamique, qui permet une perception différente du bâtiment selon les circonstances. “La nature entre à l’intérieur du bâtiment” disent les architectes. Mais le regard des passants aussi, dévoilant ainsi une ancienne intimité. La surface du bâtiment devient presque une interface en réfléchissant une image ou en en laissant passer une autre. Elle laisse ainsi passer des informations pour les spectateurs, elle incite à l’interaction et au rêve.

Peut-être faut-il également ranger dans cette catégorie cette église transparente ?

L'église transparente construite par le studio d’architecte Gijs Van Vaerenbergh

L’église transparente construite par le studio d’architecte Gijs Van Vaerenbergh (plus d’images sur Fubiz)

Ce qui est intéressant par ailleurs, c’est que trop de transparence devient parfois un vrai problème, notamment sur les lieux de travail, et qu’à l’inverse certains designers et ingénieurs cherchent alors à recréer de l’opacité, notamment dans les openspaces, comme c’est le cas avec ce projet fascinant d’une paroi qui s’opacifie en fonction de l’activité intellectuelle de la personne pour faciliter sa concentration (lire cet article pour en savoir plus).

Photo-MIT1

La paroi qui s’opacifie. MIT. (source)

Le mécanisme de fonctionnement de la paroi qui s'opacifie.

Le mécanisme de fonctionnement de la paroi.

Pour l’anecdote, ce projet prend encore plus de valeur lorsque l’on découvre où il a été conçu, en l’occurrence dans les locaux du MIT, qui représentent à eux seuls, dans leur ancienne comme dans leur nouvelle version, un véritable manifeste de l’architecture de la collaboration… et d’une certaine manière de la transparence. Pour en savoir plus sur ces bâtiments fascinants, je vous invite à lire cet article : MIT Media Lab : Architecture as a living organism.

Une des salles du MIT.

Une des salles du MIT (source).

Les vêtements transparents

Après l’architecture : la mode et l’habillement.

Il y a quelques mois, les Studios Roosegaarde ont créé la sensation en présentant la robe Intimacy 2.0, qui devient transparente lorsque le désir sexuel de la personne qui le porte augmente !

Là aussi, comme avec la salle d’escalade, ce qui est intéressant c’est que la robe réagisse à des stimulis, que la transparence ne soit pas de fait mais dynamique, qu’elle soit le signe de quelque chose qui s’interprète, et qu’elle soit justement la réponse au désir de voir et de laisser voir, de susciter l’interaction.

Là aussi, la robe n’est donc plus seulement une surface, elle devient une interface d’affichage d’une information, en même temps qu’une action en réponse à cette information, une action qui suscite une autre interaction…

Des surfaces aux interfaces

En cherchant à rendre ces surfaces transparentes, leurs concepteurs ont donc fait beaucoup plus que transformer un matériau, ils ont transformé une fonction en la sémiotisant, en la transformant en interface.

Est-ce si étonnant que la transparence produise cet effet ? Peut-être pas la mesure où la transparence permet justement de voir à travers. De ce fait, elle révèle des choses. Elle permet au sens et à l’interprétation d’émerger. De ce fait également, elle devient une interface entre chaque côté de sa cloison.

Cela me fait penser à la scène d’introduction du film de prospective de Microsoft que j’ai déjà évoqué, où l’on voit deux enfants communiquer via un mur interactif qui donne l’impression qu’ils sont chacun de part et d’autre d’une vitre. Une belle image pour finir cet article.

Quand les murs interactifs donnent l'illusion d'être une vitre... interactive elle aussi.

Quand les murs interactifs donnent l’illusion d’être une vitre… interactive elle aussi.

 

Les interfaces de l’entreprise digitale

Dans deux précédents articles (ici et ), j’ai évoqué ce qui constituait pour moi les 4 dimensions clés de l’entreprise 2.0, à savoir :

  • le socle technologies+devices
  • les services que les technologies+devices permettent de construire
  • les usages que les services permettent
  • le management qui fixe le cadre de l’usage des services et technologies+devices

 
Ces dimensions sont celles à prendre en considération si l’on veut conduire à bien une transformation 2.0 de l’entreprise, ce qu’on appelle aussi tantôt la transformation digitale de l’entreprise, tantôt le Social Business Design de l’entreprise. Bref, ces 4 dimensions doivent constituer les streams de votre projet de transformation.

Dans ce contexte, quelles actions doivent être menées pour conduire cette transformation ? Sur ce plan, je serai classique en proposant une organisation des actions selon les quatre grandes étapes clés que sont : la stratégie > la conception > la réalisation > l’animation-accompagnement.
 
J’aurai l’occasion de revenir en détail prochainement sur chacune de ces étapes. Mais dans cet article, je voudrai souligner ce qui est selon moi un facteur clé de succès de cette approche globale, à savoir : le besoin de penser chacun de ces niveaux en termes de design consistant à produire, finalement ou à titre de moyen, une ou plusieurs interfaces utilisateurs.

Je crois effectivement que chacun de ces 4 leviers a besoin d’interfaces utilisateurs pour produire ses effets sur les individus et au niveau de l’entreprise.

L’interface des services et applications

Pour certains leviers, l’interface utilisateur paraît assez évidente dans la mesure où ces leviers sont par nature visuels et préhensibles physiquement. C’est par exemple le cas avec les services ou applications. C’est d’ailleurs justement à eux que j’emprunte cette notion d’interface utilisateur. Il s’agit en fait d’une dimension constitutive des services digitaux : la fameuse interface homme-machine (IHM), ou encore interface digitale. Sans elle, pas de service utilisable, donc pas d’usage !

L’interface des technologies & appareils

Pour la couche des technologies & appareils, si ces derniers (les appreils) sont en eux-mêmes une interface évidente (ordinateurs, écrans, smartphones, câbles…), c’est déjà moins évident avec les technologies. Vous me direz qu’il n’y a rien de plus matériel qu’un serveur, des câbles, un routeur Wi-Fi, etc. Certes, mais il existe aussi toute une part de technologie complètement immatérielle, et non des moindres, à savoir le code, les programmes, l’architecture et l’urbanisation du système d’information, etc. Et bien, c’est là où je pense qu’il faut travailler à matérialiser, à rendre visuelle et perceptible cette part de ce levier.

Là encore, vous allez me dire : quel est l’intérêt de rendre visuel et perceptible ce levier ? Est-ce que ça ne doit pas au contraire être le plus caché possible pour l’utilisateur ? Sans doute, certes, au sens où l’utilisateur doit être déchargé au maximum des manipulations et des contraintes techniques qui peuvent peser sur les services qu’il utilise. Mais pour autant, il me paraît particulièrement important de l’aider à comprendre pourquoi telle ou telle contrainte IT subsiste, et si elle sera levée ou pas, et quand, et comment faire en attendant, etc. Bref, même en matière d’IT d’entreprise, il me paraît particulièrement utile et important d’être pédagogique et de pratiquer une communication ouverte et de confiance avec les utilisateurs, plutôt qu’une communication de la chappe de plomb ou de la boîte noire. Nous verrons tout à l’heure comment cela peut se matérialiser.

Les deux autres leviers que sont les usages et le management sont sans doute ceux pour lesquels la notion d’interface paraît la moins évidente, la plus exotique. Quelle peut être l’interface du management ? ou l’interface des usages ?

L’interface du management

Et bien, selon moi, il est très utile et important de matérialiser au maximum les décisions prises par le management et la Direction de l’entreprise, les impulsions qu’il souhaite communiquer, la stratégie que l’entreprise poursuit, l’organisation qui est mise en place, etc. Plusieurs types de documents peuvent remplir cette fonction : chartes, messages clés, codes de bonnes conduites, organigramme, règlement intérieur, entretiens annuels, contrat de travail, fiche de poste, etc. Et de nombreux canaux peuvent être utilisés pour les diffuser : événements internes, affiches, écrans muraux, intranet, etc. Certains de ces canaux sont justement des services, au sens de l’un des 4 leviers dont je parle ici. Sur ce plan, je suis particulièrement en phase avec cet article de Cecil Dijoux sur le management visuel ou encore avec Dave Gray, promoteur du visual thinking, des culture maps et des pratiques consistant à créer des interfaces de management. A ce sujet, je vous invite à regarder cette présentation éclairante qu’il a faite sur ce thème lors de Lift2013.

L’interface du management c’est aussi l’interface des données de gestion de l’entreprise. Sur ce point, encore faut-il que l’entreprise ait pris la décision de communiquer ou de rendre accessibles ces données. C’est en tout cas ce que fait la société Techné depuis plusieurs années. Son exemple me paraît particulièrement intéressant et inspirant. Ensuite, se pose la question (non détaillée dans l’article ci-dessus pour le cas de Techné) de la manière dont ces données sont communiquées. Personnellement, je suis un fervent partisan des solutions de dashboard et de datavisualisation telles que Panic Status Dashboard, Geckoboard, Cyfe ou Leftronic, qui selon moi rendent la BI accessible à tout un chacun dans l’entreprise. La plupart d’entre elles permettent notamment l’affichage aussi bien sur desktop que sur mobile ou encore sur affichage digital mural, dont je suis un grand fan !

La solution "Status Dashboard" de Panic permet un affichage mural élégant et efficace de toutes sortes de données de gestion de l'entreprise.

La solution « Status Dashboard » de Panic permet un affichage mural élégant et efficace de toutes sortes de données de gestion de l’entreprise.

L’interface des usages

Parfait. Et pour les usages ? Et bien, c’est la même chose : il faut essayer au maximum de les rendre visuels, voire matériels, à travers trois axes en particulier :

  • Utiliser des usages et des pratiques “visuels” : les pratiques agiles en sont un bon exemple.
  • Créer des documents visuels qui expliquent et influencent les usages (c’est à dire qui incitent aux bons usages et dissuadent des autres) : au-delà des classiques supports de formation et des chartes, je pense qu’il y a matière à innover en utilisant des infographies, dont on voit le succès sur le web, en mettant sous forme illustrée des mantras, comme l’a récemment rappelé Oscar Berg, ou encore en mettant en oeuvre des mécanismes et des interfaces de gamification.
  • Proposer des dispositifs qui montrent les données mesurées des usages : cela consiste souvent à mixer l’analytique avec des solutions de dashboard ou de datavisualisation comme celles que nous avons vues ci-dessus. Récemment, je suis tombé sur cette application de datavisualisation créée par Sennep pour l’intranet de Kantar, dont je connais très peu de choses mais qui paraît correspondre exactement à ce que je décris ici.

Et l’interface des individus ?

Dans ma grille à 4 niveaux, les individus ne sont pas représentés. Pourtant, ils constituent évidemment la clé de voûte de toute la pyramide. J’ai déjà abordé à plusieurs reprises la question de l’interface visuelle des individus à mettre en oeuvre notamment dans un intranet ou un réseau social via des annuaires très visuels. J’ajouterai juste aujourd’hui à cet article précédent l’exemple récent de Jostle, qui propose une mosaïque de portraits qui me plaît beaucoup.

L'annuaire très visuel de Jostle.

L’annuaire très visuel de Jostle.

Finalement, pour résumer, je pense que chaque levier gagne à être envisagé comme un matériau à “designer” de manière visuelle et la plus matérielle possible en vue d’un usage par l’utilisateur. Par qui ce travail doit-il être fait ? Par des designers justement, des concepteurs.

Des designers pour chacune de ces interfaces

Les designers des services sont tout trouvés : ce sont les designers digitaux (consultants, ergonomes, UX designers, creative designers…). Leur métier consiste justement à penser en fonction des utilisateurs finaux, donc en termes d’interface.

Les designers des appareils existent également, nul besoin de les réinventer. Eux aussi pensent éminemment de manière user centric, donc en terme d’interface.

Côté technologie, les intervenants existent également : développeurs, architectes, urbanistes, administrateurs… Mais la différence principale vient du fait que leur travail n’a pas nécessairement été pensé jusqu’à présent comme destiné à être utilisé, communiqué, vu, perçu, compris par les utilisateurs finaux. Je pense que cela doit évoluer et que l’ensemble de ces acteurs doit chercher à communiquer leur travail aux utilisateurs finaux, qui ne sont pas seulement utilisateurs d’un service ou d’un appareil, mais aussi d’une technologie. Il est donc utile selon moi qu’ils se fassent aider pour cela par des designers professionnels, qu’il s’agisse de designers digitaux ou non.

C’est la même chose avec le management. Les managers existent évidemment, mais conçoivent-ils leur travail comme celui d’un designer ? Pensent-ils toujours qu’une décision qui a été prise, qu’une stratégie, qu’une culture d’entreprise, doit s’incarner visuellement pour être perçue, comprise, appropriée et produire ses effets ? En partie, c’est certain, et de plus en plus. Mais il me semble qu’il existe encore une marge de progression énorme. Et de ce point de vue, ils peuvent se faire aider par des gens comme Dave Gray, cité ci-dessus, et sa pratique du design d’information au service de l’entreprise.

Le champ le plus vierge aujourd’hui reste selon moi celui des usages. En partie parce qu’il s’agit déjà en lui-même d’un champ nouveau dans les entreprises. Qui se préoccupe en effet des usages ? Certes, il existe parfois des process, qui peuvent même être très contraignants. Mais ils représentent justement une vision très mécanique, voire “castratrice” des usages. Il y a aussi la formation. Mais le cadre trop formel dans lequel elle est encore aujourd’hui trop souvent dispensée ne correspond plus à la mutation des usages de travail d’aujourd’hui. Tout reste donc à inventer dans le registre du design des usages en entreprise, et les rôles dédiés à cela n’existent pas encore. J’aurai l’occasion d’y revenir…