Ces lunettes qui nous font porter un nouveau regard sur le monde… (2/3)

Episode 2 : Les lunettes de réalité augmentée : les capacités

A la différence des lunettes 3D, les lunettes de réalité augmentée sont totalement autonomes de tout écran ou image spéciales. Au contraire, elles ont pour principe de fonctionner sur fond d’image réelle, de ce que l’on voit réellement et naturellement, sans la réalité augmentée, sur fond justement de réalité. Par contre, elles consistent à appliquer sur cette réalité une couche additionnelle d’informations pour en faire une réalité augmentée. Différentes technologies existent pour permettre à l’utilisateur de voir ces informations (images projetées sur la rétine, images projetées sur un verre, prisme, etc.). Peu importe pour notre propos.

Ce qui est intéressant par contre, c’est qu’en les portant, non seulement elles nous permettent de voir une réalité augmentée, mais elles nous transforment également en homme augmenté. L’usage premier de ces lunettes est en effet de doter leur porteur de capacités qu’il n’a pas sans elles. Cela peut se traduire de plusieurs manières :

  • aider les déficients (alzheimer, handicapés, etc.) en palliant leur déficience par une augmentation d’information.
  • aider certains métiers à avoir plus de capacités (automobile, médecine, techniciens…) pour augmenter leur performance professionnelle.
  • aider chacun d’entre nous dans ses activités quotidiennes pour lui fournir des informations utiles en contexte et en mode mains-libres.
  • plonger des individus dans un jeu ou une fiction qui se joue “in situ”.
  • etc.

Dans tous les cas, le principe de ces lunettes, c’est qu’on puisse les porter librement, en tout lieu et à tout moment, dehors notamment. On peut ainsi se retrouver avec ses lunettes dans la rue, parmi une multitude d’autres gens sans lunettes. Cette situation n’est pas sans poser problème : “Je vois que tu me vois différemment, je ne sais pas ce que tu fais, tu me filmes ? ça me gène, je me sens agressé, non respecté, utilisé, etc.” D’où les quelques cas de violence qui se sont produit à l’encontre de porteurs de telles lunettes :

Cette situation montre aussi qu’à la différence des lunettes 3D, que tout le monde porte en même temps, au même endroit, pour voir la même chose, et qui font donc communauté, les lunettes de réalité augmentée font rarement communauté. Elles ont même plutôt tendance à faire scission entre les individus, à les opposer, à les démarquer. Devant mon voisin qui porte ces lunettes, je me demande ce qu’il voit, je suis soit curieux, soit jaloux (impatient de les lui prendre), soit indifférent, voire même, comme on vient de le voir ci-dessus : je suis agressif. Et si je me promène en couple ou en famille, quel sens cela a-t-il que chacun ait sa paire de lunettes si c’est pour que chacun voit des choses différentes et se distraie des autres ? Il suffit ou il est préférable qu’une seule personne porte les lunettes.

Les lunettes de réalité augmentée appellent donc une motivation forte de leur usage, et qui soit comprise par autrui, soit à travers le jeu, une tâche professionnelle bien précise et en cours, ou alors pour palier un handicap.

Une illustration avec ce prototype de casque pour les professionnels du bâtiment :

 

De manière plus drôle que les exemples d’agression, on peut aussi noter que la fonction des lunettes d’augmenter les capacités de ceux qui les portent a évidemment été tournée en dérision avec des parodies qui prennent le contre-pied de cette augmentation pour montrer à l’inverse des individus diminués, qui ratent ce qu’ils entreprennent et à qui il arrive de multiples déboires :

ou

 

Il y a aussi les parodies qui jouent justement sur le décalage (dont j’ai parlé plus haut) qui peut exister entre celui qui utilise les lunettes et celui qui est en face de lui, par exemple, lors d’un entretien d’embauche quel que peut… dévoyé :

 

ou un premier rendez-vous galant :

 

D’autres parodies ici, ici ou .

Vers une multiplication des écrans numériques dans l’automobile

Je lisais récemment un article très intéressant (comme toujours) de Frédéric Cavazza intitulé De l’évolution des tableaux de bord des voitures. En lisant cet article, je me suis dit qu’au-delà du tableau de bord, qui est effectivement l’interface classique d’affichage des informations dans une voiture, on constate aujourd’hui une multiplication des écrans dans les véhicules, à l’instar de ce que l’on constate dans tous les autres “lieux” de notre vie quotidienne. Voici ceux auxquels je pense…

1. Le tableau de bord

Comme je viens de le dire, le tableau de bord est le dispositif d’affichage “classique” des informations nécessaires à la conduite. C’est ce que montre bien cette vieille publicité pour les instruments de bord Jaeger, l’une des marques de référence en la matière :

Publicité pour les instruments de bord Jaeger

Publicité pour les instruments de bord Jaeger

Historiquement, et c’est le cas dans la publicité ci-dessus, le tableau de bord est analogique. Mais l’article de Frédéric montre qu’on est en train de passer en ce moment des tableaux de bord analogiques aux tableaux de bord numériques.

Un tableau de bord actuel, majoritairement analogique, mais avec un écran digital pour quelques informations au milieu.

Un tableau de bord récent, majoritairement analogique, mais avec un écran digital pour quelques informations au milieu.

Le “Virtual cockpit” de la future Audi TT est totalement digital, mais curieusement, il singe l’apparence des instruments analogiques avec ses deux jauges latérales ! (source :

Le “Virtual cockpit” de la future Audi TT est totalement digital, mais curieusement, il singe l’apparence des instruments analogiques avec ses deux jauges latérales ! (source)

Cette numérisation progressive du tableau de bord a évidemment beaucoup d’implications, notamment en termes d’ergonomie. J’essaierai d’aborder ces questions dans de prochains articles.

Je voudrais me contenter ici de préciser quelques caractéristiques clés du tableau de bord en tant que dispositif d’affichage d’informations :

  • C’est un dispositif interne au véhicule
  • Il comporte les fonctions de base de l’information nécessaire au conducteur.
  • Il est indispensable, nécessaire (on ne peut pas s’en passer).
  • Il est fixe dans le véhicule.
  • Il a été analogique pendant longtemps avant de devenir digital.
  • Sous sa forme analogique, il est plutôt perçu comme composite, c’est-à-dire composé de plusieurs écrans et voyants, tandis que sous sa forme digitale, il peut sembler composer d’un écran unique.
  • Jusqu’à très récemment et encore souvent aujourd’hui, il n’est pas connecté.
  • Il est le plus souvent face au conducteur ou légèrement décalé jusqu’à être parfois au milieu du véhicule.

2. La console centrale

Autre partie de l’habitacle qui se transforme progressivement en écran digital : la console centrale. Historiquement, c’est l’autoradio qui a montré les premiers écrans digitaux à cet endroit.

Un autoradio avec écran digital

Un autoradio avec écran digital

Puis sont apparus les systèmes multimédia embarqués, qui ont souvent été dotés nativement d’un écran digital.

Système multimédia embarqué Blackberry QNX

Système multimédia embarqué Blackberry QNX

Demain, nous verrons apparaître les consoles centrales 100% digitales, comme c’est déjà le cas sur la Tesla Model S, également évoquée par Fred Cavazza dans son article :

La console centrale 100% digitale de la Tesla Model S

La console centrale 100% digitale de la Tesla Model S

Comme pour le tableau de bord, essayons de lister les caractéristiques clés des écrans de la console centrale :

  • Ils sont internes au véhicule
  • Ils concernent des services complémentaires ou de confort (on peut s’en passer pour conduire).
  • Ils sont généralement fixes dans le véhicule (parfois mobile – détachable).
  • Comme son nom l’indique, la position de la console est centrale dans le véhicule.
  • 1ère apparition d’un écran digital : celui de l’autoradio
    • Mono-fonction (globalement)
    • Initialement non connecté
    • A été analogique avant de devenir digital.
    • Écran unique
  • Aujouord’hui : l’écran du dispositif multimédia
    • Multi-fonctions : radio, navigation, applications diverses…
    • Nativement connecté
    • Dès le début digital
    • Écran unique

3. Système de navigation externe

Avant que les systèmes multimédia embarqués ne se développent, étaient apparus dans les véhicules les systèmes de navigation externes (navigateurs GPS), souvent fixés au tableau de bord ou au pare-brise via un support dédié.

Un navigateur GPS

Un navigateur GPS

Si on se prête pour cet écran au même exercice descriptif que pour les précédents dispositifs, cela donne :

  • Externe au véhicule (au sens où il est apporté par le conducteur)
  • Services complémentaires ou de confort
  • Mono-fonction : navigation
  • Par définition connecté au signal GPS. Mais initialement non connecté à internet. Différents types de connection ont cependant vu le jour : par les ondes FM pour le protocole RDS/TMC (Traffic Message Channel), par internet via carte sim pour certains, connection par Bluetooth à un téléphone mobile pour d’autres…
  • Nativement digital
  • Écran unique
  • Mobile, mais le plus souvent fixé par un support sur le tableau de bord ou le pare-brise, souvent en position centrale.

4. Smartphone ou tablette

Arrivés après les navigateurs GPS dédiés (voir § 3 ci-dessus), les smartphones se sont cependant vite imposés dans les véhicules en raison de leur connection native et des multiples fonctionnalités qu’ils peuvent abriter dans leurs applications : téléphone, navigation, musique, radio, points d’intérêts, etc.

Un smartphone fixé sur la console centrale via un support.

Un smartphone fixé sur la console centrale via un support.

Si les smartphones on trouvé facilement leur place dans les voitures, on voit moins souvent des tablettes. Certains fabricants imaginent cependant des accessoires dédiés pour faciliter leur usage par le conducteur ou le passager :

Ce support pour tablette se fixe sur le porte gobelet !

Ce support pour tablette se fixe sur le porte gobelet !

Analysons ce type d’écran :

  • Externe au véhicule (apporté par le conducteur)
  • Services complémentaires ou de confort
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Écran unique
  • Mobile, parfois fixé par un support sur le tableau de bord ou le pare-brise, souvent en position centrale.

Les quatre premiers types d’écrans que nous venons de voir sont des dispositifs assez répandus, que vous avez tous certainement rencontrés un jour au l’autre. A partir du prochain, nous entrons dans la catégorie des dispositifs plus novateurs, mais que vous rencontrerez sans doute très prochainement.

5. Affichage tête-haute

L’affichage tête-haute est une vieille lubie des designers et des fabricants automobile, sans parler des conducteurs… S’il est déjà utilisé dans l’aviation, il n’en est cependant qu’à ses débuts dans l’automobile, sans doute pour des raisons d’ergonomie difficiles à régler pour maintenir un niveau de sécurité maximum dans l’usage. Mais il y a fort à parier qu’il va se développer tant il existe aujourd’hui de projets et de technologies variées qui tentent de proposer le meilleur dispositif pour cela. C’est d’ailleurs également le dispositif le plus versatile dans son contenu, ses fonctionnalités et ses usages.

Dispositif tête-haute de BMW

Dispositif tête-haute de BMW

Voici comment on peut analyser ce type d’affichage d’information :

  • Interne ou externe au véhicule
  • Services de base ou de confort
  • Mono ou multi-fonctions
  • Connecté ou non
  • Nativement digital
  • Écran intégré à l’environnement : “flottant” en transparence devant la vue de la route, d’où les questions d’ergonomie difficiles.
  • Fixe ou déplaçable sur l’écran
  • Dispositif encore peu commercialisé

6. Lunettes connectées

Certains ont évidemment imaginé que les lunettes connectées, et notamment les Google Glass, les plus connues, pouvaient être utilisées dans un véhicule pour apporter de l’information au conducteur. Nul besoin de préciser que là aussi la question de l’ergonomie est cruciale pour la préservation de la sécurité. C’est le type même de dispositif qui fait débat sur ce point.

Les Google Glass en voiture

Les Google Glass en voiture

Analyse du dispositif :

  • Externe au véhicule
  • Services de confort ou de base
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Écran intégré à l’environnement  : “flottant” en transparence devant la vue de la route, d’où les questions d’ergonomie difficiles.
  • Fixe sur l’utilisateur, mais mobile dans le véhicule
  • Dispositif encore peu commercialisé

7. Montre connectée

L’avènement des appareils mettables (wearables devices) aura certainement un impact sur la conduite. Si on se contente d’aborder la question des écrans, comme je le fais dans cet article, on peut évoquer les montres connectées. L’exemple de la montre de Nissan, la Nismo Watch, est très intéressant : voilà un appareil destiné à être porté en permanence sur soi, mais conçu cependant par un constructeur automobile pour afficher non seulement les informations classiques d’une montre, mais aussi tout un ensemble d’informations en provenance du véhicule ainsi que de capteurs biométriques (ex : le rythme cardiaque ou la température du conducteur). L’idée très innovante de Nissan est de réunir ces deux types d’informations pour rendre la conduite plus sûre. Résultat : un écran de plus dans le véhicule !

La montre connectée de Nissan.

La montre connectée de Nissan.

Analyse du dispositif :

  • Externe au véhicule
  • Services de confort (et éventuellement de base)
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Fixe sur l’utilisateur, mais mobile dans le véhicule

8. Pare-brise écran

Avec ce type d’écran, on entre encore plus dans le prospectif et on s’écarte par ailleurs de la conduite. Mais je le signale quand même car il me paraît symptomatique de la multiplication des écrans dans le véhicule. Il ne s’agit pas d’un dispositif tête-haute mais de rendre le pare-brise momentanément opaque pour le transformer en écran d’ordinateur pour travailler ou se distraire dans sa voiture le temps d’une pause ! Cette innovation est proposée par PSA dans le cadre de son concept Chrysalide. Voici une vidéo explicite :

Cette vidéo est également intéressante en ce qu’elle montre la complémentarité des écrans et devices : le smartphone ou l’ordinateur posés sur le siège passager envoient une info push sur l’écran du système multimédia que peut voir le conducteur; celui-ci s’arrête, décroche l’écran du système multimédia qui devient une tablette; il déclenche l’affichage du fichier sur le pare-brise qui devient un device d’affichage grand format; pendant ce temps la tablette est utilisée comme device de commande tactile. Bel exemple de la complémentarité des écrans !

Analyse du dispositif :

  • Interne au véhicule
  • Services de confort
  • Multi-fonctions
  • Nativement connecté
  • Nativement digital
  • Fixe
  • Au stade de concept aujourd’hui

9. Des écrans pour les passagers

Je ne l’ai pas précisé au début de l’article mais mon idée était de me focaliser sur les écrans utilisés par le conducteur. Il existe cependant bien-sûr beaucoup d’autres écrans possibles dans les véhicules si l’on veut bien compter ceux destinés aux passagers. On peut re-citer les smartphones et tablettes. On peut aussi ajouter les écrans vidéos qui s’installent derrière les appuis-têtes pour les passagers arrière. Et on pourrait aussi citer ces prototypes innovants de vitres interactives dont j’ai déjà parlé dans cet article.

Mais encore une fois ils ne me paraissent pas à considérer de la même manière dans la mesure où ils ne s’adressent pas au conducteur.

Dans de prochains articles, j’évoquerai un certain nombre de questions posées par ces écrans, notamment  :

  • l’ergonomie de ces écrans pour garantir la sécurité de la conduite
  • les interfaces de commande vocales ou gestuelles
  • les interactions automatiques via des capteurs

Marques de luxe : dans le secret des ateliers et les coulisses des défilés (Visites privées au temps du digital : épisode 3).

Après avoir parlé de Google et de Facebook, je vais changer radicalement de secteur pour parler… des marques de luxe ! Comment se dévoilent-elles en image alors qu’une partie de leur aura tient à leur secret ?

Dans un article très intéressant publié en décembre 2012 et intitulé Les marques de Luxe et la présence du passé, Jean-Michel Bertrand explique que la référence au passé des marques de luxe est une manière pour elles de se distinguer comme “hors du commun” et donc d’affirmer leur caractère luxueux :

“Une forme de distance ou d’écart est consubstantielle à la notion de luxe, de telle sorte que sa disparition mettrait en péril la notion elle-même (…) Cette différenciation est la résultante d’un processus de « sacralisation », c’est-à-dire dans un premier temps, comme l’indique l’étymologie latine du mot « sacer », de « séparation » ou de mise à l’écart. (…) Pour nombre de marques, notamment françaises, la référence au passé est l’un des paramètres permettant de créer prestige et distance.” Et plus loin il précise : “Si la référence au passé et à un patrimoine que l’on peut recycler sous forme de capital constitue le sol sur lequel se construisent les identités de bien des marques, ce n’est nullement par « ringardise », passéisme ou manque d’imagination et de « contemporanéité. » Le passé est d’abord ce par quoi nombre d’entre elles se donnent et se voient reconnaître une noblesse, un prestige tout en affirmant une compétence d’origine et donc une légitimité indiscutable.”

Ainsi, le storytelling des maisons de luxe puise-t-il sans cesse dans le passé pour faire émerger les marques de “sacralisation” et une “compétence d’origine”. C’est en grande partie l’axe qui sous-tend la manière dont les marques de luxe dévoilent en vidéo ou en photo leur savoir-faire et les lieux de ce savoir-faire. La plupart d’entre elles aiment effectivement montrer les ateliers où sont fabriqués les produits, surtout s’il s’agit d’ateliers anciens, au charme sans pareil, où se perpétuent des “gestes ancestraux” qui marquent toute la noblesse de ce savoir-faire. Et même au temps du digital, la démarche persiste… tout en empruntant les nouveaux canaux numériques.

Il y a deux ans, en septembre 2011, le blog Web & Luxe avait rédigé un article qui faisait un remarquable tour d’horizon du sujet. Intitulé Quand les marques de luxe veulent faire savoir leur savoir faire, il expliquait le phénomène et passait en revue un certain nombre d’initiatives.

En les parcourant, on peut distinguer plusieurs stratégies des marques pour valoriser leur savoir-faire et les lieux de ces savoir-faire :

Si l’on regarde ce que les marques dévoilent et valorisent :

  • certaines dévoilent et valorisent le travail des artisans dans la confection des produits
  • d’autres dévoilent le travail des créateurs
  • d’autres encore dévoilent le travail des artisans ou des créateurs qui interviennent sur les lieux prestigieux de la marque, comme le fait Burberry avec la restauration de son Flagship, au 121, Regent Street, à Londres
  • certaines marques de haute-couture nous emmènent dans les coulisses de leurs défilés
  • etc.

Si l’on regarde de quelle manière elles le font :

  • certaines proposent des reportages photos ou des contenus vidéos sur leur(s) plateforme(s) éditoriale(s), sociale(s) ou institutionnelle(s), voire sur un mini-site dédié, comme le très beau site dédié au film “Les mains d’Hermès”.
  • d’autres organisent des événements de type “portes ouvertes” ou “visites d’ateliers”, selon leur propre calendrier ou à l’occasion d’événements tel que les Journées du patrimoine. C’est ce que fait le Groupe Louis Vuitton avec Les journées particulières.
  • d’autres encore mettent cette approche au coeur d’une campagne publicitaire…
  • etc.

Passons en revue quelques exemples…

Commençons avec la maison d’orfèvrerie Christofle, qui propose sur sa chaîne Youtube plusieurs films témoignant du savoir-faire de ses artisans.

Une version courte de cette vidéo est également accessible sur le site web de la marque.

Pour en savoir plus sur la stratégie digitale de Christofle, on peut consulter cet article de Web & luxe : Christofle s’invite à la table du digital.

Hermès possède également sa chaîne Youtube, dans laquelle on trouve des vidéos montrant le travail d’une couturière sur un carré, celui d’un sellier ou encore celui d’un gantier. Ces vidéos prises en plongée me rappellent le travail photographique de Lucie & Simon sur la maison Hermès, que j’ai déjà évoqué dans cet article et qu’on retrouve ici ou encore sur la page Pinterest de la marque. Mais Hermès a également fait réaliser un film remarquable de 46 mn intitulé “Les mains d’Hermès”, qu’il présente dans un mini-site dédié comme dans un écrin digital.

La marque anglaise Burberry a évidemment elle aussi sa chaîne Youtube. Mais à la différence des autres marques, on n’y trouve pas de vidéo sur le travail des artisans sur les “produits” de la marque. On y trouve par contre, comme je l’ai dit plus haut, une vidéo qui retrace le travail des artisans qui ont contribué à la restauration de leur Flagship, au 121, Regent Street, à Londres :

Le blog Chanel News est l’occasion pour la marque de haute-couture de dévoiler les coulisses de sa maison. La rubrique Savoir-faire rassemble des vidéos sur le travail dans les ateliers. La rubrique Making of dévoile en vidéos, photos et articles les coulisses des défilés, des séances de prises de vue ou le tournage des campagnes de publicité. Et le blog possède encore bien d’autres rubriques pour découvrir plus avant les coulisses de la marque.

Gucci de son côté, communique en vidéo sur son site internet pour montrer la fabrication d’un mocassin ou d’un sac.

L’horloger Jaeger-Lecoultre propose une chaîne YouTube élaborée qui comporte une page Our crafts avec plusieurs vidéos. Il dispose également d’un compte sur Pinterest dans lequel il propose plusieurs tableaux intitulés Métiers rares et qui comportent photos et vidéos. Il dispose même d’un compte Instagram qui présente lui aussi photos et vidéos. Enfin le site internet de la marque comporte une rubrique également dédiée aux métiers de fabrication des montres.

On pourrait ainsi poursuivre très longtemps cet inventaire. Si vous le souhaitez, vous trouverez de nombreux autres exemples dans l’article de Web & luxe cité plus haut ainsi que dans de multiples autres articles du même blog.

Mais si tous ces exemples représentent la référence au passé, les marques de luxe se dévoilent aussi, à l’opposé, dans une extrême contemporanéité à laquelle le digital contribue fortement. C’est ce que précisait également Jean-Michel Bertrand dans l’article cité au début de ce billet :

“La référence au passé n’exclut nullement, par ailleurs, que les marques selon leur « ADN » (c’est-à-dire, en réalité, leur identité et leur programme) puissent subtilement jouer entre distance et proximité, aura et glamour, tout en introduisant dans leur communication, grâce notamment à internet, une dose plus ou moins prononcée de culture jeune ou branchée.”

Dans le dévoilement de soi des marques de luxe, il y a donc un mouvement de balancier entre la référence au passé et l’extrême contemporanéité représentée notamment par le digital. J’en veux pour preuve les quelques exemples suivants.

C’est le cas de la marque Oscar de la Renta qui se dévoile sur les médias sociaux via sa responsable de la communication, Ericka Bearman, qui raconte ses déambulations dans les ateliers et dans tous les événements de la marque sur son compte Twitter @OscarPRGirl (près de 250 000 followers), son blog Tumblr, sa page Pinterest (>70 000 abonnés), son compte Instagram (>230 000 followers) ou sa page Facebook (> 630 000 fans). Sur tous ces canaux, Ericka Bearman parle d’ailleurs autant d’elle à titre personnel que de la marque. C’est là un positionnement tout à fait original qu’elle assume complètement :

« Les réseaux sociaux, c’est pas sérieux. Ça doit être fun, c’est ce qu’on aime dans le monde de la mode. Et puis, les gens ont envie de parler avec une personne, pas avec une marque. Aujourd’hui, les gens connaissent la musique que j’aime, le type de yoga que je pratique. Tout ça donne davantage de personnalité à la marque, de choses auxquelles les gens peuvent s’identifier. » (source)

Elle s’est également fait remarqué par son usage des micro-vidéos, que ce soit Vine, Instagram ou Viddy qui lui permettent de montrer l’envers du décor. Voir par exemple la micro-vidéo Vine ci-dessous, publiée quelques jours avant la Fashion Week de New-York, en février 2013 :

Autre exemple avec la créatrice Diane Von Furstenberg, et son usage des Google Glass lors de la Fashion week de septembre 2012 à New York. Elle a porté les lunettes et les a fait porter par ses mannequins afin de réaliser le film ci-dessous qui dévoile les coulisses de la préparation du défilé :

Au-delà des marques de luxe, le monde de la mode dans son ensemble s’est d’ailleurs lancé dans une course aux innovations technologiques à l’occasion de chaque Fashion Week. Dans ce registre, Burberry (pour le luxe) et Topshop (pour le prêt-à-porter) sont sans doute les marques les plus actives et les plus innovantes.

La première s’illustre notamment à travers la retransmission en live-streaming de ses défilés et de leurs coulisses, ou encore la diffusion de photos via Twitter quelques minutes avant le défilé.

La seconde s’est associée avec Google lors de la Fashion Week de février 2013, pour mettre en oeuvre un extraordinaire dispositif interactif qui, pendant plusieurs jours, plongeait les internautes au coeur de la préparation du défilé. L’opération comprenait notamment la diffusion de vidéos des mannequins et des personnels de la marque préparant le défilé, la tenue de vidéo-chats Google Hanghout avec le directeur de création et des personnels de son équipe, ou encore avec des célébrités se rendant au défilé. Si vous voulez en savoir plus sur ce dispositif, je vous invite à lire cet article : How Google and Topshop co-created the london Fashion week most interactive show.

Voilà qui clôt ce tour d’horizon. Pour résumer et mieux comprendre les enjeux de ce mouvement de balancier qu’opère le marketing des marques de luxe entre tradition et innovation, vous pouvez lire cet article éclairant consacré à Burberry et à son directeur de création, Christopher Bailey : In the trenches with Burberry’s Christopher Bailey.

Google ou l’art de se dévoiler avec ses propres technologies pour mieux les vendre (Visites privées au temps du digital : épisode 1)

Le 27 septembre dernier, Google fêtait le 15ème anniversaire de sa création. Pour l’occasion, la firme de Mountain View avait convié les journalistes à un exercice de communication des plus intéressants : non contente de faire ce jour là l’annonce d’un nouvel algorithme pour son moteur de recherche, « Hummingbird », elle s’est amusée à en faire l’annonce dans le garage même où ses fondateurs, Sergey Brin et Larry Page, ont passé les premiers mois de l’entreprise, à la fin de l’année 1998, et créé le fameux moteur de recherche ! Ils sont même allés jusqu’à convier la propriétaire du garage à l’époque, devenue depuis salariée de Google, à témoigner sur ce moment fondateur ! Un vrai travail d’orfèvre en communication !

Comme les journalistes étaient là, ils ont bien évidemment pu faire un reportage photo du lieu et de l’événement. Vous pouvez par exemple consulter celui de Mashable.

La conférence de presse de Hummingbird s'est déroulée dans le garage où est né Google.

La conférence de presse de Hummingbird s’est déroulée dans le garage où a démarré Google.

Des locaux très photogéniques partout dans le monde

Il faut dire que depuis cette date, les locaux de Google ont bien évolué ! La firme a même fait sa spécialité de la création, partout dans le monde, de locaux innovants, originaux, design & cool à la fois. Et elle ne se gêne pas pour le faire savoir ! Chaque création de bureaux dans le monde donne lieu non seulement à une surenchère d’originalité chez les concepteurs, mais également à son lot de reportages photos des pièces et éléments les plus remarquables du lieu. Sur le site de Google, on peut ainsi visiter les bureaux de Mountain View (le siège), ceux de Dublin, de Londres, de Paris, etc.

Et de multiples articles de presse ont par ailleurs été consacrés à tels ou tels bureaux. Pour vous éviter de courir le web, voici une belle compilation en un article ou en plusieurs sur le site Office snapshots.

Les locaux de Google à Zurich

Les locaux de Google à Zurich

D’une certaine manière, les bureaux sont à Google ce que les stores sont à Apple : une facette très importante de leur image. Et si Google a tant besoin de communiquer sur ses bureaux, c’est peut-être justement parce qu’elle n’a pas de magasins…

On comprend en tous cas que Google insiste autant sur cette publicité faite de ses locaux car celle-ci sert aussi bien à l’image de l’entreprise vis-à-vis des candidats à l’embauche (« Vu les locaux qu’ils ont, bosser chez Google, ça doit être cool ! »), que des clients et utilisateurs, des partenaires et fournisseurs et même des concurrents (« Il faut absolument qu’on soit aussi cool que Google ! ») !

Et en fin de compte, il est assez étonnant de remarquer à quel point le spécialiste des “mots” et des “chaînes de caractères” (le moteur de recherche) a finalement développé une très forte culture de l’image. Il faut dire que nombre de ses produits sont aujourd’hui tournés vers l’image : YouTube, Picasa, Goggles, Maps, Earth, Street View, Glass…

Un autre événement récent est d’ailleurs très marquant en ce sens…

Visite virtuelle d’un datacenter

Fin 2012 effectivement, une initiative de Google a fait couler pas mal d’encre. Le géant du net a proposé sur internet une visite virtuelle de ses datacenters. Pourquoi une telle démarche ? Selon les “mauvaises langues”, Google cherchait à redorer son image après toute une série de critiques, voire de procès, qui écornaient l’image qu’il cherche à donner, et que traduit notamment son slogan “Don’t be evil”.

La visite proposée est toujours en ligne. Elle se compose d’un reportage photo intitulé “Dans les coulisses d’internet”, d’une visite Google Street View de son datacenter de Lenoir en Caroline du Nord, ainsi que d’une vidéo.

Bref, une opération transparence complètement assumée si l’on en croit le site web de l’opération :

“Explorez plus de 10 ans d’innovation dans nos centres de données
(…)
2012 – Transparence
Montrer qui nous sommes, en interne et en externe
Pour la première fois, nous montrons à tout le monde où nos produits sont exploités. Vous pouvez dorénavant faire une visite virtuelle de l’un de nos centres de données avec Street View. Vous pouvez également parcourir les albums photos de la technologie, des personnes et des lieux qui permettent aux produits Google de fonctionner. Entrez.”

Pourtant, dans son communiqué de presse, Google ajoute à tout cela un autre storytelling, pour brouiller un peu le message car la seule chose qui compte ici c’est l’impact des images :

« Il y a quatorze ans, quand Google était un projet de recherche universitaire, Larry et Sergey ont développé leur nouveau moteur de recherche en s’appuyant sur quelques serveurs bon marché disponibles en magasins, empilés de façon créative. Nous avons grandi un peu depuis cette époque, et nous espérons que vous appréciez cet aperçu de ce que nous avons construit. » (Source)

On apprécie surtout la litote et la modestie feinte. Mais c’est là aussi où les deux visites privées prennent du sens : d’un côté celle du minuscule garage fondateur (voir ci-dessus) et de l’autre celle des gigantesques datacenters.

Pour autant, que disent-elles ces images des datacenters ? Sans doute celles du reportage photo sont-elles bien trop belles pour se vouloir un reportage d’information plutôt qu’un reportage d’artiste ou esthétisant. Pour faire ces images, Google a d’ailleurs fait appel à une artiste photographe chinoise, ce qui n’a pas manqué d’attiser le feu des critiques déjà cités en raison des vicissitudes de Google en Chine.

Les datacenters de Google sont d'un rare esthétisme sous l'oeil de Connie Zhou

Les datacenters de Google sont d’un rare esthétisme sous l’oeil de Connie Zhou

En tous cas, au sens propre, comme certains l’ont remarqué, on n’apprend pas grand chose dans cette visite privée où (presque) tout n’est qu’image. Pour en savoir plus, il faut en passer par des reportages de presse, par exemple cet article de Wired : Google Throws Open Doors to Its Top-Secret Data Center.

En réalité, ce que disent ces images, c’est non seulement “regardez comme Google est puissant avec ses datacenters”, mais c’est aussi : “Et en plus regardez le avec Google Street View, un outil de Google qui est lui même d’une grande puissance”. Bref, l’opération transparence se transforme en publicité à plusieurs niveaux, puisqu’elle fait notamment l’éloge des produits de la marque.

Les technologies de digitalisation de Google

Et c’est là où l’on mesure à quel point Google a réussi et même dépassé son projet fondateur “d’organiser toute l’information du monde” à travers son moteur de recherche. Aujourd’hui en effet, Google ne se contente plus d’organiser toute l’information déjà disponible sous forme de documents (textes, images, livres, vidéos, etc.), mais il augmente aussi l’information disponible, il crée de l’information là où jusqu’à présent il n’y en avait pas, en se faisant l’opérateur d’un vaste projet de digitalisation globale de l’univers perceptible à travers des technologies telles que Google Maps, Google Maps Indoor, Google Earth, Google Street View et maintenant les Google Glass.

N’importe quel lieu est désormais susceptible d’être cartographié (extérieurs avec Google Maps et intérieurs avec Google Maps Indoor), photographié (Google Earth et Google Street View) et maintenant filmé (Google Glass). Cette page tient à jour les lieux photographiés en Street View et ceux en cours.

Et Google ne se contente pas de numériser uniquement les lieux publics. Au contraire, il a bien compris l’intérêt pour lui autant que pour le public d’aller cartographier, photographier et filmer les lieux privés, secrets ou tout simplement difficiles d’accès. C’est le même principe que lorsqu’il numérise le fond patrimonial des bibliothèques et des musées du monde entier. Il devient l’opérateur privilégié de visite virtuelle des lieux inaccessibles.

Dans les coulisses de Street View… en même temps que dans celles de la Tour Eiffel !

Vous voulez partir à la visite de ces lieux ? Il vous suffit d’aller sur le site des Collections spéciales de Street View, où Google a rassemblé les visites virtuelles des lieux naturels et culturels les plus prestigieux au monde. On y trouve notamment les lieux et sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO, d’autres sites mondialement réputés, ainsi que les musées du Google Art Project.

Dans un beau mouvement de mise en abîme ou d’auto-réflexion, Google a également créé au sein du site Google Maps une rubrique intitulée “Dans les coulisses de Street View”, qui met en avant certaines visites de prestige à travers une série de mini sites dédiés dont le but est notamment de nous faire rentrer “dans les coulisses” de la technologie Street View et de la manière dont ses images sont créées. On entre ainsi dans les coulisses de la technologie qui sert justement à rentrer dans les coulisses des lieux inaccessibles !!! Vous suivez ? C’est comme avec l’histoire du reportage sur le datacenter de tout à l’heure !

On peut ainsi rentrer dans les coulisses des prises de vues de La Tour Eiffel, le monument le plus visité au monde, du Burj Khalifa, le plus haut building du monde, ou encore du Kennedy Space Center.

Evidemment, la nature de l’inaccessibilité de ces lieux n’est pas toujours du même ordre. Certains de ces lieux sont accessibles en soit, mais momentanément ou définitivement inaccessibles à chacun d’entre nous en raison de l’éloignement géographique ou parce qu’on manque de temps ou d’argent pour tout visiter. D’autres lieux sont par contre réellement inaccessibles car la visite réelle n’y est pas autorisée. Lorsque Street View en permet la visite virtuelle, celle-ci prend alors un caractère tout particulier !

C’est le cas de la visite virtuelle de l’accélérateur de particules du CERN, récemment mise en ligne par Google (Plus de détails dans cet article). 

Visite virtuelle du CERN dans Google Street View

Visite virtuelle du CERN dans Google Street View

C’est aussi, d’une certaine manière, le cas de la visite des locaux de certaines entreprises.

Évidemment, Google lui-même montre l’exemple en proposant la visite virtuelle de ses locaux de Mountain View (Plus de détails dans cet article).

Plus récemment, il a dévoilé la chaîne de production de son téléphone Moto X dans les usines de Motorola (Plus d’infos dans cet article ou celui-ci).

Au-delà du mode “opération-transparence-qui-est-aussi-une-auto-glorification-de-mon-produit-Street-View”, ces visites résonnent évidemment comme un appel de Google aux autres entreprises pour qu’elles fassent la même chose !

Il faut savoir que Google propose ce service de réalisation de visites virtuelles Street View aux entreprises ou organisations qui souhaitent photographier leurs locaux ou leur site. 

Certaines ont fait le pas, comme par exemple l’agence BDDP Unlimited, l’agence canadienne Adviso ou encore l’école Infosup.

Si vous voulez vous lancez n’hésitez pas. Comme l’écrit Cyril Batillat sur son blog : “Sans pour autant tout dévoiler, la visite virtuelle peut être l’occasion de faire découvrir des lieux en temps normaux inaccessibles au grand public. Par exemple, les cuisines de votre restaurant gastronomique, les coulisses de votre théâtre, la suite 5* de votre hôtel de luxe… L’internaute est particulièrement friand de ce genre de petites indiscrétions, l’image de votre entreprise n’en sera que meilleure.” Si vous voulez des conseils sur la manière d’optimiser votre visite virtuelle en y intégrant des services et des informations, je vous invite d’ailleurs à lire son article “Visites virtuelles pour les entreprises : comment gagner en visibilité et générer des ventes avec la technologie Google Street View ?” qui donne de bonnes idées et des conseils pratiques.

Une chose est sûre, toutes ces visites virtuelles de lieux plus ou moins inaccessibles sont autant des publicités pour les technologies de Google que pour les lieux concernés.

Et parmi les technologies de Google, il en est une qui fait tout particulièrement le buzz depuis plusieurs mois…

Les vidéos embarquées des Google Glass

Bien que Google ne les présente pas explicitement comme cela, les Google glass sont très certainement elles aussi, aux yeux de Google (!), une technologie de digitalisation du réel. C’est en tous cas le pendant personnel de Street View. Tandis que ce dernier est le service officiel & Pro de capture d’images 360° des lieux accessibles et inaccessibles, les Google Glass sont l’appareil personnel de capture de moments vécus et de lieux visités par ceux qui les ont vécus et visités.

Dans les deux cas cependant, l’usage repose sur le même levier d’intérêt, et donc d’audience, qui est de permettre à tout un chacun de visionner des lieux inaccessibles (en tout cas à un moment donné) et de vivre des activités elles aussi réservées à d’autres (en tout cas à un moment donné là aussi). Bref, ces technologies parlent à notre curiosité, notre indiscrétion, notre désir de « voyeurs »…

J’en veux pour preuve la vidéo de promotion des Google Glass :

J’en veux également pour preuve les usages qui émanent des exemples que l’on trouve d’ores et déjà sur internet et qui sont l’oeuvre des Explorers, ces heureux possesseurs des Google Glass via le programme pilote éponyme de Google.

Parmi eux, on trouve des sportifs qui nous font vivre de l’intérieur leur entraînement de basket, de hockey, de tennis, de football américainune partie de paintball, ou le draft NBA

Imaginez ce que donnerait le fait de pouvoir suivre le Tour de France depuis des Google Glass installées sur les yeux d’un ou de plusieurs coureurs ? Ou bien d’autres compétitions sportives qui le permettent (sans doute ni le rugby ni le foot, hein ? sauf peut-être pour l’arbitre !) ?

Quoi que ? Le club de football de Manchester City vient justement d’initier un partenariat avec, non pas Google, mais Go Pro, pour produire du contenu vidéo filmé avec les caméras de la marque. Celles-ci sont portées par les joueurs via un harnais. Pour autant le résultat est assez similaire, comme on peut en juger par la vidéo ci-dessous :

Et l’objectif de la vidéo colle en tous points avec mon propos dans cette série d’articles : c’est bien de la visite immergée ou du vécu d’un moment normalement inaccessible qu’il est ici question. C’est d’ailleurs ce qu’explique Tom Glick, Directeur des opérations commerciales de Manchester City :

« En tant que club, nous sommes toujours excités lorsqu’il s’agit de fournir à nos fans du contenu innovant, captivant mais également du contenu qui reflète ce qui se passe réellement dans les coulisses. Nous voulons sans cesse repousser les limites pour amener nos fans au plus proche du club. GoPro nous a permis d’amener cette philosophie à un niveau supérieur en combinant à la fois leur technologie de pointe et leur expertise en captant des images brutes de ce sport. GoPro est le partenaire idéal et nous sommes impatients de créer avec eux une nouvelle génération de contenu sportif » (Source)

Il est intéressant de noter que le club et la marque s’engagent ici dans un véritable partenariat à long terme qui vise à produire de nombreux contenus similaires.

Mais revenons aux Google Glass. 

On trouve aussi un mannequin et une couturière qui nous font vivre les coulisses d’un défilé de mode, un chanteur qui nous fait vivre un concert depuis la scène, un médecin qui filme une opération, etc.

On trouve aussi des organismes ou des entreprises qui veulent nous montrer leurs coulisses, comme c’est le cas du zoo de Houston qui réalise des vidéos Google Glass et les met en ligne dans la rubrique « A travers les yeux d’un gardien » de sa chaîne YouTube.

Voilà. De Google qui dévoile ses propres coulisses, nous sommes passés aux entreprises et organismes qui utilisent les technologies de Google pour dévoiler les leurs.

Mais pour finir, revenons à Mountain View : pour communiquer sur ce qui se passe à l’intérieur de Google, la marque a créé le Compte Google+ Life at Google, qui relaie la plupart des initiatives évoquées dans cet article. Fidèle à elle-même, Google se veut toujours le premier utilisateur de ses propres outils, montrant ainsi l’exemple de leur usage. Mais la société n’est pas non plus sectaire puisqu’on trouve aussi dans ses publications des vidéos Vine par exemple. Comme quoi Google sait aussi reconnaître quand des outils tiers servent également à dévoiler les coulisses d’une entreprise !

Des vidéos innovantes pour la promotion touristique

La vidéo est l’un des médias qui se prête le mieux à la promotion d’un territoire, d’une ville ou d’un site. Elle permet de montrer le lieu sous de multiples angles et de manière vivante. Elle permet également de mettre en scène des personnages de manière fictive ou réaliste, ce qui permet au spectateur de se projeter dans le lieu.

[Petite précision avant de commencer : Dans un précédent article, j’avais proposé une grille de lecture des contenus et fonctionnalités qui pouvaient être mis en oeuvre pour vendre un produit ou service. Cette grille classe les contenus du « moins réel » au « plus réel ». La vidéo appartient à la troisième catégorie sur 10. Je la définis comme le format qui permet de “montrer en action”. J’espère pouvoir développer cette théorie dans de prochains articles car cet ancien billet était vraiment liminaire et succinct. Mais je vous invite quand même à le consulter car il fournit un cadre de lecture au présent article.]

Quoi qu’il en soit, devenue facilement réalisable par tout un chacun et avec peu de moyens grâce aux évolutions technologiques récentes, la vidéo est donc aujourd’hui très répandue. Elle explose d’ailleurs chaque jour un peu plus sur internet, comme le montre de nombreuses études : « Vidéo sur internet : un marché de 30 milliards de dollars en 2017« .

Dans ce contexte, la question pour les territoires, les villes ou les sites est désormais de savoir comment se démarquer pour retenir l’attention, marquer les esprits, donner une image innovante, créer du buzz, etc.  C’est à cette question que j’aimerai répondre en partie (faut pas exagérer !) dans cette série d’articles en suggérant quelques pistes qui relèvent soit de la créativité des réalisateurs, soit des innovations technologiques, soit de la mise en œuvre d’une stratégie de crowdsourcing.

Commençons avec les innovations technologiques ! Celles que j’ai retenues dans cet article ne datent pas toutes forcément d’hier, mais leur usage institutionnel est encore loin d’être mainstream. Je suis même persuadé qu’on n’est qu’au tout début de leur utilisation et que tout reste encore à faire dans ce domaine.

1. Des vidéos tournées avec des caméras GoPro : plongez au cœur de l’action !

Les caméras GoPro sont faites pour être installées sur un casque, un vélo, une moto, un skateboard, un drone ou que sais-je encore, pourvu que ça bouge ! Elles sont donc faites pour réaliser des vidéos embarquées au cœur de l’action ! Sur cette base, il est facile d’imaginer tous les usages qui peuvent en être faits pour promouvoir un lieu. En voici deux exemples, tirés d’initiatives privées et non institutionnelles, mais selon moi très inspirantes. La seconde a d’ailleurs été récompensée par l’institution concernée.

Paris by bike, une visite de Paris filmée avec une GoPro depuis un vélo :

Ile de ré :

Ce film réalisé par Art’Up s’est fait remarqué par le Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes et a reçu le Prix « Coup de Coeur » du Festival du Film de Vacances !

2. Des vidéos tournées avec des drones : pour des points de vue uniques

Parmi tous les supports utilisables pour embarquer une caméra (GoPro ou autre), l’un des plus intéressants me paraît être les drones.

L’exemple ci-dessous n’a pas été commandé par la ville filmée, en l’occurrence New York, mais il illustre parfaitement la manière dont un territoire, une ville ou un site peut être filmé par un drone pour en réaliser une sorte de visite virtuelle originale. Le film a été réalisé par Nicolas Doldinger grâce à une caméra GoPro Hero 3 fixée sur un drone DJI Phantom :

Ce film a été vu plus de 100 000 fois sur Vimeo. Et il a eu de nombreuses et belles retombées média (par ex. iciici, ici, ici, ici ou ), preuve en est de l’intérêt d’une telle approche !

En France, la ville du Pouliguen a fait l’objet d’une vidéo de ce type que je trouve très intéressante :

La vidéo a été réalisée par Christian Braut. Elle a été vue plus de 8000 fois sur Vimeo.

Le château de Guédelon, qui est en cours de construction en Bourgogne selon les techniques du 13ème siècle, a également produit une vidéo dont je ne suis pas sûr qu’elle ait été réalisée avec un drone mais cela y ressemble diablement :

La vidéo a été réalisée par l’agence Goodideas Production. Elle a été vue plus de 7000 fois sur YouTube. Où quand les technologies du 21ème siècle se mettent au service des techniques du 13ème siècle !

Enfin, je terminerai mes exemples de cette catégorie avec ce film du Grand Palais qui a la particularité d’avoir été tourné à l’intérieur du bâtiment, avec un drone octocopter ! Une belle réalisation et une belle source d’inspiration, qui a d’ailleurs été vue plus de 29 000 fois sur Viméo !

Si vous voulez découvrir d’autres vidéos tournées avec des drones, je vous invite à consulter le site smartdrones.fr, créé par Eric Dupin, du Blog Presse Citron. Eric a aussi créé récemment le premier réseau social des amateurs de photos aériennes prises par drones : dronestagr.am.

Et si vous vous posez encore la question de l’intérêt de tourner ces vidéos avec des drones, je ne peux m’empêcher de citer le même Eric, qui décrit ainsi la spécificité des photos prises par drones, une description qui s’applique pareillement à la vidéo selon moi :

Les photos par drone ne ressemblent à aucune autre. Elles ont créé véritablement un nouveau langage visuel dans l’approche d’un paysage, qu’il soit naturel, urbain, industriel, sportif, ou autre : elles sont prises généralement à quelques dizaines de mètres du sol ou du sujet, (quelques centaines parfois), utilisent la plupart du temps le full HD grand angle caractéristique des caméras d’action type GoPro (…) et cette lumière particulière apportée par ce type de matériel. Peut-être ce qu’on appelle un nouveau paradigme : plus près qu’une vue satellite, avion ou hélico, plus haut qu’une street view, plus large qu’une photo traditionnelle, plus détaillée de par sa proximité, et plus agile pour shooter des lieux sous des angles inédits, la vue aérienne par drone est unique.  (source)

Alos, convaincus ?

3. Des vidéos tournées avec des Google glass : laissez vous guider

Les Google Glass sont l’un des buzz du moment. Elles sont tellement inédites que tout le monde se demande à quoi elles peuvent bien servir. Il y a bien sûr les sceptiques, mais il y a aussi les enthousiastes et surtout les expérimentateurs, qui ne se posent pas de questions et se lancent.

Google avait d’ailleurs lancé en début d’année un programme appelé #ifihadglass, qui était un appel à idées d’utilisation des lunettes. Les heureux élus, appelés “explorateurs” par Google (Explorers), nous permettent de constater à quel point les Google Glass sont adaptées pour filmer… :

Etc. Je pense que la liste est amenée à s’allonger de manière considérable dans les prochaines années.

Pour information, à ce jour, les Google Glass n’ont été distribuées qu’aux “explorateurs” sélectionnés dans le cadre du programme #ifihadglass. Si j’en crois cet article, elles ne seront pas commercialisées avant 2014.

En ce qui me concerne, je pense que le potentiel des Google Glass est énorme. Et tout particulièrement pour filmer les sites, lieux ou monuments. J’en veux pour preuve la récente annonce de la déclinaison de l’application Field Trip sur Google Glass (Lire aussi cet article). Je m’explique : Les Google Glass sont un device qui permet d’embarquer des applications, comme c’est le cas sur une tablette ou un smartphone. Field Trip, de son côté, est une application récente de Google qui pousse aux utilisateurs des informations contextuelles (notamment géolocalisées) concernant des points d’intérêts touristiques, de loisir, de service pratique, etc. Ces informations s’affichent en surbrillance sur les Google Glass en fonction de l’endroit où l’on est et de ce qu’on regarde. Or, sur cette base, je pense qu’il pourrait être très intéressant de réaliser un film tel que ceux cités ci-dessus dans lequel les informations contextuelles poussées par Field Trip s’affichent à l’écran. Avis aux Explorers qui me liraient et voudraient se lancer. Faites moi signe si c’est faisable, et encore plus si vous le faites !

Et quand on apprend qu’un développeur vient de créer un système permettant de piloter un drone à partir des Google Glass, on se dit qu’on n’est pas au bout de nos surprises et que les possibilités qui s’offrent à nous en la matière sont immenses !

4. Des vidéos Google Earth ou Google Street View : la carte ET le territoire

On peut aussi faire des films avec d’autres technos de Google telles que Google Earth et Street View.

Le site Outdoor Emotion, qui vend des cartes et guides numériques de randonnées, propose par exemple une vidéo Google Earth spécifique pour décrire chacune de ses randonnées. C’est un élément clé de la fiche produit (voir cet exemple) dans la mesure où elle permet à l’utilisateur de se projeter de manière très réaliste dans ce que peut être le parcours de cette randonnée.

Autre exemple célèbre d’usage des vidéos Google Earth : celui qu’en fait le Tour de France pour décrire les étapes de la course. On peut les visionner sur la chaîne YouTube de l’événement.

Le Tour de France et le cyclisme semblent d’ailleurs avoir inspiré beaucoup de monde en matière de vidéos Google Earth. J’en veux pour preuve les deux exemples qui suivent.

Cycling the Alps est un site web et une application Android qui permet de parcourir les routes des alpes de manière très immersive via l’usage de Google Map et Google Earth. Plusieurs vidéos sont visibles sur la chaîne YouTube de l’auteur.

Google France s’est lancé dans un projet similaire en développant avec l’agence 84.Paris le site Your Tour, qui propose lui aussi de parcourir en vidéo les étapes du 100ème Tour de France via Google Earth, Google Street View et Google Maps.

5. Des micro-vidéos : quelques secondes pour tout dire

Dernières venues dans la galaxie des langages vidéos : les micro-vidéos réalisées avec des applications comme Vine (la créatrice du genre, propriété de Twitter) ou Instagram (initialement dédiée à la photo, propriété de Facebook). Ces applications mobiles permettent de tourner des vidéos de quelques secondes (6 pour Vine, 15 pour Instagram) publiables ensuite sur les réseaux sociaux ou sur n’importe quel site web.

Vous allez me dire : mais que peut-on faire de sérieux en 6 ou 15 secondes pour donner envie d’aller quelque part ? Et bien détrompez vous : la micro-vidéo est un vrai réservoir de créativité et une machine à storytelling ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder ce qu’en fait l’acteur Adam Goldberg dans sa série #merrittxanadu44 réalisée sur Vine et publiée sur son compte Twitter @TheAdamGoldberg. Ou cette vidéo-BD réalisée par l’agence Code Computerlove et publiée sur le site http://www.vine-comic.co.uk/. Vous trouverez d’autres idées encore sur cet article : « 10 utilisations inattendues de Vine, la nouvelle appli de Twitter« , ou celui-ci : « Five ways your brand can use Twitter’s Vine app« .

Et si vous voulez savoir ce qui se fait déjà en matière de promotion touristique, voici quelques comptes Vine qui vous intéresseront peut-être :

  • Ontario Travel, >160 followers, >30 posts
  • Iceland Travel, >300 followers, >100 posts
  • L’Office de tourisme de Hyères, >20 Followers, >15 posts
  • L’office de tourisme de l’île rousse, >27 followers, >7 posts
  • Château de Versailles, >170 followers, >5 posts
  • L’Indiana State Museum, >180 followers, >40 posts
  • Moma, >20 000 followers, >12 posts

Certes, à l’exception du MOMA, qui a un nombre de followers impressionnant, les chiffres d’audience des autres comptes sont pour l’instant plus que modestes. Mais nous ne sommes qu’au début de ce nouveau mode de communication. Et ces chiffres doivent être mis en relation avec le coût de réalisation quasi nul de ces contenus.

Il faut aussi dissocier le nombre de followers d’un compte du nombre de vues, de like ou de share de chaque vidéo, qui peut être beaucoup plus élevé.

Il faut aussi considérer que les vidéos peuvent être publiées sur le site web des institutions concernées.

Et le potentiel des vidéos tient aux plateformes sur lesquelles elles peuvent être publiées et partagées.

En effet, Vine n’existe qu’en tant qu’application mobile, sur iOS et Android. Lancé en janvier 2013, le service compte près de 15 millions d’utilisateurs à ce jour. Les vidéos durent 6 s maximum et tournent en boucle. Elles peuvent être publiées sur Twitter ou Facebook. Elles peuvent aussi être “embedded” (“embarquées”, c’est-à-dire publiées via un player) sur n’importe quel site web. Depuis mai 2013, Vine a dépassé Instagram en termes de partage quotidien sur Twitter.

Instagram existe à la fois comme application et comme site web. Le service a 130 millions d’utilisateurs à ce jour. Les clips durent 15 s maximum et ne tournent pas en boucle. Les possibilités d’édition et de “montage” sont plus élaborées que celles de Vine. Les clips peuvent être publiés sur Instagram, Twitter, Facebook, Tumblr, Flickr, Foursquare et par mail. Ils ne peuvent pas être “embarqués” (embedded).

En quoi ces deux services sont-ils intéressants ? Si l’on prend le cas de Vine, je trouve personnellement que l’application est à la fois un stimulateur de créativité et une vraie machine à buzz ! Pourquoi ? En raison de la brièveté du format, de sa simplicité de réalisation et de publication, ainsi que des caractéristiques telles que le fait de tourner en boucle. De ce fait, je trouve que les clips Vine sont comme des M&M’s qu’on grignote sans s’en rendre compte jusqu’à ce qu’on ai fini le paquet ! Il y a un côté hypnotique aussi bien à visionner les vidéos les unes après les autres qu’à se repasser le même clip en boucle plusieurs fois de suite pour bien tout voir, comprendre, apprécier ! Et pour les créateurs, la contrainte de brièveté est un vrai booster de créativité !

D’ailleurs, apparemment je ne suis pas le seul à le penser si j’en crois cette citation du blog Think Digital Travel :

What does the emergence of this new social media platform mean for the tourism industry? Getting on board with the latest trends in digital and social media is a great step for DMOs to take; destinations taking advantage of the buzz that accompanies these trends enables them to take a share of the hype. Particularly given that users are themselves taking to Vine to share their travel experiences and show off their cities, it will come naturally for a tourist board to deliver similar content. It is a quick and easy storytelling tool to encourage customer engagement, recognition and content creation and provides destinations a great opportunity to gather a regular stream of user-generated content as well. (source)

Bref, nous n’en sommes qu’au début de l’usage de ce format, et je lui prédis un bel avenir ! même si ce n’est pas l’avis de tt le monde : « Borrrrring: Why Twitter’s New ‘Vine’ App Sucks for Travelers« .

Voilà pour le premier article de cette série. Dans le prochain billet, je parlerai de vidéos qui innovent par l’usage de certains effets de tournage ou montage.