Google ou l’art de se dévoiler avec ses propres technologies pour mieux les vendre (Visites privées au temps du digital : épisode 1)

Le 27 septembre dernier, Google fêtait le 15ème anniversaire de sa création. Pour l’occasion, la firme de Mountain View avait convié les journalistes à un exercice de communication des plus intéressants : non contente de faire ce jour là l’annonce d’un nouvel algorithme pour son moteur de recherche, « Hummingbird », elle s’est amusée à en faire l’annonce dans le garage même où ses fondateurs, Sergey Brin et Larry Page, ont passé les premiers mois de l’entreprise, à la fin de l’année 1998, et créé le fameux moteur de recherche ! Ils sont même allés jusqu’à convier la propriétaire du garage à l’époque, devenue depuis salariée de Google, à témoigner sur ce moment fondateur ! Un vrai travail d’orfèvre en communication !

Comme les journalistes étaient là, ils ont bien évidemment pu faire un reportage photo du lieu et de l’événement. Vous pouvez par exemple consulter celui de Mashable.

La conférence de presse de Hummingbird s'est déroulée dans le garage où est né Google.

La conférence de presse de Hummingbird s’est déroulée dans le garage où a démarré Google.

Des locaux très photogéniques partout dans le monde

Il faut dire que depuis cette date, les locaux de Google ont bien évolué ! La firme a même fait sa spécialité de la création, partout dans le monde, de locaux innovants, originaux, design & cool à la fois. Et elle ne se gêne pas pour le faire savoir ! Chaque création de bureaux dans le monde donne lieu non seulement à une surenchère d’originalité chez les concepteurs, mais également à son lot de reportages photos des pièces et éléments les plus remarquables du lieu. Sur le site de Google, on peut ainsi visiter les bureaux de Mountain View (le siège), ceux de Dublin, de Londres, de Paris, etc.

Et de multiples articles de presse ont par ailleurs été consacrés à tels ou tels bureaux. Pour vous éviter de courir le web, voici une belle compilation en un article ou en plusieurs sur le site Office snapshots.

Les locaux de Google à Zurich

Les locaux de Google à Zurich

D’une certaine manière, les bureaux sont à Google ce que les stores sont à Apple : une facette très importante de leur image. Et si Google a tant besoin de communiquer sur ses bureaux, c’est peut-être justement parce qu’elle n’a pas de magasins…

On comprend en tous cas que Google insiste autant sur cette publicité faite de ses locaux car celle-ci sert aussi bien à l’image de l’entreprise vis-à-vis des candidats à l’embauche (« Vu les locaux qu’ils ont, bosser chez Google, ça doit être cool ! »), que des clients et utilisateurs, des partenaires et fournisseurs et même des concurrents (« Il faut absolument qu’on soit aussi cool que Google ! ») !

Et en fin de compte, il est assez étonnant de remarquer à quel point le spécialiste des “mots” et des “chaînes de caractères” (le moteur de recherche) a finalement développé une très forte culture de l’image. Il faut dire que nombre de ses produits sont aujourd’hui tournés vers l’image : YouTube, Picasa, Goggles, Maps, Earth, Street View, Glass…

Un autre événement récent est d’ailleurs très marquant en ce sens…

Visite virtuelle d’un datacenter

Fin 2012 effectivement, une initiative de Google a fait couler pas mal d’encre. Le géant du net a proposé sur internet une visite virtuelle de ses datacenters. Pourquoi une telle démarche ? Selon les “mauvaises langues”, Google cherchait à redorer son image après toute une série de critiques, voire de procès, qui écornaient l’image qu’il cherche à donner, et que traduit notamment son slogan “Don’t be evil”.

La visite proposée est toujours en ligne. Elle se compose d’un reportage photo intitulé “Dans les coulisses d’internet”, d’une visite Google Street View de son datacenter de Lenoir en Caroline du Nord, ainsi que d’une vidéo.

Bref, une opération transparence complètement assumée si l’on en croit le site web de l’opération :

“Explorez plus de 10 ans d’innovation dans nos centres de données
(…)
2012 – Transparence
Montrer qui nous sommes, en interne et en externe
Pour la première fois, nous montrons à tout le monde où nos produits sont exploités. Vous pouvez dorénavant faire une visite virtuelle de l’un de nos centres de données avec Street View. Vous pouvez également parcourir les albums photos de la technologie, des personnes et des lieux qui permettent aux produits Google de fonctionner. Entrez.”

Pourtant, dans son communiqué de presse, Google ajoute à tout cela un autre storytelling, pour brouiller un peu le message car la seule chose qui compte ici c’est l’impact des images :

« Il y a quatorze ans, quand Google était un projet de recherche universitaire, Larry et Sergey ont développé leur nouveau moteur de recherche en s’appuyant sur quelques serveurs bon marché disponibles en magasins, empilés de façon créative. Nous avons grandi un peu depuis cette époque, et nous espérons que vous appréciez cet aperçu de ce que nous avons construit. » (Source)

On apprécie surtout la litote et la modestie feinte. Mais c’est là aussi où les deux visites privées prennent du sens : d’un côté celle du minuscule garage fondateur (voir ci-dessus) et de l’autre celle des gigantesques datacenters.

Pour autant, que disent-elles ces images des datacenters ? Sans doute celles du reportage photo sont-elles bien trop belles pour se vouloir un reportage d’information plutôt qu’un reportage d’artiste ou esthétisant. Pour faire ces images, Google a d’ailleurs fait appel à une artiste photographe chinoise, ce qui n’a pas manqué d’attiser le feu des critiques déjà cités en raison des vicissitudes de Google en Chine.

Les datacenters de Google sont d'un rare esthétisme sous l'oeil de Connie Zhou

Les datacenters de Google sont d’un rare esthétisme sous l’oeil de Connie Zhou

En tous cas, au sens propre, comme certains l’ont remarqué, on n’apprend pas grand chose dans cette visite privée où (presque) tout n’est qu’image. Pour en savoir plus, il faut en passer par des reportages de presse, par exemple cet article de Wired : Google Throws Open Doors to Its Top-Secret Data Center.

En réalité, ce que disent ces images, c’est non seulement “regardez comme Google est puissant avec ses datacenters”, mais c’est aussi : “Et en plus regardez le avec Google Street View, un outil de Google qui est lui même d’une grande puissance”. Bref, l’opération transparence se transforme en publicité à plusieurs niveaux, puisqu’elle fait notamment l’éloge des produits de la marque.

Les technologies de digitalisation de Google

Et c’est là où l’on mesure à quel point Google a réussi et même dépassé son projet fondateur “d’organiser toute l’information du monde” à travers son moteur de recherche. Aujourd’hui en effet, Google ne se contente plus d’organiser toute l’information déjà disponible sous forme de documents (textes, images, livres, vidéos, etc.), mais il augmente aussi l’information disponible, il crée de l’information là où jusqu’à présent il n’y en avait pas, en se faisant l’opérateur d’un vaste projet de digitalisation globale de l’univers perceptible à travers des technologies telles que Google Maps, Google Maps Indoor, Google Earth, Google Street View et maintenant les Google Glass.

N’importe quel lieu est désormais susceptible d’être cartographié (extérieurs avec Google Maps et intérieurs avec Google Maps Indoor), photographié (Google Earth et Google Street View) et maintenant filmé (Google Glass). Cette page tient à jour les lieux photographiés en Street View et ceux en cours.

Et Google ne se contente pas de numériser uniquement les lieux publics. Au contraire, il a bien compris l’intérêt pour lui autant que pour le public d’aller cartographier, photographier et filmer les lieux privés, secrets ou tout simplement difficiles d’accès. C’est le même principe que lorsqu’il numérise le fond patrimonial des bibliothèques et des musées du monde entier. Il devient l’opérateur privilégié de visite virtuelle des lieux inaccessibles.

Dans les coulisses de Street View… en même temps que dans celles de la Tour Eiffel !

Vous voulez partir à la visite de ces lieux ? Il vous suffit d’aller sur le site des Collections spéciales de Street View, où Google a rassemblé les visites virtuelles des lieux naturels et culturels les plus prestigieux au monde. On y trouve notamment les lieux et sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO, d’autres sites mondialement réputés, ainsi que les musées du Google Art Project.

Dans un beau mouvement de mise en abîme ou d’auto-réflexion, Google a également créé au sein du site Google Maps une rubrique intitulée “Dans les coulisses de Street View”, qui met en avant certaines visites de prestige à travers une série de mini sites dédiés dont le but est notamment de nous faire rentrer “dans les coulisses” de la technologie Street View et de la manière dont ses images sont créées. On entre ainsi dans les coulisses de la technologie qui sert justement à rentrer dans les coulisses des lieux inaccessibles !!! Vous suivez ? C’est comme avec l’histoire du reportage sur le datacenter de tout à l’heure !

On peut ainsi rentrer dans les coulisses des prises de vues de La Tour Eiffel, le monument le plus visité au monde, du Burj Khalifa, le plus haut building du monde, ou encore du Kennedy Space Center.

Evidemment, la nature de l’inaccessibilité de ces lieux n’est pas toujours du même ordre. Certains de ces lieux sont accessibles en soit, mais momentanément ou définitivement inaccessibles à chacun d’entre nous en raison de l’éloignement géographique ou parce qu’on manque de temps ou d’argent pour tout visiter. D’autres lieux sont par contre réellement inaccessibles car la visite réelle n’y est pas autorisée. Lorsque Street View en permet la visite virtuelle, celle-ci prend alors un caractère tout particulier !

C’est le cas de la visite virtuelle de l’accélérateur de particules du CERN, récemment mise en ligne par Google (Plus de détails dans cet article). 

Visite virtuelle du CERN dans Google Street View

Visite virtuelle du CERN dans Google Street View

C’est aussi, d’une certaine manière, le cas de la visite des locaux de certaines entreprises.

Évidemment, Google lui-même montre l’exemple en proposant la visite virtuelle de ses locaux de Mountain View (Plus de détails dans cet article).

Plus récemment, il a dévoilé la chaîne de production de son téléphone Moto X dans les usines de Motorola (Plus d’infos dans cet article ou celui-ci).

Au-delà du mode “opération-transparence-qui-est-aussi-une-auto-glorification-de-mon-produit-Street-View”, ces visites résonnent évidemment comme un appel de Google aux autres entreprises pour qu’elles fassent la même chose !

Il faut savoir que Google propose ce service de réalisation de visites virtuelles Street View aux entreprises ou organisations qui souhaitent photographier leurs locaux ou leur site. 

Certaines ont fait le pas, comme par exemple l’agence BDDP Unlimited, l’agence canadienne Adviso ou encore l’école Infosup.

Si vous voulez vous lancez n’hésitez pas. Comme l’écrit Cyril Batillat sur son blog : “Sans pour autant tout dévoiler, la visite virtuelle peut être l’occasion de faire découvrir des lieux en temps normaux inaccessibles au grand public. Par exemple, les cuisines de votre restaurant gastronomique, les coulisses de votre théâtre, la suite 5* de votre hôtel de luxe… L’internaute est particulièrement friand de ce genre de petites indiscrétions, l’image de votre entreprise n’en sera que meilleure.” Si vous voulez des conseils sur la manière d’optimiser votre visite virtuelle en y intégrant des services et des informations, je vous invite d’ailleurs à lire son article “Visites virtuelles pour les entreprises : comment gagner en visibilité et générer des ventes avec la technologie Google Street View ?” qui donne de bonnes idées et des conseils pratiques.

Une chose est sûre, toutes ces visites virtuelles de lieux plus ou moins inaccessibles sont autant des publicités pour les technologies de Google que pour les lieux concernés.

Et parmi les technologies de Google, il en est une qui fait tout particulièrement le buzz depuis plusieurs mois…

Les vidéos embarquées des Google Glass

Bien que Google ne les présente pas explicitement comme cela, les Google glass sont très certainement elles aussi, aux yeux de Google (!), une technologie de digitalisation du réel. C’est en tous cas le pendant personnel de Street View. Tandis que ce dernier est le service officiel & Pro de capture d’images 360° des lieux accessibles et inaccessibles, les Google Glass sont l’appareil personnel de capture de moments vécus et de lieux visités par ceux qui les ont vécus et visités.

Dans les deux cas cependant, l’usage repose sur le même levier d’intérêt, et donc d’audience, qui est de permettre à tout un chacun de visionner des lieux inaccessibles (en tout cas à un moment donné) et de vivre des activités elles aussi réservées à d’autres (en tout cas à un moment donné là aussi). Bref, ces technologies parlent à notre curiosité, notre indiscrétion, notre désir de « voyeurs »…

J’en veux pour preuve la vidéo de promotion des Google Glass :

J’en veux également pour preuve les usages qui émanent des exemples que l’on trouve d’ores et déjà sur internet et qui sont l’oeuvre des Explorers, ces heureux possesseurs des Google Glass via le programme pilote éponyme de Google.

Parmi eux, on trouve des sportifs qui nous font vivre de l’intérieur leur entraînement de basket, de hockey, de tennis, de football américainune partie de paintball, ou le draft NBA

Imaginez ce que donnerait le fait de pouvoir suivre le Tour de France depuis des Google Glass installées sur les yeux d’un ou de plusieurs coureurs ? Ou bien d’autres compétitions sportives qui le permettent (sans doute ni le rugby ni le foot, hein ? sauf peut-être pour l’arbitre !) ?

Quoi que ? Le club de football de Manchester City vient justement d’initier un partenariat avec, non pas Google, mais Go Pro, pour produire du contenu vidéo filmé avec les caméras de la marque. Celles-ci sont portées par les joueurs via un harnais. Pour autant le résultat est assez similaire, comme on peut en juger par la vidéo ci-dessous :

Et l’objectif de la vidéo colle en tous points avec mon propos dans cette série d’articles : c’est bien de la visite immergée ou du vécu d’un moment normalement inaccessible qu’il est ici question. C’est d’ailleurs ce qu’explique Tom Glick, Directeur des opérations commerciales de Manchester City :

« En tant que club, nous sommes toujours excités lorsqu’il s’agit de fournir à nos fans du contenu innovant, captivant mais également du contenu qui reflète ce qui se passe réellement dans les coulisses. Nous voulons sans cesse repousser les limites pour amener nos fans au plus proche du club. GoPro nous a permis d’amener cette philosophie à un niveau supérieur en combinant à la fois leur technologie de pointe et leur expertise en captant des images brutes de ce sport. GoPro est le partenaire idéal et nous sommes impatients de créer avec eux une nouvelle génération de contenu sportif » (Source)

Il est intéressant de noter que le club et la marque s’engagent ici dans un véritable partenariat à long terme qui vise à produire de nombreux contenus similaires.

Mais revenons aux Google Glass. 

On trouve aussi un mannequin et une couturière qui nous font vivre les coulisses d’un défilé de mode, un chanteur qui nous fait vivre un concert depuis la scène, un médecin qui filme une opération, etc.

On trouve aussi des organismes ou des entreprises qui veulent nous montrer leurs coulisses, comme c’est le cas du zoo de Houston qui réalise des vidéos Google Glass et les met en ligne dans la rubrique « A travers les yeux d’un gardien » de sa chaîne YouTube.

Voilà. De Google qui dévoile ses propres coulisses, nous sommes passés aux entreprises et organismes qui utilisent les technologies de Google pour dévoiler les leurs.

Mais pour finir, revenons à Mountain View : pour communiquer sur ce qui se passe à l’intérieur de Google, la marque a créé le Compte Google+ Life at Google, qui relaie la plupart des initiatives évoquées dans cet article. Fidèle à elle-même, Google se veut toujours le premier utilisateur de ses propres outils, montrant ainsi l’exemple de leur usage. Mais la société n’est pas non plus sectaire puisqu’on trouve aussi dans ses publications des vidéos Vine par exemple. Comme quoi Google sait aussi reconnaître quand des outils tiers servent également à dévoiler les coulisses d’une entreprise !

Des vidéos innovantes pour la promotion touristique

La vidéo est l’un des médias qui se prête le mieux à la promotion d’un territoire, d’une ville ou d’un site. Elle permet de montrer le lieu sous de multiples angles et de manière vivante. Elle permet également de mettre en scène des personnages de manière fictive ou réaliste, ce qui permet au spectateur de se projeter dans le lieu.

[Petite précision avant de commencer : Dans un précédent article, j’avais proposé une grille de lecture des contenus et fonctionnalités qui pouvaient être mis en oeuvre pour vendre un produit ou service. Cette grille classe les contenus du « moins réel » au « plus réel ». La vidéo appartient à la troisième catégorie sur 10. Je la définis comme le format qui permet de “montrer en action”. J’espère pouvoir développer cette théorie dans de prochains articles car cet ancien billet était vraiment liminaire et succinct. Mais je vous invite quand même à le consulter car il fournit un cadre de lecture au présent article.]

Quoi qu’il en soit, devenue facilement réalisable par tout un chacun et avec peu de moyens grâce aux évolutions technologiques récentes, la vidéo est donc aujourd’hui très répandue. Elle explose d’ailleurs chaque jour un peu plus sur internet, comme le montre de nombreuses études : « Vidéo sur internet : un marché de 30 milliards de dollars en 2017« .

Dans ce contexte, la question pour les territoires, les villes ou les sites est désormais de savoir comment se démarquer pour retenir l’attention, marquer les esprits, donner une image innovante, créer du buzz, etc.  C’est à cette question que j’aimerai répondre en partie (faut pas exagérer !) dans cette série d’articles en suggérant quelques pistes qui relèvent soit de la créativité des réalisateurs, soit des innovations technologiques, soit de la mise en œuvre d’une stratégie de crowdsourcing.

Commençons avec les innovations technologiques ! Celles que j’ai retenues dans cet article ne datent pas toutes forcément d’hier, mais leur usage institutionnel est encore loin d’être mainstream. Je suis même persuadé qu’on n’est qu’au tout début de leur utilisation et que tout reste encore à faire dans ce domaine.

1. Des vidéos tournées avec des caméras GoPro : plongez au cœur de l’action !

Les caméras GoPro sont faites pour être installées sur un casque, un vélo, une moto, un skateboard, un drone ou que sais-je encore, pourvu que ça bouge ! Elles sont donc faites pour réaliser des vidéos embarquées au cœur de l’action ! Sur cette base, il est facile d’imaginer tous les usages qui peuvent en être faits pour promouvoir un lieu. En voici deux exemples, tirés d’initiatives privées et non institutionnelles, mais selon moi très inspirantes. La seconde a d’ailleurs été récompensée par l’institution concernée.

Paris by bike, une visite de Paris filmée avec une GoPro depuis un vélo :

Ile de ré :

Ce film réalisé par Art’Up s’est fait remarqué par le Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes et a reçu le Prix « Coup de Coeur » du Festival du Film de Vacances !

2. Des vidéos tournées avec des drones : pour des points de vue uniques

Parmi tous les supports utilisables pour embarquer une caméra (GoPro ou autre), l’un des plus intéressants me paraît être les drones.

L’exemple ci-dessous n’a pas été commandé par la ville filmée, en l’occurrence New York, mais il illustre parfaitement la manière dont un territoire, une ville ou un site peut être filmé par un drone pour en réaliser une sorte de visite virtuelle originale. Le film a été réalisé par Nicolas Doldinger grâce à une caméra GoPro Hero 3 fixée sur un drone DJI Phantom :

Ce film a été vu plus de 100 000 fois sur Vimeo. Et il a eu de nombreuses et belles retombées média (par ex. iciici, ici, ici, ici ou ), preuve en est de l’intérêt d’une telle approche !

En France, la ville du Pouliguen a fait l’objet d’une vidéo de ce type que je trouve très intéressante :

La vidéo a été réalisée par Christian Braut. Elle a été vue plus de 8000 fois sur Vimeo.

Le château de Guédelon, qui est en cours de construction en Bourgogne selon les techniques du 13ème siècle, a également produit une vidéo dont je ne suis pas sûr qu’elle ait été réalisée avec un drone mais cela y ressemble diablement :

La vidéo a été réalisée par l’agence Goodideas Production. Elle a été vue plus de 7000 fois sur YouTube. Où quand les technologies du 21ème siècle se mettent au service des techniques du 13ème siècle !

Enfin, je terminerai mes exemples de cette catégorie avec ce film du Grand Palais qui a la particularité d’avoir été tourné à l’intérieur du bâtiment, avec un drone octocopter ! Une belle réalisation et une belle source d’inspiration, qui a d’ailleurs été vue plus de 29 000 fois sur Viméo !

Si vous voulez découvrir d’autres vidéos tournées avec des drones, je vous invite à consulter le site smartdrones.fr, créé par Eric Dupin, du Blog Presse Citron. Eric a aussi créé récemment le premier réseau social des amateurs de photos aériennes prises par drones : dronestagr.am.

Et si vous vous posez encore la question de l’intérêt de tourner ces vidéos avec des drones, je ne peux m’empêcher de citer le même Eric, qui décrit ainsi la spécificité des photos prises par drones, une description qui s’applique pareillement à la vidéo selon moi :

Les photos par drone ne ressemblent à aucune autre. Elles ont créé véritablement un nouveau langage visuel dans l’approche d’un paysage, qu’il soit naturel, urbain, industriel, sportif, ou autre : elles sont prises généralement à quelques dizaines de mètres du sol ou du sujet, (quelques centaines parfois), utilisent la plupart du temps le full HD grand angle caractéristique des caméras d’action type GoPro (…) et cette lumière particulière apportée par ce type de matériel. Peut-être ce qu’on appelle un nouveau paradigme : plus près qu’une vue satellite, avion ou hélico, plus haut qu’une street view, plus large qu’une photo traditionnelle, plus détaillée de par sa proximité, et plus agile pour shooter des lieux sous des angles inédits, la vue aérienne par drone est unique.  (source)

Alos, convaincus ?

3. Des vidéos tournées avec des Google glass : laissez vous guider

Les Google Glass sont l’un des buzz du moment. Elles sont tellement inédites que tout le monde se demande à quoi elles peuvent bien servir. Il y a bien sûr les sceptiques, mais il y a aussi les enthousiastes et surtout les expérimentateurs, qui ne se posent pas de questions et se lancent.

Google avait d’ailleurs lancé en début d’année un programme appelé #ifihadglass, qui était un appel à idées d’utilisation des lunettes. Les heureux élus, appelés “explorateurs” par Google (Explorers), nous permettent de constater à quel point les Google Glass sont adaptées pour filmer… :

Etc. Je pense que la liste est amenée à s’allonger de manière considérable dans les prochaines années.

Pour information, à ce jour, les Google Glass n’ont été distribuées qu’aux “explorateurs” sélectionnés dans le cadre du programme #ifihadglass. Si j’en crois cet article, elles ne seront pas commercialisées avant 2014.

En ce qui me concerne, je pense que le potentiel des Google Glass est énorme. Et tout particulièrement pour filmer les sites, lieux ou monuments. J’en veux pour preuve la récente annonce de la déclinaison de l’application Field Trip sur Google Glass (Lire aussi cet article). Je m’explique : Les Google Glass sont un device qui permet d’embarquer des applications, comme c’est le cas sur une tablette ou un smartphone. Field Trip, de son côté, est une application récente de Google qui pousse aux utilisateurs des informations contextuelles (notamment géolocalisées) concernant des points d’intérêts touristiques, de loisir, de service pratique, etc. Ces informations s’affichent en surbrillance sur les Google Glass en fonction de l’endroit où l’on est et de ce qu’on regarde. Or, sur cette base, je pense qu’il pourrait être très intéressant de réaliser un film tel que ceux cités ci-dessus dans lequel les informations contextuelles poussées par Field Trip s’affichent à l’écran. Avis aux Explorers qui me liraient et voudraient se lancer. Faites moi signe si c’est faisable, et encore plus si vous le faites !

Et quand on apprend qu’un développeur vient de créer un système permettant de piloter un drone à partir des Google Glass, on se dit qu’on n’est pas au bout de nos surprises et que les possibilités qui s’offrent à nous en la matière sont immenses !

4. Des vidéos Google Earth ou Google Street View : la carte ET le territoire

On peut aussi faire des films avec d’autres technos de Google telles que Google Earth et Street View.

Le site Outdoor Emotion, qui vend des cartes et guides numériques de randonnées, propose par exemple une vidéo Google Earth spécifique pour décrire chacune de ses randonnées. C’est un élément clé de la fiche produit (voir cet exemple) dans la mesure où elle permet à l’utilisateur de se projeter de manière très réaliste dans ce que peut être le parcours de cette randonnée.

Autre exemple célèbre d’usage des vidéos Google Earth : celui qu’en fait le Tour de France pour décrire les étapes de la course. On peut les visionner sur la chaîne YouTube de l’événement.

Le Tour de France et le cyclisme semblent d’ailleurs avoir inspiré beaucoup de monde en matière de vidéos Google Earth. J’en veux pour preuve les deux exemples qui suivent.

Cycling the Alps est un site web et une application Android qui permet de parcourir les routes des alpes de manière très immersive via l’usage de Google Map et Google Earth. Plusieurs vidéos sont visibles sur la chaîne YouTube de l’auteur.

Google France s’est lancé dans un projet similaire en développant avec l’agence 84.Paris le site Your Tour, qui propose lui aussi de parcourir en vidéo les étapes du 100ème Tour de France via Google Earth, Google Street View et Google Maps.

5. Des micro-vidéos : quelques secondes pour tout dire

Dernières venues dans la galaxie des langages vidéos : les micro-vidéos réalisées avec des applications comme Vine (la créatrice du genre, propriété de Twitter) ou Instagram (initialement dédiée à la photo, propriété de Facebook). Ces applications mobiles permettent de tourner des vidéos de quelques secondes (6 pour Vine, 15 pour Instagram) publiables ensuite sur les réseaux sociaux ou sur n’importe quel site web.

Vous allez me dire : mais que peut-on faire de sérieux en 6 ou 15 secondes pour donner envie d’aller quelque part ? Et bien détrompez vous : la micro-vidéo est un vrai réservoir de créativité et une machine à storytelling ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder ce qu’en fait l’acteur Adam Goldberg dans sa série #merrittxanadu44 réalisée sur Vine et publiée sur son compte Twitter @TheAdamGoldberg. Ou cette vidéo-BD réalisée par l’agence Code Computerlove et publiée sur le site http://www.vine-comic.co.uk/. Vous trouverez d’autres idées encore sur cet article : « 10 utilisations inattendues de Vine, la nouvelle appli de Twitter« , ou celui-ci : « Five ways your brand can use Twitter’s Vine app« .

Et si vous voulez savoir ce qui se fait déjà en matière de promotion touristique, voici quelques comptes Vine qui vous intéresseront peut-être :

  • Ontario Travel, >160 followers, >30 posts
  • Iceland Travel, >300 followers, >100 posts
  • L’Office de tourisme de Hyères, >20 Followers, >15 posts
  • L’office de tourisme de l’île rousse, >27 followers, >7 posts
  • Château de Versailles, >170 followers, >5 posts
  • L’Indiana State Museum, >180 followers, >40 posts
  • Moma, >20 000 followers, >12 posts

Certes, à l’exception du MOMA, qui a un nombre de followers impressionnant, les chiffres d’audience des autres comptes sont pour l’instant plus que modestes. Mais nous ne sommes qu’au début de ce nouveau mode de communication. Et ces chiffres doivent être mis en relation avec le coût de réalisation quasi nul de ces contenus.

Il faut aussi dissocier le nombre de followers d’un compte du nombre de vues, de like ou de share de chaque vidéo, qui peut être beaucoup plus élevé.

Il faut aussi considérer que les vidéos peuvent être publiées sur le site web des institutions concernées.

Et le potentiel des vidéos tient aux plateformes sur lesquelles elles peuvent être publiées et partagées.

En effet, Vine n’existe qu’en tant qu’application mobile, sur iOS et Android. Lancé en janvier 2013, le service compte près de 15 millions d’utilisateurs à ce jour. Les vidéos durent 6 s maximum et tournent en boucle. Elles peuvent être publiées sur Twitter ou Facebook. Elles peuvent aussi être “embedded” (“embarquées”, c’est-à-dire publiées via un player) sur n’importe quel site web. Depuis mai 2013, Vine a dépassé Instagram en termes de partage quotidien sur Twitter.

Instagram existe à la fois comme application et comme site web. Le service a 130 millions d’utilisateurs à ce jour. Les clips durent 15 s maximum et ne tournent pas en boucle. Les possibilités d’édition et de “montage” sont plus élaborées que celles de Vine. Les clips peuvent être publiés sur Instagram, Twitter, Facebook, Tumblr, Flickr, Foursquare et par mail. Ils ne peuvent pas être “embarqués” (embedded).

En quoi ces deux services sont-ils intéressants ? Si l’on prend le cas de Vine, je trouve personnellement que l’application est à la fois un stimulateur de créativité et une vraie machine à buzz ! Pourquoi ? En raison de la brièveté du format, de sa simplicité de réalisation et de publication, ainsi que des caractéristiques telles que le fait de tourner en boucle. De ce fait, je trouve que les clips Vine sont comme des M&M’s qu’on grignote sans s’en rendre compte jusqu’à ce qu’on ai fini le paquet ! Il y a un côté hypnotique aussi bien à visionner les vidéos les unes après les autres qu’à se repasser le même clip en boucle plusieurs fois de suite pour bien tout voir, comprendre, apprécier ! Et pour les créateurs, la contrainte de brièveté est un vrai booster de créativité !

D’ailleurs, apparemment je ne suis pas le seul à le penser si j’en crois cette citation du blog Think Digital Travel :

What does the emergence of this new social media platform mean for the tourism industry? Getting on board with the latest trends in digital and social media is a great step for DMOs to take; destinations taking advantage of the buzz that accompanies these trends enables them to take a share of the hype. Particularly given that users are themselves taking to Vine to share their travel experiences and show off their cities, it will come naturally for a tourist board to deliver similar content. It is a quick and easy storytelling tool to encourage customer engagement, recognition and content creation and provides destinations a great opportunity to gather a regular stream of user-generated content as well. (source)

Bref, nous n’en sommes qu’au début de l’usage de ce format, et je lui prédis un bel avenir ! même si ce n’est pas l’avis de tt le monde : « Borrrrring: Why Twitter’s New ‘Vine’ App Sucks for Travelers« .

Voilà pour le premier article de cette série. Dans le prochain billet, je parlerai de vidéos qui innovent par l’usage de certains effets de tournage ou montage.