Les consommateurs sont-ils prêts à acheter des objets connectés ? Partie 4 : Craintes et défis

Si les consommateurs semblent avoir un avis globalement positif sur les objets connectés, il n’en reste pas moins que des inquiétudes subsistent, qui expliquent sans doute les intentions d’achats modestes.

Les enquêtes et sondages révèlent principalement les inquiétudes suivantes :

  • L’utilité des objets connectés n’est pas à la hauteur
  • La fiabilité technique non plus
  • Le coût des objets connectés est trop élevé
  • Par certains aspects (ondes, capteurs…) ils pourraient être dangereux pour la santé
  • Enfin et surtout, les consommateurs s’inquiètent de la protection des données personnelles

Les déficits d’utilité et de fiabilité technique

Ce sont les deux points soulevés par l’analyse du bureau d’étude Jackdaw (déjà cité dans le premier article de cette série) sur les faiblesses du marché des montres connectées. Selon ce cabinet, il y a deux raisons principales pour lesquelles le public ne s’intéresse pas aux montres connectées : “les fonctionnalités proposées ne sont pas assez utiles et les appareils ne relèvent pas tous les défis technologiques qu’ils suscitent. ” (source)

Plus précisément, Jackdaw souligne qu’en dehors des fonctionnalités de capteurs physiologiques, les montres connectées restent le plus souvent conçues comme des extensions des smartphones destinées à recevoir les notifications push de ces derniers et éventuellement à y répondre. Or, Jackdaw indique, chiffres à l’appui, que les utilisateurs de smartphone utilisent très peu les notifications et que cette seule fonctionnalité ne suffit pas à donner de l’intérêt aux montres connectées. Surtout quand les capacités de réponse aux notifications sont limitées (elles nécessitent souvent un système de commande vocal peu pratique).

Côté qualité des produits, Jackdaw souligne la faible autonomie des batteries et l’ergonomie délicate des produits étant donné la petite taille de l’écran.

D’autres enquêtes montrent également un problème de confiance des utilisateurs dans la fiabilité des mesures. C’est le cas de l’étude menée par l’IFOP pour l’Atelier BNP Paribas fin 2013 (pdf), selon laquelle le principal frein à l’achat des objets connectés repose sur le manque de conviction des consommateurs dans l’efficacité de la mesure (50% des sondés) !

On peut aussi relier l’impression de manque d’utilité à cette donnée de l’institut GfK selon laquelle les produits que l’on pourrait qualifier d’intelligents (smart) parce qu’ils sont capables d’analyser l’information qu’ils collectent restent rares : 0,3 % en 2013 selon GfK !!! Un chiffre qui devrait cependant franchir les 60 % en 2020. (source)

Le défi de l’utilité se retrouve également dans les chiffres de durée d’utilisation. Toujours selon GfK, “un tiers des utilisateurs d’objets connectés les abandonneraient dans les 6 mois” (je cite cet article, mais je n’ai pas retrouvé la source exacte de cette info sur le site de GfK pourtant cité par l’article).

On retrouve cependant exactement la même donnée dans l’étude Inside Wearables réalisée par Endeavour Partners en janvier puis juillet 2014 : “après six mois d’utilisation, un tiers des américains ont remisé leurs bracelets connectés dans un tiroir”.

Des chiffres que tempère l’enquête de Que Choisir ? puisque selon elle, 85% des utilisateurs disent utiliser leur objet toujours autant chaque jour (mais combien de temps après l’achat ont-ils été interrogés ?).

L'usage des objets connectés par leurs utilisateurs selon Que Choisir ?

L’usage des objets connectés par leurs utilisateurs selon Que Choisir ?

Selon cette étude, les utilisateurs se montrent également plutôt satisfait de leur objet, ce qui vient atténuer les craintes en termes d’utilité des candidats à l’achat cités plus haut.

Selon Que Choisir, les utilisateurs d'objets connectés sont plutôt satisfait de leur objet.

Selon Que Choisir, les utilisateurs d’objets connectés sont plutôt satisfait de leur objet.

Le coût des objets

Cette crainte est en grande partie liée à la première : moins les objets apparaissent utiles et fiables, moins les consommateurs sont prêts à payer.

Selon le Baromètre Syntec Numérique – BVA sur les objets connectés, 49% des sondés estiment que ces technologies sont encore trop chères ou trop compliquées à utiliser (15%).

Selon l’enquête The Links, 77% des sondés estiment qu’ils sont trop chers.

Selon GfK, “le prix est le premier frein à l’achat des objets connectés”. Là encore, je cite le même article d’Aruco, mais je n’ai pas retrouvé la source exacte de cette info sur le site de GfK pourtant cité par l’article. J’ai par contre retrouvé dans cette étude de GfK l’info selon laquelle “le prix est le premier critère de choix des montres connectées dans tous les pays examinés par l’Institut d’études GfK à l’exception de la Chine”.

Je cite malgré tout à nouveau un passage du même article d’Aruco qui fait le lien entre la perception d’un prix trop cher et celle de fonctionnalités trop peu utiles : une partie des utilisateurs ne semble pas encore prête à faire le grand saut du tout-connecté compte tenu des fonctionnalités perçues par ce type de produits électroniques. Leurs fonctionnalités ne semblent pas assez poussées au regard des utilisateurs pour correspondre au prix psychologique. D’où cet abandon prématuré au bout de six mois et parfois une revente, facilitée par les sites de petites annonces entre particuliers.

L’étude de GfK révèle que les utilisateurs qui gardent leurs objets connectés le plus longtemps sont ceux qui les voient régulièrement mis à jour, avec l’ajout de nouvelles fonctionnalités par l’intermédiaire du logiciel embarqué. L’utilisateur ne cherche donc pas seulement un relai de son smartphone mais un produit différenciant, avec ses fonctions propres.”

Un danger pour la santé

Autre frein identifié : selon l’étude The Links, les objets connectés sont perçus comme pouvant être un danger pour la santé pour 69% des interrogés.

L’étude ne précise pas pourquoi, mais on se souvient notamment que les bracelets Force de la marque Fitbit avaient été retirés de la vente début 2014 en raison des plaintes de certains utilisateurs devant les irritations de la peau causées par le bracelet.

D’autres s’inquiètent également des dangers que pourraient causer les ondes électromagnétiques, notamment sur les bébés et les jeunes enfants.

Les craintes pour la protection des données personnelles

C’est évidemment LE grand grief auquel on pense immédiatement. Et les enquêtes confirment que les consommateurs ont effectivement cette crainte.

Selon l’étude Havas Média – CSA réalisée fin 2013, 78% des sondés craignent un risque accru pour leur vie privée. Et cette crainte est même plus forte chez les jeunes qui en ont une appréhension plus forte que chez les 30-49 ans (83% vs 75%) !

Selon l’étude Que Choisir, le vol des données personnelles est un sujet d’inquiétude pour 57% des personnes interrogées.

Selon l’étude IFOP pour l’Atelier BNP Paribas (pdf), les craintes en matière de protection des données personnelles sont un des principaux freins à l’achat, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous :

Les principales raisons de non-achat d'un objet connecté selon l'IFOP

Les principales raisons de non-achat d’un objet connecté selon l’IFOP

La crainte apparaît moins forte dans le Baromètre Syntec Numérique – BVA sur les objets connectés, puisque seulement 12% des sondés s’y inquiètent de la capacité des objets connectés à recueillir et à analyser des informations personnelles et confidentielles.

L’enquête de TNS Sofres réalisée fin 2014 pour La Fondation de La Mutuelle générale montre des inquiétudes des consommateurs sur le coût pour les malades ou la société ainsi que « l’impact des données captées sur l’intimité des individus ».

Enfin, selon l’étude The Links, les objets connectés sont perçus comme pouvant être un facteur d’une certaine intrusion dans la vie privée pour 76% des sondés.

Autant de craintes que renforceraient sans doute la lecture de l’étude de Fortify (pdf), une filiale de HP, selon laquelle 80% des objets connectés présenteraient des failles en matière de protection des données personnelles ! (voir résumé de cette étude ici)

Mais les consommateurs ne sont pas seuls face à ces craintes : des tiers peuvent jouer un rôle de tiers de confiance. C’est ce que nous verrons dans le prochain article.

Les consommateurs sont-ils prêts à acheter des objets connectés ? Partie 3 : Les intentions des consommateurs

Face aux chiffres cités dans le précédent article de cette série, difficile de savoir quelle proportion exacte de consommateurs est prête à acheter des objets connectés.

Le chiffre du rapport de Baird cité dans le premier article de cette série (85% des personnes interrogées disent ne pas vouloir acheter de bracelet connecté) est présenté comme négatif par Fortune et Business Insider, mais cela laisse quand même 15% d’intention d’achat sur cette seule catégorie des bracelets connectés, ce que je trouve pas mal pour un marché qui démarre seulement. 15% des adultes américains, ça fait quand même pas mal, non ?

D’ailleurs, certains sondages donnent même des chiffres encore plus modestes !

C’est le cas de l’étude EBG-Harris Interactive d’octobre 2014 qui indique des pourcentages d’intention d’achat allant de 3% à 6% selon les catégories.

Les intentions d'achat des français en matière d'objets connectés selon l'EBG et Harris Interactive (source).

Les intentions d’achat des français en matière d’objets connectés selon l’EBG et Harris Interactive (source).

Présentant cette infographie, le site Zdnet commente : Les objets connectés font la une de la presse IT depuis plusieurs mois, chacun pariant sur une explosion de la demande à court terme (…) Reste la question de la demande : sera-t-elle dans un premier temps issue des technophiles ou du grand public ? En France en tout cas, il ne semble pas que le mass market soit prêt, si on en croît cette étude (…) Harris Interactive et l’ebg montrent que les intentions d’achat stagnent, sauf chez les technophiles.”

De son côté, une étude Deloitte d’octobre 2014 avance le chiffre de 8% pour les montres intelligentes et 9% pour les fitness trackers (intentions d’achat dans l’année). Ce qui n’empêche pas Deloitte d’estimer que les consommateurs commencent à être séduits et que “cet équipement devrait encore croître dans l’année à venir” ! Ni d’estimer dans d’autres rapports de Deloitte US début 2014 (pdf) que le marché des objets connectés « mettables » (wearables devices) est florissant et pourrait générer 3 milliards de dollars en 2014.

Les intentions d'achat des français en matière d'objets connectés selon Deloitte (source).

Les intentions d’achat des français en matière d’objets connectés selon Deloitte (source).

Selon une étude menée par IFOP pour l’Atelier BNP Paribas fin 2013 (pdf), 12% des sondés prétendent vouloir s’équiper d’objets connectés d’ici 2017, ce qui ferait 11 millions de français équipés à cette date. Le chiffre grimpe à 25% chez les cadres.

On trouve aussi des études qui avancent le même chiffre que le sondage de Baird. C’est le cas de l’étude Best of Content / Easypanel de novembre 2014 sur les intentions d’achat des français pour Noël : 15% des sondés par cette étude souhaitaient acheter un objet connecté à Noël. Et pour 44% d’entre eux, il s’agissait d’une montre connectée.

D’autres sondages donnent en revanche des chiffres plus élevés.

C’est le cas de l’Observatoire des objets connectés, publié par l’IFOP en novembre 2014, qui donne des chiffres allant de 8% à 21% selon les catégories.

Les intentions d'achat des français par catégorie d'objets connectés selon l'IFOP.

Les intentions d’achat des français par catégorie d’objets connectés selon l’IFOP.

Selon une étude Havas Média – CSA réalisée fin 2013 les intentions d’achat des français seraient les suivantes :

  • les montres connectées (31 %)
  • les voitures (27 %)
  • les bracelets (27 %)
  • les lunettes connectées à 24 %
  • un réfrigérateur connecté ou un stylo connecté à 23 %
  • des chaussures, vêtements ou pèse-personnes connectés à 22 %
  • puis une brosse à dents connectée à 20 %

Mais j’ai un doute sur ces chiffres : s’agit-il du pourcentage des personnes interrogées ou des personnes qui ont montré un intérêt pour chacune des catégories concernées ? Ce n’est pas la même chose !!!

On trouve des chiffres encore plus élevés dans l’étude Médiamétrie Web Observatoire Q3 2014, selon laquelle 51% des personnes interrogées envisageraient d’acheter un objet connecté.

51% des français envisageraient d'acheter des objets connectés selon Médiamétrie !

51% des français envisageraient d’acheter des objets connectés selon Médiamétrie !

La palme revient à l’étude de l’agence The Links selon laquelle 68% des Français ont l’intention d’acheter un objet connecté, rien que ça !! Parmi eux, 59% le feraient pour équiper leur auto, 56% pour équiper leur maison, 52% pour une utilisation multimédia et 47% pour surveiller leur santé.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres font le grand écart d’une étude à l’autre ! Il n’est d’ailleurs pas toujours facile de les interpréter : sur quelle base se fondent-ils (français, internautes, geeks…) ? A quelle période de temps font-ils référence (achat à 6 mois, dans l’année, parfois plus) ? Etc.

Changeons donc de perspective et voyons maintenant ce que pensent les consommateurs des objets connectés, indépendamment de leurs intentions d’achat.

Si les chiffres des intentions d’achat ne sont pas toujours très clairs ni fiables, on constate en revanche un intérêt plus franc des français pour les objets connectés. Plus franc, mais pas unanime…

Ainsi, l’étude EBG-Harris Interactive d’octobre 2014 (voir en infographie) révèle des français encore dubitatifs :

  • 64% pensent que les objets connectés sont des gadgets dont on peut se passer.
  • mais 62% pensent malgré tout que les objets connectés vont se généraliser auprès du grand public

On retrouve cette même seconde conviction dans les résultats de l’étude réalisée par l’Institut CSA pour Havas Media France en janvier 2014 : 57% des internautes estiment que les objets connectés seront généralisés dans les cinq prochaines années. Lorsqu’on leur demande pourquoi, 75% répondent qu’il s’agit d’un progrès et 71% pensent que le succès de ces objets est dû au fait qu’ils nous facilitent la vie.

Dans la version 2013 de la même étude, Havas Média & CSA indiquaient que 63% des français étaient favorables au développement des objets connectés.

L’étude Que Choisir réalisée fin 2014 révèle quant à elle des français plus convaincus puisque 54% les trouvent destinés à tous contre 46% qui les trouvent réservés aux technophiles. Et 52% utiles pour la santé tandis que 48% pensent que ce sont des gadgets inutiles.

Le domaine de la santé est sans doute l’un de ceux qui fait le plus l’unanimité, même si l’étude IFOP pour l’Atelier BNP Paribas (pdf) indique que « 62% des Français n’estiment pas que les objets connectés pourraient être considérés comme des soins médicaux à part entière, même dans un avenir indéterminé ». Alors même que 50 % des possesseurs les utilisent principalement pour surveiller ou améliorer leur santé !

Toutefois, de nombreux français semblent convaincus de l’intérêt des objets connectés pour améliorer l’autonomie des personnes dépendantes ou malades. Ainsi, la société DMD Santé a présenté un rapport lors du festival Communication Santé de Deauville, en novembre 2014, dans lequel elle déclare que 58% des personnes âgées seraient prêtes à utiliser des objets connectés liés à la santé si leur médecin le leur recommande (source).

De la même manière, l’enquête de TNS Sofres réalisée fin 2014 pour La Fondation de La Mutuelle Générale montre que les français plébiscitent les technologies connectées pour la prise en charge des personnes en perte d’autonomie puisque 93% des personnes interrogées estiment que ces outils peuvent permettre de mieux prendre en charge et faciliter le quotidien des malades.

Les impacts positifs des technologies connectés pour les malades selon une enquête de TNS pour La Mutuelle Générale

Les impacts positifs des technologies connectés pour les malades selon une enquête de TNS pour La Mutuelle Générale

La Poste, avec OpinionWay, a également publié une étude (pdf), fin 2014, dans laquelle les français plébiscitent les usages des objets connectés en matière de service de proximité, d’habitat et de santé et bien-être :

Un extrait de l'étude La Poste - OpinionWay sur les intérêts des objets connectés selon les français.

Un extrait de l’étude La Poste – OpinionWay sur les intérêts des objets connectés selon les français.

Enfin, selon le Baromètre Syntec Numérique – BVA des objets connectés, “près de 90% des personnes interrogées considèrent le développement des objets connectés comme une véritable avancée”. Et “une grande majorité des personnes interrogées souhaitent qu’ils soient développés en priorité pour la santé (64 %), la sécurité (60 %) et l’amélioration de la vie quotidienne (30 %) ».

Dans son rapport Tech Trends 2014 (pdf), Deloitte rappelle d’ailleurs que « Gartner prévoit que le revenu mondial des terminaux, applications et services liés aux « wearables » dans les domaines du fitness et de la santé va passer de 1,6 milliard de dollars US en 2013 à 5 milliards d’ici 2016 ».

Si l’intérêt des français pour les objets connectés semble donc avéré, ils émettent cependant quelques doutes qui expliquent en grande partie les freins à l’achat ou à l’usage que l’on rencontre encore aujourd’hui. C’est ce que nous verrons dans le prochain article de cette série.

Les consommateurs sont-ils prêts à acheter des objets connectés ? Partie 2 : Etat des lieux et prévisions des ventes

Dans le deuxième article de cette série, j’aimerai m’attacher aux chiffres de vente des objets connectés pour savoir s’ils représentent vraiment un marché de niche : Combien s’en est-il déjà vendu ? Quelles sont les prévisions ? Combien représente cette niche ?

Si l’on se réfère aux données globales des institut d’études, on obtient des chiffres impressionnants qui correspondent à tout sauf à une “niche” (voir article 1 de cette série) :

  • En 2009, il y avait près de 2,5 milliards d’objets connectés sur terre selon Gartner.
  • En 2010 : 4 milliards selon l’Idate.
  • En 2013 : 15 milliards selon l’Idate.
  • Les prévisions pour 2020 :
    • Près de 30 milliards d’objets, selon Gartner, dont essentiellement des « choses » plutôt que des PC ou des smartphones. Le marché devrait peser 1 900 milliards de dollars, soit 2% du produit mondial brut.
    • 80 milliards d’objets connectés selon l’Idate
    • D’après IDC, 212 milliards d’objets connectés qui représenteront un marché de 6 460 milliards de dollards, soit plus de 10 % du produit mondial brut !
    • Une étude de Cisco de 2013 prévoit même de son côté que les objets connectés représenteront un marché de 14 400 milliards de dollars !!!

Selon l’Idate, le taux d’équipement d’une famille de quatre personnes dans les pays occidentaux évoluerait comme suit :

  • 2014 : 10 objets
  • 2017 : 25 objets
  • 2022 : 50 objets

Selon une autre source, en 2020, chaque personne détiendrait environ 6,5 objets connectés.

Ces chiffres donnent le vertige. Mais on est là aussi face au principal écueil des chiffres liés aux objets connectés : De quoi parle-t-on ? Que mesurent-ils ? La diversité de ce que regroupe l’appellation “objets connectés” est telle qu’il faut être prudent dans la lecture des chiffres. Regroupent-ils les appareils classiquement reliés à internet que sont les PC, smartphones et tablettes ? Regroupent-ils les équipements urbains connectés ? Les systèmes de détection environnementale connectée ? Les compteurs intelligents ? Tous les objets munis de puces RFID ? On pourrait ainsi multiplier les questions.

La plupart des chiffres cités ci-dessus regroupent l’ensemble de tout ce qui peut être connecté. Cisco prévoit même qu’à l’horizon 2020  99,4 % des objets physiques seront connectés et de nouveaux seront inventés !

Or, tous ces chiffres qui impressionnent sont généralement utilisés à l’appui des discours qui veulent “vendre” les objets connectés. Et l’amalgame est vite fait entre le vaste ensemble de l’internet des objets et chaque catégorie en particulier, telles que les montres ou les bracelets connectés, dont j’ai parlé dans la première partie de cette article.

Si vous vous intéressez plus spécifiquement aux objets connectés achetés ou utilisés par les particuliers – qui ne sont qu’une toute petite partie (pour l’instant) des objets connectés existants – , il faut aller voir les chiffres qui les concernent spécifiquement.

Ces chiffres, quels sont-ils ?

Aux Etats-Unis, selon PwC :

  • 2 millions de montres connectées ont été vendues en 2013 (Cf. chiffre Jackdaw article 1)
  • 3,3 millions de capteurs d’activité (fitness trackers) ont été ont été vendus entre mars 2013 et mars 2014.
  • En 2014, il se serait vendu environ 19 millions d’objets “mettables” (wearable devices) de types : montres, casques et capteurs d’activité.
  • En 2014, 21% des adultes posséderaient un objet connecté.

En France, les chiffres varient beaucoup selon les enquêtes.

On trouve un chiffre beaucoup plus bas dans l’étude Médiamétrie Web Observatoire Q3 2014, puisque seuls 5% des personnes interrogées ont déclaré détenir un objet connecté !

Selon un sondage IFOP pour l’Atelier BNP Paribas (pdf), en France fin 2013, plus de 5 millions de personnes sont équipés d’un objet connecté (hors PC, smartphone…), soit 11% de la population française âgée de plus de 18 ans. Le pourcentage grimpe à 14% chez les 18-24 ans. Et le marché devrait doubler dans les trois prochaines années pour atteindre 11 millions de français équipés d’objets connectés en 2017.

Selon ce sondage, les objets les plus possédés sont les suivants :

  • La balance intelligente : 6% des Français équipés.
  • Les tensiomètres, montres et traqueurs connectés : 2%
  • Autres objets : 1%

Selon le Baromètre Syntec Numérique – BVA publié en février 2014 près d’un quart des interrogés déclare aujourd’hui utiliser des objets connectés, en grande partie pour faciliter leur vie de tous les jours (23%). Ils les adoptent également pour surveiller leur santé (21%), se déplacer (20%), ou se protéger (14%). Les objets au service des performances sportives (bracelets fitness, raquette, chaussures..) arrivent quant à eux au bas de l’échelle puisque seulement 9% d’entre eux déclarent en être équipés.” Le spectre des objets visés par cette étude semble plus large que ceux de PwC et de l’IFOP car les chiffres sont plus élevés et les usages plus larges.

Ceci dit, on trouve un chiffre similaire dans L’Observatoire des objets connectés publié par l’IFOP fin 2014, qui indique que 23% des français posséderaient un objet connecté. Et l’IFOP donne le détail des objets :

Les objets connectés possédés par les français selon l'IFOP (nov. 2014).

Les objets connectés possédés par les français selon l’IFOP (nov. 2014).

 Selon GfK :

    • Sur les 92 millions de produits high-tech vendus en France en 2013, 48 % sont connectés. Ce taux devrait grimper à 57 % en 2014 et dépasser les 85 % à l’horizon 2020. GfK va donc dans le sens du chiffre de Cisco indiqué précédemment.
  • Catégorie 1 : Appareils traditionnellement connectés : smartphones, tablettes, PC :
      • Smartphones :
        • 15,8 millions d’unités vendues en France en 2013.
        • Prévision de 18 millions vendus en France en 2014 (source).
      • PC : 4,8 millions d’unités vendues en France en 2013.
      • Tablettes : 6,2 millions d’unités vendues en France en 2013.
  • Catégorie 2 : “La connectivité se propage maintenant à tous les produits traditionnellement non connectés : imprimantes, téléviseurs, chaînes hi-fi, enceintes, appareils photo, etc.”
    • Il s’en est vendu 14 millions en France en 2013, en hausse de 8 %.
  • Catégorie 3 : “Une nouvelle vague de produits destinés à communiquer avec les tablettes et smartphones arrive : montres, bracelets, balances, etc.” :
    • 2013 : 300 000 ou 390 000 (?) vendus selon GfK, soit un marché de 64 millions d’euros.
    • 2015 : GfK prévoit un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros
    • En 2020 : GfK prévoit un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros.
  • Montres :
    • 2013 : 35 000 vendues selon GfK (contre 2 millions aux USA selon PwC)
    • 2014 : 150 000 vendues selon GfK
  • Bracelets :
    • 2013 : 30 000 vendus selon GfK (contre 3 millions aux USA selon PwC)
    • 2014 : 200 000 vendus selon GfK

En valeur de marché :

    • D’après une étude menée par Xerfi et résumée dans cet article (que je cite ci-dessous), la valeur du marché des objets connectés en France s’estime à 150 millions d’Euros pour l’année 2013, soit 1,5% des dépenses High-tech des Français (alors que GfK disait que 48% des objets high-tech achetés en France en 2013 étaient connectés !!!).
    • Xerfi estime que le marché des objets connectés pourrait atteindre une valeur de 500 millions d’euros en 2016, ce qui aurait pour conséquence la création d’entreprises et d’emplois.
    • Xerfi divise le marché des objets connectés en deux grands secteurs : la Santé et la Domotique
    • Le segment de la Santé et du Bien-être s’élève, selon Xerfi, à 60 millions d’euros. Xerfi reprend ensuite la distinction en quatre catégories de produits issue d’une étude effectué par l’IFOP :
      • Les balances connectées :
        • Ce marché est le plus ancien mais pas le plus important. Il représente 8 millions d’euros et correspond à 13,3% des parts de marché du segment des objets connectés dédiés à la Santé.
      • Les montres connectées :
        • Ce produit représente une des valeurs sûres des objets connectés avec une part de marché de 46% et un volume de vente de 28 millions d’euros.
      • Les capteurs d’activité :
        • Ils représentent 33% de part de marché (2ème place) pour un chiffre d’affaire de 20 millions d’euros en 2013 en France.
      • Les tensiomètres connectés :
        • C’est le produit le moins répandu avec « seulement » 16% de part de marché. Personnellement, je trouve déjà ça énorme.
    • Pour le segment de la domotique :
    • Selon Xerfi, il s’élève à 90 millions d’euros en 2013.
    • D’après une étude du cabinet Gartner, la maison connectée sera une réalité à l’horizon 2022 (entre 2020 et 2025). Le foyer typique sera alors équipé de 500 objets connectés.

Enfin, si l’on regarde les résultats des achats de Noël, on constate que le marché des objets connectés décolle. C’est en tous cas ce que prétend le site Rue du Commerce, qui a constaté +177% de croissance des ventes de montres connectées entre Noël 2013 et Noël 2014. 

Que faut-il retenir de tous ces chiffres ? Essentiellement la chose suivante : si chaque catégorie prise à part représente encore aujourd’hui, effectivement, un marché de niche, ce dernier semble cependant se développer rapidement dans de nombreuses catégories. Surtout, la notion d’objet connecté va beaucoup évoluer avec une généralisation du phénomène à l’insu des particuliers, indépendamment de leur volonté d’achat : d’ici peu, on achètera certainement des objets connectés même sans intention de les acheter pour cette raison, mais simplement parce qu’ils seront de plus en plus nombreux à être connectés. La connectivité deviendra une commodité.

Décrypter les intentions d’achats des consommateurs, tel sera justement l’objet du troisième article de cette série.

Les consommateurs sont-ils prêts à acheter des objets connectés ? Partie 1 : Un marché de niche ?

Si l’on en croit les plus grands cabinets d’études au monde, les objets connectés sont promis à une expansion d’une incroyable ampleur : il y en aura 30 milliards en 2020 selon Gartner, 80 milliards selon l’Idate, voire même 212 milliards selon IDC ! Au dernier CES de Las Vegas, comme lors des précédentes éditions, ils ont fait un carton ! Et pourtant, voici quelques jours, j’ai été interpellé par un court article paru sur le site web du magazine Fortune intitulé “Who wants a fitness band?”. Cet article a ensuite été relayé par un second de Business Insider, dont le titre est une réponse au premier : “Almost Nobody Wants To Buy Fitness Trackers”. Une réponse des plus étonnantes au regard des perspectives que je viens d’évoquer ! Tout cela mérite donc qu’on y regarde de plus près…

Les deux articles évoquent un sondage publié dans un rapport du cabinet Baird (rapport dont je n’ai pas trouvé trace sur internet) selon lequel 85% des personnes interrogées disent ne pas vouloir acheter de bracelet connecté !

Le sondage du cabinet Baird.

Le sondage du cabinet Baird.

Fortune commente ainsi ce sondage : “Le principal concurrent de l’Apple Watch n’est pas Fitbit, Jawbone, Garmin ou d’autres. C’est la non-envie de consommation de tels produits.” Et Business Insider commente de son côté : Ce sondage est une très mauvaise nouvelle pour tous les fabricants de bracelets connectés, d’autant plus que les compte-rendus du CES suggèrent que tout un tas de sociétés investissent des millions de dollars dans ce secteur sur lequel personne n’a encore de recul.”

Cette année encore, en effet, le CES de Las Vegas, qui vient de fermer ses portes, a vu déferler une multitude de nouveautés en matière d’objets connectés. Les fabricants seraient-ils inconscients ? Ont-ils tort de se précipiter ainsi sur un créneau qui n’intéresse apparemment pas les consommateurs ? Les chiffres faramineux du futur marché des objets connectés annoncés par certains bureaux d’analyse (Gartner, Idate ou d’autres parlent de 50, 80 voire 212 milliards d’objets connectés dans le monde à l’horizon 2020) ne seraient-ils que des chants des sirènes destinés à nous berner ?

Un constat similaire à celui du cabinet Baird avait déjà été fait l’été dernier par le bureau d’analyses Jackdaw à propos des montres connectées. Le site internet Clubic Pro explique ainsi le point de vue du cabinet : De plus en plus de constructeurs se lancent à l’assaut du tout jeune marché des montres connectées. Après Sony, Samsung ou LG, c’est Motorola, HTC et Apple que l’on attend de voir investir ce segment. Mais si l’on en croit l’étude publiée ce jeudi par Jackdaw, ces derniers devraient y réfléchir à deux fois ! Avec seulement 2 millions de montres vendues en 2013 (selon Strategy Analytics), le gâteau n’est pas très consistant. « Le marché actuel n’a tout simplement pas de place pour de nouveaux fabricants qui suivent le même chemin étroit que les autres » explique Jan Dawson, chercheur chez Jackdaw.”

Le point de vue de Jackdaw face à ces chiffres est donc celui des fabricants de montres connectées. Le bureau d’analyse se demande combien de fabricants vont pouvoir se partager les parts de ce nouveau marché de niche, en suggérant qu’ils sont aujourd’hui trop nombreux à vouloir y prétendre.

Je pense cependant qu’une telle situation est finalement assez classique dans le contexte de l’émergence d’un nouveau marché technologique. De tels marchés attirent souvent toute une cohorte d’acteurs, dont le nombre se réduit ensuite au fur et à mesure que le marché devient mature et se rationalise. Quant à la question de savoir combien d’acteurs pourront se partager ce gâteau, et lesquels tireront leur épingle du jeu, je laisse de telles prévisions aux spécialistes. Ce qui m’intéresse plus, c’est d’essayer d’identifier selon quels critères se fera la sélection. J’y reviendrai dans un prochain article.

Il faut également souligner qu’un marché de niche peut évidemment être très lucratif. C’est même certainement la conviction des acteurs qui s’y précipitent. Car quand on s’appelle Apple, on ne se lance pas dans un nouveau marché par hasard et pour y gagner des broutilles.

On peut aussi noter que si les montres et les bracelets représentent des marchés de niche (et il en va sans doute ainsi de la plupart des autres catégories d’objets connectés prises isolément), l’ensemble de toutes les catégories représente cependant un bien plus énorme gâteau ! Avec tous les objets connectés, nous avons à faire à une multitudes de marchés de niches, sur lesquels un même fabricant peut d’ailleurs se positionner assez facilement !

Enfin, il faut aussi souligner que ces marchés des montres, des bracelets et des autres objets connectés ne sont pas tant des marchés autonomes que des marchés d’écosystèmes :

  • Des écosystèmes de devices reliés entre eux et notamment avec le smartphone (La plupart des montres sont encore pensées aujourd’hui comme une extension au smartphone).
  • Des écosystème de plateformes de services (la domotique, la santé, les loisirs…).

La clé n’est donc pas tant de maîtriser un marché de niche en particulier que de maîtriser un écosystème.

Mais revenons à notre sondage. Personnellement, il m’intéresse non seulement du point de vue des fabricants, mais aussi et surtout du point de vue des marques et des entreprises qui pourraient être tentées par une stratégie intégrant des objets connectés. Or, ce sondage n’est-il pas également une mauvaise nouvelle pour ces marques ? Ne va-t-il pas les inciter à se détourner des objets connectés ?

Je pense au contraire qu’elles auraient tort de faire cela et qu’elles doivent y regarder de plus près avant de se désengager complètement. Pourquoi ? C’est ce que nous verrons dans le deuxième article de cette série. Suspens !  ;-)))

Où il est encore question de l’avenir de l’emploi à l’ère du numérique…

Depuis que j’ai rédigé mon précédent article sur l’emploi dans l’économie numérique, j’ai découvert une multitude de ressources sur le web autour de ce sujet. Je me suis dit que je pouvais les partager avec vous. Voici donc une liste très subjective et incomplète de sites, articles, vidéos, documents, etc. sur ce sujet. Un sujet qui risque de faire couler encore beaucoup d’encre dans les mois et années à venir…

Je commence avec un article de Claude Super intitulé Révolution digitale : nouvelle destruction massive d’emplois ? Il y cite plusieurs sources que j’ai évoquées dans mon article, mais aussi une étude de McKinsey que je ne connaissais pas : Help wanted: The future of work in advanced economies. L’étude est plus large que les seuls effets du numérique sur l’emploi, mais elle aborde spécifiquement ce point dans un chapitre.

Je continue avec une série d’articles très fouillés (comme toujours) d’InternetActu (série tjrs en cours apparemment puisque je n’ai pas trouvé l’article 3/3 !) :

Continuons avec la 7ème édition des Entretiens du nouveau monde industriel qui s’est tenue les 16 et 17 décembre 2013 sur le thème du “nouvel âge de l’automatisation”. De nombreuses interventions ont abordé la question de l’emploi. InternetActu en a fait un résumé dans cet article Travail : l’automatisation en question. On trouve également les captations vidéos des interventions sur le site des ENMI, rubrique “Archive des sessions”.

Larry Page s’est également exprimé sur ce sujet dans cet article du Financial Time. Selon lui, il est évident que les robots et les logiciels vont finir par faire une multitude de tâches mieux que les humains, et donc finalement les remplacer à ces fonctions. Mais selon lui, il faut voir cela de manière positive : il y voit une opportunité de libérer du temps pour que nous vivions mieux. Mais il ne détaille absolument pas le fondement économique de cette nouvelle organisation du temps !

On peut aussi noter cette citation de Bill Gates, en forme de sonnette d’alarme :  « Le remplacement des chauffeurs, serveurs et infirmières par les logiciels progresse. Au fil du temps, la technologie va réduire la demande de jobs, particulièrement dans les métiers moins qualifiés… Dans 20 ans, la demande sur de nombreuses qualifications sera substantiellement plus basse. Je ne pense pas que les gens aient intégré cela dans leur modèle mental » (source).

Bertrand Duperrin, dans son blog, s’est également exprimé à plusieurs reprises sur le sujet :

Puisqu’on parle des livres d’Andrew McAfee et Erik Brynjolfsson, vous pouvez aussi visionnez plusieurs vidéos d’eux :

Are droids taking our jobs?, une première conférence TED d’Andrew McAfee, en 2012 :

 

What will future jobs look like?, une deuxième conférence TED d’Andrew McAfee, en 2013 :

 

Erik Brynjolfsson a également eu droit à sa conférence TED en 2013 : The key to growth? Race with the machines

 

Enfin, vous pouvez les écouter tous les deux réunis dans cette interview à propos du livre The second machine age.

Dans un article récent intitulé Les robots volants feront-ils bientôt l’inventaire ?, L’Atelier BNP Paribas relatait récemment le projet de chercheurs de l’Institut Fraunhofer de Dortmund de construire les drones capables de faire les inventaires dans les entrepôts à la place des humains. Le projet s’intitule InventAIRy.

Quelques semaines plus tôt, L’Atelier BNP Paribas s’était fait l’écho d’une étude conduite par le Boston Consulting Group, The rise of Robotics, dans laquelle le cabinet donnait ses prévisions en termes d’augmentation massive des investissements des entreprises dans la robotique et par voie de conséquence d’accroissement massif du nombre de robots dans les entreprises.

L'augmentation des investissements en matière de robotique

L’augmentation des investissements en matière de robotique

L’étude pointe également sur les tâches de plus en plus variées et élaborées que remplissent les robots (notamment dans cette infographie). On y trouve également cet intéressant tableau des principaux fabricants de robots dans le monde :

Les principaux fabricants de robots dans le monde

Les principaux fabricants de robots dans le monde

Parmi les fabricants de robots, on trouve Amazon, à la suite du rachat de Kiva systems en 2012. Or, l’e-commerçant a justement beaucoup communiqué voici quelques jours autour de ses fameux robots utilisés dans les entrepôts. Voici quelques articles à ce sujet :

Je pense qu’il faut également lire dans la même perspective tous les effets d’annonce d’Amazon sur les drones. C’est la même stratégie d’exploration du monde de la robotique pour mieux en tirer parti.

En comparaison, on sait que le taux de robotisation des entreprises françaises est bien moins élevé qu’il ne l’est en Allemagne ou aux Etats-Unis. Une situation problématique à plus d’un titre, même si on devine les réticences qu’il peut y avoir derrière en termes d’emploi. Pour remédier à cela, la Banque Publique d’Investissement (BPI) avait annoncé en début d’année 2014 le déblocage de 300 millions d’euros de prêts bonifiés destinés à financer l’investissement des entreprises dans la robotique. On peut lire à ce propos l’article de Numérama : La BPI va aider les industries françaises à recruter des robots.

La France, sous-robotisée

La France, sous-robotisée

Dans ce contexte, la Harvard Business Review se demande What Happens to Society When Robots Replace Workers?

Une question diablement intéressante évidemment et sur laquelle je reviendrai (je garde donc de côté plusieurs articles évoquant cette question… hihi !!).

Une question particulièrement cruciale dans notre pays quand on sait que, selon une étude conduite par Commission Européenne et TNS Sofres en 2012 (pdf), les français sont les européens les plus pessimistes sur l’impact social de la robotique, comme nous le rapporte cet article de Numérama : 74 % des Français craignent que les robots détruisent de l’emploi.

bernanos_robots

Une perception qui s’ancre profondément dans notre histoire, comme le rappelle Laetitia Strauch, chercheuse à l’Institut de l’entreprise, dans une tribune sur le site Slate, La France contre les robots? Faire entrer le pays dans la troisième révolution industrielle. Elle évoque en effet le texte de Georgre Bernanos La France contre les robots paru en 1947 !! Elle appelle évidemment à un changement de perception complet pour miser sur l’innovation et la créativité plutôt que sur le refus et le sur-place.