Danse avec les drones

La technologie peut parfois être au service de l’émotion et de la poésie. C’est ce que nous prouvent plusieurs compagnies ou sociétés qui intègrent dans leurs spectacles robots et autres drones…

Le Cirque du Soleil, avec l’ETH Zurich

Voici quelques jours, le Cirque du Soleil a produit et diffusé un court film de 5mn, une fiction pleine de poésie mettant en scène des abats-jours volants dans un atelier d’artisan.


La compagnie canadienne a également diffusé au même moment le making-off du film. Une seconde vidéo très intéressante pour comprendre comment la première a été réalisée, pour découvrir quelles étaient les intentions des auteurs et pour se laisser rêver à de futurs projets dans la même lignée de cette première idée lumineuse !

Cette vidéo sous forme de performance poétique est bien à l’image du Cirque du Soleil, même s’il ne s’agit aucunement de cirque dans ce cas. On pourrait d’ailleurs se demander dans quelle mesure elle n’augure pas d’une future utilisation de drones dans le cadre même des spectacles de la compagnie. Nous verrons bien…

Quoiqu’il en soit, ce projet a été réalisé par C:Lab, The creative laboratory (?) du Cirque du Soleil, avec le concours de l’école polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zürich) et Verity Studios, une spin-off de l’ETH. Apparemment, la vidéo a été tournée en 3 jours et montée sans effets spéciaux.

L’ETH Zurich travaille depuis plusieurs années avec les drones. Ils ont développé un dispositif appelé Flying Machine Arena, conçu des algorithmes de pilotage des drones et fait de nombreuses démonstrations publiques, dont une intervention aux conférences TED.

Cette vidéo illustre à merveille la spécificité des drones en tant que machines volantes de petite taille pilotées par l’homme et/ou par un ordinateur. Nous n’avons pas l’habitude de voir de tels objets voler ainsi autour de nous. Leur capacité à nous émerveiller est très forte à cause de cela. Leurs mouvements sont également tels qu’on peut très facilement se prendre à leur trouver un caractère vivant. C’est encore plus facile lorsqu’ils se cachent sous un déguisement ou sous un autre objet, comme dans le film. Ils donnent alors l’illusion que l’objet en question est vivant ou qu’il vole comme par magie. Et la chorégraphie qui se joue entre eux et le personnage est le point d’orgue du film. Elle donne l’illusion d’une interaction entre l’homme et la machine. C’est en cela que le film ressemble à un spectacle de magie. Mais l’interaction est en fait jouée par des ordinateurs qui pilotent les drones. Car, comme l’explique cet article “les algorithmes contrôlent les drones et leur donnent des mouvements extrêmement précis qu’il serait impossible de réaliser avec un pilote humain”. Ainsi donc, la magie de l’illusion du vivant se cache en réalité dans les algorithmes de pilotage des drones !

Pour en savoir plus, lire l’interview des créateurs du spectacle à l’ETH Zurich.

Kmel Robotics

La compagnie Kmel Robotics excelle elle aussi dans l’art de faire danser les drones. Elle en avait fait la démonstration dans cette publicité pour Lexus :

Vous trouverez également sur ce lien 3 vidéos de making of du film.

Puis dans cette autre vidéo :

 

Mais la société a également un talent fou pour transformer les drones en musiciens comme on peut le voir dans cette vidéo stupéfiante :

 

Voici une performance à ranger au rang de celles dont j’ai déjà parlé dans cet article (§ 4 sur les vidéos de style « Machines de Rube Goldberg »).

Là encore, comme avec l’ETH Zurich, les drones sont pilotés par ordinateur. La performance a d’ailleurs été réalisée avec le soutien d’Intel et Lockheed Martin. Comme l’explique Daniel Mellinger, co-fondateur de Kmel Robotics dans cette interview à la BBC relatée dans cet article :  « Nous avons pré-programmé un ensemble de six drones pour qu’ils planent au dessus des instruments, qu’ils les grattent ou qu’ils les frappent, sans aucune interaction humaine autre que le simple fait d’appuyer sur le bouton « play » pour lancer le spectacle. Le logiciel commande les drones au rythme d’environ 100 instructions par seconde. »

Ce qui est intéressant dans cette vidéo, c’est le contraste entre la technologique déployée pour faire voler les drones et le côté bricolé et brute des instruments. Je crois que la magie vient de là dans cette vidéo, comme elle vient, dans les vidéos de mon précédent article déjà cité, de l’alliance entre la préparation titanesque qu’on imagine nécessaire et le côté bricolé et brut des moyens mis en scène. Il y a le même décalage dans les deux cas.

Puy du Fou, avec Koert Vermeulen & Act Lighting Design.

Plus près de nous, c’est le Puy du Fou qui vient de dévoiler qu’il allait utiliser des drones dans sa cinéscénie. L’idée a été proposée par l’éclairagiste néerlandais Koert Vermeulen qui a conçu et mis en œuvre  cette partie du spectacle avec sa société et Act Lighting Design. Je vous invite au passage à jeter un œil aux réalisations souvent impressionnantes de cette société spécialisée dans l’éclairage et pas vraiment dans les drones.

Là encore, la magie vient de la technologie, comme nous le révèle cet article du site Humanoïdes. Mais on y sent aussi toute l’ambition business du projet, comme dans cet autre article du Figaro, puisque l’un et l’autre, et comme le Parc de Vendée lui-même le rappelle, il fait la course contre la montre et la course au spectaculaire avec des concurrents tels que Disney, qui serait lui-aussi en train de préparer des spectacles de drones pour ses parcs d’attraction. Affaire à suivre, mais l’engouement semble général.

Ascending Technologies

En 2012, cette compagnie avait réalisé une chorégraphie de 49 drones en plein air au festival autrichien Ars Electronica FutureLab (source) :

Eleven Play

Au début de cette année, Eleven Play, une compagnie japonaise de danse contemporaine avait mis en scène un spectacle avec 3 danseuses et 3 drones, filmé par l’artiste Daito Manabe :

Dans cette chorégraphie, les drones finissent par éclipser les danseuses et toute la fin du spectable est un ballet entre les drones, des images technologiques projetées et des lasers. Vision pessimiste de notre rapport aux machines ?

Falkor Systems, avec la compagnie Barkin Selissen Project

Encore plus tôt, en 2013, la société de robotique new-yorkaise Falkor Systems avait présenté la vidéo ci-dessous, où l’on voit un drone se substituer par intervalles, comme dans une vision, à un danseur réel, pour suivre les mouvements d’une danseuse.

Cette vidéo avait pour but de démontrer les capacités des drones à pouvoir suivre et assister les individus. Falkor Systems souhaiterait effectivement que les drones deviennent nos assistants personnels. La pièce s’intitule “Pet Drone Pas de Deux”. Elle a été mise au point avec la compagnie Barkin Selissen Project. Le drone utilise le système de reconnaissance d’image OpenCV et le système de pilotage de drone « ardrone_autonomy » de l’Université Simon Fraser.

Blanca Li & Nao

Je terminerai en délaissant les airs pour le sol et en rappelant le travail qu’a mené la compagnie de Blanca Li avec le robot Nao, qu’elle a intégré dans l’une de ses chorégraphies intitulée Robot :

Pour en savoir plus :

Ce qui nous ramène enfin à la chorégraphie de 20 Naos réalisée par Aldebaran Robotics à l’expo de Shangai 2010 :

 

 

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Des vidéos innovantes pour la promotion touristique

La vidéo est l’un des médias qui se prête le mieux à la promotion d’un territoire, d’une ville ou d’un site. Elle permet de montrer le lieu sous de multiples angles et de manière vivante. Elle permet également de mettre en scène des personnages de manière fictive ou réaliste, ce qui permet au spectateur de se projeter dans le lieu.

[Petite précision avant de commencer : Dans un précédent article, j’avais proposé une grille de lecture des contenus et fonctionnalités qui pouvaient être mis en oeuvre pour vendre un produit ou service. Cette grille classe les contenus du « moins réel » au « plus réel ». La vidéo appartient à la troisième catégorie sur 10. Je la définis comme le format qui permet de “montrer en action”. J’espère pouvoir développer cette théorie dans de prochains articles car cet ancien billet était vraiment liminaire et succinct. Mais je vous invite quand même à le consulter car il fournit un cadre de lecture au présent article.]

Quoi qu’il en soit, devenue facilement réalisable par tout un chacun et avec peu de moyens grâce aux évolutions technologiques récentes, la vidéo est donc aujourd’hui très répandue. Elle explose d’ailleurs chaque jour un peu plus sur internet, comme le montre de nombreuses études : « Vidéo sur internet : un marché de 30 milliards de dollars en 2017« .

Dans ce contexte, la question pour les territoires, les villes ou les sites est désormais de savoir comment se démarquer pour retenir l’attention, marquer les esprits, donner une image innovante, créer du buzz, etc.  C’est à cette question que j’aimerai répondre en partie (faut pas exagérer !) dans cette série d’articles en suggérant quelques pistes qui relèvent soit de la créativité des réalisateurs, soit des innovations technologiques, soit de la mise en œuvre d’une stratégie de crowdsourcing.

Commençons avec les innovations technologiques ! Celles que j’ai retenues dans cet article ne datent pas toutes forcément d’hier, mais leur usage institutionnel est encore loin d’être mainstream. Je suis même persuadé qu’on n’est qu’au tout début de leur utilisation et que tout reste encore à faire dans ce domaine.

1. Des vidéos tournées avec des caméras GoPro : plongez au cœur de l’action !

Les caméras GoPro sont faites pour être installées sur un casque, un vélo, une moto, un skateboard, un drone ou que sais-je encore, pourvu que ça bouge ! Elles sont donc faites pour réaliser des vidéos embarquées au cœur de l’action ! Sur cette base, il est facile d’imaginer tous les usages qui peuvent en être faits pour promouvoir un lieu. En voici deux exemples, tirés d’initiatives privées et non institutionnelles, mais selon moi très inspirantes. La seconde a d’ailleurs été récompensée par l’institution concernée.

Paris by bike, une visite de Paris filmée avec une GoPro depuis un vélo :

Ile de ré :

Ce film réalisé par Art’Up s’est fait remarqué par le Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes et a reçu le Prix « Coup de Coeur » du Festival du Film de Vacances !

2. Des vidéos tournées avec des drones : pour des points de vue uniques

Parmi tous les supports utilisables pour embarquer une caméra (GoPro ou autre), l’un des plus intéressants me paraît être les drones.

L’exemple ci-dessous n’a pas été commandé par la ville filmée, en l’occurrence New York, mais il illustre parfaitement la manière dont un territoire, une ville ou un site peut être filmé par un drone pour en réaliser une sorte de visite virtuelle originale. Le film a été réalisé par Nicolas Doldinger grâce à une caméra GoPro Hero 3 fixée sur un drone DJI Phantom :

Ce film a été vu plus de 100 000 fois sur Vimeo. Et il a eu de nombreuses et belles retombées média (par ex. iciici, ici, ici, ici ou ), preuve en est de l’intérêt d’une telle approche !

En France, la ville du Pouliguen a fait l’objet d’une vidéo de ce type que je trouve très intéressante :

La vidéo a été réalisée par Christian Braut. Elle a été vue plus de 8000 fois sur Vimeo.

Le château de Guédelon, qui est en cours de construction en Bourgogne selon les techniques du 13ème siècle, a également produit une vidéo dont je ne suis pas sûr qu’elle ait été réalisée avec un drone mais cela y ressemble diablement :

La vidéo a été réalisée par l’agence Goodideas Production. Elle a été vue plus de 7000 fois sur YouTube. Où quand les technologies du 21ème siècle se mettent au service des techniques du 13ème siècle !

Enfin, je terminerai mes exemples de cette catégorie avec ce film du Grand Palais qui a la particularité d’avoir été tourné à l’intérieur du bâtiment, avec un drone octocopter ! Une belle réalisation et une belle source d’inspiration, qui a d’ailleurs été vue plus de 29 000 fois sur Viméo !

Si vous voulez découvrir d’autres vidéos tournées avec des drones, je vous invite à consulter le site smartdrones.fr, créé par Eric Dupin, du Blog Presse Citron. Eric a aussi créé récemment le premier réseau social des amateurs de photos aériennes prises par drones : dronestagr.am.

Et si vous vous posez encore la question de l’intérêt de tourner ces vidéos avec des drones, je ne peux m’empêcher de citer le même Eric, qui décrit ainsi la spécificité des photos prises par drones, une description qui s’applique pareillement à la vidéo selon moi :

Les photos par drone ne ressemblent à aucune autre. Elles ont créé véritablement un nouveau langage visuel dans l’approche d’un paysage, qu’il soit naturel, urbain, industriel, sportif, ou autre : elles sont prises généralement à quelques dizaines de mètres du sol ou du sujet, (quelques centaines parfois), utilisent la plupart du temps le full HD grand angle caractéristique des caméras d’action type GoPro (…) et cette lumière particulière apportée par ce type de matériel. Peut-être ce qu’on appelle un nouveau paradigme : plus près qu’une vue satellite, avion ou hélico, plus haut qu’une street view, plus large qu’une photo traditionnelle, plus détaillée de par sa proximité, et plus agile pour shooter des lieux sous des angles inédits, la vue aérienne par drone est unique.  (source)

Alos, convaincus ?

3. Des vidéos tournées avec des Google glass : laissez vous guider

Les Google Glass sont l’un des buzz du moment. Elles sont tellement inédites que tout le monde se demande à quoi elles peuvent bien servir. Il y a bien sûr les sceptiques, mais il y a aussi les enthousiastes et surtout les expérimentateurs, qui ne se posent pas de questions et se lancent.

Google avait d’ailleurs lancé en début d’année un programme appelé #ifihadglass, qui était un appel à idées d’utilisation des lunettes. Les heureux élus, appelés “explorateurs” par Google (Explorers), nous permettent de constater à quel point les Google Glass sont adaptées pour filmer… :

Etc. Je pense que la liste est amenée à s’allonger de manière considérable dans les prochaines années.

Pour information, à ce jour, les Google Glass n’ont été distribuées qu’aux “explorateurs” sélectionnés dans le cadre du programme #ifihadglass. Si j’en crois cet article, elles ne seront pas commercialisées avant 2014.

En ce qui me concerne, je pense que le potentiel des Google Glass est énorme. Et tout particulièrement pour filmer les sites, lieux ou monuments. J’en veux pour preuve la récente annonce de la déclinaison de l’application Field Trip sur Google Glass (Lire aussi cet article). Je m’explique : Les Google Glass sont un device qui permet d’embarquer des applications, comme c’est le cas sur une tablette ou un smartphone. Field Trip, de son côté, est une application récente de Google qui pousse aux utilisateurs des informations contextuelles (notamment géolocalisées) concernant des points d’intérêts touristiques, de loisir, de service pratique, etc. Ces informations s’affichent en surbrillance sur les Google Glass en fonction de l’endroit où l’on est et de ce qu’on regarde. Or, sur cette base, je pense qu’il pourrait être très intéressant de réaliser un film tel que ceux cités ci-dessus dans lequel les informations contextuelles poussées par Field Trip s’affichent à l’écran. Avis aux Explorers qui me liraient et voudraient se lancer. Faites moi signe si c’est faisable, et encore plus si vous le faites !

Et quand on apprend qu’un développeur vient de créer un système permettant de piloter un drone à partir des Google Glass, on se dit qu’on n’est pas au bout de nos surprises et que les possibilités qui s’offrent à nous en la matière sont immenses !

4. Des vidéos Google Earth ou Google Street View : la carte ET le territoire

On peut aussi faire des films avec d’autres technos de Google telles que Google Earth et Street View.

Le site Outdoor Emotion, qui vend des cartes et guides numériques de randonnées, propose par exemple une vidéo Google Earth spécifique pour décrire chacune de ses randonnées. C’est un élément clé de la fiche produit (voir cet exemple) dans la mesure où elle permet à l’utilisateur de se projeter de manière très réaliste dans ce que peut être le parcours de cette randonnée.

Autre exemple célèbre d’usage des vidéos Google Earth : celui qu’en fait le Tour de France pour décrire les étapes de la course. On peut les visionner sur la chaîne YouTube de l’événement.

Le Tour de France et le cyclisme semblent d’ailleurs avoir inspiré beaucoup de monde en matière de vidéos Google Earth. J’en veux pour preuve les deux exemples qui suivent.

Cycling the Alps est un site web et une application Android qui permet de parcourir les routes des alpes de manière très immersive via l’usage de Google Map et Google Earth. Plusieurs vidéos sont visibles sur la chaîne YouTube de l’auteur.

Google France s’est lancé dans un projet similaire en développant avec l’agence 84.Paris le site Your Tour, qui propose lui aussi de parcourir en vidéo les étapes du 100ème Tour de France via Google Earth, Google Street View et Google Maps.

5. Des micro-vidéos : quelques secondes pour tout dire

Dernières venues dans la galaxie des langages vidéos : les micro-vidéos réalisées avec des applications comme Vine (la créatrice du genre, propriété de Twitter) ou Instagram (initialement dédiée à la photo, propriété de Facebook). Ces applications mobiles permettent de tourner des vidéos de quelques secondes (6 pour Vine, 15 pour Instagram) publiables ensuite sur les réseaux sociaux ou sur n’importe quel site web.

Vous allez me dire : mais que peut-on faire de sérieux en 6 ou 15 secondes pour donner envie d’aller quelque part ? Et bien détrompez vous : la micro-vidéo est un vrai réservoir de créativité et une machine à storytelling ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder ce qu’en fait l’acteur Adam Goldberg dans sa série #merrittxanadu44 réalisée sur Vine et publiée sur son compte Twitter @TheAdamGoldberg. Ou cette vidéo-BD réalisée par l’agence Code Computerlove et publiée sur le site http://www.vine-comic.co.uk/. Vous trouverez d’autres idées encore sur cet article : « 10 utilisations inattendues de Vine, la nouvelle appli de Twitter« , ou celui-ci : « Five ways your brand can use Twitter’s Vine app« .

Et si vous voulez savoir ce qui se fait déjà en matière de promotion touristique, voici quelques comptes Vine qui vous intéresseront peut-être :

  • Ontario Travel, >160 followers, >30 posts
  • Iceland Travel, >300 followers, >100 posts
  • L’Office de tourisme de Hyères, >20 Followers, >15 posts
  • L’office de tourisme de l’île rousse, >27 followers, >7 posts
  • Château de Versailles, >170 followers, >5 posts
  • L’Indiana State Museum, >180 followers, >40 posts
  • Moma, >20 000 followers, >12 posts

Certes, à l’exception du MOMA, qui a un nombre de followers impressionnant, les chiffres d’audience des autres comptes sont pour l’instant plus que modestes. Mais nous ne sommes qu’au début de ce nouveau mode de communication. Et ces chiffres doivent être mis en relation avec le coût de réalisation quasi nul de ces contenus.

Il faut aussi dissocier le nombre de followers d’un compte du nombre de vues, de like ou de share de chaque vidéo, qui peut être beaucoup plus élevé.

Il faut aussi considérer que les vidéos peuvent être publiées sur le site web des institutions concernées.

Et le potentiel des vidéos tient aux plateformes sur lesquelles elles peuvent être publiées et partagées.

En effet, Vine n’existe qu’en tant qu’application mobile, sur iOS et Android. Lancé en janvier 2013, le service compte près de 15 millions d’utilisateurs à ce jour. Les vidéos durent 6 s maximum et tournent en boucle. Elles peuvent être publiées sur Twitter ou Facebook. Elles peuvent aussi être “embedded” (“embarquées”, c’est-à-dire publiées via un player) sur n’importe quel site web. Depuis mai 2013, Vine a dépassé Instagram en termes de partage quotidien sur Twitter.

Instagram existe à la fois comme application et comme site web. Le service a 130 millions d’utilisateurs à ce jour. Les clips durent 15 s maximum et ne tournent pas en boucle. Les possibilités d’édition et de “montage” sont plus élaborées que celles de Vine. Les clips peuvent être publiés sur Instagram, Twitter, Facebook, Tumblr, Flickr, Foursquare et par mail. Ils ne peuvent pas être “embarqués” (embedded).

En quoi ces deux services sont-ils intéressants ? Si l’on prend le cas de Vine, je trouve personnellement que l’application est à la fois un stimulateur de créativité et une vraie machine à buzz ! Pourquoi ? En raison de la brièveté du format, de sa simplicité de réalisation et de publication, ainsi que des caractéristiques telles que le fait de tourner en boucle. De ce fait, je trouve que les clips Vine sont comme des M&M’s qu’on grignote sans s’en rendre compte jusqu’à ce qu’on ai fini le paquet ! Il y a un côté hypnotique aussi bien à visionner les vidéos les unes après les autres qu’à se repasser le même clip en boucle plusieurs fois de suite pour bien tout voir, comprendre, apprécier ! Et pour les créateurs, la contrainte de brièveté est un vrai booster de créativité !

D’ailleurs, apparemment je ne suis pas le seul à le penser si j’en crois cette citation du blog Think Digital Travel :

What does the emergence of this new social media platform mean for the tourism industry? Getting on board with the latest trends in digital and social media is a great step for DMOs to take; destinations taking advantage of the buzz that accompanies these trends enables them to take a share of the hype. Particularly given that users are themselves taking to Vine to share their travel experiences and show off their cities, it will come naturally for a tourist board to deliver similar content. It is a quick and easy storytelling tool to encourage customer engagement, recognition and content creation and provides destinations a great opportunity to gather a regular stream of user-generated content as well. (source)

Bref, nous n’en sommes qu’au début de l’usage de ce format, et je lui prédis un bel avenir ! même si ce n’est pas l’avis de tt le monde : « Borrrrring: Why Twitter’s New ‘Vine’ App Sucks for Travelers« .

Voilà pour le premier article de cette série. Dans le prochain billet, je parlerai de vidéos qui innovent par l’usage de certains effets de tournage ou montage.