Pourquoi des écrans et des interfaces transparents ? Pour le spectacle et la contextualisation de l’information !

Pourquoi utiliser des écrans transparents ? Pourquoi créer des interfaces transparentes ? J’ai consacré de nombreux articles récents à expliquer que nous ressentions une fascination pour ce type d’écrans qui nous plongeaient dans certaines capacités fascinantes de maîtrise de notre environnement. J’aimerai compléter cette explication en identifiant aujourd’hui ce qui apparaît selon moi comme les deux grands bénéfices de ces écrans et interfaces en termes d’usage : l’aspect spectaculaire d’un côté et la contextualisation de l’information de l’autre.

Le premier point qui me paraît intéressant, c’est que les écrans transparents sont de formidables vecteurs de spectacle. Quelqu’un qui utilise un écran transparent, surtout quand il est tactile, c’est tout de suite un spectacle !

La parfaite illustration de cette caractéristique, c’est l’usage qu’en font les fabricants de tables de mixage de DJ.

Prenez la description de la console transparente QNQ sur son site internet :

QNQ est une console multitouch de 47 pouces qui modifie profondément la relation entre le DJ et son public. L’apparence visuelle époustouflante de QNQ attire le regard du public et permet au DJ de partager avec son audience l’expérience d ‘”être un DJ” . Elle crée un spectacle intime et interactif, où le public arrive à regarder et sentir tout ce que touche le DJ.

L’appareil peut également être un moyen amusant et interactif pour les marques de faire connaître leurs produits et de toucher directement un public engagé.

Le site QNQ possède d’ailleurs des photos qui restituent bien cette capacité de la console à créer une expérience spectaculaire. Sur l’une d’elle on peut d’ailleurs lire “Looks matter”.

La console tactile transparente QNQ

La console tactile transparente QNQ

La console en action :

Même argumentaire exalté sur le site de Smithson Martin à propos de leur console transparente Emulator Dual View Screen :

C’est l’expérience la plus révolutionnaire de ces 30 dernières années pour les artistes de scène ! DVS Emulator est le premier système de contrôle MIDI réellement multitouch qui permet à la foule, grâce à un écran tactile transparent géant, de voir exactement ce que fait l’artiste.

L’art du DJ intègre désormais les jeux de lumières des clubs, c’est un nouveau niveau de performance !

Emulator peut également être utilisé comme un pupitre multitouch ou un outil de présentation pour des réunions ou des conférences. Il rend les événements d’entreprise plus interactifs car le pupitre est transparent ce qui permet au public de voir à travers tout en regardant le présentateur. L’attention du public est accrue et les présentateurs se sentent soutenus par cette nouvelle technologie !

Je crois que ça se passe de commentaires !!! Par contre, si vous voulez des images, on en trouve sur le site de l’agence d’événementiel A-BLOK, qui organise des soirées avec ce type de matériel :

Vous trouverez une multitudes d’autres vidéos sur YouTube si vous le souhaitez.

Avec ces pupitres interactifs transarents, A-BLOK organise aussi des performances de digital live painting :

Là aussi, si ça vous intéresse, d’autres vidéos de digital live painting sont visionnables sur YouTube.

Enfin, elle propose également ce matériel pour des séminaires et conférences :

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Le pupitre transparent utilisé lors d’une conférence

Une autre illustration flagrante du côté spectaculaire des écrans transparents, c’est la fameuse démo d’un dispositif multitouch par Jeff Han lors d’un TED talks en 2006. Le pupitre était transparent, ce qui accentuait l’aspect spectaculaire de la démo :

Passons maintenant des écrans aux interfaces transparentes. Même sans écran, ces dernières ont elles aussi des capacités surprenantes à créer du spectacle. L’une des meilleurs illustrations de cette caractéristique me paraît être la fameuse vidéo de Hans Rosling où il explique en 4mn le progrès des différents pays du monde au cours des 200 dernières années :

Dans cette vidéo, le dispositif de transparence (appelez ça réalité augmentée, motion design ou ce que vous voulez, peu importe…) n’apporte rien à l’information en soi. Hans Rosling aurait tout aussi bien pu faire la même démonstration avec un dispositif plus classique, comme il l’a fait par exemple lors d’un TED Talks. Par contre, cela donne une dimension éminemment spectaculaire à la vidéo et à la démonstration. Et je ne veux pas seulement parler de l’effet Whaouh que peut déclencher, la première fois qu’on le voit, ce qui peut apparaître ici comme une innovation et qu’on ne ressent plus quelque temps après. Je veux parler de la fascination que crée la superposition du speaker et des données, l’aspect lumineux des signes graphiques que l’on retrouve souvent dans les interfaces transparentes et finalement la danse que composent ensemble l’animation des données et les mouvements du speaker !

Pour être précis, je n’oublie pas que le succès de cette vidéo tient autant au fond qu’à la forme, c’est-à-dire à la performance de l’analyse des données et à leur explication aussi synthétique et pédagogique en 4 mn !

Quoi qu’il en soit, cette dimension spectaculaire des interfaces et des écrans transparents me semble être également une explication au succès de l’utilisation des (pseudo-)hologrammes dans les spectacles et les défilés de mode, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler dans un précédent article.

Enfin, puisque j’en suis à évoquer des sujets que j’ai déjà abordés, cette capacité à créer du spectacle est également, selon moi, ce qui fait que les publicités et les films de science fiction raffolent autant des écrans et des interfaces transparentes. Certes, il y a la fascination pour la transparence en soi et ce qu’elle signifie, comme je l’ai déjà expliqué dans ces précédents articles, mais s’ajoute aussi à cela selon moi le côté spectaculaire des images ainsi créées, comme je l’ai d’ailleurs déjà souligné à la fin de ce même article. C’est particulièrement vrai selon moi dans le film Iron Man, notamment dans la scène où il manipule un plan de ville sur une interface hologrammique :

Dans cet extrait, comme pour la vidéo de Hans Rosling, on est fasciné par la danse que composent à l’écran les mouvements de l’interface et ceux de l’acteur, accentués par les mouvements de caméras. C’est une vraie chorégraphie des corps et des signes rendue possible par la transparence !

Voilà pour la capacité des écrans et interfaces transparentes à créer du spectacle.

L’autre point que je voulais aborder est leur capacité à contextualiser l’information.

Le premier exemple auquel je pense est la réalité augmentée. Son principe même repose sur la superposition des signes à une image de la réalité. Qu’on soit donc dans une transparence réelle ou simulée, la réalité augmentée n’est possible que par la transparence. Or, à quoi sert ici la transparence ? A superposer l’information à ce que l’on voit en un lieu donné et dans une direction donnée. Et dans cette situation, “ce que l’on voit en un lieu donné et dans une direction donnée” nous est donné par le contexte, nous le subissons, nous l’explorons, tandis que l’information nous est fournie par un appareil et un système d’information, qui disposent de caractéristiques qui mettent en relation cette information avec l’environnement réel, qui relient donc le virtuel au réel, le sémiotique au réel.

réalité_augmentée

La transparence est une caractéristique clé de la réalité augmentée

Dans le cas des réfrigérateurs à porte transparente dont j’ai déjà parlé, l’intérêt de la transparence est notamment de pouvoir mettre l’information en contexte avec ce qui se trouve à l’intérieur du réfrigérateur, comme on peut le voir sur cette vidéo :

Mais la transparence n’agit pas seulement dans la mise en relation de l’information issue d’un appareil avec l’environnement de cet appareil et de son utilisateur : elle peut aussi être utilisée pour contextualiser l’information au sein d’une interface, sur un même écran, comme l’explique cet article de Mashable, à propos de l’interface graphique d’iOS 7, le nouvel OS de l’iPhone :

Le nouveau design plat, qui abandonne la vieille esthétique skeuomorphique d’iOS, est une véritable merveille. Jony Ive s’est surpassé en créant des couches de conception translucides de telle sorte que lorsque votre clavier s’affiche à l’écran, vous pouvez toujours avoir une idée de ce qu’il y a en dessous

D’ailleurs, on peut lire le même argument sur le site d’Apple :

Des couches fonctionnelles distinctes contribuent à donner de la profondeur et à instaurer de l’ordre et de la hiérarchie. L’effet de transparence permet d’avoir une meilleure perception du contexte.

A défaut d’avoir encore le nouvel iOS sur votre iPhone, vous pouvez avoir un aperçu de ce que ça donne sur cette page d’Apple qui propose des animations de certaines fonctionnalités de l’OS.

Un aperçu d'iOS7

Un aperçu d’iOS7 où les couches inférieures apparaissent de manière floue à travers la couche supérieure

Plutôt que de transparence, il s’agit en fait d’un aspect translucide des différents calques : la transparence est très floutée. On voit cet aspect à l’oeuvre sur les menus du bas lors du défilement des contenus ou lors de l’affichage du clavier, par exemple pour l’app Messages.

Il existe également sur certaines apps des effets de transparence légèrement différents, voire inattendus, mais diablement intéressants. C’est le cas notamment de l’app Météo, qu’Apple a délibérément mise en avant dans sa communication autour du nouveau design de l’OS. Dans cette app, des animations se jouent en image de fond, sous les textes d’information, qui sont donc sur une couche totalement transparente en dehors de la présence graphique des signes.

Une animation est présente sur cette page du site d’Apple qui permet de visionner cet effet.

Les différents effets graphiques de l'app Météo d'iOS7

Les différents effets graphiques de l’app Météo d’iOS7

Ici, l’information n’est pas vraiment mise en contexte, elle est illustrée. Une image (un signe visuel cherchant à ressembler à une réalité tangible) s’ajoute à des signes linguistiques (textes) et iconiques (symboles graphiques liés par une ressemblance à ce qu’ils représentent). Cette illustration n’apporte aucune information supplémentaire, si ce n’est montrer ce qu’est de la pluie à quelqu’un qui n’en aurait jamais vu !! En fait, elle est totalement redondante par rapport au texte et aux symboles. Elle se contente juste d’ajouter de l’immersion à l’information.

Apple va cependant plus loin dans son interprétation de cette animation. Sur la même page que celle citée tout à l’heure on peut lire :

Les interactions sont dynamiques, les animations cinématographiques, et l’ensemble prend vie de façon inattendue, quoique parfaitement naturelle. Ouvrez, par exemple, l’app Météo et vous comprendrez tout de suite. La grêle s’abat sur le texte, tandis que la brume le recouvre partiellement. Les orages s’annoncent par des nuages et des éclairs. Maintenant, consulter la météo en ligne, c’est un peu comme regarder par la fenêtre. (c’est moi qui souligne) (source)

Cette dernière phrase mérite le détour : pour Apple, en proposant des animations en fond d’écran, l’app Météo permet de voir sur son écran ce que l’on peut voir au même moment autour de soi. C’est donc une sorte de transparence par métaphore ! “C’est un peu comme regarder par la fenêtre !”

Il est quand même étonnant, alors qu’Apple revendique l’abandon du skeuomorphisme dans iOS7, qu’il mette ainsi en avant dans une app du même OS des signes qui fonctionnent eux aussi par ressemblance avec la réalité matérielle. Chassez le naturel, il revient au galop !

Voilà en tous cas qui clôt cet article. Je terminerai juste en rappelant que dans un article récent, j’avais proposé une méthode d’analyse des plans des interfaces. Je trouve que le propos de la seconde partie de cet article sur la contextualisation de l’information par la transparence se prête particulièrement bien à une analyse par couches des interfaces concernées. J’aurai donc l’occasion d’y revenir dans de prochains articles. Alors à bientôt !

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Vers une information toujours plus contextuelle, selon le lieu et le moment.

La numérisation croissante de nos activités quotidiennes, qu’elles soient privées ou professionnelles, produit toujours plus d’informations. Dans ce contexte, lutter contre la surcharge informationnelle au travail est devenu un vrai serpent de mer pour les entreprises. Heureusement que certains optimistes comme Clay Shirky nous donnent du courage en nous expliquant que “ce n’est pas un problème de surcharge d’information, c’est un défaut de filtre”.

La quête du filtre ! Voilà désormais le nouveau Graal du management de l’information, que ce soit en entreprise ou à titre privé (voir mon précédent article sur les filtres dans les activity streams) ! Et pour l’atteindre, tout le monde s’accroche à une formule magique bien connue depuis des années : “la bonne information, à la bonne personne, au bon moment”. Son décryptage opérationnel, hélas, reste encore aujourd’hui mystérieux ! Mais cela ne décourage pas de nombreux éditeurs de logiciels. Et ils ont bien raison, car les innovations en la matière proposent désormais chaque jour des solutions plus intéressantes les unes que les autres.

Trois d’entre elles ont récemment attiré mon attention. Leur point commun est d’aborder le problème, ou plutôt la solution, par le biais de la contextualisation. Ça n’est évidemment pas le seul angle d’attaque possible de la question. D’autres solutions utilisent par exemple celui de la personnalisation, qu’elle soit implicite ou explicite (nous y reviendrons sans doute dans de prochains articles). Ici, la contextualisation consiste à dire que l’information mise à disposition de l’utilisateur varie suivant le lieu où il se trouve et/ou le moment. Comme on peut s’y attendre, tout cela repose sur l’utilisation d’appareils mobiles, smartphones ou tablettes.

1. Modifier les flux d’information en fonction du moment de la journée

Le premier exemple concerne la contextualisation temporelle. Il nous est fourni par Chameleon, une application Android disponible depuis l’été 2012. Pour l’anecdote, Chameleon est un projet financé par crowdfunding via Kickstarter, une plateforme qui a décidemment le vent en poupe. Il devait recueillir 50 000 dollars de fonds, ce qui a été atteint en quelques semaines. Chameleon n’est pas un produit dédié à l’entreprise ou à un usage professionnel, mais je trouve qu’il s’adapte particulièrement bien à ce contexte. Il mériterait d’ailleurs d’être décliné pour…

Avant d’aborder le point qui nous intéresse, il faut d’abord dire un mot sur l’interface. Chameleon se présente comme un portail avec des widgets affichant différents contenus et services. L’idée derrière l’application est de proposer un design homogène des widgets afin d’optimiser l’expérience utilisateur. Le nombre de widgets disponible est donc volontairement restreint pour l’instant et devrait augmenter progressivement. De ce point de vue, il est intéressant de noter à quel point la mise en oeuvre d’une logique de portail sur une tablette change la donne par rapport à son usage dans un navigateur desktop ! Le nombre restreint de widgets sur chaque page-écran apporte ici une grande lisibilité à ces dernières. Et le choix de passer d’un écran à l’autre par slide plutôt que de scroller verticalement se fait avec une telle fluidité qu’on en oublie presque qu’on change de page. Bref, l’expérience de navigation semble très agréable.

L'interface de Chameleon

L’interface de Chameleon est composée de widgets personnalisables

Mais revenons à notre propos initial : la contextualisation. On notera tout d’abord, que l’application permet de personnaliser l’affichage des widgets et de leur contenu, et ceci de manière très intuitive. C’est une première chose. Mais surtout, et c’est là où je voulais en venir, l’application propose une fonctionnalité très simple, mais que je trouve très maline : elle offre la possibilité à l’utilisateur de “programmer” l‘affichage de différents widgets en fonction du moment de la journée. L’idée derrière est que l’on n’a pas les mêmes besoins d’information le matin chez soi, ou dans les transports, ou pendant sa journée de travail, ou à la pause déjeuner, etc. Ceci est évidemment particulièrement vrai dans le cas d’une application mobile. Mais je pense qu’on pourrait tout à fait trouver des usages pertinents similaires sur les desktop. Je vous invite à consulter la vidéo ci-dessous pour juger par vous-même.

 

2. Se connecter à des flux d’informations locaux au gré de ses déplacements

Venons en maintenant à la contextualisation géographique. C’est l’innovation qu’a annoncé en début d’année, et que devrait lancer prochainement, Tibco sur son application sociale Tibbr (dont la version 4 vient justement d’être lancée). L’application qui m’intéresse s’appelle TibbrGeo. Elle s’appuie sur le mode de fonctionnement de Tibbr, qui propose à ses utilisateurs de créer des flux de données-activités gérés par des tags conçus comme des “sujets”, auxquels les utilisateurs peuvent ensuite s’abonner et lire dans leur Activity stream.

TibbrGeo ajoute à ce mode de fonctionnement le principe de la géolocalisation : les “sujets” correspondent à des lieux. Les lieux sont géotaggués. En fonction de mes déplacements, je vais donc pouvoir accéder au flux d’informations du lieu où je me trouve (geo data hubs). L’idée ici est que je n’ai besoin de ces informations que lorsque je suis dans le contexte de ma présence dans le lieu concerné. Et si je change de lieu, je pourrai me connecter à un autre flux de données, correspondant cette fois-ci au nouveau lieu où je me trouve, etc.

Je pense que ce mode de fonctionnement correspond parfaitement au principe du filtre intelligent qui m’apporte “la bonne information, au bon moment, au bon endroit” et m’assure plus d’efficacité ou de productivité. Je vous invite à regarder la vidéo, aussi explicite qu’inspirante :

 

3. Contextualisation géographique ET temporelle à la fois avec Google Now

Bénéficier des deux modes de contextualisation précédents, c’est ce que semble proposer Google Now, la nouvelle application mobile de Google.

Google Now

Google Now propose des informations qui varient selon le contexte temporel et géographique

Sur la page de présentation de l’application, on peut lire le texte suivant, qui met surtout l’accent sur la contextualisation temporelle, et qui semble un parfait résumé de mon propos sur ce sujet en début d’article :

Google Now gets you just the right information at just the right time.

It tells you today’s weather before you start your day, how much traffic to expect before you leave for work, when the next train will arrive as you’re standing on the platform, or your favorite team’s score while they’re playing. And the best part? All of this happens automatically. Cards appear throughout the day at the moment you need them.

La vidéo ci-dessous, quant à elle, évoque aussi bien la contextualisation temporelle que géographique :

 

Qu’ils aient été imaginés dans un contexte d’entreprise ou privé, les dispositifs ci-dessus, et tous leurs équivalents, me paraissent avoir un intérêt des plus réels pour les entreprises et leurs employés. Qu’en pensez-vous ?

Activity stream : Quels filtres peuvent être utiles aux utilisateurs pour gérer leurs flux d’activités ?

Hérité des médias sociaux grand public, l’activity stream, ou mur d’activités, est devenu l’une des fonctionnalités clés des réseaux sociaux d’entreprise. Grâce à cette fonctionnalité, chaque employé est tenu informé en temps réel de “toutes” les activités qui le concernent. Ou plus exactement, de toutes celles qui remontent via la plateforme. Cela peut donc concerner aussi bien les activités internes à la plateforme que celles en provenance de services auxquels la plateforme est connectée, soit par l’administrateur soit par l’utilisateur lui-même (Ex. : flux RSS en provenance du web ou flux d’applications métiers internes).

Dans certains cas, le flux d’activités peut cependant être très actif et l’utilisateur peut vite se sentir submergé par les messages et les notifications. C’est là où les fonctionnalités de filtre et de management du flux ont tout leur intérêt.

Filtres implicites et explicites

Une première distinction doit être faite entre les filtres gérées par la plateforme elle-même, donc de manière implicite pour l’utilisateur, et ceux que peut gérer explicitement l’utilisateur. Certaines plateformes sociales disposent en effet d’un algorithme qui sélectionne d’emblée et par défaut les activités remontant dans le newsfeed des utilisateurs. Des critères tels que « les activités des groupes les plus actifs » ou « des plus grandes communautés » peuvent par exemple être utilisés. Ce principe de filtres implicites évite justement un trop grand afflux d’activités. Mais il doit avoir comme corollaire la capacité pour l’utilisateur de pouvoir à sa demande et à tout moment afficher toutes les activités d’une communauté ou de toutes les communautés, etc. De l’autre côté, la plupart des plateformes sociales proposent aux utilisateurs des filtres permettant d’afficher uniquement les activités relatives à tel critère donné. Ce sont ces filtres que nous allons détailler; filtres qui peuvent évidemment être utilisés aussi dans les filtres implicites, mais qui nous intéressent moins dans la mesure où ils ne sont pas manipulables par les utilisateurs.

Six principaux types de filtres des flux d’informations

Selon moi, les filtres activables sur un activity stream ou sur une plateforme devraient, a minima, permettre aux utilisateurs de sélectionner et trier 6 grands types d’informations :

  • Les activités publiques de la plateforme, celles qui sont destinées à tout le monde dans l’entreprise. Cette catégorie comporte évidemment beaucoup de bruit et représente les messages et notifications les moins liées aux tâches opérationnelles concrètes des utilisateurs. Il doit pouvoir être facile pour l’utilisateur de masquer ou de faire apparaître ces messages d’un simple clic lorsqu’il le souhaite.
  • Les activités des groupes et communautés auxquels l’utilisateur a accès. Cette catégorie s’appuie sur l’une des fonctionnalités clés de la plupart des applications de réseau social, à savoir la gestion de communautés et espaces de travail. Elle est beaucoup plus pertinente que la précédente pour le travail quotidien de l’utilisateur. Ce dernier doit cependant là aussi pouvoir choisir de masquer ou d’afficher d’un simple clic lorsqu’il le souhaite les activités de chacun des groupes et communautés qui le concernent.
  • Les activités des individus, documents, espaces, etc. que l’utilisateur a choisi spécifiquement de suivre via un abonnement ou une fonctionnalité de type “I follow”. Dans ce cas, la gestion de l’affichage des activités par l’utilisateur va donc de soi puisque c’est lui qui a choisi ces flux.
  • Les activités de l’individu lui-même. Cette catégorie n’aide pas l’utilisateur à se tenir informé, mais plutôt à revenir sur ce qu’il a lui-même partagé.
  • Les messages qui sont adressés personnellement à l’utilisateur. Cette catégorie est celle qui ressemble le plus à la messagerie électronique classique. Elle conduit à se poser la question de l’arbitrage entre ces deux canaux : faut-il lire ses mails ou ses messages personnels dans l’activity stream ? ou notifier les messages de l’activity stream dans la messagerie ? Lequel deviendra le hub privilégié de l’utilisateur ?
  • Les notifications en provenance des applications métiers de l’utilisateur et qui le concernent.

Proposer des filtres sur chacun de ces types d’informations permet à l’utilisateur de gérer finement et en toute souplesse l’information entrante. Mais ça n’est pas tout, car il existe des fonctionnalités de suivi encore plus personnalisées ou élaborées.

Suivre n’importe quel sujet d’intérêt via des tags

Certaines solutions permettent en effet de s’abonner à un tag, ce qui permet de faire remonter en temps réel tous les messages et notifications associées à ce tag. C’est le cas, si je ne me trompe pas (je compte sur vous pour me le dire), de Tibco Tibbr, VMWare SocialCast ou encre Cisco Webex Social. Pour qu’elle soit pleinement pertinente, cette solution nécessite toutefois qu’on mette en place une gestion fine de ces tags. S’il s’agit de suivre les tags spontanés des utilisateurs, il risque d’y avoir à la fois beaucoup de bruit et beaucoup de lacunes dans les flux générés. Je trouve par contre beaucoup plus pertinent de gérer de manière collective des tags sur le modèle des hashtags de Twitter. On peut ainsi rendre public un tag lié à un événement ou un sujet qui justifie à la fois une production de messages d’un côté et une attention-intérêt-audience de l’autre. On sait ainsi explicitement pourquoi on suit un tag.

Un suivi à la demande, fin et souple, pour apporter de la pertinence

Ce canal peut être temporaire. Cela risque même d’être le plus souvent ainsi. Ce qui répond certainement au besoin de finesse et de souplesse dans le suivi dont je parlais tout à l’heure. Et si l’exemple des événements suivis via Twitter nous laisse d’abord imaginer des usages en marge de l’activité business quotidienne des employés (événements internes, etc.), je pense qu’on peut aussi très bien imaginer tous les usages que l’on peut en faire dans le cadre de l’activité professionnelle quotidienne. N’est-on pas effectivement fréquemment concentré sur un événement, un sujet, une tâche qui change en permanence ? Ces sujets peuvent être très ponctuels pour nous, mais pérennes pour l’entreprise. L’idée serait alors ici de pouvoir se concentrer sur une source d’information quelconque uniquement pendant le temps pendant lequel c’est nécessaire, pour ensuite pouvoir passer à une autre source d’information. Ces sources peuvent être pérennes ou ponctuelles, et gérées de manière décentralisées, mais avec une dimension publique avérée : elles sont mises au service de l’ensemble des employés de l’entreprise ou d’un groupe donné dans l’entreprise.

La solution de réseau social Tibco Tibbr permet ce mode de fonctionnement. Les tags sont ici appelés “Sujets” et disposent d’un mode de gestion spécifique. Ils peuvent être créés et gérés en tant que “Sujets”. Les utilisateurs peuvent les suivre ou s’en désabonner au besoin.

La gestion des "Sujets" dans Tibco Tibbr

La gestion des « Sujets » dans Tibco Tibbr

A partir de ces fonctionnalités gérées par les utilisateurs, certaines plateformes apportent un surcroît d’intérêt au dispositif en proposant aux utilisateurs des recommandations de tags ou de “Sujets” sur la base des tags et des “Sujets” déjà suivis par l’utilisateur. C’est là un mécanisme de personnalisation qui accroît la pertinence et l’intérêt de la fonctionnalité.

Créer et suivre des flux d’activité sur mesure et à la volée

Comme je l’avais évoqué dans un précédent article, Tibco devrait prochainement proposer une fonctionnalité encore plus élaborée de génération et de suivi de tags géolocalisés. Le principe est simple : des flux d’informations seront associés à des lieux via des “tags géolocalisés”. Il deviendra possible pour une personne qui se déplace fréquemment, de se connecter aux flux des lieux où elle se trouve au moment où elle s’y trouve, et de s’en déconnecter lorsqu’elle se trouve ailleurs. La pertinence est contextuelle. Elle est extrêmement efficace.

Au-delà d’un usage interne, on imagine également assez bien comment ces flux d’informations pourraient être proposés par les entreprises à leurs clients ou par les organisations à leurs utilisateurs. Ce sera l’objet d’un prochain article.