Quelle est la contribution du numérique à l’économie française ? (suite et fin)

(lire la 1ère partie de cet article)

3. Quelle est la part du numérique dans l’emploi ?

La contribution du numérique à l’emploi est certainement le chiffre qui suscite le plus de débats, tant il est au cœur d’enjeux politiques et sociaux.

Si je me réfère encore au chiffre mis en avant par le Conseil National du Numérique (CNN) lors du récent lancement de la contribution nationale pour la République numérique, le chiffre qui fait référence est celui du bilan du Plan France Numérique 2012-2020, qui prévoyait, en 2012, que le numérique participerait à la création de 450 000 emplois entre 2010 et 2015. Ce chiffre est identique à celui du rapport de McKinsey en 2011.

Dans son rapport de 2011, McKinsey indiquait en effet qu’en 2009 “la filière internet occupait 1,15 millions d’emplois directs, indirects et induits” et précisait : “En l’espace de 15 ans, Internet a permis la création nette de 700 000 emplois, soit un quart du total des créations nettes d’emplois en France sur cette période.” McKinsey prévoyait qu’internet contribuerait “à la création nette d’environ 450 000 emplois directs et indirects à l’horizon 2015.”

Selon Wikipedia, ces chiffres ont été “contestés par l’association MUNCI qui, en s’appuyant sur des statistiques publiques, affirme que l’économie numérique a créé moins de 300 000 emplois sur cette période. » (wikipedia)

Mais de quoi parlent ces trois sources ? Le CNN parle « du numérique », McKinsey 2011 parle de « la filière internet », tandis que Wikipedia, faisant référence à MUNCI, parle de « l’économie numérique ». Tout cela n’est pas très clair.

Dans son rapport de 2014, Mc Kinsey essaie d’avoir une vision plus précise et indique :

“Nos analyses indiquent que le secteur numérique fournit – soit de manière directe, soit de manière indirecte ou induite – entre 1,5 et 2 millions d’emplois en France, soit plus de 6 % du total de l’emploi salarié. Plus précisément :

  • Les secteurs coeurs du numérique emploient directement 880 000 personnes. Ces emplois représentent 3,3 % du total de l’emploi salarié en France. La programmation informatique, le conseil et les activités informatiques associées en constituent la plus grande part (40 %), suivis par les télécommunications (20 %).
  • A cet ensemble s’ajoutent entre 700 000 et 1 million d’emplois indirects et induits, soit 2,9 % à 4,4 % de l’emploi salarié. Les emplois indirects sont ceux générés par les activités numériques dans des secteurs qui fournissent des biens ou services consommés par les entreprises du secteur. La logistique en constitue un bon exemple, qui voit son activité tirée par le e-commerce. Les emplois induits existent quant à eux grâce à l’activité économique engendrée par les employés du secteur numérique via leurs salaires. Nous estimons que ces effets indirects et induits correspondent à un multiplicateur compris entre 1,8 et 2,2 pour chaque emploi direct du numérique.

Au final, la part des emplois du numérique dans le total de l’emploi est inférieure au poids du numérique dans le PIB total. Autrement dit, le secteur numérique est moins intensif en emplois que la moyenne des autres secteurs. Cela traduit le fait que les emplois du numérique affichent une productivité moyenne plus élevée.”

Pourtant, toujours selon McKinsey, le numérique serait malgré tout “un « secteur » une fois et demi plus pourvoyeur d’emplois que l’agro-alimentaire par exemple.”

Quoi qu’il en soit, le dernier point du long paragraphe précédent soulève une vraie question : le numérique crée-t-il vraiment des emplois, non seulement en lui-même, mais également dans la société dans son ensemble ?

Les opinions se déchirent sur le sujet.

a) Commençons par les optimistes. Ils ont souvent une approche sectorielle et/ou à court terme.

Courant 2014, alors que les chiffres du chômage ne cessent de s’aggraver, le magazine de Microsoft Regard sur le numérique consacre plusieurs articles à la question :

    • 23 juin : Innovantes, créatrices d’emploi : les start-ups françaises en ont sous le pied.
      • Cet article cite une étude de EY et France Digitale auprès de 116 start-ups qui auraient créé 1376 emplois en un an, dont 90% de CDI.
    • 29 juillet : Les métiers du numérique, meilleur vivier pour lutter contre le chômage
      • Cet article en cite un autre de Capital qui rappelle que « 100 000 postes sont créés chaque année en Europe dans le secteur du numérique ». Il indique également que “selon la Commission Européenne, 900 000 postes seront à pourvoir en 2015 dans ce secteur dans l’ensemble de l’Union”, tandis que “le Syntec numérique en prévoit quant à lui 38 000 d’ici à 2018” en France.
    • 21 août : Chômage : le numérique à la rescousse ?
      • Cet article indique que “le secteur du numérique recrute massivement : le Syntec Numérique, qui représente plus 1 250 entreprises du monde du numérique, émet chaque année 20 000 à 30 000 offres d’emploi, dont 10 000 en création nette. Un chiffre d’autant plus intéressant que 93% de ces offres concernent des CDI.”

Plus récemment, Frenchweb citait également le Syntec Numérique, selon qui les éditeurs de logiciels auraient créé 10 000 emplois en 2012 et 2013, pour un nombre total de 107 437 emplois actifs.

Début Août 2014, dans un rapport sur l’impact économique de l’App Store, Apple indiquait de son côté que son magasin d’applications mobile aurait contribué à créer directement 500 000 emplois en Europe depuis sa création en 2008 (source).

En début d’année, RTL s’était alliée avec Syntec Numérique pour organiser une journée de l’emploi. Dans un article écrit pour présenter l’événement et intitulé Le numérique, un secteur créateur d’emploi, on peut lire que “le numérique pourrait créer 35.000 emplois en France d’ici à 2018” et que “34 000 recrutements sont attendus en France en 2014”.

Dans un article intitulé Étude : comment le numérique crée de l’emploi en Europe le site RégionsJob évoque l’enquête « High-Technology Employment in the European Union » publiée en décembre 2013, par Maarten Goos, Ian Hathaway, Jozef Konings et Marieke Vandeweyer de l’Université catholique de Louvain en Belgique. Il précise :

“Entre l’an 2000 et 2011, l’emploi numérique a progressé partout en Europe. Les emplois du secteur ont augmenté de 20% sur la période, contre 8% pour l’ensemble des emplois. (…) la France n’est pas à la traîne : 3,2 millions d’emplois sont directement concernés, soit 12,4% de l’ensemble des postes en activité. Entre 2000 et 2011, l’emploi numérique a progressé de 25%, un chiffre à comparer avec les 12% de croissance globale de l’emploi en France sur la période. “

Pendant ce temps, le site Cafeine.tv prépare quant à lui une émission autour de la question Le Cloud peut-il aider à renverser la courbe du chômage ?

Or, justement, le 13 octobre on apprenait que la Commission européenne venait de signer un partenariat public-privé (PPP) avec un consortium d’industriels dans le but d’injecter 2,5 milliards d’euros dans les technologies du Cloud et du Big Data pour « permettre aux fournisseurs européens de conquérir jusqu’à 30% du marché mondial de la donnée » et “déboucher sur la création de 100 000 nouveaux emplois d’ici à 2020”.

Quels que soit le détail de ces chiffres, ils défendent tous la même idée : les entreprises du secteur numérique (c’est-à-dire les Sociétés de service numérique (ex-SSII), les éditeurs informatiques, les pure-players du e-commerce, les startups technologiques, les société de conseil informatique, etc.) créent de l’emploi. A titre personnel, étant donné le contexte de développement du numérique dans les affaires et dans la société, je serai tenté de dire : « Encore heureux ! C’est le moins qu’on puisse en attendre ! » Pourtant, plusieurs paramètres peuvent inquiéter :

  • En premier lieu, la remarque faite par McKinsey et déjà citée plus haut : « La part des emplois du numérique dans le total de l’emploi est inférieure au poids du numérique dans le PIB total. Autrement dit, le secteur numérique est moins intensif en emplois que la moyenne des autres secteurs. Cela traduit le fait que les emplois du numérique affichent une productivité moyenne plus élevée. »
  • En second lieu, on trouve également des sources qui indiquent des chiffres négatifs en matière de création d’emploi dans le secteur numérique, comme nous allons le voir tout de suite !

b) A côté de ces voix optimistes ou volontaristes, d’autres plus discordantes se font entendre. Elles ont souvent une vision plus globale et à plus long terme.

C’est le cas d’Olivier Ezratty, qui l’année dernière a consacré à cette question un billet de blog très détaillé intitulé Les faux-semblants de l’emploi dans le numérique. Olivier Ezratty considère que l’étude de McKinsey de 2011 a été “commanditée par Google France” (En tous cas, Google a “soutenu” cette étude, comme le document l’indique p4) et qu’elle a servi ensuite une “campagne de communication” visant à promouvoir l’emploi dans le numérique. Il note, en se réjouissant du résultat mais en regrettant la manière (c’est ce qu’on devine), que “l’étude a été reprise à l’envie” ensuite, et que “la campagne de communication a bien fonctionné puisqu’elle a servi à justifier tout un tas d’actions plutôt bien vues pour accompagner les entreprises du secteur et notamment les startups.”

Pour autant, Olivier Ezratty rappelle que l’association MUNCI a critiqué ces chiffres en fournissant des estimations moitié moindre. Il cite plusieurs autres sources allant dans le même sens. A lire son article, on comprend que la difficulté de la question vient de savoir ce que l’on mesure. On le voit notamment lorsqu’il en vient à citer des statistiques de l’INSEE :

“Je suis allé à la source de ces données : la base ALISSE de l’INSEE. Qu’indique-t-elle ? Que sur la période 2008 à 2012, les emplois dans le numérique ont baissé ! –1% dans les télécoms (c’est avant l’effet Free Mobile), –6% dans les services informatiques, –8% dans l’édition de logiciels et –2% dans la publicité, une catégorie qui abrite surement les nombreuses agences de conseil qui intègrent peu ou prou du numérique dans leur valeur ajoutée. Ici, l’effet n’est probablement pas sectoriel mais simplement lié à la crise économique post-Lehman. Mais ces données contredisent les sources du Syntec que sont le BIPE et pôle emploi. C’est probablement lié aux contours flous de certains secteurs du numérique et aux nombreuses manières de segmenter les entreprises dans leurs différents métiers.”

Des chiffres qui se contredisent, d’autres qui sont flous alors même qu’on est ici dans une optique clairement sectorielle : comment peut-on se faire une idée précise dans ces conditions ?

De la querelle des chiffres micro…

Cette querelle des chiffres, on la retrouve parfaitement résumée dans cet article de l’Usine digitale.

.. à une vision plus long terme et macro

En l’absence de données plus sûres et plus précises de la part des organismes nationaux (services publics ou syndicats), la manière la plus intéressante de prendre les choses me semble être d’avoir une vision plus large et à plus long terme, comme celle que l’on retrouve chez plusieurs chercheurs que cite Olivier Ezratty. C’est notamment le cas de Marc Giget, selon qui le numérique détruit d’abord des emplois (sur certains métiers ou secteurs) avant d’en recréer (sur de nouveaux métiers ou secteurs). Marc Giget prolonge en cela les travaux de Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, deux chercheurs de la MIT Sloan School of Management, que cite également Olivier Ezratty. Il résume ainsi leur pensée :

“Ils expliquent comment les technologies numériques ont créé un solde négatif d’emploi, principalement au détriment des emplois moyennement qualifiés de la classe moyenne. Ne restent que des emplois fortement qualifiés (ceux des industries du numérique) et des emplois faiblement qualifiés (que l’on ne peut pas facilement remplacer par des machines et des logiciels). Et les emplois créés dans la première catégorie (dont les fameux 300 000 de la Silicon Valley) ne suffisent pas du tout à compenser les pertes de millions d’emplois dans la classe moyenne. Des pertes qui ne s’expliqueraient pas seulement pas la délocalisation des usines en Asie mais par l’augmentation de la productivité dans les services liés aux usages du numérique.”

Pour en savoir plus sur les travaux de Brynjolfsson et McAfee :

Ou d’autres similaires :

  • Jaron Lanier, prospectiviste de Microsoft Research, dans son ouvrage “Who Owns the Future”

La dernière pierre à ce lourd édifice a été posée tout récemment par le cabinet Roland Berger Consulting, qui estime, dans son étude Les classes moyennes face à la transformation digitale, que le numérique pourrait supprimer jusqu’à 3 millions d’emplois en France à l’horizon 2025, non seulement dans la production de biens matériels, mais aussi dans les services !

Cette étude très intéressante mérite qu’on s’y arrête un instant.

Premier point : l’étude analyse l’impact de la digitalisation de l’économie sur l’emploi. Son champ d’étude est donc large et non sectoriel. Par « digitalisation de l’économie », Roland Berger Consulting désigne « la révolution digitale, qui a commencé avec l’essor d’Internet dans les années 2000, et qui est aujourd’hui unanimement qualifiée de « troisième révolution industrielle ». L’intérêt de l’étude est notamment de replacer cette « révolution » dans une perspective historique :

« Comme les deux précédentes (celle de la vapeur au XIXe siècle, et celle du moteur à explosion associé à la télétransmission au XXe siècle), elle
constitue une transformation radicale des modes de production, qui a ensuite des effets en cascade sur l’ensemble de l’organisation économique et sociale. A chaque révolution industrielle, les facteurs de production (le capital mobilisé, le travail à accomplir) changent de nature. La révolution digitale se caractérise par une extension sans précédent des possibilités d’automatisation, qui interroge la place de l’homme dans les processus de production, voire de décision.

Les grandes tendances technologiques qui sous-tendent la révolution digitale ouvrent un nouveau cycle de destruction créatrice, dont on voit déjà les prémisses, en France aussi bien que dans les autres économies développées.

Parmi elles, l’informatique avancée permet d’automatiser des tâches que l’on croyait jusqu’à peu préservées, car nécessitant réflexion ou réactivité à l’imprévu. »

Selon Roland Berger Consulting, le critère clé d’impact de la « révolution numérique » sur l’emploi est donc « ses possibilités d’automatisation » qui ouvrent « un nouveau cycle de destruction créatrice ».

Plus précisément, Roland Berger Consulting pointe du doigt « trois grands types d’applications qui auront dans les années à venir un impact important sur le marché de l’emploi à travers les gains de productivité qu’ils génèrent » :

  • L’informatique avancée ou décisionnelle (Big Data, Cloud, machine learning…)
  • Les objets connectés
  • La robotique avancée, qui inclut les drones, les véhicules autonomes, etc.

Roland Berger Consulting rappelle ensuite que « jusqu’ici et lors des vagues d’automatisation précédentes, les métiers du secteur industriel, plutôt peu qualifiés, étaient les plus concernés » par les pertes d’emploi. Il faut bien se rendre compte qu’entre 1980 et 2012, « les gains de productivité ont représenté 64% des réductions d’emplois industriels, soit 1,4 millions d’emplois, loin devant les délocalisations ou le renforcement de la concurrence internationale » !

Or, non seulement « cette tendance se poursuit aujourd’hui, et les métiers « historiquement automatisables » continuent d’être de plus en plus menacés », mais par ailleurs,  « des emplois qualifiés, à fort contenu intellectuel sont maintenant concernés. La frontière qui sépare les métiers automatisables des autres ne recoupe plus la distinction « manuel » / « intellectuel » comme c’était le cas jusqu’ici. Ce qui rend une tâche automatisable à l’heure du digital, c’est avant tout son caractère répétitif, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle. Ainsi, des métiers dont l’essentiel des tâches sont répétitives et nécessitent peu de décision, bien que qualifiés, sont déjà concernés par l’automatisation. A l’inverse, les tâches préservées de l’automatisation sont celles qui requièrent de la créativité, du sens artistique, ou de l’intelligence sociale et du contact humain, qu’elles se rapportent à un métier manuel ou intellectuel, peu ou bien qualifié ».

Les métiers susceptibles d'être fortement informatisés et automatisés selon Roland Berger Consulting

Les métiers susceptibles d’être fortement informatisés et automatisés selon Roland Berger Consulting

Sur cette base, le cabinet estime que 42% des emplois français sont potentiellement automatisables d’ici 20 ans ! Il s’empresse cependant de préciser « qu’il s’agit, par cette approche, de mesurer un risque : tout le potentiel d’automatisation ne se réalisera pas » en raison notamment des arbitrages économico-politiques qui auront lieu. D’où finalement le chiffre déjà cité plus haut de 3 millions d’emplois réellement menacés. Mais le cabinet précise là encore « qu’il s’agit là d’une perte « brute » qui ne prend pas en compte l’émergence de nouvelles activités et de nouveaux métiers, non plus que l’effet retour
en lien avec les gains de productivité (qui stimule par ailleurs l’économie, sous certaines conditions) ».

En effet, puisqu’il s’agit d’un processus de destruction créatrice, le numérique ne se limite pas à détruire des emplois : il en crée également, soit en permettant le développement de certains secteurs existants, doit en créant de nouveaux métiers. Dès lors, Roland Berger Consulting précise : « Tout l’enjeu repose donc sur la capacité de l’économie française à produire les nouvelles activités qui se substitueront à celles où les gains de productivité ont réduit le nombre d’emploi, de manière similaire à la substitution de l’industrie par les services au XXème siècle ».

Sur ce point, « quatre grands domaines se développent particulièrement et profitent pleinement de la révolution digitale. Le domaine de l’environnement, celui de la performance des entreprises, de la relation client, et bien sûr des nouvelles technologies elles-mêmes, qui portent ces transformations. Mais les emplois créés ne se substitueront pas aux emplois détruits, ni en termes de compétences requises, ni en termes de positionnement sur la chaîne de valeur, ni même en termes de répartition géographique. C’est pourquoi la transformation digitale est porteuse d’un risque de déstabilisation des grands équilibres économiques, sociaux et géographiques ».

Pour Roland Berger Consulting, ce sont les classes moyennes qui vont le plus subir ces mutations. En effet, contrairement à la précédente vague d’automatisation qui avait détruit des emplois dans l’industrie pour en créer dans le tertiaire, ce qui avait permis le développement des classes moyennes, la révolution numérique va quant à elle en détruire également dans le tertiaire.

Au-delà de la recomposition des emplois en termes de compétences, de positionnement sur la chaîne de valeur ou de répartition géographique, qu’en sera-t-il de la balance finale en termes de volume d’emplois ?

Sur ce point Roland Berger Consulting imagine deux scénario. Le premier est celui d’une réaction inadaptée ou trop faible de l’Etat et des entreprises. C’est le cas par exemple si « le soutien public tend à s’orienter vers les activités déclinantes, ce qui reviendrait à ponctionner les acteurs économiques les plus performants pour soutenir les secteurs matures, en perte de vitesse. (…) Dans ce contexte, les entreprises tendront à adopter des stratégies d’adaptation « par le bas » face au resserrement du pouvoir d’achat des classes moyennes. (…) Dans un tel scénario, les dividendes liés à l’automatisation ne se réalisent pas ». D’où « d’insuffisantes créations d’emplois liés au numérique, qui ne compensent pas les destructions d’emplois. »

Le second scénario est celui qui doit permettre à la France de réussir sa transformation digitale. Selon Roland Berger Consulting, il doit passer par une série de mesures telles que :

  • « Soutien à la R&D et amélioration de la coopération entre recherche publique et privée pour accélérer le rythme de mise sur le marché de l’innovation ».
  • « Renforcement de l’intégration européenne, de manière à accroître l’accès des innovations à un marché suffisant en taille pour en accroître le développement ».
  • Adaptation du système de formation initial, pour ne plus, par exemple, « séparer fortement les métiers techniques et de « back-office » et les métiers de
    contact humain et de relation commerciale ».
  • Renforcement de la mobilité de la main d’oeuvre
  • Investissement dans les infrastructures numériques
  • Soutien à l’investissement des entreprises et montée en gamme du positionnement de celles-ci

Et si on fait tout ça, il se passe quoi ? Selon Roland Berger Consulting : « Nous estimons que l’impact d’un tel scénario est en mesure de compenser les destructions d’emplois liées à la numérisation. On ne propose néanmoins pas de chiffrer ces créations d’emplois dans la mesure où, au-delà des phénomènes technologiques, de nombreuses variables exogènes au sujet rentrent en compte ».

Bon, on était sur le point de se réjouir, mais finalement, tout cela est très très loin d’être gagné… Je reviendrai donc dans de prochains articles sur cette question.

 

 

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