Apprendre et se cultiver à distance via des robots

Après m’être attaché à l’usage des robots de téléprésence pour la collaboration, puis à la manière dont les marques pouvaient les utiliser pour leurs campagnes marketing, je voudrais aujourd’hui évoquer l’usage qui peut en être fait pour répondre à des objectifs culturels ou pédagogiques. Des usages qui rejoignent d’ailleurs parfois des problématiques médicales…

Commençons avec un exemple qui relève de l’usage pédagogique en réponse à une problématique médicale. Lyndon Baty est un jeune texan atteint d’une maladie immunitaire qui l’empêche de côtoyer d’autres personnes en public. Pour lui permettre malgré tout de suivre ses études et de vivre une vie la plus sociale possible, il utilise le robot de téléprésence VGo (que j’ai déjà présenté dans cet article). Il peut ainsi assister aux cours depuis chez lui, tout en pouvant poser des questions, répondre à celles qui lui sont posées ou bien discuter à distance avec les enseignants ou avec ses camarades.

Lyndon en classe... via son robot de téléprésence.

Lyndon Baty en classe… via son robot de téléprésence.

De nombreux articles et reportages ont été consacrés à ce jeune homme et à son histoire. Vous pouvez notamment lire celui-ci : Lyndon Baty and the robot that saved him et consulter les vidéos ci-dessous :

Passons maintenant à des usages qui mêlent objectifs culturels et pédagogiques.

Certaines institutions culturelles, en effet, testent les robots de téléprésence. C’est notamment le cas du National Museum of Australia, qui propose des visites guidées à distance, via deux robots de téléprésence nommés Chesster et Kasparov, l’un noir et l’autre blanc, évidemment !

Chesster, à gauche, et Kasparov, à droite; les deux robots du National Museum of Australia.

Chesster, à gauche, et Kasparov, à droite; les deux robots du National Museum of Australia.

Ces visites sont collectives : elles sont pour l’instant réservées aux étudiants et devraient prochainement s’ouvrir à d’autres publics. Elles se déroulent en présence d’un éducateur du musée qui guide les étudiants. Ceux-ci peuvent contrôler ce qu’ils veulent regarder, consulter des contenus numériques sur leur écran et interagir avec l’éducateur en répondant à ses questions.

Le robot Kasparov n’est d’ailleurs pas avare en exploits puisqu’il s’agit sans doute de l’un des premiers robots au monde à Tweeter ! Vous pouvez en effet le suivre sur son compte @Kasparbot !

Les débuts de tweetos de Kasparov le robot !

Les débuts de tweetos de Kasparov le robot !

Ce projet étonnant est le fruit de la collaboration entre le musée et l’agence nationale scientifique australienne (CSIRO). Il a obtenu le Prix de l’innovation aux ANZIA Awards 2013 (Australian & New-Zealand Internet Awards).

En France, la 12ème Biennale de Lyon, qui s’est tenue du 12 septembre 2013 au 15 janvier 2014, a organisé, les 14 et 15 décembre derniers, des visites à distance avec des robots de téléprésence VGo. Comme l’indique le site du SYROBO (Syndicat de la Robotique de Service Professionnel et Personnel), partenaire de l’événement, ces visites à distance créent paradoxalement une intimité inédite entre les visiteurs virtuels et les oeuvres :

Cette téléprésence  robotisée est une nouvelle manière d’avoir accès aux messages artistiques.  La relation à l’œuvre, analysée spontanément comme distanciée, est en fait plus intime. Le visiteur, pilote du robot, peut en effet jouer avec les zooms et les angles de prise de vue, écouter lescommentaires de l’environnement ou revenir visiter l’exposition à différentes heures du jour ou de la nuit, développant ainsi un rapport de proximité avec une installation et une lecture privilégiée. Ce don d’ubiquité apporté par le robot est aussi une nouvelle manière de participer physiquement à une manifestation car le visiteur incarné peut interagir avec les autres, recueillir ou donner des avis…

En France, il faut également citer le projet RobAIR (quel nom ! tout un programme !), qui a pour objectif de développer des robots de service open-source à coût réduit, et notamment des robots de téléprésence. RobAIR est un projet mené conjointement par des étudiants et des élèves ingénieurs de Polytech Grenoble, de l’Ensimag et du Pôle Supérieur de Design de Villefontaine. Certains d’entre eux ont notamment travaillé sur l’usage de RobAIR pour les visites virtuelles de musée, à travers le projet RobAIR@museum :

Ce que pourrait être RobAIR.

RobAIR@museum

Les interfaces de pilotages et de visionnage de RobAIR@museum.

Les interfaces de pilotages et de visionnage de RobAIR@museum.

Le pilotage de RobAIR depuis une tablette.

Le pilotage de RobAIR depuis une tablette.

Zoom et navigation dans les oeuvres depuis la tablette de pilotage de RobAIR.

Zoom et navigation dans les oeuvres depuis la tablette de pilotage de RobAIR.

Ce type de projets et d’usages des robots de téléprésence sera sans doute amené à se développer énormément dans les années à venir. Et je ne m’en plaindrai pas, tant je trouve qu’il y a là matière à vivre de formidables expériences ! Vous ne trouvez pas ?

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2 réflexions sur “Apprendre et se cultiver à distance via des robots

  1. Pingback: De plus en plus de robots de téléprésence dans les musées | Paysages numériques...

  2. Pingback: Quand un robot de téléprésence rencontre un casque Oculus Rift… | Paysages numériques...

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