Quand n’importe quelle surface devient une interface. Episode 3 : Les surfaces réactives à des actions ou à des gestes de l’utilisateur.

Après avoir parlé des surfaces réactives à des stimulis, j’aimerai évoquer dans ce billet une autre catégorie : les surfaces réactives à des actions ou à des gestes de l’utilisateur. Dans ce cas de figure, à l’opposé de la première catégorie, l’utilisateur interagit avec la surface, qui réagit aux actions et gestes de l’utilisateur.

C’est le cas du Moodwall, un mur de 24 m de long situé à Amsterdam dans un passage piétonnier souterrain. Le mur comporte environ 2 500 LEDs recouvertes par une surface translucide. Grâce à un système de détection des mouvements (j’imagine), le mur réagit au passage des piétons en modifiant l’affichage lumineux. L’objectif de l’installation est de modifier positivement l’environnement sinon un tantinet austère ou angoissant d’un tel passage piétonnier souterrain.

Le Moodwall a été réalisé le collectif Urban Alliance qui rassemblait pour l’occasion les sociétés Illuminate Outdoor Media, Studio Klink et Cube.

Par certains aspects, ce mur est très proche du dispositif de la Tour Rogier/Dexia. La notion de “surface” est en effet également ténue (c’est un mur de LEDs) et tient à la vision d’ensemble que l’on peut avoir du dispositif. Elle me paraît cependant bien réelle du point de vue de la perception que peuvent en avoir les passants.

Le principe consistant à recouvrir une surface de LEDs reliées à des détecteurs de mouvements ou de toucher peut ainsi être appliqué à de nombreux supports et surfaces : murs, sols, vitres, plafonds… Voici une liste d’exemples qui n’a aucune prétention d’exhaustivité :

  • Murs réactifs aux mouvements :

    • La célèbre installation de Moment Factory sur le mur du centre d’information culturelle La vitrine, à Montréal, en 2009 :

 

On trouvera de nombreux autres exemples de toutes ces catégories sur le site de la société Vertigo Systems.

En parallèle des dispositifs similaires au Moodwall et autres surfaces de LEDs, je classerai également dans la catégorie de cet article les vitrines réactives au passage des passants :

La question qui se pose ici est cependant de savoir s’il ne s’agit pas plutôt d’un écran que d’une surface qu’on aurait rendue interactive. En effet, pendant la durée de vie du dispositif, la vitrine dont il est question ici ne remplit plus son office de lieu d’exposition : elle est entièrement dévolue à ce nouveau rôle d’affichage d’une image, ce qui est le propre d’un écran. Pour qu’elle redevienne une vitrine, il faut enlever le dispositif interactif, ce qui n’est pas le cas du Moodwall.

En réalité, cette question se pose pour la plupart des exemples de cette catégorie. On est en effet souvent à la limite de l’écran, car comme les surfaces réagissent aux mouvements des personnes, il est fréquent que les dispositifs de ce type soient conçus spécifiquement pour cela, indépendamment de toute surface préexistante, ce qui tend à en faire des écrans plutôt que des surfaces transformées en interfaces.

La spécificité de ces surfaces-écrans est sans doute qu’elles affichent rarement une information, mais plutôt une image, et d’ailleurs souvent une image non figurative. Si elles affichaient une information, il serait difficile de ne pas y voir un écran au sens où je l’ai défini précédemment.

Pour finir en beauté, le dernier dispositif que j’aimerai évoquer dans cet article est le Firewall, une toile de Lycra associée à une Kinect, un projecteur et un diffuseur de musique. L’interaction de commande se fait par contact tactile avec la toile non seulement en 2D mais aussi en 3D, d’où l’usage de la Kinect. L’affichage se fait par projection vidéo sur la toile. Et la bande son diffusée est également réactive à l’interaction de commande de l’utilisateur. Je vous laisse découvrir l’incroyable poésie de la “chose” en image :

La surface est ici à la fois interface d’affichage et de commande. La spécificité de cette commande est d’ailleurs d’être à la fois tactile et gestuelle. Mais finalement, ce qui domine ici, c’est un contact ambiant et gestuel plutôt qu’un acte tactile de commande intentionnée. Je veux dire par là que l’utilisateur ne sait pas qu’elle réaction va produire son geste. C’est une exploration, un geste, une dance, plutôt qu’une succession d’actions opératoires.

Voilà pour aujourd’hui : la suite au prochain épisode !

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Une réflexion sur “Quand n’importe quelle surface devient une interface. Episode 3 : Les surfaces réactives à des actions ou à des gestes de l’utilisateur.

  1. Pingback: Quand n’importe quelle surface devient une interface. Episode 4 : Les surfaces d’affichage connectées à un dispositif de commande à distance. | Paysages numériques...

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