Pourquoi assureurs et mutuelles devraient s’intéresser de très près à l’internet de demain ? (Episode 1 : L’internet de demain ?)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les assurances et les mutuelles n’ont pas toujours été très à l’aise avec les différentes révolutions digitales, tout au moins dans leur usage marketing. La première vague d’internet, celle du “web 1.0” ou de l’internet de communication, est sans doute celle qu’ils ont su le mieux négocier car elle ne modifiait pas en profondeur leur modèle ni leur mode de relation avec les assurés. Mais dès que l’on aborde la question du e-commerce, du mobile, ou pire, des médias sociaux, c’est une toute autre affaire ! Assureurs et mutuelles avancent dans ces registres à pas comptés.

En sera-t-il toujours ainsi des relations entre ce secteur et les innovations digitales ? Je ne saurai le dire. Mais une chose me paraît évidente : à l’inverse de l’attitude qu’ils ont trop souvent eu jusqu’à présent, les assureurs devraient dès aujourd’hui s’intéresser de très près à l’Internet de demain !

L’Internet de demain, de quoi s’agit-il ?

Tout d’abord, l’internet de demain est déjà un peu l’internet d’aujourd’hui (comme nous le verrons dans la suite de cet article), mais pas encore mature ou seulement en émergence pour l’instant.

Sur le fond de la question, loin de moi l’idée de donner ici une définition “scientifique” ou de faire des prédictions. A travers cette expression d’internet de demain, je voudrai juste désigner un ensemble de nouveautés technologiques et d’usages qui devraient, selon moi, être au coeur de ce que sera internet durant les prochaines années. Ce sont des sujets qui par ailleurs concernent directement mon propos dans cet article.

Je les classerai en 2 catégories :

  • des technologies d’une part, telles que l’internet des objets (IoT), l’analytique des big data, le web prédictif, le M2M, les réseaux sans fil bas débit ou les technologies ubiquitaires (QR Codes, puces RFID, NFC, Bluetooth, geo-localisation…),
  • et des usages d’autre part, tels que le Quantified Self, le “self data management”, l’Open Data, le crowdsourcing ou les communautés privées.

Sans doute l’internet de demain sera-t-il également marqué par d’autres mouvements de fond. Mais je crois en tous cas que les tendances citées ci-dessus seront très importantes. Avec elles, on pourrait dire qu’après l’internet des contenus et de la communication (le web 1.0”), puis l’internet des conversations et de la participation (le web 2.0, les médias sociaux), apparaît l’internet des données. A moins qu’il ne s’agisse de l’internet des actions, le Fabernet, comme l’appelle Henri Verdier, ou bien tout simplement de l’internet des objets (IoT, Internet of Things), voire encore de l’internet of everything (IoE), comme le promeut Cisco ? Côté usages, François Verron parle lui d’internet compagnon. Quant à l’importance des données liée à cette tendance, Fred Cavazza en parle dans un de ses derniers articles.

Enfin, que le sujet soit à la mode et interpelle tout le monde en ce moment, c’est bien ce qu’ont montré la conférence LeWeb’12 Paris, qui était consacré à l’internet des objets, ainsi que le récent CES 2013, qui a également été marqué par la même tendance de fond (Cf. encore le même article de Fred Cavazza ou encore ceux d’Olivier Ezratty).

Bref, nous verrons bien ce qu’il en adviendra… Quoi qu’il en soit, la question que vous vous posez sans doute à cet instant est : Pourquoi diable ces sujets devraient-ils intéresser les assurances et les mutuelles ? C’est ce que j’aimerai expliquer dans cette série d’articles.

Mais pour pouvoir le faire clairement, je crois qu’il peut être utile de préciser dans un premier temps comment fonctionne cet internet des données et quels sont ses impacts en général. Je pense qu’il faut les envisager à 3 niveaux (j’irai vite, en mode liste à puces, sans volonté d’être exhaustif mais plutôt pédagogique) :

Tout d’abord, l’internet de demain modifie la manière dont les données sont et seront générées et captées :

  • Comment sont-elles générés ou captées ?
    • par des capteurs (internet des objets, objets connectés…)
    • par les médias sociaux, qui génèrent des conversations et de l’activité sociale (post, share, like, follow…; textes et photos…)
    • via l’usage des mobiles et des applications mobiles
    • Cf. schéma ci-dessous :
Source : Informatica

Source : Informatica

 

  • Par qui sont-elles générées ou captées ?
    • par les individus eux-mêmes, via leur usage des médias sociaux ou des applications mobiles utilisant des capteurs et permettant le partage social
    • par les entreprises et les collectivités, qui vont installer des capteurs et des plateformes sociales (smart grid, ville 2.0, business analytics…)
  • Quelles conséquences ?
    • multiplication des données (cf. graphique ci-dessous) = BigData = nouveau gisement de données = nouvelles opportunités = mais nécessite des outils adaptés pour le stockage et le traitement
    • plus grande fréquence de mise à jour = impact plus grand du temps réel = nouvelles opportunités = nécessite des outils adaptés pour le traitement
    • hétérogénéité des canaux et des formats = nécessité de convergence & coordination des canaux (sources des données (captation) + stockage des données (bases)) et des formats (normes)
Le digital entraîne une explosion du volume d'informations

Le digital entraîne une explosion du volume d’informations

 

Ensuite, l’internet de demain modifie la manière dont les données sont et seront stockées et partagées :

  • stockées en grande partie dans le cloud
  • partagées :
    • via Open Data, notamment par les collectivités et les services publics
    • via API et ouverture des données, notamment par les entreprises


Enfin, il modifie la manière dont les données sont et seront analysées et interprétées :

  • Comment ?
    • BigData analytics
    • Décisionnel / BI
    • Analyse prédictive
  • Pour en faire quoi ? (j’anticipe sur les articles suivants de cette série consacrée aux assurances)
    • meilleure connaissance des clients
    • meilleure connaissance des phénomènes (analyse des risques)
    • optimisation des offres & promotions en temps réel
    • personnalisation des offres & promotions
    • création de nouvelles offres avec services associés
    • utilisation de nouveaux mécanismes de gamification

Ceci étant dit (et très vite dit, je le reconnais), revenons à notre sujet sectoriel.

Selon moi, cet internet de demain est susceptible d’impacter assurances et mutuelles à trois niveaux au moins (certainement plus en fait, mais je me contenterai de ces trois là pour l’instant !) :

  1. dans leur travail d’analyse et d’évaluation des risques et des dommages (que ce soit ceux qu’ils couvrent ou ceux qu’ils pourraient subir)
  2. dans leur marketing et leur gestion de la relation client
  3. enfin, dans la création et l’adaptation de leur offre

Je consacrerai donc les prochains articles de cette série à ces sujets (suspens ! … ;-)…).

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3 réflexions sur “Pourquoi assureurs et mutuelles devraient s’intéresser de très près à l’internet de demain ? (Episode 1 : L’internet de demain ?)

  1. Pingback: Pourquoi assureurs et mutuelles devraient s’intéresser de très près à l’internet de demain ? Episode 2 : Evaluation des risques et des dommages « Paysages numériques…

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